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Loisirs

  • L'art de rendre vivant

    Antoine Giner-Belmonte,Edouard Chevais-Deighton,Sébastien Bouet,Les Maîtres de White Plain,Bamboo éditions,collection Grand angle,Christian Rossi,Joseph Gillain alias Jigé,Jean Giraud,Jerry Spring,Blueberry,Eddy Mitchell,la dernière séance,Custer,réalisme,justesse,ligne claire,Lyon,Septembre 2022Antoine Giner-Belmonte est un dessinateur consciencieux et habité par ses personnages. Le western constitue son domaine de prédilection et d'investigation et il compte jusqu'à présent quatre albums de bandes dessinées à son actif dont deux à paraître (Little Bighorn chez Glénat en Mai 2023).

    Le dessin est pour lui une véritable ascèse, presque une prière, en tout cas un moyen de s'élever chaque jour à un niveau d'exigence et de réalisme qu'il se fixe.

    Son métier emprunte au journaliste et à l'acteur puisqu'il s'agit de rendre l'émotion au plus juste et d'être dans le ressenti du personnage au plus près de l'histoire.

    C'est à partir des deux volumes des Maîtres de White Plaine (Bamboo éditions, collection Grand Angle, 2018) que nous avons mené cet entretien pour essayer d'esquisser en filigrane l'âme du dessinateur sincère.antoine giner-belmonte,edouard chevais-deighton,sébastien bouet,les maîtres de white plain,bamboo éditions,collection grand angle,christian rossi,joseph gillain alias jigé,jean giraud,jerry spring,blueberry,eddy mitchell,la dernière séance,custer,réalisme,justesse,ligne claire,lyon,septembre 2022

    Entretien avec le dessinateur Antoine Giner-Belmonte en trois parties (3 fois 11 minutes)


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  • Parier sur l'avenir

    woodstower.jpg

    Deux soirées d'immersion au Woodstower version post COVID ont confirmé l'appréciation positive du dernier festival lyonnais avant d'entamer l'année scolaire : ambiance bon enfant, statut débridé des participants, site éco-citoyen à taille humaine, capital sympathie des artistes/bénévoles/commerçants, programmation éclectique d'artistes émergents ou encore stands et animations style forain (les géniaux "des glingués" ou les auto tamponneuses) pour la bonne ambiance. 
    On se sent libre d'être, de naviguer au gré de ses envies et lubies, consommateur effréné de musique (petit bémol pour les 40 cl de bière à 6 euros) ou simple observateur du vivant.
    On retiendra du Jeudi la bonne assise du groupe moustachu Deluxe en parfait mimétisme avec l'esprit déjanté, festif mais aussi détendu du lieu. La surprise Poupie qui assure un set sensuel, groovy et à poigne,  montrant son souhait de durer au-delà des effets de mode.
    Côté rap, sur la scène rebaptisée Saint-Denis, le plaisir d'y croiser le tonton du bled Rim'K saupoudrant son show de pépites du 113 ou de la mafia k'1fry, ou encore le valeureux membre de l'Entourage Jazzy Bazz qui amène un peu de spirituel dans l'écriture et confirme sa solidité scénique. Vitalic clôture déjà la soirée avec un jeu de lumière hypnotique pour une musique électro quasi martiale.
    Le Vendredi amène un autre public soucieux de prolonger la nuit jusqu'à tôt. Sur la grande scène Suzane seule danse et chante avec maîtrise, accompagnée de belles images sur grand écran. Son album Toï toï a su capter l'air du temps et elle récolte une pluie de remerciements. Quand à Niska son aura surprend agréablement. Résolument positif, sa trap chaloupée anime les corps avant que la musique électronique ne s'accapare la faune bigarrée et motivée sur les différents sites, comme Greg au woodsfloor cosmique ou l'acidulée électro de Mind Enterprises sous le chapiteau.
    Félicitation à l'équipe, Woodstower 2022 c'était vraiment bon (y compris la street food) et c'est jusque dimanche encore.

    @crédit photo : Brice Robert pro

  • Convoquer le meilleur

    synchronicity.jpgSynchronicity est un jeu (de société) différent inspiré par un concept innovant, la rétrocognition et la survenue de synchronicités.
    Issu de l'alliance d'un scientifique de l'esprit, Romuald Leterrier et d'un créateur d'espace ludique, Philippe Deweys ; il connecte à l'irrationnel, l'émotionnel et l'intuitif en court-circuitant le mental et sa raison lénifiante, parfois sclérosante.
    Du coffret paru aux éditions Trédaniel émanent 60 propositions de jeux collectifs à partir d'un livret de 200 pages et d'une nomenclature originale de symboles explicitant les cartes objets et animaux (une centaine). Il est également possible d'utiliser individuellement de façon oraculaire les jolies cartes dessinées  issues d'imaginaires croisés. c'est le fameux protocole élaboré dans les ateliers-conférences sur la rétrocausalité par Romuald Leterrier.
    La pratique révèle des souvenirs intimes sur les êtres (passé ou futur), fait émerger des ressentis ou des secrets personnels et donne l'impression d'un réel échange en profondeur avec la (les) personne(s), tout en devenant co-créateur d'une identité amplifiée ou enrichie.
    De nombreuses synchronicités sont remontées et racontées sur les réseaux sociaux, à l'usage, lui conférant un aspect magique. Mais les symboles peuvent aussi résonner et vibrer fort dans notre psyché avec une lecture plus intériorisée.
    Ce jeu est un manifeste pour enfant libre et adulte équilibré ou en passe de le devenir. Le futur, on le souhaite, sera féminin dans ses qualités d'expression et de vibration interne, mais aussi dans sa capacité à transcender l'espace-temps. On oublie son "moi" en (dé)jouant le temps et cette focale sur l’altérité sous toutes ses coutures (l'Ubuntu ou notre "moi futur") reconnecte au Soi, au sens où C.G Jung l'entendait, la Source de tous les contraires...et de tous les possibles aussi.

     

  • La rose fleurit sans pourquoi

    Room,James Thierrée,La compagnie du Hanneton,Anne-Lise Binard,Ching-Ying Chien,Mathias Durand,Samuel Dutertre,Hélène Escriva,Steeve Eton,Maxime Fleau,Nora Horvath,Sarah Manesse,Alessio Negro,Théâtre des Célestins,Lyon,Juin 2022

    C'est à une drôle de représentation que nous avons assisté au théâtre des Célestins avec l'équipée de James Thierrée. Le temps semble avoir peu d'emprise sur l'homme et la passion s'étoffe avec le chant (La lyrique Sarah Manesse), la musique et la danse. Un véritable groupe festif de 10 musiciens, une chanteuse et une danseuse (l'autre s'étant blessée) vont chorégraphier des tableaux animés et changeants puisque le décor est aussi mouvant que la gamme de jeu des artistes.
    Room, la pièce, ce sont des semblants de pièces mais qui intègrent le public pour la joie du jeu et du partage avec une palette d'émotions et de visuels chocs. On passe du rire à l'étonnement, de la poésie au riff de guitare tonitruant, avec des comiques de répétitions (le téléphone, le pourquoi, le blabla...) qui interrogent le processus de création et sa crédibilité.
    Sans trame narrative raisonnée ni réflexion autre que l'énergie latente et le génie créatif (et burlesque) de chacun, le spectacle est sans étiquette autre que le plaisir d'être ensemble et de célébrer le rythme intérieur plutôt bouillonnant et détonnant.

    James Thierrée assume de façon totalement décomplexée cette  tangente musicale et son goût pour la danse (avec la très élastique Ching-Ying Chien il s'en donne à coeur joie) en gardant ce lien fort à l'homme sauvage et l'enfant.
    Profondément relationnel, il sublime ses acolytes dans des saynètes privatives pour qu'ils impriment la toile de fond. Tel un chœur au service de l'auteur ils font corps derrière la mise à nu de leur mentor : une pièce on ne peut plus collective.
    La cacophonie est souhaitée et montrée, contrebalançant la beauté du geste. De réponses au sens de la vie, James n'en reçoit pas (du Saint Esprit de la caméra) mais au sujet de la création, il sait que le chaos est inextricablement imbriqué à l'harmonie et qu'il en est un digne représentant. Le style musical accompagne cette métamorphose, oscillant entre fanfare, cantate, opéra rock ou folie punk. Une proposition originale et décalée.

    Crédit photo : Richard Haughton pour les Célestins.

  • L'amour en partage

     

    les-elucubrations-d-un-homme-paysage-radiant-bellevue-1593174001.jpg

    Dans Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce, donné en trois représentations au Radiant Bellevue de Caluire, un comédien fuit sa propre pièce qu'il a écrit et se retrouve sur un autre plateau, celui du Dernier bar avant la fin du monde (une forme de spleen générationnel ?), dans lequel il s'attarde en compagnie du régisseur (Christophe Meynet), à parler de tout et de rien. Edouard Baer compose ses élucubrations sur une base nostalgique, l'évocation de grands personnages historiques (Malraux, Bonaparte, Jean Moulin, Jésus...) ou culturels (Bukowski, Jean Rochefort, Romain Gary...) qui l'ont fasciné comme hommes ou mentors par leur parole toujours incandescente.
    Il se glisse avec émotion juste dans leurs mots ou leur corps par interstice, pour mieux leur rendre hommage et les fêter (ces fantômes inspirants) en ne cessant de s'interroger sur son rôle, son succès bâti sur ce génial ressort comique mais qu'il estime peut être trop léger, facile ou manquant de poids, de gravité ou de sérieux en comparaison : ce fameux sentiment d'imposture contrebalancé chez lui par une exigence de profondeur.
    Pourtant s'il y a quelque chose plutôt que rien, si la tendresse humaine, la malice enfantine ou le regard poétique imprègnent chacune de ses saillies (co-mise en scène d'Isabelle Nanty), c'est aussi par cette grâce qui le fait s'oublier pour se donner entièrement à l'autre, partenaire ou public, et le magnifier. Ainsi la balle revient à l'envoyeur comme un acte désintéressé et c'est la joie dans le jeu. Cet effort sur soi pourrait s'expliquer de manière métaphysique mais Edouard Baer préfère le parti d'en rire pour mieux supporter le manque, l'absence, et célébrer à sa manière l'éphémère beauté de la vie. 

    Crédit photo : Radiant

  • Le découvreur de pépite

    "J'ai appris la vie, l'amitié, la culture, avec des guides généreux. Grâces à elles, grâce à eux, j'ai détaillé. J'ai élargi mon pare-brise. Cela a été comme apprendre mille langues et dialectes, dont le seul but reste de disséquer la beauté du monde."


    JD Beauvallet,Passeur,éditions Braquage,Les Inrockuptibles,Rock indépendant,Madchester,JD Beauvallet, le supplément d'âme des Inrockuptibles ("un magazine élégant, élitiste en bien, refusant l'entre-soi, privilégiant les grands entretiens"), nous livre ses mémoires à la fois linéaires et transversales dans Passeur, parues chez Braquage éditions. On revit avec joie l'époque flamboyante de la Brit pop (Il vécut à Liverpool et Manchester) et plus globalement du rock underground indépendant jusqu'à sa fusion avec les machines, la période "madchester" avec les Happy Mondays par exemple et dont les groupes actuels Radiohead ou LCD soudsystem sont le prolongement.
    Connu et apprécié pour ses longs entretiens dans le magazine originel, très travaillés et introspectifs, il participa avec d'autres collaborateurs de renom (Serge Kagansky, Christian Février, Emmanuel Tellier, Arnaud Vivian...), à stimuler des échanges, rassembler des passionnés, former l'oreille et ouvrir l'esprit à des mondes ou des univers raffinés, précieux, sensibles ou originaux. Cet enfant timide proche de la nature puis passionné de rock (Bowie et Lou Reed comme maîtres d'école) à l'adolescence, dévoua sa vie d'adulte hyperactive et besogneuse (il est aussi DJ à ses heures perdues) à l'aventure d'un magazine presque culte (de 1986 à 2019), ses transformations successives (de mensuel à hebdo puis son rachat par Pigasse) et sa diversification (organisation de concerts, compilation de Cd's, promoteur gastronomique...).
    En filigrane de cet ouvrage très structuré, concis et synthétique, se dessinent les dessous scabreux de l'industrie du disque, la vie d'artiste et ses concessions, la psyché souvent borderline de ces passeurs de sons adulés un temps et parfois victimes de tragiques destins (mort, solitude, échec, oubli...). C'est aussi le témoignage d'un enfant du rock sur le demi-siècle passé, ses enjeux, ses défis, ses excès mais aussi sa formidable mutation ou évolution (du rock au rap) avec une bande son à la fois électrique et éclectique.
    L'auteur, que l'on devine droit dans ses bottes (l'esprit rebelle et incorruptible) esquisse ici une voie pas forcément pure (le rock et son inspiration diabolique ?) mais vraie, dans ses fêlures et ses folies, pour discerner de cœur à cœur des personnalités attachantes, profondes ou inspirantes (Morrissey, Jeff Buckley, Miossec, Daho, Damon Albarn, Björk, Jarvis Cocker, Stone Roses...).
    Touche à tout, artiste et rêveur de sa vie, JD Beauvallet reste un "passeur" discret dont la présence et l'écriture révèle et sublime la beauté des êtres, au-delà de leur apparence sulfureuse.
    On comprend mieux l'esprit Inrockuptibles à la lecture de ces mémoires, en se disant qu'il a essaimé chez beaucoup de "mauvaises graines", ouverture d'esprit, goût de l'autre ou la folie contrôlée.


    "Aujourd'hui, quand je veux être surpris, effrayé, dérouté, je ne me tourne que rarement vers le rock. Je trouve qu'il bave, qu'il radote, qu'il n'élargit plus son cadre : il semble impuissant. Pour le dynamitage des formats dont il était un génial artificier, je me tourne vers les productions du hip hop ou du R'n'B. Je suis passé d'une fascination pour les chansons à une passion pour le son...je reçois désormais souvent la musique par les viscères, les tripes...le hip hop m'a sauvé de l'ennui et de la nostalgie pour ce qu'il reste une matière vivante, évolutive." 

     

  • Du lourd en perspective

    Get-Busy-L-anthologie-de-l-ultime-magazine.jpg

    Bel objet que cette anthologie cartonnée Get Busy publiée aux Editions Marabout, qui vient ressusciter des feuillets mythiques puisque introuvables. Elle retrace les meilleures interviews (dont certaines inédites) sur 30 ans d'activisme, du fanzine originel (période 90-95 - 12 numéros) à l'émission web TV sur Clique TV en cours en passant par le format magazine (7 numéros entre 2001 et 2003) ou la version co-animée avec Joey Starr (Authentik sur 3 numéros avec NTM comme rédac. chef).
    Mais Get Busy c'est surtout l'émergence d'une personnalité, SEAR, hip hop dans l'esprit, qui, à l'inverse des institutions rock de l'époque (Best, Inrocks, Rock'n Folk) voulut rendre compte de façon positive, culottée, érudite, corrosive ou parfois légère, d'une culture alors en pleine expansion.
    Le collectif Get Busy, variable selon les époques, su proposer à ses fidèles et chanceux lecteurs des thématiques autres que la musique  rap (people, sport, société, X), dans un souci de chroniquer une époque , ses personnages mythiques ou emblématiques, ses marottes.
    On y retrouve donc, en sus de personnalités hip hop (Nas, Dee Nasty, Ice Cube, J' Blige, NTM...), des artistes en plein boom (Dieudonné, Chabat, Dupontel, Jamel...), des intouchables (Vergès, Platini, Ardisson...), des légendes du banditisme dans la vie ou à l'écran (Charlie Bauer, André Pousse, Dominique Zardi), des stars du X et du sport (Marvin Hagler, Marc Dorcel, Julia Chanel...), puisque "le X comme le rap ou le banditisme, permet d'analyser la société en creux".
    La pêche aux "gros" poissons (à interroger) reste synonyme d'un mode de vie (do it yourself) où tout devenait possible, par passion et en s'en donnant les moyens, attitude désinvolte qui allait révolutionner les futures interrelations en les décloisonnant ou en se passant d'intermédiaires.
    Sur le fond, l'anthologie regroupe une quarantaine d'entretiens contextualisés et classés par thèmes, plus ou moins longs, agrémentés de goodies sous forme de QR codes (vidéos ou sons). Le ton est détendu (les questions n'étaient pas préparées à l'avance) mais les dossiers sont parfaitement maîtrisés, ce qui permet un certain lâcher prise chez l'interviewé, pour plus d'authenticité. Pratiquées à plusieurs entre potes, les questions fusent et alternent, de générales à pointues, sans oublier de (se) chambrer, la mentale banlieusarde.
    On passe un bon moment, à l'ombre de l'univers de SEAR entres autres (tous ses acolytes sont cités dans les tags) en découvrant ou revisitant les péchés mignons de quelques "b.boys" tournoyant autour d'un mouvement naissant qui trente ans plus tard est plus que jamais présent partout.
    Reste au final un petit goût de nostalgie d'une époque révolue mais dont la liberté d'esprit (libertaire ?) a fait de nombreux émules.