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Humour

  • Tarpin bien !

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    Dans Tarpin me manquer au Théâtre des Clochards Célestes, Zoé (Chloé Bouiller) annonce par téléphone à son mec qu’elle le quitte puis veut profiter de sa soirée sur le dancefloor. Malheureusement la nouvelle d’un décès dans sa famille la propulse dans un train pour Marseille. En très peu de temps elle devra gérer sa mère , sa « mi-sœur » enceinte et son père, confrontés au deuil chacun à leur manière, puis l’absence de son ex et enfin et surtout les différentes étapes d’un enterrement réussi selon les professionnels de la mort. Elle qui a toujours été fascinée par les zombies et le sang devrait être une experte en la matière …

    Ce seule-en-scène achève la trilogie de Chloé Bouiller sur son double de théâtre. La comédienne et autrice nous invite à replonger dans son enfance et sa lubie de l'horreur, pour tromper la peur et la mort. Heureusement pas de gore sur scène mais un miroir tendu vers la psyché et les caractéristiques bien brossées des membres de sa famille. Chloé Bouiller, par un geste, une voix, un accent nous convie à la découverte de personnages natures et hauts en couleurs : drôles, attendrissants ou carrément flippants. C’est haletant, amusant, émouvant, surprenant. La comédienne se raconte en guérissant ses plaies et les nôtres au passage. La confrontation à la mort réelle et à sa gestion est ici traitée de manière très légère (ce n'est pas plombant) et cocasse, façon famille Adams. Il faut s'accrocher pour suivre le foisonnement de portraits interprétés et le rythme enlevé de la pièce, jusqu'à une prise de conscience salvatrice. Le deuil, c’est moche mais ça peut aussi, au final, être rose et tarpin (beaucoup, très) bien !

     

  • Le paradoxe du libéralisme

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    Le ventre des cerveaux, créé au Théâtre des Célestins de Lyon, propose une immersion dans une émission de radio pour évoquer la journée de la Planète. Musique et mets relevés, consommées avidement et sans modération, sont au rendez-vous, désavouant le propos alarmiste et pessimiste de l'état du monde et du vivant.
    Cette fable moderne documentée et savamment écrite, s'inspire de classiques comme La Grande bouffe de Marco Ferreri au cinéma, qui déjà à l'époque moquait une classe plutôt bourgeoise et sa perpétuation par inertie. On pense également aux films du suédois Ruben Ostlünd auréolé d'or à deux reprises par un parterre de stars aisées cibles.
    Sharif Andoura tient bon la barre du navire qui s'apprête a légèrement tanguer, en bonne compagnie de l'élégante Emmanuelle Bercot et du désopilant Jean-Charles Clichet. Mention spéciale également à Ferdinand Niquet-Rioux qui campe deux personnages truculents.
    Le duo Jules Sagot et Christophe Montenez, formé à l'École supérieure de théâtre Bordeaux Aquitaine nous prend en otage (consenti) pendant presque deux heures, avec prompts rebondissements et surprises d'arrière plan (Léo Fernique et Candice Bouchet surprenants). Ils peignent avec brio les paradoxes d'une élite à la fois pyromane et incapable de se réformer (consommer mieux et moins plutôt que beaucoup et de façon énergivore) ou de réfréner ses appétits, faute de réel pouvoir décisionnaire, à la fois individuel et collectif. Le public lui-même, souvent apostrophé, semble tout à coup hésiter quand une question lui est directement posée...

     

  • Notre devoir d'être

    Dans l'amour inconscient, on aura tendance à aimer pour être aimé en retour, ce qui va évidemment faire que très souvent, on est concentré sur le fait de savoir si on est aimé ou pas, donc concentré sur notre peur de ne pas l'être ou de manquer d'amour. Alors l'amour que l'on voudrait donner deviendra conditionnel (p.159).

     

    Sébastien Cazaudehore ,l'inconscience de l'amour,raccourcis inconscients,prise de conscience,Dialogues avec l'Ange,Amour inconditionnel,Juin 2026Sébastien Cazaudehore revient à compte d'auteur avec l'Inconscience de l'amour.
    Cet explorateur de la conscience, rodé à des années de chamanisme en Équateur, décortique longuement dans cet essai ce que l'amour n'est pas : ces "raccourcis inconscients" hérités de notre enfance ou transgénérationnels, dont le terreau est globalement la peur de ne pas être assez aimable. Notre inconscient profond nous fait rencontrer des "hameçons" (les relations conflictuelles) pour grandir et conscientiser nos processus et traumas répétitifs, avant d'élargir et d'éclaircir notre vision pour être prêt à éventuellement  rencontrer l'âme sœur-frère  et/ou l'Amour inconditionnel.
    Sebastien Cazaudehore est pragmatique. Son étude précédente sur la plasticité du cerveau donne ici des limites, sans nécessaire reprogrammation ou vision libératrice.
    L'auteur oppose aussi individus (dont une des tâches est de conscientiser ces schémas sous-jacents pour s'en libérer) et "gens", dont la dilution collective amène peur et ignorance, oubli de soi.
    Avec un ton mature (dénué d'illusions), de l'humour et des cas pratiques, il fait preuve de réalisme, de clarté et de discernement sur le jardin d'enfants qu'est le monde.
    Il évoque également cet Amour divin presque inaccessible en une vie mais pas impossible, par bribes en tout cas. Mais ce qu'on appelle le hasard n'obéit-il pas finalement à un Plan divin (c'est notre hypothèse)?
    "Aime tout, car tout est de Dieu" ou "quand tu aimes toute la Création alors c'est LUI en toi" : ces phrases d'enseignement tirées des Dialogues avec l'Ange rappellent également la grandeur de certains tâches, pourvu qu'on ait la foi, afin que l'Oeil opère et voit, que mains et cœur soient Siens (le Nouveau), en court-circuitant le mental qui n'est qu'empreinte de "l'ancien".

  • Les racines de l'être

    Ulysse de Taourirt,Abdelwaheb Sefsaf,Arezki Sefsaf,Aligator,Clément Faure,Anthony Gatta,Malik Richeux,George Baux,Nestor Kea,Souad Sefsaf,Lina Djellalil,Marion Guerrero,Alexandre Juzdzewski,Pierrick Arnaud,Jérome Rio,Arnaud Perrat,

    C'est toujours un plaisir de retrouver Abdelwaheb Sefsaf sur scène, avec ce phrasé théâtral qui le caractérise, sa joie de vivre et son écriture ciselée et engagée.
    Ulysse de Taourirt s'est joué trois jours complet, avec un public varié et enthousiaste, au théâtre du Point du Jour, un spectacle originellement privé de représentations, faute au COVID, et qui rend un vibrant hommage au père immigré algéro-kabyle d'Abdelwaheb, Arezki Sefsaf.
    Le spectacle oscille entre la vie remplie et tumultueuse de ce dernier et celle, adolescent stéphanois banlieusard du fils passionné de théâtre.
    Parsemé de chansons entraînantes ou poignantes (en Kabyle) avec son groupe Aligator (Clément Faure-guitare et oud, Anthony Gatta-batterie et percussions, Malik Richeux-piano violon et accordéon), entrecoupé de projections cinématographiques (une affaire de famille !) sur un bloc monolithique creux à dessein (scénographie subtile de Souad Sefsaf et Lina Djellalil), Abdelwaheb nous immerge dans son quotidien des années 80 et croque la France et son histoire post coloniale comme personne, avec humour et poésie.
    Le pudique et vénéré Arezki se livra sur son lit d'hôpital, sans voir le résultat final mais, au regard du degré vibratoire insufflé par les protagonistes sur scène, son esprit planait sans nul doute dans l'air, le rendant encore plus vivant dans la mémoire collective.

    @crédit photo : Christophe reynaud de Lage

  • Nicolas Fraisse en personne

    Nicolas Fraisse,Benoit Flamec,Je sors de mon corps et alors,Guy Trédaniel éditions,ISSNOE,Sylvie Dethiollaz,Claude-Charles Fourrier,Carlos Castaneda,corps de rêve,Dialogues avec l'Ange,Janvier 2026Je sors de mon corps, et alors ?, est une bande dessinée de Benoît Flamec sur et avec Nicolas Fraisse pour le scénario et parue aux éditions Trédaniel.
    Doté de nombreux dons affiliés spirituels (clairvoyance, claire audiance, OBE, télépathie...), pour certains naturels depuis l'enfance, Nicolas Fraisse a eu un peu de mal et de peur à se comprendre et se faire accepter tel, sans qu'on le prenne pour un monstre surhumain ou un extra-terrestre.
    Ce premier volet décrit sa vie de "super pouvoirs" dans un quotidien ordinaire, pour mieux dédramatiser le phénomène, et sa rencontre cruciale avec deux explorateurs de la conscience qui repoussent les limites de la science et l'aideront à mieux vivre sa particularité.
    Le scénario est pour le coup passionnant et mériterait une suite tant les anecdotes cocasses sont nombreuses. Nicolas Fraisse met du piment et de l'originalité dans la vie alentour, avec un peu moins de pression sur ses épaules le temps passant , et c'est tant mieux.
    Un super personnage de BD est né, non fictif pour le coup, français, et à qui l'on souhaite du succès.

    Rencontre matinale avec le sympathique Nicolas Fraisse (3 fois 9min) :


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  • Et patatrac !

    L'invité, Théâtre de l'Uchronie, Dan, Baptiste Bouissou, Pierre Vuaille, Théâtre burlesque, cirque, Ernest Welisch,Elie martin, Inès Dhabhi, Sarah Spaggiari, Compagnie Aubord de, Parade Sauvage, Octobre 2025, Lyon Spectacle Coup de Chœur

    C'est un petit espace riquiqui, un appartement qui ressemblerait à celui d'un étudiant où une seule personne peut s'y faufiler. Oui mais voilà, "il" attend L'Invité au Théâtre de l'Uchronie.  Il, c'est un personnage tout en longueur et en rigueur, avec une pointe de peur qui risque de tout faire dérailler.  Il, est joué par Baptiste Bouissou, excellent comédien et circassien et le moindre de ses pas ou gestes est scruté par le public car entrainant d'inévitables complications et situations absurdes (mais logiques). Il, est d'abord un personnage burlesque auquel on s'attache immédiatement qui nous faire rire et nous émeut. On aime son coin "cosy", sa plante, ses chemises, son petit poisson et on veut connaitre sa recette (ou pas). 

    Bref, nous ne pouvons en dévoiler d'avantage, mentionnons simplement Pierre Vuaille et sa belle voix (ou presque) et espérons que vous courrez à ce spectacle immanquable. Il se joue à 19h30 jusqu'au samedi 25 octobre à l'Uchronie. Et si vous n'êtes pas encore convaincu,  écoutez donc le metteur en scène Dan qui connait très bien "il". 


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    Image: Théâtre de l'Uchronie

     

  • Un adieu sicilien

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    Dans Paterno, une histoire sicilienne qui s'est joué au petit mais cosy Théâtre de l'Uchronie, Mariella Parisi relate la cérémonie de deuil de son père adoré et nous dépeint, avec cocasserie et perspicacité, le rituel coutumier de la péninsule sud de la Sicile concernant la veillée funéraire.
    Cette "langue de verité" d'après l'actrice et autrice principale oblige à dévoiler l'ombre des gens du paraître (hypocrisie) ou d'une nation corrompue par la mafia.
    Mariella Parisi endosse un nombre incalculable de personnages hauts en couleurs avec une énergie débordante et communicative et parvient, dans cette pièce hommage, à nous restituer un portrait généreux de son père défunt, sans pathos mais respectueux de l'être qu'il fut.
    Pour une première en scène intimiste, Paterno a des accents socio-politique et parfois ethnologique qui confinent à l'universel. Une réussite joyeuse pour et sur un sujet tragique. 

    Rencontre avec Mariella Parisi, à l'issue de l'avant dernière représentation (13 min) :


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