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théatre

  • Une autofiction campagnarde

    eve eau.jpg

    Angélique Clairand et Eric Massé, les deux nouveaux co-directeurs du théâtre du Point du Jour de Lyon ont des origines rurales communes. De l'Eve à l'eau vient sublimer cette notion d'identités multiples parfois honteuses, dans une autofiction fluide et haute en couleurs et accents, au contexte campagnard affirmé.

    Très documentée, cette histoire d'amour nous montre la complexité et la richesse de nos campagnes, une vraie histoire théâtrale !

    Entretien avec les deux créateurs de cette pièce retravaillée pour l'occasion (14 min 30).

    podcast

    Crédit Photo : théâtre du Point du Jour

  • La chute du Mur à l'honneur

    cordonnerie.jpgLe Samedi 9 Novembre prochain sera la trentième date anniversaire de la chute du mur de Berlin.

    Le Théatre de la Croix-Rousse décide de s'associer à l'enjeu en proposant une après-midi thématique autour de trois événements :

    Dès 14h30, La reprise de Blanche neige ou la chute du mur de Berlin par la compagnie Cordonnerie, habitués des lieux et co-créateurs de l'événement,

    Une rencontre à 15h avec Tatjana Böhme-Mehner, fille d'un homme politique de la RFA déchu lors de l'ouverture des frontières,

    Enfin à 17h, un hommage original à Mstislav Rostropovitch par le croix-roussien Quatuor Debussy.

    Rencontre avec Jean Lacornerie, Directeur du Théâtre de la Croix Rousse, qui nous parle de cette journée commémorative :


    podcast

    Crédit photo : Sébastien Dumas

  • Alvie dynamite les clichés

    Stand up rester debout et parler, Alvie Bitemo,Rachel Dufour,Florence Pazzottu,Nicolas Masset,Florian Huet,les guêpes rouges, théâtre  du point du jour,maison des passages,Lyon, septembre 2019Dans Stand up, rester debout et parler, l'air de ne pas y toucher, Alvie Bitemo, seule en scène, pointe avec fougue et talent nos pensées stéréotypées parfois héritées de blancs occidentaux dominants et colonialistes.

    Sa joie de vivre communicative emporte toute véhémence par le rire et la musique et c'est tout l’univers d'une artiste noire franco-congolaise qui nous est délivré. L'Afrique (qui n'est pas un pays) nous devient plus familière. L'absence de représentation positive des femmes et hommes noirs dans notre société nous saute aux yeux et nous renvoie à son origine : les racines souvent financières du racisme.

    Le spectacle est écrit par Florence Pazzotti et la mise en scène subtile, inspirée des origines du Stand Up américain, réalisée par Rachel Dufour (Compagnie Les guêpes rouges).

    Stand Up, programmé au Théâtre du Point du Jour et joué dans des lieux nomades comme La maison des Passages à Lyon 5 sera en tournée dans la région jusque 2020.

    Conversation avec Alvie Bitemo et Rachel Dufour à la sortir de la représentation:

    podcast

    Crédit Photo: www.lesguepesrouges.fr

  • Moment suspendu avec le cirque Eloize

    Cirque Eloise,Montréal,Jérémy Vitupier,Antonin Wicky,César Mispelon,Julius Bitterling,Una Bennett,Cory Marsh,Tuedon Ariri,Andrei Anissimov,Emma Rogers,Philippe Dupuis,Sabrina Halde,Nuits de Fourvière,Juin 2019Le cirque Eloize implanté à Montréal est devenu une institution comme le cirque du soleil.

    Vingt cinq années d'existence et une formule secrète distillée à travers ce dernier spectacle "Hôtel" qui ravive le cœur enfantin de tous les publics aux Nuits de Fourvière (une première au festival).

    "Carpette", "Carpette" ! : tandis qu'un circassien crie à tue-tête, son camarade époussette les marches du Théâtre antique et quelques spectateurs. La pièce n'a pas officiellement encore démarré mais déjà les clowns-majordomes attirent l’œil et font rire aux éclats le public. Il est directement plongé dans l'ambiance d'un hall d’hôtel chic et foutraque qui rappelle le film " Grand Budapest hôtel" de Wes Anderson. L'espace, les interstices, le mobilier (valises, divan, bar, seau, carpette...) sont prétextes à l'expression corporelle, sentimentale (oui, il y a des histoires d'amour...) et surtout poétique...avec un petit grain de folie. Ce qui compte ici n'est pas d'en mettre plein la vue mais de toucher par l'émotion, l'âme du spectateur.

    La compagnie revisite les classiques du cirque que sont le main à main, la corde lisse, les sangles, la jonglerie, la roue Cyr, le mât chinois, la contorsion et le clown en nous racontant une histoire parfois chantée (Sabrina Halde) parfois rythmée musicalement par un DJ ou une bande son moderne, parfois dansée également.

    cirque eloise,montréal,jérémy vitupier,antonin wicky,césar mispelon,julius bitterling,una bennett,cory marsh,tuedon ariri,andrei anissimov,emma rogers,philippe dupuis,sabrina halde,nuits de fourvière,juin 2019L'unité de la troupe est palpable dans les scène collectives mais aussi les solos (qui constituent parfois des duos de clowns, d'acrobates ou de gymnastes), dans une attention bienveillante et une tension paroxystique, ce qui fait sa force et son succès.

    La roue Cyr prise à bras le corps par Cory Marsh, également DJ, est une invention de Daniel Cyr, co-fondateur du cirque en 2003 et la polyvalence des talents est également une marque de fabrique. Les onze artistes-circassiens sont tous musiciens et pratiquent au moins deux autres arts du cirque.

    Les séquences sont équilibrées et mettent chacun en valeur au sein de ce jeune collectif et ceux que l'on retient sont avant tout des personnages, preuve de l'empreinte du théâtre sur cet art populaire mais aussi de sacrés ou gracieux numéros avec des mentions spéciales aux filles : Tuedon Ariri aux sangles, qui suspend le temps par sa présence, Una Bennett à la corde, dont le jeu de jambes subtile nous laisse pantois et Sabrina Halde qui chante superbement, en écho avec la pleine lune incandescante sur Fourvière.

    Le spectacle est déjà fini et voilà que la foi en l'humain, l'amour, les projets collectifs, l'humour, l'attention et l'intention bienveillante se réhausse...

    Saluons ces artistes avec par ordre d'apparition :

    Jérémy Vitupier : Clown, Fil mou, Hula Hoop, Saxophone alto.

    Antonin Wicky : Clown, Cascades, Mât chinois, Hula Hoop, Trompette.

    César Mispelon (le petit homme) : Main à main, Mât chinois, Hula Hoop, Sousaphone.

    Julius Bitterling : Main à main, Hula Hoop, Mât chinois, Saxophone tenor.

    Una Bennett : Corde lisse, Hula Hoop, Mât chinois, Trompette.

    Cory Marsh : Roue Cyr, Mât chinois, Hula Hoop, DJ.

    Tuedon Ariri : Sangles, Contorsion, Hula Hoop, Mât chinois.

    Andrei Anissimov : Main à main, Mât chinois, Hula Hoop, Trombone.

    Emma Rogers : Main à main, Mât chinois, Hula Hoop.

    Philippe Dupuis : Jonglerie, Mât chinois, Hula Hoop, Triangle.

    Sabrina Halde : Chant, Piano, Ukulélé.

     

    @crédit photo : les nuits de Fourvière

  • Les plutériens, un spectacle bien vivant !

     

    Les Plutériens est un spectacle à collaborations multiples. Charles Pennequin, auteur-poète lillois a écrit un livret pour l'Arfi (un collectif de musique jazz et improvisée basé sur Lyon) qui souhaitait de longue date jouer un opéra, à son image, déjanté. Spirito, le chœur de chambre professionnel dirigé par Nicole Corti est venu donner de la voix et du féminin (elles sont 8 sur scène) au sein de cet "opéra-space" dont deux solistes-acteurs (Marie Nachury et Antoine Läng) sont les personnages principaux...ainsi que Cantos, la machine qui voulait devenir humaine.

    Les plutériens,Charles Pennequin,Arfi,Spirito,Nicole Corti,Guillaume Bailliart,Marie Nachury,Antoine Läng,Xavier Garcia,Julie Ricassé,Romain Nicolas,Gaspard Gauthier,Martin Barré,Elvire Tapie,Coline Galeazzi,Théatre de la renaissance,Nuits de Fourvière 2019Guillaume Baillard, jeune metteur en scène, a su fédérer, temporiser et faire jouer ces joyeux drilles en apportant des outils scénographiques pour décomplexifier la trame narrative.

    Un projet ambitieux donc, estampillé "Nuits de fourvière" et qui suscita l'engouement de tous les acteurs engagés. Le résultat est assez novateur, parfois dérangeant, presque punk dans l'esprit.

    L'histoire emprunte les codes de la science fiction (avec de savoureuses références aux films du genre) tout en jouant avec pour le coté décalé. De même, la partition musicale s'affranchit, pour le coup, des règles de l'opéra pour proposer une lecture à la fois collective et individuelle (ils sont 11 dont 2 batteurs sur scène du collectif ARFI) de l’œuvre toute en apesanteur.

    Le spectacle est total, sur scène et dans la salle et se joue du temps par la richesse de sa proposition. On peut vite être débordé par le voyage, sans repères et avec les décibels parfois élevés, mais la théâtralité ajoute de l'humour, de la dérision et du recul pour ce projet qui se veut tout sauf élitiste, prétentieux ou je je-m’en-foutiste. Au bout des deux heures, un vaisseau bien sonore, car humain, a traversé le silence de l'espace !

    Choeur a rencontré Nicole Corti, Guillaume Baillard,  et Guillaume Grenard, trompettiste et membre de l'ARFI, à la sortie du spectacle joué au Théâtre de la Renaissance (en partenariat avec les Nuits de Fourvière). Un audio de 10 minutes :

    podcast

     

  • Un Requiem incarné

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    Lundi de pentecôte sur Fourvière. Il a plu toute la journée mais l'accalmie se présente en soirée et le public venu assister au Requiem (fragments) de Mozart est au rendez-vous.

    Par frilosité des instruments anciens de l'Insula Orchestra on nous annonce qu'ils seront à l'abri des regards, mais le spectacle est ailleurs.

    A la direction musicale, Laurence Equilbey est seule à la manœuvre au milieu d'une fosse pour le coup déserte et sa direction se fera par vidéo projection. Un parterre de chœur s'avance. Ils sont 22 plus 4 solistes, habillés de vêtements simples mais uniformes à dominante bleu, blanc et gris (Sigolène Pétey aux costumes). Ils approchent et entament le mythique Requiem.

    La version qui sera donnée dure peu de temps au total puisque qu'il s'agit de l'originale inachevée par Mozart (pas plus de 25 minutes avec des plages allant de 1 à 5 minutes) et non pas de celle plus connue de son élève.

    Les silences de l’œuvre, part manquante, seront occupés par les 8 danseurs du chorégraphe Yoann Bourgeois. Ceux-ci apparaissent rapidement dans le spectacle, déboulant d'une immense plateforme lisse comme un toboggan. Ils sont comme happés par le vide, le pas de trop qui les emmènent inexorablement vers l'inframonde et ses fosses charriant les morts. Métaphoriquement parlant ils peuvent aussi être vus "comme des larmes (qui) coulent les corps, sur la page noire du destin", selon le scénographe, un mantra entêtant qui ne cessa d'inspirer la création de Yoann Bourgeois pour cette méditation sur la mort.

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    Par la suite des tableaux animés se succèdent évoquant des scènes de vie et des petites morts : chutes, entraide, réussites collectives ou individuelles, passions, deuils, efforts...Le tout sous le regard bienveillant d'un chœur maintenant en haut de la structure et qui scrute, tels des anges, les faits et gestes d'une humanité livrée aux épreuves de la vie.

    A la toute fin, ils rejoindront par le même procédé de chute les 8 danseurs pour finir réunis dans un ballet et une ronde joyeuse et unifiante. Et l'on pense inévitablement aux dernières images du film primé Tree of Life de Terrence Malick où, sur une plage, les vivants et les morts se retrouvent pour partager l'amour et les souvenirs communs.

    La bonne idée du spectacle, outre cette rampe géante en tôle ondulée, c'est aussi cette roue giratoire mécanisée au sol, sur différentes vitesses (comme la roue du potier) et qui accentue la mise en mouvement des choristes et danseurs. Ils jouent avec la pesanteur, avancent à différents rythmes, ce qui donne du relief au ballet chorégraphique.

    Laurence Equilbey souhaitait travailler avec le chorégraphe Yoann Bourgeois depuis longtemps. La mise en espace du Requiem fut sa condition "sine qua non". Collaboration réussie puisque la cheffe d'orchestre, lorsqu'elle ne dirige pas avec intensité ses musiciens et choristes, observe avec émerveillement le ballet des danseurs, tel un témoin privilégié. Ainsi en va t'il également des danseurs portés par ce chœur vibrant des notes célestes de Wolfgang Amadeus.

    Qui est vivant, qui est mort ? Qu'est-ce que la vie, quel est son sens ? Y a t-il une survie et si oui de quoi ? Autant de questionnements en suspens dans cette œuvre singulière, hybride, où rien n'est jamais figé.

    Crédit photo : Les nuits de Fourvière

  • L'esprit zen de Thoreau

    Le temps est la rivière où je m'en vais pêcher,David Gauchard,compagnie l'unijambiste ,Henry David Thoreau,Denis Lavalou,Samuel Gallet,Leonore Chaix,Vincent Mourlon,Sophie Richelieu,Nicolas Petisoff,Thomas Poli,Alexandre Machefel,Fabien Teigné,Laeticia shériff,Pierre Bellec,théâtre de la Croix-Rousse,Mai 2019À l'heure des marches pour le climat et de l'urgence écologique, David Gauchard, de la compagnie L'unijambiste , nous propose une « expérience contemplative » qui mérite d'être partagée,  à partir des écrits de Henry David Thoreau.

    Nous assistons à une variation très moderne et contemporaine des 4 saisons avec 4 tableaux originaux sur une magnifique musique synthétique de Thomas Poli et une très belle projection vidéo minimaliste d’Alexandre Machefel.

    Les comédiennes et comédiens, Léonore Chaix, Sophie Richelieu, Vincent Mourlon et Nicolas Petisoff nous emmènent avec eux au bord de la rivière et ses saisons.

    Le temps est la rivière où je m'en vais pêcher,David Gauchard,compagnie l'unijambiste ,Henry David Thoreau,Denis Lavalou,Samuel Gallet,Leonore Chaix,Vincent Mourlon,Sophie Richelieu,Nicolas Petisoff,Thomas Poli,Alexandre Machefel,Fabien Teigné,Laeticia shériff,Pierre Bellec,théâtre de la Croix-Rousse,Mai 2019

    La force du metteur en scène est de nous amener dans un univers presque onirique en oubliant le temps et de nous plonger dans un état méditatif avant un réveil brutal qui sera prétexte à un message à l'adresse des nouvelles générations.

    Rencontre avec David Gauchard à l’issue de l'ultime représentation au Théâtre de la Croix-Rousse à Lyon.


    podcast

    Crédit photo: http://www.croix-rousse.com