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Festival

  • Positive vibration

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    C'est le cœur qui résonna hier au théâtre antique de Fourvière pour une version symphonique du répertoire de Camille. L'ONL dirigé par Dylan Corlay apporta profondeur, grâce, légèreté ou gravité au fil des reprises (le sixième album "the sound of milk" sort en septembre, après la récompensée BO d'Emilia Perez) sur 20 ans de création.
    Des moments suspendus, notamment pour ses trois nouveaux titres, de danse-transe parfois, de refrains repris en chœur par un public conquis, de joie toujours pour celle dont le corps est instrument et le souffle note. Accompagnée par ses proches - Clément Ducol au piano-chœur, qui signe aussi les arrangements classiques et Martin Gamet à la basse-batterie - et son merveilleux quatuor de choristes - Lucile Chriqui,
    Christelle Lassort, Gisela Razanajatovo et Andres Guevara - Camille donne libre cours à sa folle fantaisie tout en portant haut et fort la note juste. Avec ses deux enfants, ce cadeau de Clément Ducol, son compagnon de vie, constitue selon elle un climax et sous un climat tropical, l'instant s'est transformé en paradis, soit "l'amour sur terre" (une parole de "la terre").
    L'artiste, au final, poussa le luxe d'inviter un couple ami fraîchement marié sur scène, pour mieux le célébrer en chantant. Un concert qui fit énormément de bien commun, un répit maternel pour la planète qui en ce moment en avait bien besoin.

     

  • 10 ans d’affinage

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    Retour au Lyon Street Food Festival pour fêter ses 10 ans ! Plus carré, plus pro, plus aéré mais aussi plus sélectif. Même lieu, mêmes heures, même public et (presque) les mêmes chefs. Il semble qu’ils soient moins nombreux, ce qui permet une meilleure lisibilité des stands et plus de place pour préparer les portions. Pourtant, choisir entre toutes les propositions culinaires est toujours aussi difficile. Quoi que ! Avec la chaleur, les buns, brioches, burgers et autres tacos, qui sont légions cette année, tentent beaucoup moins que les propositions plus aérées et/ou fraîches. Il est d’ailleurs étonnant que les chefs ne prennent pas plus en compte le temps de juin, il est vrai, de plus en plus imprédictible. Rassurez-vous, nous avons néanmoins trouvé quelques pépites :

    Le salé :

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    Le plus original : Le chou des bois de Rébecca Azoulay, cheffe du restaurant Cueillette : champignons, comté, oignons confits, jus bourguignon, noisettes et graines de moutarde dans un petit chou : bon goût de la forêt et très onctueux. Longtemps hésité avec la version courgette/fraise/stracciatella.

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    Les propositions salés qu’on a raté : Le yaourt salé de Pierre Sang : sans aucun doute très rafraîchissant mais beaucoup trop d‘attente (Le stand le plus demandé chaque année !) ; Larancini du coin Little Italy : certainement très savoureux mais il fallait garder de la place pour tester les desserts.

    Le sucré :

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    Les cuisiniers en herbes peuvent également participer à 400 ateliers, initiations et autres masterclass de chefs invités. Les ambianceurs ont toujours droit à une soixantaine de concerts mais aussi performances, comme par exemple un combat de catch entre deux dégustations. Surprenant mais pour le moins original. Attention tout de même à ne pas avaler de travers quand un grand baraqué vous fonce dessus !

    Blague à part, rendez-vous aux 11 ans pour les prochains plats vibrants. 

    Photos: Choeur

  • Frère d'arme

    Massive attack,Festival des nuits de fourvière,Robert del Naja (3D),Grant Marshall (Daddy G),Horace Andy,Elisabeth Frazer,

    Qui suis-je ? Quel mouvement musical pour la résistance au nouvel ordre mondial ? Quel est mon degré de conditionnement face aux réseaux/médias et de sensibilité face aux morts des guerres économiques ? Autant de questions suscitées dans cette soirée d'"edutainment" proposée par le groupe de Bristol, Massive Attack, au deuxième soir de représentation bondé, du festival des Nuits de Fourvière.
    Robert del Naja (3D) et Grant Marshall (Daddy G) se sont entourés pour leur retour sur scène (plus d'une décennie) de 5 musiciens (basse, guitare, clavier et deux batteurs) et 3 chanteurs.euses dont Horace Andy (très applaudi) et Elisabeth Frazer, qui se relaient à tour de rôle, comme le groupe, à géométrie variable.
    Le spectacle est total, par un éclairage au cordeau et un mur d'images graphiques reflet de notre époque, avec une forte teneur politique (paradis fiscaux, guerres économiques, manipulation de l'opinion et des émotions, ère numérique, génocide ethniques...) et des messages en français.
    Les nouvelles chansons (plus rock) alternent avec les anciennes choyées. L'impression est mitigée entre cette proposition plus oppressive et agressive : déluge sonore, saturation d'images, effet stroboscopique..., qui tranche avec les hits des premières heures, planants, dépouillés et plus introspectifs. 
    Bonne surprise néanmoins d'un son bien calibré et de voix justes pour délivrer comme des prières (ou des colères tempérées) face à tant d'injustice, d'atrocités ou de malignité.
    Le groupe phare des années 90 dérange et titille toujours autant nos consciences à propos d'humanité, d'ouverture et de discernement. Son engagement politique rassure et le propulse fer (frère) de lance d'une résistance face au diktat de l'argent, de l'apparence et de la coercition.    

  • Vivants, de corps et d'esprit

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    Soirée rayonnante ce mercredi 3 Juin au festival des Nuits de Fourvière, avec deux artistes programmés ayant en commun d'être solaire.
    Yael Naïm s'est émancipée d'une forme de classicisme avec une proposition plus électro pop et des textes introspectifs, touchant une certaine épure, dans cette première partie. Tout est drapé de blanc immaculé sur scène avec une énorme bulle gonflée, ainsi l'artiste, comme prête pour ses noces intérieures, après une période chaotique à l'approche de la quarantaine. On sent qu'elle  prend du plaisir sur scène avec ses nouveaux titres rythmés (wow, multicolor...) ou mélancoliques (la fille pas cool, when we go to bed...), issus du dernier album expérimental Solaire ; et qu'elle aime philosopher avec le public. Cette embardée sans son acolyte David Donatien explore profondeur et appréciable folie. Dommage que le public ne communie vraiment qu'à la toute fin du set, lors d'une revisite jazzy de son tube planétaire new soul.
    Bertrand Belin arrive ensuite en terrain conquis. Ce baroudeur quinqua possède un univers attachant et singulier, dans la lignée des songwriters rock ébréchés et poètes. Souvent comparé (Bashung, Nick Cave...), il apparaît solide et posé, entouré de six musiciens confirmés (dont 3 claviéristes ) qui délivrent un groove monstrueux et chavirant. On espère une trace (un album live pour marquer le coup ?) de cette tournée qui fait bien évidemment part belle au dernier album Watt mais revisite des anciens titres plus sobres, qui sonnent comme jamais.
    La fosse jubile et danse, tranche avec les arènes pleines mais figés comme la pierre. Une esquisse de l'homme nous est donnée, avec l'envie de se plonger dans son répertoire et ses textes syncopés. Son humanité transparaissait au cinéma mais transcrit sur scène une bonhomie, une joie d'être communicative avec un son orchestré, puissant et maitrisé. Malgré son charisme certain, il ne prend pas toute la lumière et invite à une vision périphérique de la scène.  
    20 ans de carrière, un déjà 8ème album, il n'est pas là pour rien...un grand monsieur de la chanson française, artiste accompli. Merci les Nuits pour ces re-découvertes atypiques !

     

  • Un engagement qui fait écho

    Feu Chatterton,Terrenoire,Dinaa,festival Paroles et musiques,Zénith de Saint-Etienne,Marc-ANtoine Perrio,Arthur teboul,Protégé.e,Labyrinthe,Maison vide,Saint-Etienne,Mai 2026

    Feu Chatterton est un grand groupe, solide, uni et généreux. En tête d'affiche pour la dernière date du festival Paroles et Musiques avec les locaux Terrenoire et la jeune Dinaa, ils ont mis le feu au Zénith de Saint-Etienne.
    Fraîche et engagée, Dinaa a bien lancé la soirée avec sa pop simple et décomplexée, à découvrir, avant les deux poids lourds de la soirée, qui firent monter la température du Zenith.
    Six mois après son concert au Fil, Terrenoire revenait dans le chaudron stéphanois avec les frères Herrerias toujours aussi enthousiastes, après la tournée sobre et éthique Protegé.e, et entourés d'une belle équipe dont le talentueux Marc-Antoine Perrio à la guitare et basse. Le show a gagné en maturité et dégage une force tranquille avec toujours ce travail magnifique sur les harmonies vocales, seul (Théo) ou à deux (avec Raphaël). Le show est carré, engagé et dansant. Attachant comme celui de Feu Chatterton, sensiblement de la même génération.
    La part belle au dernier album Labyrinthe, dans ce dernier set festivalier, avec le très beau et mélodieux Ce qu'on Devient, le monumental et cristallin Sous la Pyramide ou le lourd péchu électro Le Labyrinthe. Les hits furent aussi de la partie avec Allons voir, la Malinche, Mille Vagues, Nouveau Monde ou encore l'Affiche Rouge de Louis Aragon, d'actualité récente. Le concert fut un mix entre moment suspendus, forts en émotions et morceaux transe ; entre son  massif et versions plus acoustiques, avec toujours cette voix décalée et subtilement incarnée d'Arthur Teboul, également auteur. Le groupe a cette capacité à arrêter le temps et nous offrir des instants de grâce parce qu'il donne et se donne beaucoup mais aussi en proposant un univers en phase avec l'époque, avec des thématiques et des mots qui résonnent profondément en soi. Ils sont vrais, tout simplement, authentiques en émotions et engagement...ligne directrice de cette soirée de clôture. 

     

  • Cercle intime

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    Adèle Haenel était une des têtes d'affiche de la 5ème édition de Festiv.iel, programmée au Théatre de la Croix Rousse.
    Accompagnée de Carol Geryl à la console rythmique (avec qui elle forme le collectif Dame Chevalier), elle nous fait partager la pensée de Monique Wittig, figure mythique du MLF avec la pensée straight. Ce spectacle, Voir Clair avec Monique Wittig, est une sorte de manifeste socio-politique autour d'une vision qui déconstruit l'hétéronormalité (parfois fascisante dans son exploitation d'autrui) et sa reproductibilité genrée à travers siècles.
    Le jeune public (entre 20 et 45) queer et coloré venu en masse, adhère déjà à ce nouveau paradigme et semble venu acclamer cette figure de la rébellion au système patriarcal.
    La démonstration théorique est entrecoupée de pensées ou de poésies personnelles d'Adèle Haenel et de moments plus ludiques de chants avec sa compagne scénique, dans une promiscuité scénographique.
    On navigue entre raison et émotions, vision cinglante et colère et chacun repart gonflé pour une lutte ou résistance qui s'annonce difficile et longue, pourvu que les générations futures puissent mieux vivre leur différence et singularité, aux couleurs de l'alliance arc en ciel. 

     

  • Impro-vision

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    L'habité trio Malqa (accueil en arabe) est passé par le Théâtre de la Renaissance d'Oullins, dans le cadre du festival Sens Interdit, proposant une musique expérimentale hybride entre Instruments classiques (voix et Oud), machines et objets sonores. Inclassables, c'est l'écoute et les liens artistiques entre la chanteuse palestinienne Kamilya Jubran, Loïc Guénin et Eric Brochard (membres du groupe Noorg) qui composent une partition originale, unique et improvisée sous nos yeux, à base de loops analogiques, de nappes répétitives et de sons intrusifs d'objets recyclés, autour d'un canevas poétique.

    L'entente et l'interrelation entre membres et publics donna lieu à un magma sonore tantôt strident tantôt tempéré, trans-historique, avec des respirations plus épurées, comme une seule et même mélopée de plusieurs strates, dont la durée paraissait extensible à souhait à mesure du plaisir pris à triturer et distordre les sons.

     Rencontre d'après concert avec les trois artistes amoureux de la vibration (10 min) :


    podcast