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lyon

  • Frère d'arme

    Massive attack,Festival des nuits de fourvière,Robert del Naja (3D),Grant Marshall (Daddy G),Horace Andy,Elisabeth Frazer,

    Qui suis-je ? Quel mouvement musical pour la résistance au nouvel ordre mondial ? Quel est mon degré de conditionnement face aux réseaux/médias et de sensibilité face aux morts des guerres économiques ? Autant de questions suscitées dans cette soirée d'"edutainment" proposée par le groupe de Bristol, Massive Attack, au deuxième soir de représentation bondé, du festival des Nuits de Fourvière.
    Robert del Naja (3D) et Grant Marshall (Daddy G) se sont entourés pour leur retour sur scène (plus d'une décennie) de 5 musiciens (basse, guitare, clavier et deux batteurs) et 3 chanteurs.euses dont Horace Andy (très applaudi) et Elisabeth Frazer, qui se relaient à tour de rôle, comme le groupe, à géométrie variable.
    Le spectacle est total, par un éclairage au cordeau et un mur d'images graphiques reflet de notre époque, avec une forte teneur politique (paradis fiscaux, guerres économiques, manipulation de l'opinion et des émotions, ère numérique, génocide ethniques...) et des messages en français.
    Les nouvelles chansons (plus rock) alternent avec les anciennes choyées. L'impression est mitigée entre cette proposition plus oppressive et agressive : déluge sonore, saturation d'images, effet stroboscopique..., qui tranche avec les hits des premières heures, planants, dépouillés et plus introspectifs. 
    Bonne surprise néanmoins d'un son bien calibré et de voix justes pour délivrer comme des prières (ou des colères tempérées) face à tant d'injustice, d'atrocités ou de malignité.
    Le groupe phare des années 90 dérange et titille toujours autant nos consciences à propos d'humanité, d'ouverture et de discernement. Son engagement politique rassure et le propulse fer (frère) de lance d'une résistance face au diktat de l'argent, de l'apparence et de la coercition.    

  • Vivants, de corps et d'esprit

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    Soirée rayonnante ce mercredi 3 Juin au festival des Nuits de Fourvière, avec deux artistes programmés ayant en commun d'être solaire.
    Yael Naïm s'est émancipée d'une forme de classicisme avec une proposition plus électro pop et des textes introspectifs, touchant une certaine épure, dans cette première partie. Tout est drapé de blanc immaculé sur scène avec une énorme bulle gonflée, ainsi l'artiste, comme prête pour ses noces intérieures, après une période chaotique à l'approche de la quarantaine. On sent qu'elle  prend du plaisir sur scène avec ses nouveaux titres rythmés (wow, multicolor...) ou mélancoliques (la fille pas cool, when we go to bed...), issus du dernier album expérimental Solaire ; et qu'elle aime philosopher avec le public. Cette embardée sans son acolyte David Donatien explore profondeur et appréciable folie. Dommage que le public ne communie vraiment qu'à la toute fin du set, lors d'une revisite jazzy de son tube planétaire new soul.
    Bertrand Belin arrive ensuite en terrain conquis. Ce baroudeur quinqua possède un univers attachant et singulier, dans la lignée des songwriters rock ébréchés et poètes. Souvent comparé (Bashung, Nick Cave...), il apparaît solide et posé, entouré de six musiciens confirmés (dont 3 claviéristes ) qui délivrent un groove monstrueux et chavirant. On espère une trace (un album live pour marquer le coup ?) de cette tournée qui fait bien évidemment part belle au dernier album Watt mais revisite des anciens titres plus sobres, qui sonnent comme jamais.
    La fosse jubile et danse, tranche avec les arènes pleines mais figés comme la pierre. Une esquisse de l'homme nous est donnée, avec l'envie de se plonger dans son répertoire et ses textes syncopés. Son humanité transparaissait au cinéma mais transcrit sur scène une bonhomie, une joie d'être communicative avec un son orchestré, puissant et maitrisé. Malgré son charisme certain, il ne prend pas toute la lumière et invite à une vision périphérique de la scène.  
    20 ans de carrière, un déjà 8ème album, il n'est pas là pour rien...un grand monsieur de la chanson française, artiste accompli. Merci les Nuits pour ces re-découvertes atypiques !

     

  • Une nation qui fait corps

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    La compagnie australienne Circa, mondialement connue et dirigée par Yaron Lifschitz, donnait son 6ème spectacle, Revoir les étoiles, aux Nuits de Fourvière, qui fête ses 80 printemps cette année.
    Placement millimétré, corps en mouvement permanent, adresse, mélange de force et souplesse, avec toute la panoplie des circassiens modernes (Mat, tremplin, tissu aérien...), et accompagnés d'un quatuor original de musiciens (guitare électrique, cuivres, violon et programmateur électro), sous la composition musicale de Jethro Woodword ...n'en jetez plus !
    Les douze acrobates (5 filles/7 garçons) nous en mettent plein la vue, maîtres de leurs corps et solidaires dans l'effort. Il s'agit littéralement de sortir de l'enfer Dantesque (chutes et lourdeur des corps) pour s'élever, virevolter et toucher les cimes étoilées, à plusieurs c'est encore plus beau.
    Des moments de grâce individuels émergent du magma collectif, mettant à l'honneur chaque artisan de l’œuvre, en première mondiale à Lyon.
    Effrayant et haletant car souvent risqué mais merveilleux dans le résultat, de nombreux tableaux défilent sous nos yeux, certains plus inventifs que d'autres mais toujours avec poésie, soutien et une forme de ballet incessant.
    L'Australie en impose par sa force physique et sa technicité, un futur succès international amplement mérité !

  • Inspiration queer

    Romancero Queer, Virginie Despentes, Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon, Sasha Andres, Amir Baylly, Casey, Mata Gabin, Soraya Garlenq, Mascare, Soa de Muse, Clara Ponsot, Federico Garcia Lorca, La maison de Berrnarda  Alba, Fatima Ben Bassal, Camille Duchemin, Tania La Rata, Varou Jan, Annabelle Maillard, ateliers de La Colline, mars 2026

    Virginie Despentes propose ROMANCERO QUEER au Théâtre de la Croix-Rousse. Au plateau iels sont 8 à répéter la pièce La maison de Bernarda Alba de Federico Garcia Lorca, mise en scène par un certain Michel, mâle blanc cisgenre qui n’apparaîtra pas. Au fil du temps, il devient gênant pour tout le monde. Michel est un tyran avec ses comédien.nes, ce qui va les unir en coulisse.

    Nous découvrons l'histoire de chacun.e : la star de série télé loufoque, étonnée quand on ne la reconnaît pas (Soraya Garlenq) ; le coach sportif désabusé qui débute dans le métier de comédien (Casey) ; l'ancienne femme de Michel qui a eu 4 maris (Mata Gabin) ; la comédienne de Théaaaaaâtre qui pardonne toujours le comportement du metteur en scène (Clara Ponsot) ; celle trompée par sa petite amie, en boucle sur le sujet (Mascare) ;  l'amoureux de lui-même qui cache un secret (Amir Baylly) ; l'influenceuse, diva, qui a fait sa transition et ne laisse jamais marcher sur les pieds (Soa de Muse) et enfin la comédienne qui sort de prison et est à nouveau engagée sur un projet artistique (Sasha Andres). Ces personnages excessifs, drôles et un peu barjos révèlent petit à petit leurs fêlures. 

    Romancero Queer, Virginie Despentes, Théâtre de la Croix-Rousse, Lyon, Sasha Andres, Amir Baylly, Casey, Mata Gabin, Soraya Garlenq, Mascare, Soa de Muse, Clara Ponsot, Federico Garcia Lorca, La maison de Berrnarda  Alba, Fatima Ben Bassal, Camille Duchemin, Tania La Rata, Varou Jan, Annabelle Maillard, ateliers de La Colline, mars 2026

    À travers la révolte lancée par les protagonistes, la pièce aborde l'accaparement des biens par les puissants, le droit de grève, toutes les formes de discriminations et notamment envers les femmes et les queers mais aussi les guerres actuelles et la montée des haines. Les personnes incarnent ainsi les colères qui traversent l'autrice Virginie Despentes mais aussi le public (salle comble). L'homme riche, blanc qui protège ses privilèges mais aussi les violents et violeurs (en politique, dans l'art et partout ailleurs) sont pointés du doigt. Et, malgré l'avalanche des horreurs du monde actuel, les acteur.ices redonnent foi, espoir ou inspiration en prenant la parole, clamant, déclamant, hurlant ce que les personnages ne peuvent plus taire. 

    Tous.tes les comédien.nes ont énormément de talents avec une mention spéciale pour Soraya Garlenq et Soa de Muse. À découvrir à 16h (dimanche 22 mars) s'il reste des places ...

    Photos : https://www.croix-rousse.com

  • Une voix qui porte

    Vers où je ne comptais pas voyager,Katayoon Latif,Yassaman Barouti,Sarah Jahanbakhsh,Pauline Granier,Victor Gautreau,Sohrab Karamroudi,Clara Couvert,Ariel R. Ezra,Sébastien Botta,Lucile Bichet,Sina Beizavi,Sepehr O.,théâtre des Clochards Célestes,Lyon,Mars 2026.

    Arrivée en France il y a sept ans, Katayoon Latif signe avec Vers où je ne comptais pas voyager, au Théâtre des Clochards Célestes de Lyon, un texte et un seule en scène entre autobiographie et fiction, de ses années passées en Iran, avec le recul émotionnel nécessaire à toute introspection.
    Néanmoins l'emprise psychologique reste très présente puisque ce rêve de l'exil se répète jusqu'à virer au cauchemar, intégrant en effet les récents événements historiques : les manifestations Femme Vie Liberté de 2022, les tueries de masse de la population au mois de janvier 2026, le blackout d'Internet puis le chaos de la guerre récente.

    Yassaman Barouti et Sarah Jahanbakhsh, compatriotes également expatriées en France, accompagnent Katayoon Latif à la mise en scène et à la dramaturgie depuis la genèse du projet. Avec une grande maîtrise de jeu et peu de moyens techniques, celle-ci rend hommage à celles et ceux restés au pays et continue la lutte, en France, avec juste ce qu'il faut d'humour, d'irrévérence et de clairvoyance pour exorciser ses traumatismes hérités du régime iranien. 

    Katayoon Latif, un nom à retenir pour le rayonnement culturel franco-iranien, que nous avons interviewé (11 min) à l'issue de la représentation du samedi 7 Mars. Retrouvez-la en en cette journée internationale des droits des femmes à 16h30 au Théâtre des Clochards Célestes.


    podcast

    Photo : Sina B.

  • Emmitouflées et subjugués

    Encabanée,Gabrielle Filteau-Chiba,Lou Martin Fernet,Eugénie Bernachon,Jason Razoux,Thibault Lamy,Christophe Gaultier,Joseph Kildine,théâtre des Clochards Célestes,14 Décembre 2025,Lyon

    Succès pour la pièce musicale Encabanée, qui s'est jouée au théâtre des Clochards Célestes, véritable découvreur de nouveaux talents. Écrit par une québecoise éco-féministe, Gabrielle Filteau-Chiba, ce premier roman d'une trilogie, raconte sa réelle expérience en solitaire d'une vie en forêt (dans le Kamouraska) à -40°, pour retrouver des sensations originelles d'avant le monde moderne et son devenir malheureusement écocide.
    A l'initiative de Lou Martin-Fernet, ce projet a vite intégré une bande son "sauvage" par l'entremise d'Eugénie Bernachon, également comédienne et autrice d'un premier disque abouti et prenant, Baïnes sous le nom Joseph Kildine (avec Thibault Lamy à la production sonore). Christophe Gaultier a mis en scène ce duo féminin, qui brille par sa qualité d'écoute et interprétation, par le truchement d'artifices théâtraux, comme le prolongement fictif intérieur du personnage principal.
    Rencontre avec les 4 protagonistes à l'issue de l'avant dernière représentation (11 min) :


    podcast

    @crédit photo : Fb collectif 70

  • Et patatrac !

    L'invité, Théâtre de l'Uchronie, Dan, Baptiste Bouissou, Pierre Vuaille, Théâtre burlesque, cirque, Ernest Welisch,Elie martin, Inès Dhabhi, Sarah Spaggiari, Compagnie Aubord de, Parade Sauvage, Octobre 2025, Lyon Spectacle Coup de Chœur

    C'est un petit espace riquiqui, un appartement qui ressemblerait à celui d'un étudiant où une seule personne peut s'y faufiler. Oui mais voilà, "il" attend L'Invité au Théâtre de l'Uchronie.  Il, c'est un personnage tout en longueur et en rigueur, avec une pointe de peur qui risque de tout faire dérailler.  Il, est joué par Baptiste Bouissou, excellent comédien et circassien et le moindre de ses pas ou gestes est scruté par le public car entrainant d'inévitables complications et situations absurdes (mais logiques). Il, est d'abord un personnage burlesque auquel on s'attache immédiatement qui nous faire rire et nous émeut. On aime son coin "cosy", sa plante, ses chemises, son petit poisson et on veut connaitre sa recette (ou pas). 

    Bref, nous ne pouvons en dévoiler d'avantage, mentionnons simplement Pierre Vuaille et sa belle voix (ou presque) et espérons que vous courrez à ce spectacle immanquable. Il se joue à 19h30 jusqu'au samedi 25 octobre à l'Uchronie. Et si vous n'êtes pas encore convaincu,  écoutez donc le metteur en scène Dan qui connait très bien "il". 


    podcast

    Image: Théâtre de l'Uchronie