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Ecologie

  • Le paradoxe du libéralisme

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    Le ventre des cerveaux, créé au Théâtre des Célestins de Lyon, propose une immersion dans une émission de radio pour évoquer la journée de la Planète. Musique et mets relevés, consommées avidement et sans modération, sont au rendez-vous, désavouant le propos alarmiste et pessimiste de l'état du monde et du vivant.
    Cette fable moderne documentée et savamment écrite, s'inspire de classiques comme La Grande bouffe de Marco Ferreri au cinéma, qui déjà à l'époque moquait une classe plutôt bourgeoise et sa perpétuation par inertie. On pense également aux films du suédois Ruben Ostlünd auréolé d'or à deux reprises par un parterre de stars aisées cibles.
    Sharif Andoura tient bon la barre du navire qui s'apprête a légèrement tanguer, en bonne compagnie de l'élégante Emmanuelle Bercot et du désopilant Jean-Charles Clichet. Mention spéciale également à Ferdinand Niquet-Rioux qui campe deux personnages truculents.
    Le duo Jules Sagot et Christophe Montenez, formé à l'École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine nous prend en otage (consenti) pendant presque deux heures, avec prompts rebondissements et surprises d'arrière plan (Léo Fernique et Candice Bouchet surprenants). Ils peignent avec brio les paradoxes d'une élite à la fois pyromane et incapable de se réformer (consommer mieux et moins plutôt que beaucoup et de façon énergivore) ou de réfréner ses appétits, faute de réel pouvoir décisionnaire, à la fois individuel et collectif. Le public lui-même, souvent apostrophé, semble tout à coup hésiter quand une question lui est directement posée...

     

  • Le plein...de bons conseils

    La maladie, c'est d'abord et avant tout celle de ne pas aimer.
    La guérison, c'est d'abord et avant tout le mouvement de l'accueil. Plaçons donc l'intention de la compassion au centre de notre quotidien. Là réside la transition essentielle, hors de laquelle rien de durable ne se fera (p.115).

    Pour bien apprendre, il faut se sentir aimé. Et pour bien enseigner, il faut aimer : aimer ce que l'on enseigne et ceux à qui l'on enseigne. Alors, il ne reste que la transmission de l'amour, autant dire de la vie (p.96).

     

    Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure,Gilles Farcet,éditions le Relié poche,Kabir,Henry Thoreau,revue Kaizen,Pierre Rabhi,Sangha,Avec Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure, paru au Relié poche, Gilles Farcet dénonce des postures inappropriées, et valide celles opportunes à la vie en société, en citant Kabir et Henry Thoreau.
    Sur une trentaine de courts articles initialement parus dans la revue Kaizen, relus et modifiés, il révolutionne le Jardin intérieur, fruit d'une vie de pratique spirituelle à l'école des sages.
    Ouverture du cœur, tri de ses pensées mécaniques, activités énergivores, aveuglement émotionnel, éco-responsabilité du passant...autant de termes propres au champ lexical de l'écologie dont le pendant et le rhizome est ici propre à l'univers personnel, ses lois, ses sous personnages, ses humeurs ou ses opinions.
    Quel rapport entretenons-nous avec l'actualité ? Auprès de qui nous informons-nous (par extension nous nourrissons-nous) ? Quelle est notre dépendance aux écrans, au confort, au tourisme ? Quelles sont nos priorités au quotidien ? Sommes-nous si différents de la masse ?...Le livre soulève beaucoup de questionnements qu'on remercie l'auteur d'avoir posé. Insidieusement l'éveil apparaît comme une pratique de l'instant, pour influer le moins possible sur le désordre extérieur (dont l'équilibre est fragile)  car être passant c'est aussi traverser le monde en y causant le moins de remous possibles, donc de pollution interne/externe.
    A l'image du colibri cher à Pierre Rabhi, Gilles Farcet "fait sa part", dans son village natal, entretenant et chérissant  ses liens avec les locaux et ceux qui acceptent de se transformer à son contact (la sangha qu'il a constitué), dans un souci d'écologie intérieure. Un chemin simple, humble mais exigeant pour semer les graines du monde de demain. Un objet éclairant, un sujet éclairé.

  • La plaie du Vivant

    L'écran s'est glissé entre nos corps et le monde et l'empathie se meurt. L'intuition aussi. Les conditions pour soumettre l'esprit sont réunies. Devenir un résistant aujourd'hui, c'est retrouver le chemin de l'empathie...par la douleur...qui nous relie (p.183)

     

    duboc.jpegGislaine Duboc sort son troisième livre chez Véga Éditions "Laisse la Vie entrer dans ta vie", plutôt centré sur l'avènement de l'I.A, des réseaux sociaux, des écrans et de leurs dangers.
    Les membres de sa famille et de son cercle d'amis défilent, et se confient ; un dialogue se construit, ainsi qu'une méthode de vision-investigation, menant à un dénouement, une meilleure compréhension de la problématique et de sa solution.
    A l'heure des élus de la "tech" qu'elle nomme les "handicapés du sensible", qui font basculer le monde et les nouvelles générations dans un rêve de l'esprit, un univers connecté, Gislaine Duboc veut encore croire à la reliance terrestre (la nature, le cercle restreint, les rencontres) et céleste (les disparus, les esprits bienveillants...). Chamane dans l'âme, elle démontre comment l'inspiration advient, à partir du corps et d'un cœur empathique, éveillé, vibrant, intuitif. 
    Jamais avare d'un conte initiatique, cette sagesse incarnée titille les consciences par des appâts de mots imbriqués, visionnés, inspirés.
    Véritable star des réseaux avec ses courtes vidéos en pleine nature, sur des sujets d'actualité, elle pressent comme beaucoup le danger d'une technologie aliénante et tueuse de sensations, captivant l'attention de ses adeptes, avec un nouveau Dieu omniscient, porteur d'une vérité indubitable (google ? Chat GPT ?).
    L'espoir domine l'ouvrage, avec la Vie qui sourd à l'intérieur et alentour, contrecarrant les plans les plus diaboliques et qui resserre les liens plutôt qu'elle ne les distant. Reste aussi cette foi en un Créateur bienveillant et Miséricordieux, qui saura in fine faire le tri entre le bon grain et l'ivraie, pour qu'advienne un monde véritablement nouveau, relié plutôt que connecté, outil plutôt que maître, à l'image du mental.

  • La vague des émotions

    Quand viendra la vague, Julien Thonnat, Anastasia James, Compagnie Les errances enchantées, Théâtre de l'Uchronie, mai 2026, Alice Zeniter

    Quand viendra la vague est une pièce écrite par Alice Zeniter et qui se jouait au Théâtre de l'Uchronie avec Anastasia James (également metteuse en scène) et Julien Thonnat, de la compagnie Les Errances Enchantées.


    Un couple vivant sur une île pour minorer la catastrophe d'une vague meurtrière, procède à toute sorte de jeux pour décider qui sauver. L'île, le couple ultime, le jugement dernier, la vague, l'arche de Noé...autant de références assumées à un scénario eschatologique où deux humains président à la destinée de l'humanité avec humour, fantaisie, jalousie ou approfondissement de leurs sentiments amoureux.


    Rythme et profusion de rôles, scénographie onirique (le rocher, les costumes...), conscience écologique : c'est l'humanité qui se révèle à mesure de la montée de la vague, après que la tempête émotionnelle soit passée.


    Intensité du jeu, cas de conscience et sentiment d'urgence ponctuent cette pièce jusqu'à un final déroutant.
    Rencontre avec les deux protagonistes à l'issue de la représentation :


    podcast

  • Un buffet iconique

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    Nous avons assisté à la dernière représentation de Buffet Gratuit par l'atelier 404, écrit et mis en scène par Louis Ferrand, au Théatre des Clochards Célestes.
    Dans un futur proche, les curseurs de l'effondrement climatique et socio-politique sont poussés à fond et des groupes révolutionnaires éthiques (ils répondent à une charte démocratique) survivent malgré la pollution et l'avarie en eau et nourriture.
    Le buffet en question sera donc maigre et inédit, questionnant la justice climatique, la lutte sociale et la société démocratique.
    Lula Paris, Amélie Zekri, Solal Viala, Elise Martin et Théo Perrache occupent à tour de rôle brillamment l'espace et font exister ce groupuscule révolutionnaire auquel le public prend fait et cause. Des inflexions participatives lui donne un aspect ludique et immersif : chaque public assisté à un spectacle unique.
    Beaucoup de rythme dans cette pièce, outre un casting réussi, mais aussi de la poésie, de l'humour et des talents cachés (le chant d'Amélie Zekri et d'Elise Martin), font de Buffet Gratuit une réussite.
    Rencontre avec l'auteur d'un texte ciselé et mûrement réfléchi, Louis Ferrand (10 min 30), à suivre.


    podcast

  • Le guide intérieur

    ...Nous vivons dans un multivers et non pas dans un seul ! Ainsi la configuration de notre univers au sein du multivers, qui est indépendante des lois physiques, reste sous la dépendance de la conscience : ce sont donc nos systèmes de croyances qui achèvent la configuration. Je crois que c'est le jour où l'humanité aura compris cela qu'elle va commencer à réellement s'éveiller (p.99). 

     

     

    de la connaisance à la joie,philippe guillemant,éditions trédaniel,dialogues avec l'ange,futur lumineux,physique quantique,synchronicités,rétro causalité,intention vibratoire,avril 2026De la connaissance à la joie est le nouveau livre fleuve de Philippe Guillemant, paru chez Trédaniel éditions, la version papier d'une série de vidéos réalisées en haute Provence, son fief, avec une douzaine  personnalités en vue. 

    22 chapitres tout azimut, dont le coeur est cérébral, très scientifique en sa teneur lexicale, donc ardu.

    Le livre est une synthèse sans fioritures de toute son oeuvre, rendu plus léger à lire lorsqu'il s'entretient avec ses confrères, journalistes ou thérapeutes et par les épisodes anecdotiques sur son parcours, ses synchronicités vécues, sa relecture des Dialogues avec l'Ange, ses expériences en lithotherapie ou encore son intérêt pour le phénomène ovnis.

    Par la verbiage scientifique abscons, l'estime de soi sans faille, l'explication rationnelle à tout, y compris aux phénomènes spirituels, l'ouvrage peut ressembler parfois à un egotrip sans humour même si l'homme est reconnu pour ses fulgurances et travaux d'envergure et comme un pionnier de la rétro causalité.

    Côté contenu, la conscience est au centre, comme processus créateur d'un "futur lumineux". Par expériences personnelles, ce sont toujours les vibrations de "joie, amour et de souveraineté intérieure" qui ont amené une guidance sur son chemin ou sur une problématique particulière, jusqu'à réalisation d'un futur projeté et souhaité. Ce prisme vibratoire sert de clé à de nombreuses énigmes qu'il investigue avec sérieux et rigueur (le cerveau gauche) tout en faisant preuve d'intuitions bien accueillies (le cerveau droit) par ses pairs. Cette double particularité psychique de l'humain manque d'ailleurs selon lui à l'IA pour devenir consciente et il croit que son contrôle des masses est tué dans l'oeuf. 

    Résolument optimiste, confiant en soi et aux initiatives locales et solidaires, il fait sa part de luminosité (et d'unité) sur des sujets clivants et balise parfois le chemin pour d'autres. 

    On a hâte de lire son futur projet pont entre intuitions scientifiques et enseignements des Dialogues avec l'Ange, que Gitta Mallasz, le scribe, appelait de son vivant...un véritable saut dans la foi, au delà du mental pour le coup. 

     

  • Le tranchant d'une épée

    Dogen Zenji nous a montré comment lui ressembler : vivre parmi les gens, au cœur de la confusion, tout en restant indépendant de cette confusion - voilà le cœur de notre pratique (p.95).

     

    Shunryu Suzuki,devenir soi-même,ALmora éditions,zen Soto,Luc Fontaine,San Francisco,Hara,Parole juste,tsuneko,16 préceptes du Bodhisattva,Devenir soi-même, paru chez Almora Éditions, est un ultime recueil de paroles orales de Shunryu Suzuki (1904-1971) récoltées par ses proches disciples  dans ses centres zen à San Fransisco. L'auteur du classique  "Esprit Zen, Esprit neuf" exporta en effet le zen japonais de l'école Sōtō dans l'Amérique beatnik (de terreau chrétienne), en lui insufflant une forme de pureté originelle.
    Zazen, simplement s'asseoir et réaliser la vacuité de l'esprit vaste, s'apparente en effet à une prière qui nécessite un silence mental, prélude à toute Parole/Action juste ou sainte. Le Hara est le siège de ce Centre d'où tout émerge, étant connecté au Tout.
    Dans l'idée, Devenir soi-même consisterait à être parfaitement là, dans l'instant, sans pensée associée ou émotion (ou dualité). Cette essence pure s'apparente d'ailleurs sur certains aspects à l'avènement du Christ en soi, l'Homme Nouveau, de naissance virginale,  relié sur un plan vertical, court-circuitant le mental et s'exprimant par un Verbe affûté.
    L'ouvrage hommage est additionné des 16 préceptes du bodhisattva, explicitées par l'auteur (Luc Fontaine est le traducteur français), ainsi que les raisons de sa venue en Occident et des anecdotes de sa femme Tsuneko le concernant.
    On y retrouve l'acuité, le discernement et la simplicité d'une vision d'éveillé.