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Film

  • Un esprit de famille

    Une femme sous influence,Maud Lefebvre,Collectif X,John Cassavetes,Béatrice Venet,Nikola Kriminac,Renaud Bechet,Marie-Danielle Mancini,Guy Dechesne,Sacha Rouch,Gaspard Foucault,Margot Dutheil,Robin Bolomier,Guy Catoire,Clément Fessy,Tristan Gouaillier,Manko Diaz Florian,Fabien Ballester,Noam Mouhib,Christiano Rodrigues,Christine Geny,Marian Canon,Mireille dutrievoz,Julie Laborde,Julien Leonhardt,Renaud Bechet,Yanb Lamercerie, Solange Dinand,Theatre de la Renaissance,Oullins,Janvier 2020.Évidemment existent le film mythique , « une femme sous influence », et la performance de Gena Rowlands auxquels la pièce rend hommage (des mimiques, des mouvements du décor cinématographiques…) mais il y a aussi un collectif soudé (acteurs et techniciens confondus), un esprit de clan qui plane sur la scène aux décors mobiles et tournoyants.

    L'intimité de la famille au sein de laquelle un psychodrame se joue est préservée par le choix des gradins bifrontaux et le spectateur n'a jamais été aussi proche émotionnellement parlant, des acteurs.

    Béatrice Venet (Mabel) et Nikola Krminac (Nick) tout en retenu puis explosifs (ivresse et folie versus colère et rage), donnent le la au reste de la troupe ( dont des comédiens non professionnels) et sa crédibilité à l'histoire.

    L'ensemble est à l'image de Maud Lefebvre, la jeune metteuse en scène : originale, accessible, chaleureuse et à l'œil compatissant, avec laquelle nous nous sommes entretenus (8min).


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  • Un messie crédible

    Messiah,Michael Petroni,Mehdi Dehbi,Tomer Sisley,Michelle Monaghan,Stefania Gwen,Sayyid El Alami,Netflix,Janvier 2020 Des polémiques naissent autour de la série Netflix mais comment n'avoir pas encore envisagé le sujet à l'aune de notre monde presque agonisant ?

    La série Messiah de Michael Petroni est non seulement pertinente mais aussi intelligente en nous brossant le portrait d'un individu profondément libre et déroutant.

    Libre car il déjoue toutes les projections et perspectives le concernant. Il n'est l'idole ou l'otage d'aucune communauté ce qui en fait, pour les "croyants" un possible faux, un antichrist si l'on veut être synchrone avec les prophéties eschatologiques.

    Déroutant enfin, cet individu, de par son histoire personnelle faite de faiblesses et d'échecs et sans grande envergure sur le plan social, presque inconnu au bataillon. En apparence paumé le téléspectateur constate qu'il obéit bien à un plan dont quelques personnages sont les rouages (Stefania Gwen ou encore Sayyid El Alami, acteurs de second plan à la psychologie fouillée).

    L'acteur belge Mehdi Dehbi incarne à la perfection un personnage ambigu, profondément humain et savant en textes sacrés eschatologiques propres à chaque religion et avec un soupcon de surnaturel.

    Les services secrets israélien et américain, le Shin Bet (Tomer Sisley) et la CIA (Michelle Monaghan) prônent systématiquement le parti du faux dans un monde désacralisé et sécuritaire à souhait où la moindre étincelle pourrait générer un feu d'envergure. Sur 10 épisodes l'investigation va être mise à rudes épreuves (disparitions, semi-miracle...) comme les croyants fondamentalistes de tous bords (télé-évangélistes, radicaux de l'Islam et du judaïsme) et le suspens sur l'identité religieuse, sociale et messianique de celui que l'on nomme Al Massiah ne semble se dévoiler qu'à la dernière minute...A voir et à méditer donc.

     

  • The Leftovers décryptée

    Série singulière et originale, The Leftovers nous prend parfois plus par l'émotion que par la raison. Cette dernière semble comme court-circuitée devant l'absurde ou l'etrangeté de situations et les personnages eux-mêmes ne comprennent pas toujours le monde désenchanté et mystérieux dans lequel ils évoluent...

    tle leftovers le troisième côté du miroir,sarah hatchuel,pacôme thiellement,playlist society,lost,damon lindelof,tom perrotta,octobre 2019Le livre de Sarah Hatchuel et Pacôme Thiellement sur The Leftovers (le troisième côté du miroir paru chez Playlist Society) présente quelques pistes de réflexion et clés d'interprétation de la série HBO qui comprend trois saisons (2014-2017) , tout en nous explicitant quelques symboles ou références.

    On y parle en effet aussi beaucoup d'une autre série, Lost, dont Damon Lindelof fût aussi le "showrunner" (sorte d'auteur-producteur, de responsable du suivi quotidien de la série, de sa cohérence), qui dura elle 6 ans et frustra nombreux téléspectateurs, restant sans véritables réponses aux énigmes à la fin.

    Dans la continuité et la disruption, The Leftovers met clairement en scène "la fin de l'humanité mais surtout le déni des êtres humains devant l'extinction du vivant, dont ils sont eux-mêmes responsables", soit une ère anthropocène.

    On se trouve face à une œuvre de créateur, inspirée d'un roman de Tom Perrotta, qui questionne également, selon les auteurs, l'offre télévisuelle et sa capacité à guider ou donner des clés pour s'orienter dans des périodes délicates de la vie (le biocide, le deuil, une période anxiogène...).

    Concrètement le 14 Octobre 2011, 2% de la population humaine disparaît. Seule une ville est épargnée, Jarden (dans laquelle se situera la seconde saison) et l'on suit la réadaptation de quelques personnages dont le destin est scellé, dans une Amérique groggy cherchant un sens à cette vie de rescapés.

    Le leitmotiv au piano comme le scénario original ne sont pas franchement gais mais les auteurs de la série ont choisi le réalisme et s'adressent aux adultes que nous sommes et à qui on demande de cesser de s'illusionner sur le monde, une sorte de responsabilisation et de conscience en éveil à acquérir. La série pose aussi un questionnement sur le mode d'emploi apparent de la vie qui vole en éclat lors d'un accident imprévisible. Dès lors à quoi se raccrocher si ce n'est à l'essentiel, qui constitue le fondement même de l'humanité : la relation et les gestes du quotidien.

    Les conclusions des deux auteurs se rejoignent sur ce fond après nous avoir emmené dans un formidable voyage et jeu de pistes philosophiques, religieuses et culturelles. Pour Pacôme Thiellement, d'appétence gnostique, les œuvres de la pop culture (des Beatles à Twin peaks) sèment autant de signes de l'existence d'une divinité intérieure à retrouver, ici et maintenant, pour illuminer sa vie.

    Pour Sarah Hatchuel, malgré les signes apocalyptiques, nous ne devons pas nous appesantir ou nous morfondre mais prendre sa vie en main et sauver le monde à notre niveau, accompagné en cela de jalons culturels.

    The leftovers, le troisième côté du miroir, est une réflexion à deux voix, prolifique et à bride abattue, sur cette série auréolée de grâce où plutôt sur l'esprit truculent et énigmatique de son showrunner Damon Lindelof.

     

  • The OA renouvelle et vivifie la série TV

    the oa.jpgThe OA (l'Ange Originel) est une série originale Netflix qui questionne la science et la foi, l'existence d'autres dimensions après la mort, notre nature intrinsèque originelle et nos sous personnalités créatives mais aussi notre manière de vivre, en communauté ou séparé au monde.

    C'est aussi une belle réflexion sur la Mémoire au sens universel du terme et sur la notion de liberté (de corps, d'âme ou d'esprit).

    Série phare comme Stranger Things de Netflix, The OA se distingue par la richesse de son univers symbolique. Chaque épisode apporte une nouvelle idée, une nouvelle clé, un nouvel angle d'approche. Chaque saison amène plus de hauteur, de profondeur et d'éclaircissement dans les thématiques abordées.

    Le duo narratif originel est constitué de l'actrice principale Brit Marling et du réalisateur Zal Batmanglij. Leur cohésion et amitié sans faille est pour beaucoup dans la réussite et la crédibilité de l'ensemble et la saison 3 annoncée amène un nouveau suspens, une nouvelle dimension dans l'interprétation globale.

    Cette série secoue nos certitudes diurnes et puise sa force dans l'inconscient d'un collectif et son univers onirique.

    le film explore la thématique de "l'expérience interdite" de Joel Schumacher (1990) sur les NDE mais prolonge la réflexion avec les études réalisées sur le sujet depuis une trentaine d'années (Dr Moody, E. Kubler-Ross...); l'idée des mouvements et du saut dans une autre dimension fait penser à l'univers de la sorcellerie cher à Castaneda ; quant aux anges passeurs d'autres dimensions et bravant la mort, ils donnent un enseignement moderne proche dans les Dialogues avec l'Ange.

    The OA est une série "coup de Choeur", intelligente, captivante, originale, découvreuse de talents et surtout très libre dans l'écriture, que nous recommandons (la série interdite aux – de 16 ans est par certains côtés oppressante). On pourrait même parler de jamais vu tant ses préoccupations sont celles d'une époque et d'une génération, dont le salut passe apparemment par des rêves de plus en plus beaux, de plus en plus fous...jusqu'au réveil !

     

  • Border : A la limite du réalisme

    Border est un bon film fantastique. Le savoir permet de dépasser le possible effroi des premières images et de prendre une distance nécessaire avec la personnage principale (Eva Melander excellente) qui porte des prothèses.

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    Ceci étant dit cette dernière a un don presque animal : flairer en tant que douanière les passagers suspects. Cet instinct est renforcé au contact de la nature et des animaux sauvages et permet à l’intrigue policière de se développer (démanteler un réseau pédophile).

    Le film prend une tournure étrange et surnaturelle quand elle fait la rencontre de Vore (Eero Milonoff) qui lui ressemble étrangement de visage… et vraisemblablement de nature.

    Animalité, monstruosité, différence et étrangeté sont les thèmes principaux de ce second opus du cinéaste Irano-suédois Ali Abbasi co-écrit avec John Advid Linqvist (Il s'agit de l'adaptation de sa nouvelle Gräns) et Isabella Eklöff, qui donne un relief psychologique attachant et complexe aux personnages en apparence difformes.

    L’idée de bêtes de l'apocalypse sachant percevoir la vérité des perversions humaines et qui constituent de fait un fléau divin est assez originale et rappelle le démon Hellboy , cornu et rouge comme la colère. La force de ce film réside dans son caractère plus réaliste et la frontière tenue qui transparait entre humain et monstre, avec une belle réflexion sur leur nature et identité respectives.

    Prix un certain regard à Cannes et Européan film award des meilleurs effets visuels.

    Credit photo : lemagduciné.fr

  • Jauja ou la vie sauvage de l'inconscient

    Viggo Mortensen,Lisandro ALonso, JAUJA,prix d ela critique Cannes,2015Viggo MORTENSEN excellent dans le récent oscarisé « Green book » ou encore la fable écologique « Captain fantastic » campe plus en amont dans « Jauja » de Lisandro Alonso un cadre danois de l’armée argentine recruté pour faire la guerre aux indigènes ( les têtes de coco) insulaires dans un temps historique (1882). Accompagné de sa séduisante fille il part seul à sa recherche en territoire ennemi quand elle fuit un soir à cheval avec un jeune soldat.

    Il s'agit d'un film contemplatif, d'une narration lente et introspective, dans lequel le réalisateur fait la part belle à la nature sauvage et sommaire de la Patagonie. Carré (filmé en argentique), tri angle (l’homme, la femme et la nature) et cercle (les boucles narratives, la sortie de l’espace-temps) sont au rendez-vous dans ce western initiatique sur le sentiment d’être perdu (lost), l’être perdu ou le manque, les fantômes de la psyché et de l'inconscient.

    Il y a cet effet miroir comme apex et l'on ne sait plus bien si tout cela n’était qu'un rêve et qui cherche qui. Quelques clés comme autant de symboles nous sont laissés mais on se sent démunis nous aussi face à ce mystère d'OFNI (objet filmique non identifié) qui nous sort des narrations modernes et linéaires.

    Prix de la critique à Cannes en 2015.

     

  • Ciel Blanc ou L'appel des profondeurs

     

    ...Dans les profondeurs de la terre et de la nuit,

    Dans l'épaisseur du sommeil et de l'oubli,

    Nos racines puisent encore sous la mémoire et sous la mort

    Je les croyais absentes et soudain je perçois

    Nous sommes perchés sur des épaules des géants... (chanson "les géants")

     

    Les œuvres réussies sont toujours le fruit d'un collectif uni autour d'une vision commune et les œuvres magiques sont nimbées d'amour.

    Le canadien Lubomir Arsov avait déjà frappé fort l'an dernier en présentant "In Shadow" sur le net, inspiré de quelques archétypes jungiens à forte teneur symbolique. Le collectif Ciel Blanc nous propose à son tour ce projet artistique au titre éponyme. C'est made in France, artisanal, original, intelligent, complet et spirituel à souhait ! Ciel Blanc,Héphaïstos, le cœur du monde,Le gué-éditions,Étienne Appert,Guillaume Darcq, Antoine Chartier,Laurent Mathis,Pascal Pourré,Benjamin Sabalot,Leila Artigala,Raphael Xaubet,Myriam Gherbi,Christian Lepère,,Rémy Foucherot,Jérome Alinot,David Michriki,Arnaud Desjardins,Gilles Farcet,Archétypes,symboles,Jung,interprétation des rêves,Catherine Marchand,récit initiatique,Moebius,Dali,Boucq,David Lynch,Miyazaki,Stanley Kubrick,Alexandro Jodorowsky,Jim Jarmush,Allen Ginsberg,Arthur H,Pink Floyd,Who,Novembre 2018

    Le bel objet c'est un dvd (qui comprend le moyen métrage HEPHAISTOS le cœur du monde, deux documentaires explicatifs avec Catherine Marchand, thérapeute jungienne et 8 clips tirés du film) et un cd des 7 chansons rock qui collent parfaitement au film.

    Tout cela est en ligne ici pour "inscrire notre travail dans l’économie du don" (avec paiement libre) ou sur commande, pour soi ou pour offrir à un esprit libre ou en passe de le devenir un jour.

    Tout Enfant véritable vibrera à l'évocation de symboles universels (que l'on retrouve dans les contes ou les mythes) tout en apprenant l'histoire d'Hephaïstos, le dieu forgeron.

    Plus qu'une quête initiatique, il s'agit ici de retrouver son visage originel, dissimulé sous le vernis sociétal ou culturel et respirer enfin, si l'on veut bien entendre cette voix(e) qui provient des profondeurs.

    En prime un entretien avec le porteur du projet Étienne Appert.

     

    ...Franchis le gouffre vers l'inconnu

    Oublie tout, deviens fou,

    Goûte à la lumière de l'entrevue,

    Passe le pont, cogne ton front sur l'infini,

    ici ici ici... (chanson "le pont")

     

    crédit photo : Le Gué Editions.