blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

danse

  • Ma tête est libre puisque je chante

    up above my head,raphaël lemonnier,camille,sandra nkaké,pierre-françois dufour,christophe minck,raphaël imbert,clément ducol,robyn orlin,jazz à vienne,39ème édition,2019Up above my head est une création originale du festival Jazz à Vienne. Initié il y a trois ans entre Raphaël Lemonnier et Benjamin Tanguy, directeur artistique du festival, ce projet ouvre les festivités de la 39ème édition sous de beaux et bons auspices. Retransmis en direct à FIP radio (un disque sera peut-être édité ?), le spectacle était surtout sur scène avec la virtuosité des six protagonistes mais aussi par la mise en espace ingénieuse et évocatrice de Robyn Orlin.

    Lorsque Raphaël Lemonnier découvre, comme présent à 11 ans, ces chants de prisonniers, il est "touché et ressent beaucoup d'émotion. C'était des gars qui chantaient pour leur survie" explique t-il. Comment retranscrire des chants de prisonniers (les "Negro prison songs and blues" collectés par l’ethnomusicologue Alan Lomax au sein des comtés ruraux et les pénitenciers du Sud des États-Unis), des chants de luttes, des gospels ou encore des "black convict songs", sans que la lourdeur ne vienne entacher la proposition artistique ?

     

    Raphaël Lemonnier (piano et arrangements) a su s'entourer d'une fine équipe motivée par l'enjeu et notamment deux chanteuses reconnues et complémentaires, l'hypnotique Camille et la charismatique Sandra Nkaké. Les musiciens amis Pierre-François Dufour (batterie et violoncelle), Christophe Minck (Ngoni et contrebasse) et le jovial, mais aussi chercheur en musique sacrée, Raphaël Imbert (saxophone) sont venus se greffer et grossir ce collectif, supervisé et co-arrangé par Clément Ducol, le compagnon de Camille qui se fait subrepticement lui aussi un nom (collaborations avec Nolwenn Leroy, Camille, Christophe ou encore Melody Gardot et Youn Sun Nah).

    Puissant et organique, exalté et doux : l'osmose entre les chanteuses et musiciens qui deviennent parfois chanteurs et musiciennes nous entraine dans un univers envoutant. C' est un spectacle habité, incarné, et les scènes d'unité (tous ensemble autour d'une table, du piano,...) alternent avec des moments plus intimistes dans lesquels chaque acteur est mis en avant pour performer au plus juste au service de la cause. Les instrumentistes donnent de la chair à ces chants nus avec des arrangements résolument modernes (le saxophone, le violoncelle) et une partition tantôt brute tantôt enjouée voire céleste.

    Le martellement des bâtons sur le sol vient rappeler les enregistrements originaux (sans musique) et devient vite une allégorie de la douleur et de la dure condition d'esclave, de prisonnier ou de peuple méprisé. Comme tout symbole il devient duel par moments et vient souligner la force et la dignité, la joie même parfois de ces chants emplis de foi ou d'espoir malgré l'adversité. Ce rythme entêtant, tout au long du concert, résonne longtemps comme un grondement auquel on ne peut échapper.

    Beaucoup de jeu également sur scène pour alléger le propos et la gravité de certaines chansons, une alternance de pesanteur et de grâce. Les deux artistes chantent de concert ou seules, parfois rejointes en chœur par les quatre musiciens. Elles sont tantôt légères, tantôt graves en fonction de la circonstance mais toujours droites et dignes. C'est dans leurs réserves, qu'elles iront puiser pour nous faire entendre ces chansons d'un temps pas si lointain. Temps de luttes, de résistance et de courage pour affronter l'injustice, le désespoir ou l'absurdité de la vie. Moments suspendus dans le théâtre de Vienne où les voix n'étaient pas six mais des centaines, dans un jeu de lumière incandescent ou tamisé, à clamer et chercher la Présence malgré l'absence d'eau, de nourriture, d'êtres chers ou même de droits fondamentaux.

    En conférence de presse, Sandra Nkaké se questionnait sur "comment collectivement avoir envie de créer une société plus juste ? ". "La musique, c'est le lien et le lien de compassion entre les humains" ajoutait Camille. Hier soir, le lien s'est créé avec le public de Vienne, attentif et impressionné par cette création du festival qui mériterait de tourner et de se déployer pour que ces voix résonnent à nouveau.

    @visuelB.Flao

  • Moment suspendu avec le cirque Eloize

    Cirque Eloise,Montréal,Jérémy Vitupier,Antonin Wicky,César Mispelon,Julius Bitterling,Una Bennett,Cory Marsh,Tuedon Ariri,Andrei Anissimov,Emma Rogers,Philippe Dupuis,Sabrina Halde,Nuits de Fourvière,Juin 2019Le cirque Eloize implanté à Montréal est devenu une institution comme le cirque du soleil.

    Vingt cinq années d'existence et une formule secrète distillée à travers ce dernier spectacle "Hôtel" qui ravive le cœur enfantin de tous les publics aux Nuits de Fourvière (une première au festival).

    "Carpette", "Carpette" ! : tandis qu'un circassien crie à tue-tête, son camarade époussette les marches du Théâtre antique et quelques spectateurs. La pièce n'a pas officiellement encore démarré mais déjà les clowns-majordomes attirent l’œil et font rire aux éclats le public. Il est directement plongé dans l'ambiance d'un hall d’hôtel chic et foutraque qui rappelle le film " Grand Budapest hôtel" de Wes Anderson. L'espace, les interstices, le mobilier (valises, divan, bar, seau, carpette...) sont prétextes à l'expression corporelle, sentimentale (oui, il y a des histoires d'amour...) et surtout poétique...avec un petit grain de folie. Ce qui compte ici n'est pas d'en mettre plein la vue mais de toucher par l'émotion, l'âme du spectateur.

    La compagnie revisite les classiques du cirque que sont le main à main, la corde lisse, les sangles, la jonglerie, la roue Cyr, le mât chinois, la contorsion et le clown en nous racontant une histoire parfois chantée (Sabrina Halde) parfois rythmée musicalement par un DJ ou une bande son moderne, parfois dansée également.

    cirque eloise,montréal,jérémy vitupier,antonin wicky,césar mispelon,julius bitterling,una bennett,cory marsh,tuedon ariri,andrei anissimov,emma rogers,philippe dupuis,sabrina halde,nuits de fourvière,juin 2019L'unité de la troupe est palpable dans les scène collectives mais aussi les solos (qui constituent parfois des duos de clowns, d'acrobates ou de gymnastes), dans une attention bienveillante et une tension paroxystique, ce qui fait sa force et son succès.

    La roue Cyr prise à bras le corps par Cory Marsh, également DJ, est une invention de Daniel Cyr, co-fondateur du cirque en 2003 et la polyvalence des talents est également une marque de fabrique. Les onze artistes-circassiens sont tous musiciens et pratiquent au moins deux autres arts du cirque.

    Les séquences sont équilibrées et mettent chacun en valeur au sein de ce jeune collectif et ceux que l'on retient sont avant tout des personnages, preuve de l'empreinte du théâtre sur cet art populaire mais aussi de sacrés ou gracieux numéros avec des mentions spéciales aux filles : Tuedon Ariri aux sangles, qui suspend le temps par sa présence, Una Bennett à la corde, dont le jeu de jambes subtile nous laisse pantois et Sabrina Halde qui chante superbement, en écho avec la pleine lune incandescante sur Fourvière.

    Le spectacle est déjà fini et voilà que la foi en l'humain, l'amour, les projets collectifs, l'humour, l'attention et l'intention bienveillante se réhausse...

    Saluons ces artistes avec par ordre d'apparition :

    Jérémy Vitupier : Clown, Fil mou, Hula Hoop, Saxophone alto.

    Antonin Wicky : Clown, Cascades, Mât chinois, Hula Hoop, Trompette.

    César Mispelon (le petit homme) : Main à main, Mât chinois, Hula Hoop, Sousaphone.

    Julius Bitterling : Main à main, Hula Hoop, Mât chinois, Saxophone tenor.

    Una Bennett : Corde lisse, Hula Hoop, Mât chinois, Trompette.

    Cory Marsh : Roue Cyr, Mât chinois, Hula Hoop, DJ.

    Tuedon Ariri : Sangles, Contorsion, Hula Hoop, Mât chinois.

    Andrei Anissimov : Main à main, Mât chinois, Hula Hoop, Trombone.

    Emma Rogers : Main à main, Mât chinois, Hula Hoop.

    Philippe Dupuis : Jonglerie, Mât chinois, Hula Hoop, Triangle.

    Sabrina Halde : Chant, Piano, Ukulélé.

     

    @crédit photo : les nuits de Fourvière

  • Un Requiem incarné

    requiem fragments,wolfgang amadeus mozart,laurence equilbey,yoann bourgeois,hélène carpentier,nathalie perez,eva zaïcik,jonathan abernethy,christian immler,insula orchestra,accentus choeur,guilhem chatir,sonia delbost-henry,nicolas mayet,jean-yves phuong,sarah silverblatt-buser,alexandre tondolo,marie vaudin,sigolène petey,edouard hue,david hanse,bénédicte jolys,les nuits de fourvière,juin 2019

    Lundi de pentecôte sur Fourvière. Il a plu toute la journée mais l'accalmie se présente en soirée et le public venu assister au Requiem (fragments) de Mozart est au rendez-vous.

    Par frilosité des instruments anciens de l'Insula Orchestra on nous annonce qu'ils seront à l'abri des regards, mais le spectacle est ailleurs.

    A la direction musicale, Laurence Equilbey est seule à la manœuvre au milieu d'une fosse pour le coup déserte et sa direction se fera par vidéo projection. Un parterre de chœur s'avance. Ils sont 22 plus 4 solistes, habillés de vêtements simples mais uniformes à dominante bleu, blanc et gris (Sigolène Pétey aux costumes). Ils approchent et entament le mythique Requiem.

    La version qui sera donnée dure peu de temps au total puisque qu'il s'agit de l'originale inachevée par Mozart (pas plus de 25 minutes avec des plages allant de 1 à 5 minutes) et non pas de celle plus connue de son élève.

    Les silences de l’œuvre, part manquante, seront occupés par les 8 danseurs du chorégraphe Yoann Bourgeois. Ceux-ci apparaissent rapidement dans le spectacle, déboulant d'une immense plateforme lisse comme un toboggan. Ils sont comme happés par le vide, le pas de trop qui les emmènent inexorablement vers l'inframonde et ses fosses charriant les morts. Métaphoriquement parlant ils peuvent aussi être vus "comme des larmes (qui) coulent les corps, sur la page noire du destin", selon le scénographe, un mantra entêtant qui ne cessa d'inspirer la création de Yoann Bourgeois pour cette méditation sur la mort.

    requiem fragments,wolfgang amadeus mozart,laurence equilbey,yoann bourgeois,hélène carpentier,nathalie perez,eva zaïcik,jonathan abernethy,christian immler,insula orchestra,accentus choeur,guilhem chatir,sonia delbost-henry,nicolas mayet,jean-yves phuong,sarah silverblatt-buser,alexandre tondolo,marie vaudin,sigolène petey,edouard hue,david hanse,bénédicte jolys,les nuits de fourvière,juin 2019

    Par la suite des tableaux animés se succèdent évoquant des scènes de vie et des petites morts : chutes, entraide, réussites collectives ou individuelles, passions, deuils, efforts...Le tout sous le regard bienveillant d'un chœur maintenant en haut de la structure et qui scrute, tels des anges, les faits et gestes d'une humanité livrée aux épreuves de la vie.

    A la toute fin, ils rejoindront par le même procédé de chute les 8 danseurs pour finir réunis dans un ballet et une ronde joyeuse et unifiante. Et l'on pense inévitablement aux dernières images du film primé Tree of Life de Terrence Malick où, sur une plage, les vivants et les morts se retrouvent pour partager l'amour et les souvenirs communs.

    La bonne idée du spectacle, outre cette rampe géante en tôle ondulée, c'est aussi cette roue giratoire mécanisée au sol, sur différentes vitesses (comme la roue du potier) et qui accentue la mise en mouvement des choristes et danseurs. Ils jouent avec la pesanteur, avancent à différents rythmes, ce qui donne du relief au ballet chorégraphique.

    Laurence Equilbey souhaitait travailler avec le chorégraphe Yoann Bourgeois depuis longtemps. La mise en espace du Requiem fut sa condition "sine qua non". Collaboration réussie puisque la cheffe d'orchestre, lorsqu'elle ne dirige pas avec intensité ses musiciens et choristes, observe avec émerveillement le ballet des danseurs, tel un témoin privilégié. Ainsi en va t'il également des danseurs portés par ce chœur vibrant des notes célestes de Wolfgang Amadeus.

    Qui est vivant, qui est mort ? Qu'est-ce que la vie, quel est son sens ? Y a t-il une survie et si oui de quoi ? Autant de questionnements en suspens dans cette œuvre singulière, hybride, où rien n'est jamais figé.

    Crédit photo : Les nuits de Fourvière

  • Avec Folia, le Hip Hop transcende l'espace-temps

    Folia, Mourad Merzouki, Franck-Emmanuel Comte, Le concert de l'Hostel Dieu, Grégoire Durrande, Nedeleg Bardouil, Salena Baudoux, Kader Belmoktar, David Bernardo, Marion Blanchot, Sarah Bouyahyaoui, Melissa Cirillo, Sabri Colin, Joseph Gebrael, Sofiane Felouki, Pauline Journe, Mélanie Lomoff, Nassim Moadi, Anthony Mezence, Manon Payet, Kevin Pilette, Yui Sugano, David Bruley, Reynier Guerrero, Nicolas Janot, Nicolas Muzi, Heather Newhouse, Florian Verhaegen, Aude Walker-Viry, 73ème nuits de Fourvière, Lyon 2018.Le public lyonnais a consacré hier, samedi, Mourad Merzouki, l' enfant du pays, par des applaudissements chaleureux et nourris.

    Avec Folia, sa nouvelle « folie créative et chorégraphique », il inaugurait pour trois jours cette 73ème édition des nuits de Fourvière avec un spectacle de danse hip hop sur musique baroque, collaboration réussie avec Franck-Emmanuel Comte et le Concert de l'Hostel Dieu.

    Sur scène, du lourd : 17 danseurs à parité presque égale, un orchestre de 8 musiciens qu'on croirait tout droit sorti du film « Barry Lindon » et une soprano, Heather Newhouse.

    Les danseurs se relaient sur les morceaux qui abordent des styles différents (musique de Vivaldi, tarentelles, chaconnes...). Ils apparaissent tantôt groupés tantôt en petit comité voire seuls comme performeurs.

    Dès l’entame c’est le choc des cultures : un voile fin avec la galaxie en impression sépare les musiciens de la troupe des danseurs. L’éclairage différent des deux partis évoque une toile métaphysique avec les vivants d'un côté et les morts-vivants de l’autre , façon « thriller » de Mickael Jackson.

    Mais bien vite on s’aperçoit que les danseurs sont bien vivants et qu'ils convoquent les musiciens d’un temps passé. Cette musique baroque évoque d'ailleurs dans sa rythmique, des boucles chères au rap que le beat électro de Grégoire Durrande vient parfois accompagner et surligner.

    La Planète est à l'honneur dans ce voyage spatio-temporel à l'image de l'univers. Le corps est cette matière qui souffre, agonise presque parfois mais dont Mourad célèbre l’étincelle de vie. Chez lui on chute, se contorsionne, s’étire, se cabriole, bref on montre que l'on est vivant et l'on invite une culture passée dans le grand jeu. Car la vraie bonne idée c’est aussi l'interaction entre ces univers en apparence différents mais pourtant si proches dans ce destin commun… Les musiciens sortent par exemple de planètes venues d'un autre temps au milieu de la scène, ils se mèlent à des « battles » et la soprano finit même par intégrer la troupe.

    Les mouvements syncopés et répétitifs des danseurs répondent à ceux des musiciens. La technique est reléguée au second plan, comme dans les arts martiaux et les corps chauffés à blanc entrent en "transe en danse".

    Depuis quelques années déjà le rap s'ouvre à des versions symphoniques et la danse hip hop convoque également le classique ou même le traditionnel sacré avec ce derviche tourneur qui rappelle le mouvement des planètes autour du soleil.

    Au final ce qui restera, c'est autant de tableaux vivants avec une énergie communicative. Le public est en empathie directe avec cette fresque (épopée même) surréaliste qui matche instantanément. Les protagonistes donnent tout, les musiciens les subliment. A l'image de cette culture hip hop issue de la rue, dont on prédisait un destin éphémère et qui ne cesse de se renouveller dans des fusionnement riches en sons et couleurs.

    Crédit Photo : Paul Bourdrel

  • Zora Snake, le boxeur de maux

    zora snake,transfrontalier,festival sens interdits,lyon

    Rencontre avec Zora Snake, le créateur camerounais du "happening" Transfrontalier, une chorégraphie de mouvements syncopés jusqu'à la nausée, d'un corps qui n'en peut plus des poncifs sur les migrants, alors qu'il se souhaite simplement citoyen du monde.

    Pour Snake, les barrières sont avant tout mentales avant d'être géographiques.

     

    podcast

    Spectacle donné dans le cadre du Festival Sens Interdits à Lyon (2017)

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer

    Enregistrer

  • Nativos

     

    C'est la rencontre improbable entre la culture coréenne et l'imaginaire belgo-argentin de la chorégraphe Ayelen Parolin. Un savant mélange de tradition et de modernité jusque dans l'accompagnement musical. Nativos est une performance pour quatre danseurs, un musicien-chamane et  une pianiste aux Hivernales.

     


    podcast

    Réalisé en partenariat avec RCF Vaucluse