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Christianisme

  • Une affaire de croyances

    Jean-Marc Vivenza,la Nouvelle Gnose,éditions Dervy,franc-maçonnerie,démiurge,mal,âme divine,corps de lumière,Jean-Marc Vivenza propose une petit essai concis sur la Nouvelle Gnose, aux éditions Dervy.
    Après présentation et définition de la gnose, duelle et unitive, il explique ses ramifications pré-chrétiennes, sa condamnation pour hérésie au second siècle mais surtout sa survivance initiatique d'abord secrète puis en plein jour avec les manichéens, les cathares, les rose-croix, les shiites ismaéliens ou duodécimains, la Kabbale juive puis la franc-maçonnerie sous ses différentes formes, jusqu'à aujourd'hui.
    Cette doctrine ésotérique universelle, qu'on retrouve dans certains aspects de la religion, suppose globalement l'emprisonnement de l'âme, divine par nature, dans un corps ou une matière "mauvaise", démiurgique, qui expliquerait l'existence du mal. Ce corps-prison nécessite, dans les courants initiatiques, un travail de sape de l'ego (Le corps-mental) pour s'en désidentifier et fusionner consciemment par étapes, avec le corps de lumière, immortel, qui réintégrera la Source du Dieu bon à la fin des temps.
    L'auteur, très calé, cite une multitude de noms et de mouvements affiliés au gnosticisme, dont les contemporains Guénon, Schuon ou encore Henry Corbin. Au-delà des dogmes et des institutions, cet enseignement traditionnel et initiatique un peu nébuleux s'éclaire dans cet essai, toute proportion gardée, avec la règle du silence qui prévaut dans les loges.
    Et si la matière redevenait sacrée ? Si la lumière de la conscience éclairait chaque zone d'ombre du cadavre-monde ? Si la création était  re-suscitée par une âme universelle ? Les partisans du 'corps-geôle' résisteraient-ils à cette révolution annoncée dans les textes sacrés "officiels", pour les partisans de la foi ? 

     

  • Une réflexion mûrie

    D'un point de vue psychanalytique, cette éthique peut être comprise comme une désintrication du religieux et du surmoi, telle que l'ont analysée des penseurs héritiers de Freud et de Lacan. Elle ne nourrit pas le fantasme d'un Dieu persécuteur intériorisé, surveillant les pensées et désirs, mais ouvre un espace où le sujet peut consentir à sa finitude sans se haïr lui-même. En ce sens, l'éthique évangélique est une éthique de la castration assumée, non de la toute-puissance morale...elle ne construit pas un surmoi religieux, mais libère un espace de responsabilité adulte, où la foi n'est plus une contrainte mais une confiance  (p.161).


    Michel Leconte,Jésus après les dogmes - Histoire, critique et liberté de croire,Karthala éditions,dogme,rituels,théologie contemporaine,exegèse historico-critique,Michel Leconte, psychologue de formation et passionné de théologie, publie chez Karthala éditions, dans la collection Sens et Conscience, Jésus après les dogmes - Histoire, critique et liberté de croire.
    Le livre est salvateur car il remet Jésus l'homme, son message et l'esprit qui l'animait, au centre : son "amour des ennemis, sa justice pour les pauvres, sa liberté face aux pouvoirs". Michel Leconte, fervent chrétien, remet aussi en question le dogme, récité selon lui  mécaniquement ; la sacralisation eucharistique (qui ne l'est plus) avec son aspect magico-superstitieux, et plus globalement l'emprise doloriste et culpabilisante de l'institution ecclésiale.
    Il nous livre ce qu'il a conscientisé d'une psychanalyse approfondie, confrontée à l'exégèse historico-critique et à la lecture de théologiens contemporains, pour qui Jésus n'était pas Dieu mais son "porteur" et son reflet. De même pour la résurrection qu'il perçoit comme "un souffle, une force de vie...une parole qui ressuscite les vivants...et fait lever l'amour au milieu du désespoir (p.86)". Quelque chose a survécu de l'homme que valida Dieu même après sa mort, dans son absolutisme et ses choix de vie radicaux. Un Dieu pour le coup immanent plutôt que transcendant, avec lequel une relation d'amour confiante est possible et que l'on sent présent ou absent (selon notre aveuglément émotionnel) mais qui épouse la condition humaine et l'accompagne dans la souffrance et l'épreuve, la finitude aussi et plus encore...loin d'un Tout-Puissant Omniscient et que Jésus laissait transparaître.
    Ouvrage mature d'un penseur libre donc mais qui, petit bémol, à force de rejeter sous couvert d'incrédulité infantile, ne reconnaît ni la fonction de Messie, ni la naissance virginale de Jésus par Marie, prélude à notre sens, au moins symboliquement, à l'avènement du Verbe : un terreau silencieux, au-delà du mental, dans la foi au Saint Esprit.
     

  • Modernité de l'Apocalypse

    Les poèmes d'Ellul se dévoilent devant nos yeux dans toute leur beauté, leur richesse et leur ambiguïté...Ambiguë, la parole l'est bien. Celle d'Ellul ne fait pas exception. Ce n' est pas seulement a cause du contenu de sa poésie que celle-ci est parfois difficile à saisir, c'est avant tout parce qu'elle est un déploiement particulier, esthétique, de sa théologie de la parole (p.39).


    Poète du Tout-Autre,Yannick Imbert,éditions olivétan,Jacques Ellul,Silences,Oratorio,poésie,Livre rouge,C.G Jung,théologie de la parole,parolel imagée,christ,dieu,APocalypse,Mai 2026Dans Poète du Tout-Autre, Yannick Imbert, professeur d'apologétique, présente une introduction à la poésie de Jacques Ellul, aux éditions Olivétan.
    Ses deux recueils de poésie, Silences et Oratorio, ont été publiés à titre posthume car il "ne pouvait (décemment) pas se révéler". 
    Cette petite apocalypse, au sens de dévoilement de l'intime, pour un penseur très influent sur les plans sociologique et théologique, est la quintessence et le fruit d'une vie (intérieure). Oratorio fait même figure de "livre rouge" d'Ellul (comme pour C.G Jung), préfigurant son étude future sur l'apocalypse et l'unité sous-jacente de domaines à priori antagonistes,  dans son œuvre bibliographique.
    On passe un bon moment avec cet essai érudit et exigeant de Yannick Imbert sur un auteur qu'il vénère et dont il a saisi l'importance de la prose. L'ouvrage n'est pas  l'exégèse d'une "théologie de la parole" mais une tentative, à l'aune des thématiques (vanité, liberté, ville, Dieu...) travaillées par Jacques Ellul (1912-1994), de donner quelques clés de lecture. Le reste, affaire de "parole imagée", visions christiques d'un homme de foi et d'espérance, représente son intuition du sens de l'Histoire et de la Présence/absence de Dieu.
    Les extraits, nombreux, ne suffisent pas à saisir l'ensemble du souffle poétique, ni son degré d'inspiration. S'y plonger, lors de leur réédition, sera peut être la prochaine étape. Mais on peut certainement qualifier sa parole de Verbe, nourriture circonstanciée, vision sublimée et manduquée d'un texte hallucinant et halluciné, la Bible et son apex, l'Apocalypse de Jean. 

  • Sur la terre comme au ciel

    "Faire la volonté de Dieu, c'est faire entrer en moi Jésus et Sa joie divine. C'est être Sa consolation. C'est mettre en moi Sa Présence, sa Présence irradiante" (p.257).


    Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit,Joel Guibert,éditions Artege,sainte Thérèse,béatification,mystique,sainte,Avril 2026Avec Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), les éditions Artège signent un nouvel essai du père Joël Guibert, dans une visée de béatification.
    Il faut dire que sa vie entière, ses écrits, ses dons (bilocation, sanctification d'hosties souillées...), ses inter-actions (le réconfort de sœurs, le rachat d'âmes) et sa renommée mondiale, la font entrer dans un modèle de sainte catholique, au même titre que la petite Thérèse, qui fut son modèle.
    Tentée et adepte de souffrances ("mon Amour me fait aimer la souffrance pour m'unir à mon Bien-Aimé" - p.255), elle réfute le dolorisme pour évoquer la sagesse de la Croix "dont la Joie profonde est le fruit (p.237)".
    Confiante dans le plan de Dieu, elle apprend à s'en remettre à Sa volonté en laissant Jésus œuvrer à travers son cœur, ses yeux et ses mains, pour devenir outil de Miséricorde.
    Livre informatif mais aussi de portée évangélique, Joël Guibert nous remémore la spécificité toute chrétienne, une vie "à partir de Dieu", dans  une relation "vivante et vivifiante" éprouvée dans les actes (une pulsation, une vibration, une joie qui demeure...), les pensées (le discernement) et les prières du quotidien.
    Plus globalement et c'est encore le cas ici avec Yvonne-Aimée de Malestroit, les mystiques sont des aiguilleurs de l'être qui incarnent la quintessence de l'enseignement christique. Ils sont le rappel d'une praxis ésotérique incandescente qui perdure malgré l'essoufflement des institutions. Ils sont le soufflet sur les braises !

  • Le phénomène religieux

    La religion est un phénomène relationnel...et social...En ce sens, être religieux est un facteur de protection respectable. L'appartenance à un groupe religieux procure un sentiment de solidarité et d'identité, mais elle dicte également la manière de croire, de prier, de se comporter, d'aimer et de haïr (p.31).


      
    Nicole Aknin,Anna Cognet-Kayem,Philippe martin,Religions, déviances et psychopathologie,presses universitaires de BordeauxSous la direction de Nicole Aknin (psychologue), Anna Cognet-Kayem (psychanalyste) et Philippe Martin (professeur d'Histoire), les presses universitaires de Bordeaux publient Religions, déviances et psychopathologie, un projet universitaire pluridisciplinaire, prolongement d'un colloque, autour de la religion, de ses satellites et de ses traces dans les représentations psychiques.
    Plaisant à lire et varié dans ses approches, l'ouvrage peut néanmoins parfois  apparaître comme une charge envers la religion rituelle et dogmatique. Certains auteurs lui opposent en effet la spiritualité, d'autres lui reprochent son formalisme mais globalement des pratiques ancestrales subsistent (talebs, mpiandry...), proches de la superstition ou un temps apocryphes (l'exorcisme, la sorcellerie ou la possession collective), qui pallient (par rapidité ou coût moindre ...) une praxis de reliance (le re-ligere de religion).
    Des croyances irrationnelles aux esprits maléfiques, à des fantômes  ou à des possessions transgénérationnelles inondent les psychés en profondeur (l'inconscient collectif de Jung ?) et deviennent le sujet de disciplines étiologiques ou géobiologiques.
    Globalement, après une lecture attentive de l'essai, la religion "peut  être à l'origine de traumas réels ou supposés" mais son versant méritoire est rarement abordé. Quid de la foi, de la lecture parfois  apaisante des livres sacrés, de la guérison des cœurs par l'intermédiaire de l'esprit sain et du temps, dans une approche interreligieuse ? L' occasion en effet d'approfondir ce qui n'a été perçu que superficiellement en devenant de facto psycho-pathologique...
    En réalité, c'est plutôt un syncrétisme des croyances qui occupe souvent les esprits en quête, flirtant de temps en temps avec les soins "parallèles" quand le miracle de la foi, par de vaines prières, atteint sa limite. 

     

  • Réparer le monde

    Pour toutes ces raisons le Corps du Christ est dévoilé, déchiré et delivré aussi, car il porte en lui les signes non seulement de l'Incarnation mais surtout les nombreuses possibilités d'exclusion. Nier cet angle mort dans le christianisme et dans la foi crée des blessures : et tout a chacun sait qu'une sensibilité blessée peut se trouver à la source d'une revendication conflictuelle, voire explosive (p.85).

     

    corps.jpegSuis je l'égal, dans le regard du pauvre, du pêcheur, du marginal, de la victime ?
    Suis je légal, d'une attitude correcte, quand j'ai honte de, je moralise, je juge, je stigmatise mon prochain ?
    Ce sont ces questions que soulève l'essai d'Alberto Fabio Ambrosio, théologien et dominicain, avec le Corps du Christ - (Dé)voilé, déchiré, glorifié, paru chez Hermann éditions.
    Conçu comme une thèse en trois parties, sa réflexion claire et érudite, part d'une christologie textile (ses vêtements portés, ôtés, touchés) et invite des penseurs en sciences humaines et sociales pour appuyer ses intuitions.
    S'intéressant par ailleurs aussi à la mode et au soufisme, son angle de vue reste original pour percer le mystère de ce corps aimé passionnément, idolâtré parfois, violenté, vulnéré et glorifié. Il ressort que les "bien pensant" qui mettent à nu, sont souvent eux mêmes aveuglés par leur parures ou apparences psychiques (l'arbre du bien et du mal) et qu'à l'oeil de Dieu ils apparaissent dénudés de leurs oripeaux. La "réconciliation" et la "réparation" des cœurs et des corps œuvre et ouvre à contrario au Cœur de lumière (le corps de résurrection), pour une humanité pacifiée autour de l'autre arbre : celui de la vie éternelle. 

     

  • Une étude sourcilleuse

    En effet, la révélation biblique ne se contente pas de figurer le déjà-là de l'expérience humaine. Selon l'heureuse expression d'Elizabeth Parmentier , "la confrontation avec l'étrangeté (du monde biblique) oblige à quitter repères et repaires pour s'engager dans du nouveau" (p.265)

     

    L'insolite dans la Bible,Cerf Patrimoines,Jean-Michel Poirier,Cyprien Comte,Luisa Almandra,Sandrine Caneri,Marie-Christine Chou,Bernadette Escaffre,Georges Fischer S.J,Béatrice Papasoglou,Jenny Read-Heimerdinger,Institut catholique de Toulouse,Evangile de Jean,Job,Proverbes,serpents brûlants,Plaisante lecture que l'Insolite dans la Bible, paru aux éditions du Cerf-patrimoines, qui ouvre l'intelligence à partir d'éléments illogiques de la Bible, ancien comme nouveau testament.
    Sous la direction des prêtres et directeurs de l'UR Céres, Jean-Michel Poirier et Cyprien Comte, six grands exégètes biblistes (unité de recherche de l'Institut Catholique de Toulouse ou ICT) dissertent sur un point précis de l'écriture en l'amplifiant, en le questionnant, en le comparant avec d'autres sources, passages, études.
    Ce qui ne va pas de soi, choque, est anti-linéaire, devient prétexte à un développement "christologique, théologique ou sotériologique". L’Écriture est en effet, à dessein, ponctuée d’incohérences, de détails en apparence insignifiants, de "situations ou paroles atypiques", pour mieux creuser, investiguer et élargir son point de vue parfois trop littéral et aveuglé par une lecture automatique. Le symbolique se révèle alors avec une compréhension renouvelée du mystère caché à l’œuvre. Un habile moyen de cacher des vérités pour qu'elles soient léguées sans doute, à travers siècles, aux bons entendants...
    L'ouvrage est ludique, pointu et enrichissant, quasi universitaire dans sa rédaction, avec une part belle consacrée à l'Évangile de Jean (4 occurrences) mais aussi aux serpents brûlants de Moïse, aux filles de Job, au bégaiement de Namaâm ou à deux proverbes . La thématique a dû bien amuser les chercheurs (on s'est pris au jeu !) de l'ICT, qui ont l’œil alerte pour déterrer des pépites. On espère vivement d'autres volumes.