blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Danse

  • Une nation qui fait corps

    circa.jpg

    La compagnie australienne Circa, mondialement connue et dirigée par Yaron Lifschitz, donnait son 6ème spectacle, Revoir les étoiles, aux Nuits de Fourvière, qui fête ses 80 printemps cette année.
    Placement millimétré, corps en mouvement permanent, adresse, mélange de force et souplesse, avec toute la panoplie des circassiens modernes (Mat, tremplin, tissu aérien...), et accompagnés d'un quatuor original de musiciens (guitare électrique, cuivres, violon et programmateur électro), sous la composition musicale de Jethro Woodword ...n'en jetez plus !
    Les douze acrobates (5 filles/7 garçons) nous en mettent plein la vue, maîtres de leurs corps et solidaires dans l'effort. Il s'agit littéralement de sortir de l'enfer Dantesque (chutes et lourdeur des corps) pour s'élever, virevolter et toucher les cimes étoilées, à plusieurs c'est encore plus beau.
    Des moments de grâce individuels émergent du magma collectif, mettant à l'honneur chaque artisan de l’œuvre, en première mondiale à Lyon.
    Effrayant et haletant car souvent risqué mais merveilleux dans le résultat, de nombreux tableaux défilent sous nos yeux, certains plus inventifs que d'autres mais toujours avec poésie, soutien et une forme de ballet incessant.
    L'Australie en impose par sa force physique et sa technicité, un futur succès international amplement mérité !

  • Dance Hall Loco

    collectif ar x module,thomas demay,paul changarnier,julia moncla,thalia apsor provost,ashley biscette,michaela piklová,joan vercoutère,karym zoubert,nicolas paolozzi,adélaïde le gras,charlotte charton,rémi bourcereau,marie doré,les grandes locos,biennale de la danse,la mulatièreoullins,septembre 2025

    "Une ronde sauvage.
    Dévorer la piste et se laisser surprendre.
    S’oublier en collectif.
    Stimuler un organe.
    Le cœur"

    Dancing par le collectif A/R est un spectacle en totale immersion, qui s'est joué aux Grandes Locos à la Mulatière.
    Une scène centrale ornée d'une batterie et de machines (Paul Changarnier), des néons au plafond et 4 ilots lumineux disposés en cercle...épure de la scénographie dans une partie du hall gigantesque des Grandes Locos. 
    L'électronique s'immisce petit a petit dans les esprits, 5 danseurs costumés (Thalia Apsor Provost, Ashley Biscette, Michaela Piklová, Joan Vercoutère, Karym Zoubert) fendent la foule et rivalisent de figures de styles.
    Puis les 5 deviennent 50, car des amateurs ont intégré quelques éléments chorégraphiques et tout à coup le public est emporté dans l'énergie collective, contaminé par la pulsation.
    Cette sorte de transe collective n'empêche pas les danseurs professionnels d'exceller en groupe ou individuellement (Thomas Demay pour la chorégraphie), faisant la part belle à la culture urbaine (Krump, house, break) mais pas que (contemporain, danse khmère). Ce mélange de styles évoque écoute et solidarité dans l'effort, mais aussi lâcher prise par la libération des corps.
    Tout est live et le public adhère à cette proposition entre happening et clubbing. Il n'y a plus de spectateurs, juste un show dont on fait partie intégrante, au rythme du beat percutant. 

  • Territoire sacré

    original bomber crew.jpg

    L’Original Bomber Crew est un collectif issu du Nord-Est du Brésil (Téresina). Avec VAPOR: Ocupação Infiltrável (Vapeur : occupation infiltrée), joué au Bac à Traille d’Oullins dans le cadre de la Biennale de la Danse de Lyon, ces 7 artistes nous ont plongé une heure durant dans leur quotidien de "marginaux" ou étiquetés tels.

    Spectacle de résistance, ils rendent bien visible leur culture tropicale (entre ville et forêt sauvage), en immersion sonore, et présentent la Dança Quebrada, une fusion de Breakdance et de Capoeira.

    Les corps sont dans un premier temps voilés, animalisés, les visages masqués. Les performances restent individualisées avant de se scinder en deux collectifs, l’un porteur d’une transe, l’autre d’un symbole peint. La fraternité se noue, s’épaule, avance d’une même voix, d’un corps soudé.

    Cette sorte de rituel chamanique intègre la spiritualité, synthèse entre furie et foi. Les 7 jeunes hommes semblent placer leur vie, leurs actes, leur art, sous l’égide d’un Protecteur qui saurait sentir leur énergie, entendre leurs chants et comprendre leur vécu. Entre fragilité et force, pesanteur et souplesse, le Bomber Crew porté par le fondateur (2005) Allexandre Bomber, ne manque résolument pas de cœur.

    @logo Instagram du Crew

  • Woodstower migre à Gerland

    wood.jpeg

    Cette 26ème édition du Woodstower, festival éco-responsable a subi un saut spatio-temporel. Désormais intra-muros au parc de Gerland et mi Juillet, il perd son statut de dernier spot musical avant la rentrée. Moindre variété de styles également avec une scène en moins et l'impression de journée thématiques (plutôt rap le jeudi, pop le vendredi et techno le samedi). Cette année l'offre culinaire est toujours 100% végé mais la consommation de bière frôle paradoxalement la démesure, offre ou demande on ne sait pas...
    Peut-être moins de grosses têtes d'affiches (subvention es-tu là ?) mais un éclectisme certain avec de belles découvertes. Sur la scène Rhône Luiza nous emporte dans une vague solaire et chaloupée avec deux musiciens aux cuivres. L' état d'esprit est à l'ouverture. Plus tard sur la même scène : Liv Del Estal, une sorte de Mylène Farmer acidulée sur des rythmes électro-rave d'un batteur-programmeur survitaminé.
    Des allers-retours vers le woodsfloor avec Camille Doe et Belaria, où les nuances sont moins perceptibles : à nouveau des artistes féminines pour ambiancer un public avide de bpm.
    Coté scène principale, Polo and Pan ont fait le job. Scénographie impressionnante avec  projections vidéos, mélange de titres du dernier album, de tubes enjoués et la présence très appréciée par le public de Zoé leur nouvelle chanteuse. Visiblement heureux de l'accueil réservé, ils cèdent ensuite leur place à Chinese Man, un combo français internationalement connu de 3 Dj's, deux rappeurs et trois cuivres, rien que ça ! Là aussi un set carré, très pro qui fait bouger la tête (et le corps) en rythme.
    Acid Arab, très attendu, clôture la soirée des têtes d'affiche sur une techno orientale très maîtrisée.
    Un petit rappel positif d'une organisation au top, discrète mais présente, encadrante et serviable. L'esprit festif est plus que jamais au rendez-vous avec des animations paillettes ou karaoké (la boum).  La nouvelle formule dans cet écrin de verdure en pleine ville séduit encore, amenant sans doute d'autres publics, pourvu qu'elle ne grandisse pas plus dans une configuration spatiale plus limitée que le parc de Miribel Jonage.  

     

  • Graines de lumière

    carnaval.jpgJoyeuse représentation ce vendredi 6 Juin 2025 au théâtre de la Renaissance d'Oullins, avec le Carnaval des hUmaniMaux. Un fameux jour, le soleil ne se lève plus et les parents dorment. Seuls les enfants sont encore debout et vont rivaliser de créativité et de malice, pour les réveiller. Ils convoquent les "humanimaux" du temps préhistorique (les peintures pariétales), s'emparent de leurs atours (costumes créés en partie par les enfants), dansent et chantent unis à leur part animale. Un petit zeste de magie fredonnée encore et le tour est joué, le monde est sauvé, l'humanité s’éveille !
    Couleurs, chants, cœur, fraîcheur, ardeur pour ces 47 graines de lumière que les metteurs en scène, Myriam Boudenia et Quentin Lugnier (en écho au spectacle Dans la grotte), les professeures Hélène Bessière et Fanny Buffin, ainsi que les musiciens Diane Delerce et Vivien Zangiacoli ont arrosé d'une attention qu'on devine délicate , pour accoucher de ce spectacle candide et si contemporain dans son écriture : l'histoire d'un retour à l'origine, pour vivifier un contenu numineux latent, par une vibration chaleureuse.

    @crédit photo : fb de la renaissance

  • L'histoire officieuse

    978-2-7029-2972-8_Couverture_1400x2062.jpgOttavia Marangoni signe Divines et Dévouées au courrier du livre, sur la place des femmes dans l'histoire des religions.
    Illustré et littéraire, l'ouvrage est une quête ou un enquête sur les traces laissées par le féminin en France, dans l'ombre de l'église. Souvent occultée ou dépréciée, la femme s'est vue diabolisée (notamment avec la chasse aux sorcières au 15ème siècle) alors qu'elle ne demandait qu'une égalité de droits et de fonction pour baptiser, soigner ou prophétiser (Jeanne d'Arc, les sybilles).
    Hymnes à la lune, à la nature, à la nuit, aux plantes médicinales...autant de variantes d'un culte parallèle qui exista de tout temps, consigné dans les contes, légendes ou dans la pierre et quelques œuvres d'art sauvegardées.
    Le titre est un pied de nez à l'histoire biblique officielle où les patriarches et figures masculines ont le beau rôle. Dans les faits, Jésus ou Mahomet en témoignent, les femmes initiées ou initiatrices (Marthe, Marie-Madeleine, Herodiade, Aïcha, Fatima...), disciples ou confidentes, furent bien présentes et actives, jusque dans les écrits officiels ou apocryphes.
    Sous la gomme, Ottavia Marangoni parvient à faire revivre le trait initial et à rendre honneur à celles qui transmirent à travers siècles, une flamme vive de la foi originelle.

     

  • Beauté brute

    Political mother : the Choregrapher's Cut,Hofesh Schechter Company, festival des nuits de Fourvière,25 ème édition,Marion Barbeau,Jack Butler,Chieh-Hann Chang,Jill Su-Jen Goh,Bruno Guillore,Evelyn Hart,Charles Heinrich,Philip Hulford,Evelien Jansen,Adam Khazhmuradov,Oscar Jinghu Li,Rosalia Panepinto,Attila Rònai,Hannah Shepherd,Hofesh Schechter,Lee Curran,Merle Hensel,Yaron Engler,Christopher Allan,juin 2025,Lyon

    Lundi 2 Juin, ouverture des 25èmes Nuits de Fourvière avec la reprise de Political Mother d'Hofesh Schechter. Une attente sous une pluie drue qui s'estompera le temps du spectacle sonore et visuel avec 23 musiciens et 13 danseurs. Le mur du son (sur trois étages) est un mix entre musique folklorique traditionnelle, déluge de guitares avec une formation limite métal et rythmes martiaux. Le mélange évoque une situation de totalitarisme avec quelques restes de civilisation et les corps des danseu.rs.ses (en parité) reflètent bien ces élans de vitalité, espoir, délivrance malgré les embrigadements, conformismes ou injonctions moralisantes.
    L'intrusion rock subjugue et happe l'énergie. Difficile de s'émanciper librement dans ce déluge sonore si ce n'est par la transe qui découle de mouvements répétitifs et saccadés. On retrouve des traces de folklore juif, de taï chi, des gestes débridés...mais globalement le magma collectif évolue groupé, soudé, solidaire dans une forme de servitude machinale. Les embardées solitaires affleurent ici et là, parfois un.e danseu.r.se, une couleur ; un individu, un détail. Puis la pièce s'achemine vers une percée de l'être contre la voix éructante qui s'affaiblit et c'est la libération, l'espoir retrouvé mais jamais vraiment occulté.
    Marion Barbeau, héroïne du film de Cédric Klapisch "En Corps" était de la partie, avec 12 autres brillant.s.es performeurs. Ils formaient un tout, une unité, une belle solidarité que le public lyonnais a acclamé a sa juste valeur.

     

    @Crédit photo Gabriele Zucca - Shechter.co.uk