Nouvelle flèche décochée du carquois du collectif le Raid après un classique de Molière, l'adaptation d'un huit clos de l'anglais Dennis Kelly, Orphelins, intense en émotions et réactions pendant et après la représentation.
Dans un appartement de la banlieue de Londres, Helen et Danny dinent amoureusement ensemble et parlent d'un nouvel enfant à venir quand débarque le frère d'Helen, Liam, le T-shirt couvert de sang.
Le public assiste, en même temps que Danny, aux révélations qui vont crescendo et les rebondissements sont légions jusqu'à la scène finale.
Mohamed Birkat et son équipe de choc nous tiennent en haleine du début à la fin et la geste des comédiens y est pour quelques chose. Rares sont les pièces dont l'intensité nous sort du temps. Captivant à souhait.
Nous avons rencontré les acteurs Claire Bourgeois, Franck Fargier et Simon Gabillet à la sortie de scène (11 min 30) :
Crédit photo : compagnie Le Raid

"Sept reines - épopée d'un chagrin d'amour, est un trio féminin où les marins sont les enchanteurs et les sirènes les désenchantées". C'est ainsi que le collectif Le Bleu d'Armand, resume la pièce. L'auteure, Martinage, définit son texte, fruit d'un long processus d'écriture d'allers-retours avec les principales protagonistes du drame puisqu'il est question d'un chagrin d'amour presque fataliste pour la dernière reine d'entre les sirènes. Derrière les paillettes, les écailles brillantes et Claude François qui invitent à la fête, on assiste à la déliquescence d'un royaume fantasmé.
Thierry Balasse est un passionné de musique et un bidouilleur de sons électro-acoustiques. C'est à de véritables expérimentations sensorielles qu'il convie ses spectateurs petits et grands, comme avec ce Voyage superSONique qui nous emmène avec son équipage, et à bord de son vaisseau ultra-technologique, à la découverte de la profondeur des océans et de ses monstres marins jusqu'à celle du cosmos et de son trou noir. Les yeux fermés ou grands ouverts, la magie opère réellement et l’imaginaire perçoit l'univers créé par la Compagnie Inouïe dont «Le vœu n’est pas de divertir mais de faire bouger quelque chose dans l'esprit, dans la façon de voir le monde, de l'entendre et de l'écouter».
Le Raid est une jeune et prometteuse compagnie lyonnaise de 10 acteurs de tous âges, soudés et coachés par le capitaine de troupe Mohamed Brikat .
Sous le vernis de la perfection ( mère, microcosme, État) la faille, qui cache souvent des peurs, un manque, une zone d'ombre, un modèle obsolète ou vermoulu de fonctionnement.
Au commencement était le conte, la petite sirène d'Andersen, lu par une jeune femme sensible aux symboles et à la modernité des rôles. Au final une réflexion sur l’idéal féminin qui s’émancipe de la fatalité avec zeste d'écologie.
L'association Blutsch-Fréchuret détonne pour cette joyeuse folie qu'est Ervart (joué par Vincent Dedienne) dont l'aventure ne fait que commencer. On n'a pas l'habitude d'assister au théâtre à la dissection et à l'exploration déjantée d'une psyché malade de jalousie et à ses projections sur un environnement lui aussi bien débridé.