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lyon

  • Un "dimanche" ensoleillé

    julie tenret,sicaire durieux,sandrine heyraud,dimanche,théâtre des célestins,collectif focus et chaliwaté,joachim jannin,jean-raymond brassinne,zoé tenret,bruno mortaignie,sébastien boucherit,sébastien munck,guillaume toussaint fromentin,brice cannavo,tristan galand,lyon,octobre 2020

    Tout juste auréolé de deux prix Maeterlinck de la critique pour le "meilleur spectacle" et la "meilleure création artistique et technique", Dimanche, du collectif bruxellois Focus et Chaliwaté détonne par sa créativité et son originalité.
    Les trois compères auteur/trices , metteur/euses en scène et acteur/trices (Sicaire Durieux, Julie Tenret et Sandrine Heyraud) s'en donnent à cœur joie et rivalisent d'ingéniosité physique et poétique pour évoquer par plusieurs saynètes (des documentalistes animaliers à la famille subissant les éléments chaleur et vent violent), le tragique et effrayant dérèglement climatique (les sons de Brice Cannavo sont terrifiants) contrebalancé par ce ton plutôt burlesque et comique qui confine à l'absurde.
    Les références à Chaplin ou Keaton sont assumées pour le théâtre gestuel, Philippe Genty à nos yeux, pour la presque magie, tout en incorporant d'autres disciplines artistiques : marionnettes, théâtre d'objets ou vidéo.
    Il y a cependant une vérité qui point au milieu de tout ce chaos, c'est cette possibilité pour l’être humain de créer et de jouer avec la matière corps pour la transfigurer en quelque chose de lumineux.

    A voir jusqu'au dimanche 25 Octobre au Théâtre des Célestins.

    Petit entretien audio (5 min) avec Julie Tenret

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  • Le réalisme de Chechako

    Affiche CHECHAKO (web).jpgLa jeune compagnie Construire un feu pratique un théâtre immersif en tentant de coller au plus proche de la réalité.

    En s'emparant d'une nouvelle de Jack London, qu'ils ont rebaptisé Chechako, ils se sont rendus sur place dans le grand nord canadien (le Yukon) pour éprouver les conditions de vie extrêmes, ressentir l'urgence du feu et apprendre à en fabriquer un. Charles Pommel à la mise en scène s'est aussi chargé de traduire au plus juste le texte et les sensations de l'épopée en français.

    Sur scène l'illusion est parfaite. Ali Lounis Wallace incarne un chechako empreint de gravité, ivre de sensations et flirtant avec la folie du survivant.

    Son ami de toujours, Marceau Beyer, l'accompagne au violoncelle et au chant. Ses touches de légèreté sont une allégorie de la petite voix interieure joyeuse ou morne.

    Le froid est palpable, l'intensité dramatique respectée et le déploiement physique concoure à un réalisme bluffant.Diff scéno-22_.jpg

    A souligner également la scénographie simple et subtile qui évoque la densité des paysages blancs polaires, de Manon Rougier et Lara Gueret, soulignés et mis en valeur par les lumières tantôt aveuglantes tantôt crépusculaires de Jéremy Ravoux.

    Beaucoup de talents dans cette compagnie limougeaude qui présente un projet complet (exposition, documentaire vidéo, projet éducatif) dont le théâtre est la raison d'être (la pierre angulaire).

    Rencontre avec les trois protagonistes aventuriers, Ali, Charles et Marceau (13min) :

    podcast

    Tous les jours jusqu'au lundi 17 Février à 14h30 et 19h30. Samedi à 16h30 - Clochards Célestes - Lyon 1er.

    @Crédit photo : Marion Boucher

  • Les ingrédients d'une réussite

    On dit que Josepha,Gwendoline Soublin,Philippe Mangenot,Simon Alopé,Laure Barida,Johan Boutin,Mathilde Saillant,Théatre de l'entre-deux,Festival en Acte(s),Pig Boy 1986-2358,ENSATT,Les Clochards Célestes,Décembre 2019,Lyon "On dit que Josepha" c'est d'abord quatre jeunes acteurs formidables issus du conservatoire de Lyon (Simon Alopé, Laure Barida, Johan Boutin et Mathilde Saillant) qui s'emparent d'un texte pour en jouer tous les personnages, entre fiction et réalité. La pièce se passe à Babylone-sur-Isette, un petit patelin où l'ennui est propice, pour ces quatre adolescents, à mettre en scène avec le rythme qui est celui de la jeunesse, une rumeur et laisser libre cours à leur imagination délirante, au jeu du "on dit que...".

    "On dit que Josepha" c'est aussi la révélation d'une jeune autrice diplômée de l'ENSATT de Lyon, au texte ciselé qui ne manque pas de souffle et dont les racines plongent dans la magie de la ruralité.

    De la même autrice, Gwendoline Soublin, "Pig Boy" du 14 au 16 Mai au Théâtre de la Renaissance à Oullins.

    "On dit que Josepha" c'est enfin une direction d'acteurs au service du jeu et de l'imaginaire, à l'inventivité folle face à un dépouillement scénographique imposé. Philippe Mangenot sait magnifier l'énergie d'une jeunesse talentueuse en l'invitant à investir tout l'espace (y compris les gradins) en côtoyant même les spectateurs. Il émane de la pièce une vitalité, une fraicheur et une chorégraphie chirurgicale des acteurs.

    Entretien avec Philippe Mangenot, le metteur en scène et directeur du théâtre de l'entre-deux (7') :


    podcast

    @Crédit photo : Théâtre des Clochards Célestes

  • La mue de Camélia Jordana

     

    "Camélia semble s’être re-trouvée sur cet album Lost en collaboration avec Laurent Bardainne sur des mélopées trip hop, soul, pop ou de chanson traditionnelle. Profondeur du chant et expérimentation sonore, racines arabes pour un disque de musique universelle, cris et lassitude d'une jeunesse stigmatisée mais déterminée, consciente et politisée. Le fruit maîtrisé d'une époque, un futur classique".

     

    On ne cachait pas notre ferveur en fin d'année 2018 pour la sortie de Lost, troisième album de la révélation du célèbre télé-crochet. Un album qui sortait après 4 années de maturation. Restait à découvrir son pendant scénique...

    Elle avait en effet déjà tout d'une grande il y a quelques années au festival Paroles et musiques de Saint Étienne, tout juste estampillée "Nouvelle star" alors qu'elle n'avait pas encore de répertoire propre. Sa voix, qu'elle n’aimait pas vraiment, avait déjà de quoi réveiller les morts.

    cameli.jpgDésormais actrice et autrice-interprète de son très culotté troisième album, elle le défend sur scène avec brio et une voix à éveiller les consciences. Entourée de quatre hommes (un batteur, un programmateur et deux parfaits choristes) elle officie telle une cheffe, finissant souvent ses chansons a cappella et en trio. A l'instar d'une Camille ou d'une Yaël Naïm, on la sent véritablement en quête de la note juste dans son combat plus général contre l'injustice.

    Innervée en profondeur, chantant souvent les yeux fermés, en français, arabe et anglais, elle donne le ton mais aussi la justesse et l'à propos. En l'écoutant, viennent parfois les larmes aux yeux tant elle touche le cœur avec sa voix.

    Coté covers, une reprise sur le pouce d'Alicia Keys (If I aint got u) et une autre de Frank Ocean dont elle est fan. Privilège également pour le public lyonnais, Camélia nous offre un nouveau titre pop, fredonné en chœur, qui sera sur le prochain album en préparation.

    Elle nous confiait également, outre sa joie d'être à Lyon devant un public conquis, le long périple pour faire exister ses chansons du disque à la scène, chansons engagées et générationnelles crachées sur un beat éléctro deep dark blues (oui, c'est une invention !) à la Portishead.

    Tantôt charmante et charmeuse, inspirante et inspirée, légère et concentrée, Camélia Jordana s'est construit un public à son image : tolérant, ouvert et profondément à l'écoute.

    Crédit photo : Fb Camélia Jordana

  • Alvie dynamite les clichés

    Stand up rester debout et parler, Alvie Bitemo,Rachel Dufour,Florence Pazzottu,Nicolas Masset,Florian Huet,les guêpes rouges, théâtre  du point du jour,maison des passages,Lyon, septembre 2019Dans Stand up, rester debout et parler, l'air de ne pas y toucher, Alvie Bitemo, seule en scène, pointe avec fougue et talent nos pensées stéréotypées parfois héritées de blancs occidentaux dominants et colonialistes.

    Sa joie de vivre communicative emporte toute véhémence par le rire et la musique et c'est tout l’univers d'une artiste noire franco-congolaise qui nous est délivré. L'Afrique (qui n'est pas un pays) nous devient plus familière. L'absence de représentation positive des femmes et hommes noirs dans notre société nous saute aux yeux et nous renvoie à son origine : les racines souvent financières du racisme.

    Le spectacle est écrit par Florence Pazzotti et la mise en scène subtile, inspirée des origines du Stand Up américain, réalisée par Rachel Dufour (Compagnie Les guêpes rouges).

    Stand Up, programmé au Théâtre du Point du Jour et joué dans des lieux nomades comme La maison des Passages à Lyon 5 sera en tournée dans la région jusque 2020.

    Conversation avec Alvie Bitemo et Rachel Dufour à la sortir de la représentation:

    podcast

    Crédit Photo: www.lesguepesrouges.fr

  • Alpha Wann en l'état

     

    Expérience à vivre et à revivre que ce festival de l'est lyonnais Woodstower, en plein cœur du magnifique parc-plage de Miribel-Jonage.

    Cela ne ressemble pas, contrairement à son nom, à un énorme site informe et halluciné, au contraire le public n'est confronté qu'à de bonnes (nourriture bio et locale, toilettes sèches, sites de prévention, animations gratuites, prix accessibles, ) et belles surprises (ambiance bon enfant, 4 scènes à tailles humaines avec un son de qualité, des artistes enthousiastes). Mention spéciale au dogzilla et à la caravane des tubes du top 50...

    21ème année d'existence déjà et une vision moderne et pratique de ce que peut être un éco-festival réussi à l'adresse d'une jeunesse à sensibiliser et contenter. La programmation du samedi 31 Aout fit en effet bonne part à la scène hip-hop et électro avec des artistes reconnus et locaux.

     

    woodstower 2019,Alpha Wann,K.S.A,Infinit',Jay Jay,Hologram LoYoussoupha,Cabalerro et JeanJass,Canine,Miribel-Jonage,Lyon,Aout 2019Le collectif féminin Canine à la chorégraphie bien rodée, le jeune vétéran du rap français Youssoupha et sa chaleureuse prestation, le duo planant Trinix, les huit membres du combo lyonnais Kumbia Boruka et son set de cumbia endiablé ainsi que les jeunes vaporeux mais talentueux Caballero et Jeanjass nous ont enjaillé jusqu'à l'heure d'Alpha Wann dont c'était la seconde venue cette année sur Lyon.

    Le concert fut à la hauteur de son talentueux premier album UMLA : flow carabine, rythme et productions taillées pour la scène.

    Accompagné un temps par K.S.A. aka Le loup blanc, Infinit' et Jayjay, il performa plus souvent seul, sans temps mort avec Hologram Lo aux platines (le DJ et producteur d'1995) avec énergie, fougue et brio, laissant le public scander quelques mots bien sentis. Un Don Dada frais et à l'écoute, affuté pour la route, qui gesticule au son des mots qu'il débite en cascade.

    La set-list fut composée en grande partie des titres pêchus du dernier album et de trois quatre de ses précédents Ep's Alph Lauren 2 et 3, dont le très apprécié Barcelone ou entraînant Courchevel.

    Un rendez vous réussi donc et une présence scénique généreuse qui mériterait d'être soulignée et entourée plus souvent que par à-coups. Le jeune artiste parisien débarqué deux jours après son acolyte Nekfeu de leurs tournées respectives fut apparemment ravi d'être là devant un public connaisseur et fidèle qu'il avait en partie côtoyé au Transbordeur et qui lui avait déjà laissé un souvenir impérissable.

    "Ici c'est le vrai rock’n’roll" tança t-il dès l'entame de son set bouillant et engagé. Les programmateurs de Woodstower ont résolument compris leur époque, son message et ses valeurs, 60 ans après le clin d'oeil de Woodstock, orienté vers un futur désirable.

     

    @Crédit Photo Justine Targhetta

  • Jeanne Added explosive sur scène

    Jeanne Added,Nuits de Fourvière,Lyon,Juillet 2019De Jeanne Added nous ne connaissions que ses deux albums, "Be sensationnal", brut et martial et "Mutate" plus sombre et intimiste.

    Sur scène un petit bout de femme drapée de noir (le titre Remake du dernier album pour l'entame), seule derrière un microphone, épaulée par deux choristes claviers-rythmes et un batteur, sur une même parallèle à l'arrière plan.

    Beaucoup d'espace donc laissée à l'artiste qui l'occupera dignement par danses saccadées, énergiques et spontanées.

    Sa musique électro-pop rythmée a su captiver un auditoire au complet de toutes générations, tantôt debout, tantôt tapant des mains mais à priori charmé et conquis par la belle blonde rémoise fraichement récompensée aux dernières victoires de la musique.

    Difficile de ne pas faire un ou plusieurs points de comparaisons avec Christine and the queens sur la voix singulière, la danse ou encore le style musical, mais l'univers de Jeanne Added puise plutôt ses références dans la new wave, l'éléctro-dark ou le punk des années 80-90. On pense notamment à la voix cristalline d'Anne clark ou encore aux vétérans de New Order, de Dépèche mode qui irradièrent le monde depuis l'Angleterre.

    La set-list comporta un mélange équilibré des deux albums avec son lot de tubes (It, Lydia, Falling Hearts,Radiate, mutate...), d'hymnes (A war is coming, Back to summer...) ou ballades plus douces (look at them, night shame pride, Both Sides...)

    Petite touche féminine appréciée, le final "suddenly" chantonné en chœur en guise d'adieu à Fourvière ainsi que deux titres inédits chantés seule à la basse.

    Au final une ambiance très bon enfant avec des éclairages roses et vert, une fosse assez sage sans doute subjuguée par la fougue et le caractère explosif de l'artiste mais portée par des arènes venues résolument pour écouter, découvrir et fêter un jeune et prometteur talent français.