blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

société

  • L'esprit de Zola

    Forbon N'zakimuena,Zola pas comme Emile,compagnie  Mantrap,Adam Carpels,Nicolas Tarridec,Noémie Moal,Dgiorgia Chaix,Pauline Fontaine,Penda Diouf,Rachid Akbal,Boris Dymny,Julie Botet,Mathieu Calmelet,Cassandra Cristin,Mathilde Blottiere,Zelda Gourru,Théâtre de la Renaissance,les jeunes prog,double origine,droit du sol,demande de nationalisation,prénom,politique migratoire,racisme, Oullins,Novembre 2026

    Forbon N'zakimuena signe avec Zola pas comme Emile, une charge contre la politique assimilationiste de l'État Français et le droit du sol.
    Né en France de parents étrangers, il relate l'épisode humiliant et stigmatisant de sa naturalisation française à ses 13 ans (sur demande de ses parents) avec moult questions intrusives de la part du tribunal judiciaire.
    L'intelligence de Forbon est de traiter cet événement avec humour, légèreté parfois (la nonchalance de son père par exemple) mais aussi pugnacité, à l'évocation de ses racines.
    S'il n'a pu garder son premier prénom Zola (un prénom générationnel au Congo), sa lignée compose son ADN (un corps charismatique) et son aura (les esprits des ancêtres qui l'accompagnent). Le spectacle est entrecoupé de chants, avec des textes magnifiquement rappés, ou de danse.
    Les multiples talents de Forbon N'zakimuena résonnent et existent dans cette pièce, qui n'est pas sans rappeler le travail de réappropriation historico-culturelle de l'artiste D' de Kabal, dont il est le filleul au sens initiatique.
    En bord de scène, après la pièce, le comédien Zola-Forbon évoque le sacerdoce d'une "charge raciale" quotidienne et précise qu'"il faut toujours en faire deux fois plus que les autres, rassurer les gens" pour prouver sa nationalité française.
    Un sujet d'actualité subversif sélectionné à Avignon par la troisième promotion de la jeune prog (12 adolescents de 12 à 15 ans) du théâtre de la Renaissance d'Oullins, sensible aux déboires de jeunesse de leur "grand frère" en humanité.

  • Un petit truc en plus

    Ce livre est celui du contenu, de ma seconde vie. Jusqu'à présent je n'avais parlé que du flacon...je peux aujourd'hui vous parler de l'ivresse...Pour la connaitre il a fallu que je meure...pour me la faire "co-naître", c'est à dire "naître avec" (p.20).

     

    alchimie.jpegPatrick Burensteinas publie aux éditions Trédaniel un livre de connaissance synthétique : Comment l'alchimie peut nous sauver.
    Auteur d'un best seller -un alchimiste raconte- , il  a vécu en décembre 2020 une NDE, suite à un AVC, et a compris que l'âme était indépendante du corps.
    Se sentant comme missionné, il vulgarise et dévoile dans cet ouvrage, de façon habile et pédagogique, des secrets alchimiques reposant sur un ingrédient phare et invisible ; "Beau, Bon, Bien fait et Bienveillant" (les 4 B) : le spiritus.
    Dans une première partie il nous parle du temps où ce dernier inondait les faits et gestes : des prières, des chants, une présence, un repos...un temps où le corps était moins prégnant et préoccupant que l'âme. Désormais, depuis le siècle des lumières, le spiritus est d'après lui, entré en résistance ici ou là mais n'irrigue plus les tâches. C'est le temps du chaos, où la "colle" règne sans son "détachant", une époque sparadrap où l'on assemble les anciens débris sans envisager une nouvelle ère et ce qu'elle implique de regard neuf ou de vision.
    Patrick Burensteinas milite donc pour un retour du spiritus en proposant des exercices pratiques alliant symbole, couleur, son, et prière orientée. Son livre est une passionnante histoire sur les clés oubliées d'une vie heureuse, passant notamment par l'épure du cœur de ses 7 oripeaux (secret déjà consigné dans le conte de Blanche Neige et les 7 nains). Charge à chacun de réinventer le quotidien par des procédés magiques, paroles ou actes justes, afin d'élever la matière vers des contrées toujours plus spirituelles, teintées de légèreté par opposition à l'inertie ambiante.

  • Le freak c'est chic !

    Ayant forgé son style dans un cinéma d'exploitation où tout est permis, où le corps est un terrain de jeu pour les excès, il injecte de la crasse, de l'humour noir, du grotesque et une énergie punk dans des produits destinés à être lisses et universels. Son cinéma (...) issu de la marge et adoubé par Hollywood, est une remise en question permanente de l'asepsie du divertissement de masse  (p.77).


     
    Nico Prat,La perversion selon Sam Raimi,Playlist Society,evil dead,Bruce Campbell,spiderman,slapstick,Guillermo Del Toro,Nico Prat signe avec La perversion selon Sam Raimi, chez Playlist society, un essai probant et pointu sur l'ADN du cinéaste geek, fou de technique et d'idées géniales, le père du classique Evil Dead et de son acteur fétiche Bruce Campbell.
    Alternant films artisanaux plus personnels (Evil dead, jusqu'en enfer, Darkman...) et commandes de studios hollywoodiens (la trilogie spiderman avec Tobey Maguire, le monde fantastique d'Oz...), il avance serein malgré les critiques médiatiques ou mainmise des producteurs sur certaines de ses œuvres. Son plaisir c'est d'explorer les failles de ses personnages (les zones d'ombre comme la culpabilité, la perte ou le double maléfique) ou d'ouvrir des brèches "slapstick" (style d'humour impliquant une part de violence physique volontairement exagérée) dans un linéaire conventionnel. Cette forme de perversion est inédite au cinéma mais heureusement tolérée. Comme Guillermo Del Toro, il est fasciné par les monstres, les freaks, les créatures infernales et s'en amuse, leur trouvant sans doute du piquant pour relever un scénario morne. Les plus belles œuvres ne sont-elles pas la création de déviants talentueux ?
    L'humanité transparaît du coup souvent par des détails (une mimique, une parole, une blague...) injectés dans la pellicule pour rappeler peut-être que ce n'est que du cinéma et que l'intention derrière est avant tout ludique et irrévérencieuse.
    Nico Prat est fan et spécialiste de l'œuvre de Sam Raimi. Sa fidélité et son appétit de compréhension (nombreuses sources consultées) ont conféré une trame à cet essai, à laquelle nous ne pouvons qu'adhérer.
    En ressort une curiosité renouvelée pour visionner des parts manquantes de sa filmographie. Cette "perversion" assumée, loin de le disqualifier aux yeux de ses pairs, confère plutôt à son œuvre un charme majeur, sans cesse renouvelé.  

     

  • Les germes de l'Enseignement

    Je suis émerveillée que dès le premier Entretien les bases du Nouvel Homme soient posées : l'homme conscient de sa Tâche sur terre grâce au dialogue avec son ange gardien.
    Mais il devra d'abord accepter un dialogue avec sa nature humaine imparfaite s'il veut pouvoir dialoguer avec sa nature divine (p.45)


    Regards Croisés sur les Dialogues avec l'Ange,Patricia Montaud,Bernard Montaud,Gitta Mallasz,Avec Regards Croisés sur les Dialogues avec l'Ange, Patricia Montaud s'attaque à son exégèse. Ce premier tome s'intéresse aux 5 premiers entretiens (sur 135, soit 27 volumes prévus sur 15 ans !) avec l'explication de Gitta Mallasz et celle de Bernard puis Patricia Montaud, qui ont vécu intimement avec elle 8 ans, jusqu'à sa mort. Un jeu vient clôturer ce simili échange ainsi qu'un témoignage sur ce jeu, d'un participant aux ateliers dédiés à la lecture pratique que Patricia Montaud a mis en place depuis quelques années déjà.
    L'idée est riche et instructive en nouvelle matière, issue de conférences, ateliers, livres, dialogues informels mais tiendra-t-elle en longueur tant le projet s'avère faramineux ?
    Ce premier ouvrage rappelle l'importance du questionnement pour une aide céleste. L'Ange est défini comme notre complémentaire de lumière, aimant et dévoué à notre croissance spirituelle.
    Rappel aussi d'une méthode car avant de voler (évoquer la grandeur de la tâche) il est bien de savoir marcher sur l'eau, en exhumant sa petitesse (la conscientiser et l'aimer) par la sublimation de l'émotion. L'enseignement des Dialogues diffère en effet légèrement de la voie traditionnelle initiatique par l'importance accordée au petit moi : il ne s'agit pas tant de le détester mais de l'élever, en pansant sa blessure originelle de façon ludique et amoureuse, car il est "notre plus grand trésor" et nous enseigne autant que l'Ange.
    Au final un tome 1 prometteur et parfois surprenant pour les coutumiers de l'enseignement, car la mise en pratique nous offre un regard neuf.

  • Stephan nous est cher

    Stephan Eicher,Martin Gallop,Simon Gerber,Tom Vanstiphout,Tommy Baldu

    C'est sur le dernier album, Poussière d'or, particulièrement réussi - un bijou d'orfèvrerie - que nous sommes allés voir Stephan Eicher pour la première fois en concert à Lyon, où il se posait deux soirs de suite au Radiant Bellevue.
    Âgé de 66 ans et très bien entouré, c'est à une leçon de Vie que nous avons assisté.
    Loquace et drôle, il fustige les retardataires et annonce d'emblée vouloir jouer son dernier né (écrit à nouveau en majorité par Philippe Djian et aussi Martin Suter) avant les chansons pour lesquelles le public a payé, sous-entendu ses classiques intemporels.
    Et bien lui en a pris. Devant un drapé représentant un paysage naturel avec pins et montagnes, magnifiquement éclairé, le quintet aligné dégaine les ballades folks acoustiques (Poussière d'or, Je plains celui, Sauvage continent, On dit...) avec embardées électriques par le virtuose Tom Vanstiphout. Le public écoute et applaudit. C'est beau, entraînant et surtout ça joue "sévère" avec une connivence évidente entre le producteur (de poussière d'or) multi-instrumentiste Martin Gallop, le bassiste Simon Gerber et le batteur Tommy Baldu.
    Puis c'est le switch (par un effet que nous ne dévoilerons pas) avec 3-4 classiques et des chansons puisées ici et là dans son large répertoire (18 albums au compteur pour 45 ans de carrière !), rendant cette seconde partie électrisée plus enjouée. Le niveau sonore monte, le public s'y retrouve, participe et se réjouit de pouvoir chantonner quelques refrains jusqu'au tubissime "Déjeuner en paix", ou la reprise bien barrée de "Ich Möchte ein Eisbär sein" (Grauzone, groupe de son frère Martin)
    Au final presque deux heures de show et l'impression d'avoir rencontré un artiste valeureux, humble et chaleureux. Le groupe scénique était celui présent sur l'album phare (et lumineux) et son interprétation d'hier, soudés comme un seul, a résolument déplacé des montagnes. 

    @Crédit photo : stephan-eicher.com

  • La culture tous azimuts

    Depuis les Yvelines se fomente donc quelque chose, né de cette idée encore embryonnaire que l'on peut percer la muraille, imposer une ligne éditoriale sans compromission - inrockuptible, donc - et aller chercher les lecteurs curieux de sentiers culturels parallèles là où ils se trouvent et les détourner de la presse dominante (p.29).

     

    Christophe Conte,On aurait fait un groupe on a fait un journal,Flammarion,les inrockuptibles,les inrocks,Christian Fevret,Serge Kaganski,J.D Beauvallet,15 Mars 1986,Mathieu Pigasse,indie rock,culture,Christophe Conte relate avec verve, humour et enthousiasme, l'épopée des Inrocks, depuis sa création (sur demande de Christian Fevret, Serge Kaganski et J.D Beauvallet ) en 1986 et jusqu'à ses quarante ans d'existence, même si les piliers ont tous quitté le navire depuis.
    On assiste à l'essor d'un fanzine en magazine bimestriel puis mensuel et hebdomadaire, avec ses changements de locaux nécessaires, son évolution éditoriale et journalistique (plus de monde plus diplômé au fil des ans) et  ses savoureuses anecdotes racontées de l'intérieur.
    C'est toute une époque qui défile également dans "On aurait fait un groupe on a fait un journal", publié chez Flammarion : la riche moisson indie-rock des années 90, l'avènement du Net, les attentats de Charlie et du Bataclan, la vague #metoo, la politisation toujours à travers un prisme culturel, le rachat par l'intrusif banquier Mathieu Pigasse..., soit l'histoire d'un média, d'émérgent à influent, et des inévitables infidélités à son esprit créateur originel.
    L'auteur, qui a travaillé 28 ans pour le magazine, revient sur les ratés (les unes de Cantat ou Depardieu, les opérations marketing insipides...) mais surtout sur les coups de génie de certains journalistes (les interviews de Mac Cartney, Pialat, Carax par exemple ou le festival des inrocks et son rayonnement multi-géographique) restant pertinents dans l'attitude malgré l'impertinence de mise affichée.
    Un récit passionnant par un passionné de culture, qui a vu s'étendre le spectre des mouvances chroniquées (cinéma, rap, littérature, mode, BD...) au gré des ventes et parutions exponentielles (40 fois plus au bout de 6 ans). Une belle histoire aussi de culture d'entreprise et d'état d'esprit opportuniste mais droit et découvreur de talents, avant de passer le flambeau.

     

  • S'extirper du rêve

    Cette fameuse "mission" est d'une désarmante simplicité : elle consisterait uniquement à vivre notre vie avec davantage de vérité, davantage de responsabilité et davantage d'amour (p.118).

     

    L'amour (vécu en EMI) est décrit comme un état d'être, une réalité qui existerait par elle-même et qui constituerait la trame même du Réel et de son ultime essence...il est également inconditionnel, existant sans aucune restriction et sans dépendre d'aucune condition extérieure (p.69).

     

    Christophe Fauré,le sens de cette vie,éditions Albin Michel,Le psychiatre Christophe Fauré poursuit l'étude des EMI avec Le Sens de cette Vie, paru chez Albin Michel, en lui donnant un plan et une signification spirituelle.
    De nombreux récits de gens morts cliniquement et revenus à la vie, s'insèrent en effet dans des caractéristiques  communes (la conscience non locale, le tunnel, les êtres de lumière...) et semblent en partie évoquer un examen de conscience (la revue de vie) pointu et éclairant menant souvent à une inflexion d'attitude ou une métanoïa (revenir en corps pour aider, aimer, servir...). L'auteur pose la question d'une mission de vie (une tâche à accomplir) et d'un destin dont la destination serait connue (tel le gps), sous forme d'hypothèses. Le final aborde la conscience non locale et sa Source infinie, dont la philosophie non-duelle est coutumière.
    Il est intéressant de noter par ce biais, que nous sommes tous constitués (mais souvent nous l'oublions) de cette Présence/Lumière omnisciente (le Soi ? Dieu ? l'Amour inconditionnel ?) que nous le conscientisons de notre vivant ou pas. C'est ce que les témoins d'EMI appellent "retourner chez soi", dans un espace-temps "familier". Cette Source ne se réfléchit cependant que dans l'altérité et la relation, comme si elle était incapable de réflexion. C'est aussi ce que les soufis disent de la déité comme étant "un Trésor caché voulant être connu par l'entremise des cœurs humains"...mais point de religion dans cet ouvrage à visée plutôt (post) scientifique, au vu de l'impressionnante bibliographie bilingue grand public ou spécialiste dans le domaine. Foi et science semblent toutefois converger aussi ici, à l'adresse de tous.