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Féminisme

  • Inspiration queer

    Romancero Queer, Virginie Despentes, Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon, Sasha Andres, Amir Baylly, Casey, Mata Gabin, Soraya Garlenq, Mascare, Soa de Muse, Clara Ponsot, Federico Garcia Lorca, La maison de Berrnarda  Alba, Fatima Ben Bassal, Camille Duchemin, Tania La Rata, Varou Jan, Annabelle Maillard, ateliers de La Colline, mars 2026

    Virginie Despentes propose ROMANCERO QUEER au Théâtre de la Croix-Rousse. Au plateau iels sont 8 à répéter la pièce La maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca, mise en scène par un certain Michel, mâle blanc cisgenre qui n’apparaîtra pas. Au fil du temps, il devient gênant pour tout le monde. Michel est un tyran avec ses comédien.nes, ce qui va les unir en coulisse.

    Nous découvrons l'histoire de chacun.e : la star de série télé loufoque, étonnée quand on ne la reconnaît pas (Soraya Garlenq) ; le coach sportif désabusé qui débute dans le métier de comédien (Casey) ; l'ancienne femme de Michel qui a eu 4 maris (Mata Gabin) ; la comédienne de Théaaaaaâtre qui pardonne toujours le comportement du metteur en scène (Clara Ponsot) ; celle trompée par sa petite amie, en boucle sur le sujet (Mascare) ;  l'amoureux de lui-même qui cache un secret (Amir Baylly) ; l'influenceuse, diva, qui a fait sa transition et ne laisse jamais marcher sur les pieds (Soa de Muse) et enfin la comédienne qui sort de prison et est à nouveau engagée sur un projet artistique (Sasha Andres). Ces personnages excessifs, drôles et un peu barjos révèlent petit à petit leurs fêlures. 

    Romancero Queer, Virginie Despentes, Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon, Sasha Andres, Amir Baylly, Casey, Mata Gabin, Soraya Garlenq, Mascare, Soa de Muse, Clara Ponsot, Federico Garcia Lorca, La maison de Berrnarda  Alba, Fatima Ben Bassal, Camille Duchemin, Tania La Rata, Varou Jan, Annabelle Maillard, ateliers de La Colline, mars 2026

    À travers la révolte lancée par les protagonistes, la pièce aborde l'accaparement des biens par les puissants, le droit de grève, toutes les formes de discriminations et notamment envers les femmes et les queers mais aussi les guerres actuelles et la montée des haines. Les personnes incarnent ainsi les colères qui traversent l'autrice Virginie Despentes mais aussi le public (salle comble). L'homme riche, blanc qui protège ses privilèges mais aussi les violents et violeurs (en politique, dans l'art et partout ailleurs) sont pointés du doigt. Et, malgré l'avalanche des horreurs du monde actuel, les acteur.ices redonnent foi, espoir ou inspiration en prenant la parole, clamant, déclamant, hurlant ce que les personnages ne peuvent plus taire. 

    Tous.tes les comédien.nes ont énormément de talents avec une mention spéciale pour Soraya Garlenq et Soa de Muse. À découvrir à 16h (dimanche 22 mars) s'il reste des places ...

    Photos : https://www.croix-rousse.com

  • Une voix qui porte

    Vers où je ne comptais pas voyager,Katayoon Latif,Yassaman Barouti,Sarah Jahanbakhsh,Pauline Granier,Victor Gautreau,Sohrab Karamroudi,Clara Couvert,Ariel R. Ezra,Sébastien Botta,Lucile Bichet,Sina Beizavi,Sepehr O.,théâtre des Clochards Célestes,Lyon,Mars 2026.

    Arrivée en France il y a sept ans, Katayoon Latif signe avec Vers où je ne comptais pas voyager, au Théâtre des Clochards Célestes de Lyon, un texte et un seule en scène entre autobiographie et fiction, de ses années passées en Iran, avec le recul émotionnel nécessaire à toute introspection.
    Néanmoins l'emprise psychologique reste très présente puisque ce rêve de l'exil se répète jusqu'à virer au cauchemar, intégrant en effet les récents événements historiques : les manifestations Femme Vie Liberté de 2022, les tueries de masse de la population au mois de janvier 2026, le blackout d'Internet puis le chaos de la guerre récente.

    Yassaman Barouti et Sarah Jahanbakhsh, compatriotes également expatriées en France, accompagnent Katayoon Latif à la mise en scène et à la dramaturgie depuis la genèse du projet. Avec une grande maîtrise de jeu et peu de moyens techniques, celle-ci rend hommage à celles et ceux restés au pays et continue la lutte, en France, avec juste ce qu'il faut d'humour, d'irrévérence et de clairvoyance pour exorciser ses traumatismes hérités du régime iranien. 

    Katayoon Latif, un nom à retenir pour le rayonnement culturel franco-iranien, que nous avons interviewé (11 min) à l'issue de la représentation du samedi 7 Mars. Retrouvez-la en en cette journée internationale des droits des femmes à 16h30 au Théâtre des Clochards Célestes.


    podcast

    Photo : Sina B.

  • Déconstruire le validisme

    Le validisme existait avant le coronavirus - et il perdurera sans doute après la crise sanitaire -, mais il s'est amplifié durant cette période par un phénomène de banalisation du mal quand il est devenu tolérable de sacrifier des vies sous prétexte qu'elles ne correspondent pas à notre idéal d'humanité (p.171)

     

    De Chair et de fer,Charlotte Puiseux,éditions de la Découverte,mouvement crip,anticapitalisme,féminisme,De chair et de fer (première édition de 2022), de Charlotte Puiseux, ressort en poche aux éditions de la découverte.
    Le livre raconte son parcours, de sa naissance problématique (une maladie génétique rare diagnostiquée) à ses années d'études (en philosophie et psychologie) puis de militantisme (elle est spécialiste du mouvement crip), sans oublier sa jeunesse compliquée auprès des institutions   médicales ou éducationnelles.
    La particularité de Charlotte Puiseux, sa force, sa sensibilité et son intelligence l'ont très tôt définie rebelle au système qu'elle considère à juste titre comme validiste, puisqu'il définit les handicapés physiques ou psychiques de moindre valeur que les gens capables...de travailler, de vivre en société, d'être en couple ou encore de consommer.
    Sa lutte pour la vie (elle est mère désormais) fut de s'armer et de s'élever par des lectures, des études, des réunions militantes (anticapitaliste, féministe et queer/crip), afin de redéfinir et se réapproprier son identité êtrique et d'en être fier plutôt qu'honteuse.
    Après lecture de l'ouvrage, on ne verra plus jamais le handicap comme un problème mais un atout, malgré les souffrances endurées, pour forcer l'idéologie dominante à ouvrir les yeux sur sa pseudo normalité et son mépris de toute différence.

     

  • Mains et maintes femmes

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    Peut-être connaissez vous le conte de La jeune fille sans mains ? La Compagnie Faste et Furieuse le transforme dans La Reine Aux Mains d'Argent, présentée au Théâtre de l'Uchronie jusqu'au 20 janvier.  Trois comédiennes, Jeanne Henry, Océane Lutzius et Alice Perrier, nous embarquent dans la demeure d'un pauvre bucheron, dans des forêts sombres et infinies, dans les jardins luxuriants d'une députée ou en face à face avec le diable.  On y croise également Baba Yaga, les esprites et autres trouvailles contemporaines. Citons par exemple entre November Ultra et Billie Eillish  le titre One step de Marguterie, artiste lyonnaise, qui sied parfaitement à l'atmosphère crée par l'autrice et metteuse-en-scène Inès Chassagneux. Au plateau, elles sont conteuses, joueuses, magiciennes, et nous emportent au cœur d'une histoire étonnante, vibrante et féministe menée de maintes mains scintillantes de reines. 

    Rencontre joyeuse avec Inès Chassagneux, à l'origine de la Compagnie Faste et Furieuse :

    podcast

    Photo: Compagniefasteetfurieuse.com

     

  • Emmitouflées et subjugués

    Encabanée,Gabrielle Filteau-Chiba,Lou Martin Fernet,Eugénie Bernachon,Jason Razoux,Thibault Lamy,Christophe Gaultier,Joseph Kildine,théâtre des Clochards Célestes,14 Décembre 2025,Lyon

    Succès pour la pièce musicale Encabanée, qui s'est jouée au théâtre des Clochards Célestes, véritable découvreur de nouveaux talents. Écrit par une québecoise éco-féministe, Gabrielle Filteau-Chiba, ce premier roman d'une trilogie, raconte sa réelle expérience en solitaire d'une vie en forêt (dans le Kamouraska) à -40°, pour retrouver des sensations originelles d'avant le monde moderne et son devenir malheureusement écocide.
    A l'initiative de Lou Martin-Fernet, ce projet a vite intégré une bande son "sauvage" par l'entremise d'Eugénie Bernachon, également comédienne et autrice d'un premier disque abouti et prenant, Baïnes sous le nom Joseph Kildine (avec Thibault Lamy à la production sonore). Christophe Gaultier a mis en scène ce duo féminin, qui brille par sa qualité d'écoute et interprétation, par le truchement d'artifices théâtraux, comme le prolongement fictif intérieur du personnage principal.
    Rencontre avec les 4 protagonistes à l'issue de l'avant dernière représentation (11 min) :


    podcast

    @crédit photo : Fb collectif 70

  • Les pré-curseurs

    Waltraid Verlaguet,Quand la Vierge commence à lire,éditions l'Harmattan,lectio divina,Waltraud Verlaguet, médecin et théologienne protestante, mène l'enquête pour les éditions l'Hamattan, dans Quand la Vierge commence à lire - la lecture féminine au miroir de Marie.
    Cette analyse historico-sociale et artistico-religieuse d'ampleur est synthétisée et condensée avec brio dans ce court ouvrage de 100 pages, agrémenté et embelli de nombreuses œuvres d'art.
    Le Moyen-Age voit la Vierge représentée lisant, laissant supposer une origine pieuse à la lecture féminine. Mais Waltraud Verlaguet penche plutôt pour une influence de nobles dames germaniques instruites dès le 12ème siècle au Nord de l'Europe (comme Hadevij d'Anvers).
    Quand Marie se munit d'un livre, l'église confine en même temps (obscurantisme oblige)  la femme dans une sphère plus privée, l'imaginant disposer de plus de temps pour lire, ou du moins  l'inciter à.
    Rien n'atteste donc que Marie fut lettrée ou initiée par Anne sa mère, à la lectio divina. C'est le propos de l'autrice de rendre hommage à celles, les "précursoeurs", qui servirent un temps de modèle à l'émancipation féminine, par la lecture entre autre, au vu et au su de tous. 

     

  • Cercle intime

    haenel.jpg

    Adèle Haenel était une des têtes d'affiche de la 5ème édition de Festiv.iel, programmée au Théatre de la Croix Rousse.
    Accompagnée de Carol Geryl à la console rythmique (avec qui elle forme le collectif Dame Chevalier), elle nous fait partager la pensée de Monique Wittig, figure mythique du MLF avec la pensée straight. Ce spectacle, Voir Clair avec Monique Wittig, est une sorte de manifeste socio-politique autour d'une vision qui déconstruit l'hétéronormalité (parfois fascisante dans son exploitation d'autrui) et sa reproductibilité genrée à travers siècles.
    Le jeune public (entre 20 et 45) queer et coloré venu en masse, adhère déjà à ce nouveau paradigme et semble venu acclamer cette figure de la rébellion au système patriarcal.
    La démonstration théorique est entrecoupée de pensées ou de poésies personnelles d'Adèle Haenel et de moments plus ludiques de chants avec sa compagne scénique, dans une promiscuité scénographique.
    On navigue entre raison et émotions, vision cinglante et colère et chacun repart gonflé pour une lutte ou résistance qui s'annonce difficile et longue, pourvu que les générations futures puissent mieux vivre leur différence et singularité, aux couleurs de l'alliance arc en ciel.