L'auteur Jean-Philippe de Tonnac a vu sa vie et ses projets bouleversés lors de l'annonce à l'été 2023 de sa maladie de Charcot. En Quête du Miracle - l'âme et le corps face à la mort, publié chez Albin Michel, relate de sa nouvelle vie, mélange de voyages thérapeutiques, séjours hospitaliers, excursions spirituelles ou religieuses (depuis sa rencontre avec le moine Charbel) et bien sûr actes bienveillants du quotidien (les chats, les amis, les rencontres fortuites...). Bien loin de se laisser abattre par la (mauvaise) nouvelle, il met toutes les chances de son côté pour prolonger son espérance de vie, par la foi, le régime alimentaire, les avancées et expérimentations médicales ou encore l'exploration de sa psyché s'entendant au corps tout entier (plantes maîtresses ou enthéogènes, guérisseurs à mains nues, thérapies holistiques...).
Son corps le lâche un peu plus chaque jour néanmoins, le rendant lourd et dépendant, à l'opposé de son âme qui s'allège par la connaissance ou l'entourage aimant/aidant.
Ce livre est avant tout celui d'un résistant et d'un amoureux de la vie, sonné mais pas k.o et qui est conscient qu'en "partageant l'intime réduit, dans l'épreuve terminale, à sa plus simple nudité, (cela) acquiert valeur universelle (p 151)".
On sort galvanisé par ce témoignage résolument tourné vers la vie, la mansuétude et la gratitude (sa femme Renata la première). Le voyage est total, dépaysant et sidérant de pistes explorées. Le miracle (retrouver ses facultés motrices) n'a pas (encore) eu lieu mais le Vivant, lui, ne meurt pas et traverse déjà l'ouvrage de toute part, rien qu'en termes de synchronicités ou de cœurs qui s'ouvrent sur ce chemin de libération du moi.
Amour
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L'énergie des espoirs
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Une vie donnée
À le regarder, tout était tellement plus simple. Dans son clair regard de vieillard, il me semble avoir entrevu quelque chose de cette vie éternelle que le jeune homme riche cherchait avec tant d'avidité (p.68).
Dans Réussir à Vivre paru aux éditions du Cerf, Adrien Candiard prend le contre-pied de "réussir sa vie", dans une résonance évangélique.
Vouloir son propre accomplissement ne souffre en effet souvent pas d'imprévu ou d'obstacles (je n'ai pas le temps de ou pour, parmi tant d'exemples), alors que ne pas vivre pour soi permet de supporter épreuves et contraintes, en offrant sa vie à l'Autre en soi, le "Tu" christique, présent aussi parfois en l'autre, extérieur à moi. Un dialogue fécond exempt de solitude éclot alors, une sorte de soliloque dont le fruit est un don : ici une parole, là un acte conscient ou encore une présence pacifiante.
Adrien Candiard, dominicain au couvent du Caire, prend appui sur le prophète Aggée et la réponse de Jésus au riche prétendant à la vie éternelle, pour broder sa réflexion et l'acheminer vers un cœur libre de posséder et donc d'aimer toute la création.
Un petit essai précis, concis, inspiré et inspirant pour confondre les parvenus par la profondeur de vue et redonner un sens noble et sacré à la vie : honorer le Vivant ! -
Un exemple probant
Dès lors que vous êtes conscient que vous pensez, vous êtes dans la méditation. Progressivement, le contenu de vos pensées perdra en intensité. Vos jugements prendront moins de place. Vous vous ouvrirez à un espace si vaste qu'on ne peut le décrire. Cet espace, c'est la conscience qui est prête à se laisser explorer (p.131).
Arnaud Riou publie chez Guy Trédaniel un nouveau livre sur la méditation : Marche ta Parole - Aligner ses valeurs à l'action.
Partant du constat que 80 000 pensées quotidiennes nous traversent, l'auteur propose 108 méditations pacifiantes, glanées sur 35 années de pratique auprès de maîtres spirituels, lamas, yogis ou chamans. Avec une préface de Dagda Ding Gung Rinpoché, part belle revient au bouddhisme tibétain, mais ici un chat, là un Don Corléone ou encore un simple pissenlit, sauront nous guider aussi. Arnaud Riou nous livre des techniques respiratoires, cycliques, visuellement créatives...toutes approuvées et éprouvées, afin de calmer son mental fou et découvrir la nature véritable de l'Esprit, qui est telle "un diamant brut" ou "une fleur de lotus". Une fois la posture intégrée, reste la foi en l'invisible pour irriguer ce monde de beauté, de bonté, de conscience lumineuse, afin de se parfaire en terme de "congruence" ou de "souveraineté". Avec la pratique assidue vient le détachement, du caractère illusoire des pensées et de leur branche émotionnelle regroupant les 5 poisons fondamentaux : "désir, peur, orgueil, doute et haine".
Hyperactif, à la fois auteur (c'est son 22ème livre), enseignant, fondateur de deux écoles (la Voie de l'ACTE et l'Ecole du chamanisme unifié) et Président associatif (Terre Anima), Arnaud Riou gère et Fédère une multitude, "avec beaucoup de douceur et d'amour dans son regard pour chacun et pour soi", fruits d'une ascèse avec vision, soutenue et variée.
C'est le propre de ce livre de trouver la méditation la mieux adaptée à l'humeur du quotidien.Lien permanent Catégories : Amour, Chamanisme, Livre, méditation, société, Spiritualité, Voyage 0 commentaire -
Positive vibration

C'est le cœur qui résonna hier au théâtre antique de Fourvière pour une version symphonique du répertoire de Camille. L'ONL dirigé par Dylan Corlay apporta profondeur, grâce, légèreté ou gravité au fil des reprises (le sixième album "the sound of milk" sort en septembre, après la récompensée BO d'Emilia Perez) sur 20 ans de création.
Des moments suspendus, notamment pour ses trois nouveaux titres, de danse-transe parfois, de refrains repris en chœur par un public conquis, de joie toujours pour celle dont le corps est instrument et le souffle note. Accompagnée par ses proches - Clément Ducol au piano-chœur, qui signe aussi les arrangements classiques et Martin Gamet à la basse-batterie - et son merveilleux quatuor de choristes - Lucile Chriqui,
Christelle Lassort, Gisela Razanajatovo et Andres Guevara - Camille donne libre cours à sa folle fantaisie tout en portant haut et fort la note juste. Avec ses deux enfants, ce cadeau de Clément Ducol, son compagnon de vie, constitue selon elle un climax et sous un climat tropical, l'instant s'est transformé en paradis, soit "l'amour sur terre" (une parole de "la terre").
L'artiste, au final, poussa le luxe d'inviter un couple ami fraîchement marié sur scène, pour mieux le célébrer en chantant. Un concert qui fit énormément de bien commun, un répit maternel pour la planète qui en ce moment en avait bien besoin. -
Notre devoir d'être
Dans l'amour inconscient, on aura tendance à aimer pour être aimé en retour, ce qui va évidemment faire que très souvent, on est concentré sur le fait de savoir si on est aimé ou pas, donc concentré sur notre peur de ne pas l'être ou de manquer d'amour. Alors l'amour que l'on voudrait donner deviendra conditionnel (p.159).
Sébastien Cazaudehore revient à compte d'auteur avec l'Inconscience de l'amour.
Cet explorateur de la conscience, rodé à des années de chamanisme en Équateur, décortique longuement dans cet essai ce que l'amour n'est pas : ces "raccourcis inconscients" hérités de notre enfance ou transgénérationnels, dont le terreau est globalement la peur de ne pas être assez aimable. Notre inconscient profond nous fait rencontrer des "hameçons" (les relations conflictuelles) pour grandir et conscientiser nos processus et traumas répétitifs, avant d'élargir et d'éclaircir notre vision pour être prêt à éventuellement rencontrer l'âme sœur-frère et/ou l'Amour inconditionnel.
Sebastien Cazaudehore est pragmatique. Son étude précédente sur la plasticité du cerveau donne ici des limites, sans nécessaire reprogrammation ou vision libératrice.
L'auteur oppose aussi individus (dont une des tâches est de conscientiser ces schémas sous-jacents pour s'en libérer) et "gens", dont la dilution collective amène peur et ignorance, oubli de soi.
Avec un ton mature (dénué d'illusions), de l'humour et des cas pratiques, il fait preuve de réalisme, de clarté et de discernement sur le jardin d'enfants qu'est le monde.
Il évoque également cet Amour divin presque inaccessible en une vie mais pas impossible, par bribes en tout cas. Mais ce qu'on appelle le hasard n'obéit-il pas finalement à un Plan divin (c'est notre hypothèse)?
"Aime tout, car tout est de Dieu" ou "quand tu aimes toute la Création alors c'est LUI en toi" : ces phrases d'enseignement tirées des Dialogues avec l'Ange rappellent également la grandeur de certains tâches, pourvu qu'on ait la foi, afin que l'Oeil opère et voit, que mains et cœur soient Siens (le Nouveau), en court-circuitant le mental qui n'est qu'empreinte de "l'ancien". -
Un engagement qui fait écho

Feu Chatterton est un grand groupe, solide, uni et généreux. En tête d'affiche pour la dernière date du festival Paroles et Musiques avec les locaux Terrenoire et la jeune Dinaa, ils ont mis le feu au Zénith de Saint-Etienne.
Fraîche et engagée, Dinaa a bien lancé la soirée avec sa pop simple et décomplexée, à découvrir, avant les deux poids lourds de la soirée, qui firent monter la température du Zenith.
Six mois après son concert au Fil, Terrenoire revenait dans le chaudron stéphanois avec les frères Herrerias toujours aussi enthousiastes, après la tournée sobre et éthique Protegé.e, et entourés d'une belle équipe dont le talentueux Marc-Antoine Perrio à la guitare et basse. Le show a gagné en maturité et dégage une force tranquille avec toujours ce travail magnifique sur les harmonies vocales, seul (Théo) ou à deux (avec Raphaël). Le show est carré, engagé et dansant. Attachant comme celui de Feu Chatterton, sensiblement de la même génération.
La part belle au dernier album Labyrinthe, dans ce dernier set festivalier, avec le très beau et mélodieux Ce qu'on Devient, le monumental et cristallin Sous la Pyramide ou le lourd péchu électro Le Labyrinthe. Les hits furent aussi de la partie avec Allons voir, la Malinche, Mille Vagues, Nouveau Monde ou encore l'Affiche Rouge de Louis Aragon, d'actualité récente. Le concert fut un mix entre moment suspendus, forts en émotions et morceaux transe ; entre son massif et versions plus acoustiques, avec toujours cette voix décalée et subtilement incarnée d'Arthur Teboul, également auteur. Le groupe a cette capacité à arrêter le temps et nous offrir des instants de grâce parce qu'il donne et se donne beaucoup mais aussi en proposant un univers en phase avec l'époque, avec des thématiques et des mots qui résonnent profondément en soi. Ils sont vrais, tout simplement, authentiques en émotions et engagement...ligne directrice de cette soirée de clôture. -
Le plein...de bons conseils
La maladie, c'est d'abord et avant tout celle de ne pas aimer.
La guérison, c'est d'abord et avant tout le mouvement de l'accueil. Plaçons donc l'intention de la compassion au centre de notre quotidien. Là réside la transition essentielle, hors de laquelle rien de durable ne se fera (p.115).Pour bien apprendre, il faut se sentir aimé. Et pour bien enseigner, il faut aimer : aimer ce que l'on enseigne et ceux à qui l'on enseigne. Alors, il ne reste que la transmission de l'amour, autant dire de la vie (p.96).
Avec Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure, paru au Relié poche, Gilles Farcet dénonce des postures inappropriées, et valide celles opportunes à la vie en société, en citant Kabir et Henry Thoreau.
Sur une trentaine de courts articles initialement parus dans la revue Kaizen, relus et modifiés, il révolutionne le Jardin intérieur, fruit d'une vie de pratique spirituelle à l'école des sages.
Ouverture du cœur, tri de ses pensées mécaniques, activités énergivores, aveuglement émotionnel, éco-responsabilité du passant...autant de termes propres au champ lexical de l'écologie dont le pendant et le rhizome est ici propre à l'univers personnel, ses lois, ses sous personnages, ses humeurs ou ses opinions.
Quel rapport entretenons-nous avec l'actualité ? Auprès de qui nous informons-nous (par extension nous nourrissons-nous) ? Quelle est notre dépendance aux écrans, au confort, au tourisme ? Quelles sont nos priorités au quotidien ? Sommes-nous si différents de la masse ?...Le livre soulève beaucoup de questionnements qu'on remercie l'auteur d'avoir posé. Insidieusement l'éveil apparaît comme une pratique de l'instant, pour influer le moins possible sur le désordre extérieur (dont l'équilibre est fragile) car être passant c'est aussi traverser le monde en y causant le moins de remous possibles, donc de pollution interne/externe.
A l'image du colibri cher à Pierre Rabhi, Gilles Farcet "fait sa part", dans son village natal, entretenant et chérissant ses liens avec les locaux et ceux qui acceptent de se transformer à son contact (la sangha qu'il a constitué), dans un souci d'écologie intérieure. Un chemin simple, humble mais exigeant pour semer les graines du monde de demain. Un objet éclairant, un sujet éclairé.Lien permanent Catégories : Amour, Cuisine, Ecologie, Livre, méditation, société, Spiritualité, Voie non duelle 0 commentaire