blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Bande dessinée

  • Chavirez !

    Damien, l’empreinte du vent, Vincent , Gérard Janichon, Jérôme Poncet,  Vents d’Ouest,  Isabelle Autissier, Voilier, Tour du monde, La Rochelle, mai 2022Puissance, folie, pureté, amitié. Ces quatre mots peuvent résumer l’aventure de ces marins amateurs devenus maître des océans. À moins que ce soit l’Eau, indomptable, qui ait accepté d’épargner ces minuscules humains. Par jeu ? Par défi ? ou parce qu’elle a senti la force de leur rêve et leur abnégation ? C’est la cuisine, la chambre, le lieu de travail, la terrasse pendant cinq ans : le voilier imaginé par deux camarades de classe. Damien, l’empreinte du vent, dessiné par Vincent et scénarisé par Gérard Janichon, l’un des deux explorateurs aux éditions Vents d’Ouest. C’est à l’âge de 17 ans que naît cette idée insensée de faire le tour du monde avec son copain Jérôme Poncet. La bande dessinée retrace cette odyssée débutée en 1969 qui va devenir légendaire pour des générations de navigateurs et navigatrices après eux. Isabelle Autissier signe d’ailleurs la préface de cet album, presque aussi grandiose que le voyage de Gérard, Jérôme et Damien, leur bateau.

    Vous avez peur de l’orage, le vent vous effraie, l’eau est toujours trop froide et vous êtes casaniers ? Cette bande dessinée est faîte pour vous ! Oui, j’insiste, il est impossible de rester indifférent face à cette vie brute, cette bouffée d’énergie et d’iode, ce souffle romanesque et pourtant réel. Bien sûr vous êtes confortablement installé dans votre canapé pour lire chaque étape de l’aventure mais insidieusement, vous partez avec eux sur les mers du globe. Vous vivez les petits pépins, les grands frissons, les heures perdues, les moments où la vie ne tient qu’à un fil et ceux où vous faîtes la sieste dans un hamac au fin fond de la jungle amazonienne. En effet, les deux marins ne vivent pas uniquement sur leur voilier. Ils rejoignent la terre ferme régulièrement pour réparer, se ravitailler et surtout faire de belles rencontres. Ainsi les couleurs à l’aquarelle de Vincent passent du bleu clair et profond des océans au jaune sable des fleuves et au vert envoûtant des forêts brésiliennes sans oublier la blancheur aveuglante des glaces du Groenland (et aurores boréales incandescentes). Le dessinateur rend palpable une rencontre avec des manchots, la douceur du sable des îles tropicales ou l’effrayante vague qui nous roule dessus. Une odeur d’embrun flotte dans l’air et on attend les gouttes d’eau qui tardent à nous mouiller.

    Raconter ce long voyage sinueux autour de la terre n’est pas simple et il est parfois difficile de suivre nos navigateurs sans les cartes, heureusement disséminées dans le récit. Ainsi, pour ne pas lasser, Gérard Janichon insère, entre deux destinations, la genèse de l’aventure. On découvre les deux marins en herbes, minots, dans une école militaire, lieu de leur rencontre. La vie très stricte tranche avec la liberté qu’ils chériront par la suite. Ce cadre, presque violent, a peut-être fait naître leur soif d’infini. Le scénariste nous montre bien la naissance puis le cheminement de leurs pensées et désirs. Jérôme et Gérard n’ont pas seulement imaginé leur tour du monde, ils ont également créé leur propre moyen de transport : Damien ! Ces 5 ans à sillonner le globe sont si intenses, foisonnants et renversants (dans tous les sens du terme) que le récit peut sembler parfois chargé puis, comme l’océan déchaîné qui s’apaise sans crier gare, il devient en un instant limpide et rafraîchissant.

    Damien, restauré en 2019, est classé monument historique est visible au Musée maritime de la Rochelle ...

    Image : Vent d'Ouest/Glénat

  • De lumineuses origines

    Lumière, le voyage de Svetlana, Lylian, Sanoe, Vents d’Ouest, Carole Trebor, Rageot, siècle des Lumières, Russie, Diderot, fantastique, mai 2022Est-ce le moment de s’enticher d’une bande dessinée qui nous emmène en Russie ? C’est la question qu’on se pose et puis … Et puis ce pays n’est pas Poutine, les russes encore moins.

    Cette histoire se passe en 1774, à l’époque où Catherine II dirige la Russie, pas non plus très tendre me direz-vous ! Justement, ici, la fiction percute la grande Histoire et permet d’en apprendre davantage sur ce pays, mais aussi sur le règne des Lumières en France, on y croise d’ailleurs Diderot et sa fameuse encyclopédie*. Mais revenons à l’héroïne du récit : Svetlana alias Lumière, le voyage de Svetlana de Lylian (scénariste) et Sanoe (dessinatrice et coloriste) publié aux éditions Vent d’Ouest. La bande dessinée est adaptée du captivant et intense roman du même nom de Carole Trebor, paru chez Rageot en 2016 (à découvrir assurément).

    Le quotidien de la jeune fille est plutôt morose. Sa mère est morte, son père brillant astronome parisien n’a plus d’argent et se morfond. Souhaitant exposer les tableaux de sa maman, Svetlana découvre une lettre sur ses parents biologiques russes qui l’ont confiée à des français à l’âge de 3 ans. Une idée va alors germer dans la tête de l’adolescente : partir en Russie sur les traces de sa famille qui semble entourée de mystères. On retrouve l’atmosphère des lumières : le décor, les habits, les jeux d’ombres et de couleurs induits par les bougies (point d’électricité au 18ème siècle). Nous sommes vite plongés dans le passé et happés par l’intrigue. Les rêves de Svetlana, à l’atmosphère bleutée et peuplés d’animaux, nous emmènent par petites touches dans un univers fantastique.

    La vie de l’adolescente se transforme, les couleurs deviennent brunes ou bleues, comme une oscillation entre le monde réel et historique puis le monde imaginaire et magique. Mention spéciale pour le personnage d’Aliocha, sauvage et sensible, sorte de Davy Crockett qui croise le chemin de la belle et ingénieuse princesse des glaces ! Plus encore que dans le roman, Svetlana semble en effet tout droit sortie d’un vieux conte d’Andersen, même si l’histoire n’est pas du tout semblable. Nul doute que les lecteurs et lectrices attendront le tome 2 (suite et fin) avec impatiente qui promet de nous transporter aux confins du mystère et de la Russie d’antan.

    * L’encyclopédie ou Dictionnaire raisonnée des sciences des Arts et des métiers rédigé entre 1747 et 1765 par Diderot (écrivain, philosophe) et D’alembert (mathématicien, physicien).

    Image: Vents d'Ouest

  • L’élection citoyenne

    L’élection présidentielle, les enfants passent à l’action , Lucie Le Moine, Tom Aureille, éditions Milan, Les Docs BD, mars 2022, La politique, citoyens, Greta Thunberg La politique : « des messieurs en costumes-cravates qui se disputent sur des sujets complexes », c’est l’image qu’en ont les enfants, les ados et sûrement quelques (ou beaucoup d') adultes. Difficile de croire que la politique peut changer la vie et encore moins qu’elle concerne tout le monde ! Lucie Le Moine et Tom Aureille prennent le problème à « bras le crayon » pour L’élection présidentielle, les enfants passent à l’action aux éditions Milan (collection : Les Docs BD) et prouvent que le choix des dirigeants a des conséquences sur tous les citoyens, y compris les jeunes. Le fonctionnement d’une élection, les différentes instances démocratiques ou encore le pluralisme politique (de la gauche à l’extrême droite) sont abordés avec pédagogie et concision. Les explications s’insèrent parfaitement dans la bande dessinée et l’histoire de Mei et Jules.

    Les deux enfants ne veulent pas que leur terrain de jeu, un jardin abandonné derrière les immeubles, soit remplacé par un parking. Pour cela, ils vont devoir user de leur pouvoir de citoyen et se frotter aux politiciens. D’ailleurs, il est important de distinguer les candidats d’une élection, qui souhaitent le pouvoir pour diverses raisons et la politique qui peut être exercée par tout le monde. En effet, chacun a son mot à dire et son point de vue sur le fonctionnement de la société. Mei et Jules, comme de nombreux français, font donc de la politique sans le savoir et vont à leur niveau essayer de changer les choses. Un peu comme Greta Thunberg, souvent citée, qui décide, notamment, de faire la grève de l’école pour tenter de sauver la planète.

    En fin d’ouvrage, les auteurs ont eu la bonne idée de rajouter les dates et chiffres essentiels de la constitution de notre démocratie mais également d’expliciter quelques notions importantes : liberté d’expression, abstention, laïcité ou encore discrimination positive et parité. Lucie Le Moine et Tom Aureille illustrent d’ailleurs les deux derniers mots à merveille puisque les personnages qui se présentent aux différentes élections sont de sexes, de couleurs et d’origines divers. Dans la réalité, les candidat.e.s à l’élection présidentielle ont souvent le même profil ou viennent du même milieu. À tous les Mei et Jules de faire bouger les choses après avoir refermé cette BD.

    Image: Édition Milan

  • Dissiper les ombres

    Clara et les ombres, Andrea Fontana, Claudia Petrazzi, Bandes d’ados, Milan, Bayard, Stangers things, Harcèlement, épilepsie, février 2022Sacrées coupes de cheveux ! C’est la première vision qui nous frappe en découvrant la couverture de Clara et les ombres, bande dessinée écrite par Andrea Fontana et dessinée par Claudia Petrazzi dans la collection Bande d’Ados, à l’initiative des éditions Milan et Bayard. À ces « gouffes » s’ajoutent les bouilles carrées, rondes ou triangulaires des personnages principaux sans oublier leur dégaine singulière. Comme une envie de sympathiser tout de suite avec ces ados à la marge des années 80-90.

    Et puis, dès les premières planches, on fait connaissance avec le papa de Clara, dans le genre bûcheron canadien option gentil nounours. En vrai ils sont américains et le duo vient de déménager de New York au fin fond d’un bled paumé des États-Unis. La mère a quitté le navire et Clara souffre depuis l’enfance d’épilepsie. Ses crises sont représentées par des ombres qui s’emparent d’elle comme dans un cauchemar éveillé. Le récit, sombre, teinté de colère, va tendre au fil de l’album vers la lumière et une certaine rédemption.

    Clara, nouvelle au collège, y est victime de harcèlement, tandis que la ville de Brattleboro fait face à des disparitions inquiétantes. On explore le quotidien des habitants avec l’adolescente qui cherche ses repères et en vient à côtoyer une bande d’élèves touchants, aussi désarmants et désarmés qu’elle : les personnages de la couverture. Le dessin de Claudia Petrazzi dépeint l’univers inquiétant dans lequel évoluent ces jeunes gens, les angoisses de Clara mais aussi les moments colorés et joyeux où les ados sont réunis. Andrea Fontana retranscrit merveilleusement les affres de l’adolescence entre profond désespoir et énergie euphorisante soudaine. L’intrigue et l’atmosphère semblent un écho à la série Strangers things très suivie par les collégiens et lycéens. Certains personnages ont d’ailleurs quelques similitudes amusantes.

    Gageons que Clara et les ombres plaira aux jeunes. La thématique du harcèlement est traitée sous un angle plus proche de la réalité, moins manichéen, où chacun peut être harcelé puis harceleur ou l’inverse. Quant à une héroïne qui souffre d’épilepsie, c’est assez rare dans la galaxie « Bande dessinée » et mérite d’être salué. Une manière subtile de parler de handicap ou de différence sans en faire le sujet principal et en s’adressant à tous les (éternels) adolescents dès 11 ans.

    Image: Bayard édition

  • Les bourrins de la Terre

    Les Bourrinologues,  Bande d’Ados, éditions Milan, Lucie Castel, Nicole Augereau, Grégory Jarry, Géo Ado, pollution, collapsologie, stage de 3ème, janvier 2022« L’époque dans laquelle nous vivons est extraordinaire ! », « On assiste à la destruction de l’ensemble du vivant », « Et c’est à l’humanité qu’on le doit ! C’est pas génial ? »

    Lasse de dénoncer les scandales écologiques, la pollution, l’inaction humaine ? Lucie Castel, Nicole Augereau et Grégory Jarry prennent le contre-pied avec Les Bourrinologues dans la nouvelle collection Bande d’Ados aux éditions Milan et Bayard. Les épisodes ont d’abord été publiés dans le magazine Géo Ado. Dans chaque mission, il est en effet question de se rendre quelque part sur la planète pour montrer le triomphe de l’humain sur la nature ou plutôt des grandes entreprises ou États sur le reste des êtres vivants, homo-sapiens compris. En s’appelant Donald, on pourrait applaudir face aux bulldozers et autres machines infernales inventés par des êtres fascinants d’ingéniosité et de rapacité (quoi qu’un rapace ne tue que ce qu’il mange).

    Les auteurs se mettent en scène dans la bande dessinée sous les noms de Grégory Bour, Nickye Rino et Lucie Logue. Ces trois Bourrinologues reporters se délectent de la suprématie humaine qui va d’ailleurs souvent de paire avec une certaine « supériorité occidentale » ou du « monde moderne » sur le reste des populations de notre planète. C’est à la fois cynique, effrayant et drôle. Les stagiaires de 3ème, qui changent à chaque nouvel épisode apportent réconfort et espoir puisque la plupart sont scandalisés par les découvertes à l’opposé de la fierté de la rédac’ de la Bourrinologie (« l’étude de l’effondrement du vivant »). Malheureusement, ils ne s’en sortent pas toujours mais c’est le prix à payer pour comprendre l’envers du décor !

    Indignez-vous disait Stéphane Hessel, il y a de quoi avec l’étendue des actions humaines plus néfastes les unes que les autres : assèchement des mers pour implanter une agriculture intensive, enfouissement des plastiques et rejets de produits polluants dans l’océan, destruction des forêts tropicales et des peuples qui y vivent sans parler de la place d’internet qui fonctionne avec l’équivalent de 200 réacteurs nucléaires (enfin pour l’instant). Visiblement, l’indignation ne suffit pas, les bourrinologues sont donc passés mettre dans l’art de célébrer : « les déchets, l’avenir de la planète », « place à une belle forêt de palmiers à huile bien rangés », «les bateaux-usines prennent à eux seuls 50 % de la pèche mondiale, un bel exploit ».

    Avec Les Bourrinologues, les rencontres sont toujours instructives comme avec Léonid Brejnev, dirigeant de l’URSS dans les années 60, Larry Page, cofondateur de Google ou Taib Mahmoud, premier ministre de la Malaisie. De plus, les auteurs mélangent traits de crayons et photos qui permettent de voir les conséquences de l’activité humaine de plus près, du septième continent de plastique aux immenses champs produits en plein désert en passant par les régions où l’on extrait des terres rares. Une bande dessinée édifiante et indispensable à tous les futurs stagiaires de 3èmes !

    « Pour faire un stage de 3e vachement plus fun que dans le cabinet comptable de votre mère, contactez-nous ! »

    Image:  éditions Milan

  • Neptune, cycle robotique

    Neptune, Les mondes d’Aldébaran, Léo, Dargaud, Aldébaran, Bételgeuse, Antarès, Survivants, Retour sur Aldébaran, Tsaltérians, extraterestres, épopée stellaire, 2022L’univers est-il peuplé d’autres créatures, d’autres humanoïdes ou espèces intelligentes ? Pour le moment nous n’en savons rien mais dans Les mondes d’Aldébaran de Léo (alias Luis Eduardo de Oliveira) publié chez Dargaud, c’est une certitude. Les humains n’en sont plus à coloniser des territoires mais carrément des planètes. Le premier tome du 1er cycle Aldébaran (5 albums), sorti en 1994 débute d’ailleurs bien loin de la Terre sur une planète dont les communications avec la grande bleue sont coupées depuis un siècle. C’est à dire bien avant la naissance de Kim Keller. En 2179, l’adolescente va faire la connaissance de la Mantrisse, un animal intelligent vivant dans les profondeurs de l’océan et ressemblant à une baleine. Kim deviendra l’héroïne des cycles suivants avec Bételgeuse (5 albums) et Antarès (6 albums). En parallèle nous découvrons Manon Servoz, terrienne qui a échoué dans un coin inconnu d'un système solaire au sein de Survivants (5 albums). Elles se rencontreront dans le cycle suivant suivant Retour sur Aldébaran (3 albums).

    Aujourd’hui Léo sort l’épisode un du nouveau cycle Neptune, toujours chez Dargaud. En 2203, Kim et Manon vont à nouveau faire équipe avec l’aide de leurs amis Tsaltérians (extraterrestres) pour une nouvelle mission dangereuse quelque part dans l’univers. On retrouve également Marc et Alex, fidèles des aventures de ces filles intrépides et difficiles à suivre. Comme à chaque fois, les mystères sont nombreux, les découvertes plus surprenantes les unes que les autres et le suspens toujours à son comble. La bande dessinée se lit d’une traite et on a toujours envie de replonger dans les cycles d’avant en attendant le prochain ou pour se remémorer tous les détails foisonnants de cette épopée stellaire.

    Le dessin très réaliste rend totalement crédible les étranges créatures croisées dans les différents tomes, de la plus mignonne à la plus repoussante. Il en est de même pour les extraterrestres, dont la ressemblance avec nous est troublante. On découvre d’ailleurs petit à petit pourquoi. Dans Neptune, il est moins question d’humanoïdes que de robots. Ils semblent prendre le contrôle des corps et des vaisseaux. Pendant ce temps-là Manon vient de finir sa formation sur Terre pour devenir agent spécial de l’O.N.U. Quant à Kim, elle revient sur Bételgeuse pour retrouver une ancienne connaissance. Le danger n’est jamais loin et les deux héroïnes devrons y faire face mais inutile d’en dire plus puisqu’il est temps que vous le lisiez. Et si vous n’aviez jamais entendu parler des Mondes d’Aldébaran, ne nous lamentez pas, c’est la bonne résolution de 2022 : les découvrir !

    Image: Dargaud

  • Ultime Guerre(ière)

    Bergères guerrières, L’abîme, Jonathan Garnier, Amélie Fléchais, éditions Glénat, épopée féministe,  janvier 2022«- Mais bien sûr qu’il fallait ! On ne rigole pas avec l’hospitalité, ici. Si vous avez encore faim, venez me voir ! - Ils sont chic dans ce village. - Peuh ! »

    Molly et Liam arrivent enfin au bout de leur voyage dans l’ultime épisode (n°4) des Bergères Guerrières : L’abîme de Jonathan Garnier et Amélie Fléchais aux éditions Glénat. Il est temps pour eux et les habitants du village qui les accompagnent de trouver des réponses à leurs questions, de découvrir les détails de cette guerre qui a ravagé la nature, les villes et les hommes. Cette quête s’achève sur les Terres Mortes à la rencontre de personnages plus complexes qui enrichissent et éclairent le récit. Le mal qui les rongent n’est en effet jamais loin.

    « Tu veux que Sarah se retrouve enfermée dans une cage pendant qu’on va en Terres Mortes ? On n’en parle à personne, c’est plus sûr. »

    Ce dernier tome est d’ailleurs globalement plus sombre que les précédents et l’insouciance des enfants au début de la série a laissé place à la rudesse de leur tâche et l’amertume devant les erreurs et dégâts causés par les humains, les bêtes, la maladie. Les couleurs semblent également plus sombres, pourtant rougeoyantes et toujours aussi sublimes. De même, les personnages de Bergères Guerrières sont à croquer. Pourtant, la bande dessinée fait écho aux ravages causés par la folie humaine sur la planète. Une manière d’éveiller les consciences des enfants lecteurs et lectrices devenus, au fil des épisodes, des adolescents.

    « Pourquoi il a fallu qu’ils jouent avec la nature ? Et pourquoi c’est à moi de devoir arrêter le fléau qu’ils ont créé ? »

    Un album qui réconcilie aussi les générations puisqu’on y retrouve l’importance de la transmission mais aussi les doutes ou les incompréhensions qui se lèvent à l’aune des révélations et du temps qui passe. Les valeurs de l’accueil, de l’engagement, de sa place dans la société mais aussi le lieu où on est né, où l’on a grandit et où l’on veut vivre, sont abordés en filigrane du récit d’aventure. Nous sommes tristes de quitter Molly, Liam, Sarah et tous les autres mais rassérénés et fiers du parcours des fameuses Bergères Guerrières !

    Image: Glénat éditions