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Amour

  • Un engagement qui fait écho

    Feu Chatterton,Terrenoire,Dinaa,festival Paroles et musiques,Zénith de Saint-Etienne,Marc-ANtoine Perrio,Arthur teboul,Protégé.e,Labyrinthe,Maison vide,Saint-Etienne,Mai 2026

    Feu Chatterton est un grand groupe, solide, uni et généreux. En tête d'affiche pour la dernière date du festival Paroles et Musiques avec les locaux Terrenoire et la jeune Dinaa, ils ont mis le feu au Zénith de Saint-Etienne.
    Fraîche et engagée, Dinaa a bien lancé la soirée avec sa pop simple et décomplexée, à découvrir, avant les deux poids lourds de la soirée, qui firent monter la température du Zenith.
    Six mois après son concert au Fil, Terrenoire revenait dans le chaudron stéphanois avec les frères Herrerias toujours aussi enthousiastes, après la tournée sobre et éthique Protegé.e, et entourés d'une belle équipe dont le talentueux Marc-Antoine Perrio à la guitare et basse. Le show a gagné en maturité et dégage une force tranquille avec toujours ce travail magnifique sur les harmonies vocales, seul (Théo) ou à deux (avec Raphaël). Le show est carré, engagé et dansant. Attachant comme celui de Feu Chatterton, sensiblement de la même génération.
    La part belle au dernier album Labyrinthe, dans ce dernier set festivalier, avec le très beau et mélodieux Ce qu'on Devient, le monumental et cristallin Sous la Pyramide ou le lourd péchu électro Le Labyrinthe. Les hits furent aussi de la partie avec Allons voir, la Malinche, Mille Vagues, Nouveau Monde ou encore l'Affiche Rouge de Louis Aragon, d'actualité récente. Le concert fut un mix entre moment suspendus, forts en émotions et morceaux transe ; entre son  massif et versions plus acoustiques, avec toujours cette voix décalée et subtilement incarnée d'Arthur Teboul, également auteur. Le groupe a cette capacité à arrêter le temps et nous offrir des instants de grâce parce qu'il donne et se donne beaucoup mais aussi en proposant un univers en phase avec l'époque, avec des thématiques et des mots qui résonnent profondément en soi. Ils sont vrais, tout simplement, authentiques en émotions et engagement...ligne directrice de cette soirée de clôture. 

     

  • Le plein...de bons conseils

    La maladie, c'est d'abord et avant tout celle de ne pas aimer.
    La guérison, c'est d'abord et avant tout le mouvement de l'accueil. Plaçons donc l'intention de la compassion au centre de notre quotidien. Là réside la transition essentielle, hors de laquelle rien de durable ne se fera (p.115).

    Pour bien apprendre, il faut se sentir aimé. Et pour bien enseigner, il faut aimer : aimer ce que l'on enseigne et ceux à qui l'on enseigne. Alors, il ne reste que la transmission de l'amour, autant dire de la vie (p.96).

     

    Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure,Gilles Farcet,éditions le Relié poche,Kabir,Henry Thoreau,revue Kaizen,Pierre Rabhi,Sangha,Avec Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure, paru au Relié poche, Gilles Farcet dénonce des postures inappropriées, et valide celles opportunes à la vie en société, en citant Kabir et Henry Thoreau.
    Sur une trentaine de courts articles initialement parus dans la revue Kaizen, relus et modifiés, il révolutionne le Jardin intérieur, fruit d'une vie de pratique spirituelle à l'école des sages.
    Ouverture du cœur, tri de ses pensées mécaniques, activités énergivores, aveuglement émotionnel, éco-responsabilité du passant...autant de termes propres au champ lexical de l'écologie dont le pendant et le rhizome est ici propre à l'univers personnel, ses lois, ses sous personnages, ses humeurs ou ses opinions.
    Quel rapport entretenons-nous avec l'actualité ? Auprès de qui nous informons-nous (par extension nous nourrissons-nous) ? Quelle est notre dépendance aux écrans, au confort, au tourisme ? Quelles sont nos priorités au quotidien ? Sommes-nous si différents de la masse ?...Le livre soulève beaucoup de questionnements qu'on remercie l'auteur d'avoir posé. Insidieusement l'éveil apparaît comme une pratique de l'instant, pour influer le moins possible sur le désordre extérieur (dont l'équilibre est fragile)  car être passant c'est aussi traverser le monde en y causant le moins de remous possibles, donc de pollution interne/externe.
    A l'image du colibri cher à Pierre Rabhi, Gilles Farcet "fait sa part", dans son village natal, entretenant et chérissant  ses liens avec les locaux et ceux qui acceptent de se transformer à son contact (la sangha qu'il a constitué), dans un souci d'écologie intérieure. Un chemin simple, humble mais exigeant pour semer les graines du monde de demain. Un objet éclairant, un sujet éclairé.

  • La plaie du Vivant

    L'écran s'est glissé entre nos corps et le monde et l'empathie se meurt. L'intuition aussi. Les conditions pour soumettre l'esprit sont réunies. Devenir un résistant aujourd'hui, c'est retrouver le chemin de l'empathie...par la douleur...qui nous relie (p.183)

     

    duboc.jpegGislaine Duboc sort son troisième livre chez Véga Éditions "Laisse la Vie entrer dans ta vie", plutôt centré sur l'avènement de l'I.A, des réseaux sociaux, des écrans et de leurs dangers.
    Les membres de sa famille et de son cercle d'amis défilent, et se confient ; un dialogue se construit, ainsi qu'une méthode de vision-investigation, menant à un dénouement, une meilleure compréhension de la problématique et de sa solution.
    A l'heure des élus de la "tech" qu'elle nomme les "handicapés du sensible", qui font basculer le monde et les nouvelles générations dans un rêve de l'esprit, un univers connecté, Gislaine Duboc veut encore croire à la reliance terrestre (la nature, le cercle restreint, les rencontres) et céleste (les disparus, les esprits bienveillants...). Chamane dans l'âme, elle démontre comment l'inspiration advient, à partir du corps et d'un cœur empathique, éveillé, vibrant, intuitif. 
    Jamais avare d'un conte initiatique, cette sagesse incarnée titille les consciences par des appâts de mots imbriqués, visionnés, inspirés.
    Véritable star des réseaux avec ses courtes vidéos en pleine nature, sur des sujets d'actualité, elle pressent comme beaucoup le danger d'une technologie aliénante et tueuse de sensations, captivant l'attention de ses adeptes, avec un nouveau Dieu omniscient, porteur d'une vérité indubitable (google ? Chat GPT ?).
    L'espoir domine l'ouvrage, avec la Vie qui sourd à l'intérieur et alentour, contrecarrant les plans les plus diaboliques et qui resserre les liens plutôt qu'elle ne les distant. Reste aussi cette foi en un Créateur bienveillant et Miséricordieux, qui saura in fine faire le tri entre le bon grain et l'ivraie, pour qu'advienne un monde véritablement nouveau, relié plutôt que connecté, outil plutôt que maître, à l'image du mental.

  • La vague des émotions

    Quand viendra la vague, Julien Thonnat, Anastasia James, Compagnie Les errances enchantées, Théâtre de l'Uchronie, mai 2026, Alice Zeniter

    Quand viendra la vague est une pièce écrite par Alice Zeniter et qui se jouait au Théâtre de l'Uchronie avec Anastasia James (également metteuse en scène) et Julien Thonnat, de la compagnie Les Errances Enchantées.


    Un couple vivant sur une île pour minorer la catastrophe d'une vague meurtrière, procède à toute sorte de jeux pour décider qui sauver. L'île, le couple ultime, le jugement dernier, la vague, l'arche de Noé...autant de références assumées à un scénario eschatologique où deux humains président à la destinée de l'humanité avec humour, fantaisie, jalousie ou approfondissement de leurs sentiments amoureux.


    Rythme et profusion de rôles, scénographie onirique (le rocher, les costumes...), conscience écologique : c'est l'humanité qui se révèle à mesure de la montée de la vague, après que la tempête émotionnelle soit passée.


    Intensité du jeu, cas de conscience et sentiment d'urgence ponctuent cette pièce jusqu'à un final déroutant.
    Rencontre avec les deux protagonistes à l'issue de la représentation :


    podcast

  • Sur la terre comme au ciel

    "Faire la volonté de Dieu, c'est faire entrer en moi Jésus et Sa joie divine. C'est être Sa consolation. C'est mettre en moi Sa Présence, sa Présence irradiante" (p.257).


    Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit,Joel Guibert,éditions Artege,sainte Thérèse,béatification,mystique,sainte,Avril 2026Avec Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), les éditions Artège signent un nouvel essai du père Joël Guibert, dans une visée de béatification.
    Il faut dire que sa vie entière, ses écrits, ses dons (bilocation, sanctification d'hosties souillées...), ses inter-actions (le réconfort de sœurs, le rachat d'âmes) et sa renommée mondiale, la font entrer dans un modèle de sainte catholique, au même titre que la petite Thérèse, qui fut son modèle.
    Tentée et adepte de souffrances ("mon Amour me fait aimer la souffrance pour m'unir à mon Bien-Aimé" - p.255), elle réfute le dolorisme pour évoquer la sagesse de la Croix "dont la Joie profonde est le fruit (p.237)".
    Confiante dans le plan de Dieu, elle apprend à s'en remettre à Sa volonté en laissant Jésus œuvrer à travers son cœur, ses yeux et ses mains, pour devenir outil de Miséricorde.
    Livre informatif mais aussi de portée évangélique, Joël Guibert nous remémore la spécificité toute chrétienne, une vie "à partir de Dieu", dans  une relation "vivante et vivifiante" éprouvée dans les actes (une pulsation, une vibration, une joie qui demeure...), les pensées (le discernement) et les prières du quotidien.
    Plus globalement et c'est encore le cas ici avec Yvonne-Aimée de Malestroit, les mystiques sont des aiguilleurs de l'être qui incarnent la quintessence de l'enseignement christique. Ils sont le rappel d'une praxis ésotérique incandescente qui perdure malgré l'essoufflement des institutions. Ils sont le soufflet sur les braises !

  • Un regain de vie

    Il n'y avait certes rien a voir, mais à ce qui chante au-dedans, on devine dans cette insolite visitation, la passe ombrée du Déliant (p.57)

    Il arrive qu'ils le prennent pour un illuminé, mais Lui ne fait qu'habiter son humanité (p.71)

     

    Francine Carillot,l'ombre du Déliant,labor et Fides éditions,Jésus,Francine Carillot, théologienne et guide spirituelle, publie l'Ombre du Déliant chez Labor et Fides.
    Le titre, poétique et symbolique à souhait est en soi tout un monde, en l'occurrence dans ce court essai, celui des résurrections (Lazare, Jésus, la femme lapidée) et des dépassements de soi.
    Le Déliant c'est bien évidemment le Christ, furtif, qui transforme les vies bloquées, par une présence, un silence, une parole. Sa visitation, actuelle ou au temps de l'Évangile, dénoue les nœuds existentiels ou émotionnels, pour remettre dans l'axe de la vie et voir les choses autrement, en profondeur de conscience.
    Épouser son ombre est ce à quoi Francine Carillot appelle, à toute étape de la vie mais sans doute plus à l'âge de la sagesse, pour avancer en humanité et dépasser le jugement hâtif, la parole sentencieuse, la vindicte maladroite, sur soi ou autrui. Cette étape de l’œuvre alchimique chère au psychanalyste protestant C.G. Jung permet d'unifier les contraires et de comprendre que le mal n'est que le bien en transformation, non encore advenu.
    Un petit recueil de haute facture littéraire, où chaque mot est pesé et posé délicatement sur le papier, d'inspiration évangélique, pour contribuer à relier les zones éparses et parfois contradictoires de la psyché en un tout qui fait sens.

  • Une révélation ésotérique

    Le Silence  est la demeure de la Parole rayonnante dans laquelle brûle l'Amour (p.328, entretien 55)


    DIalogues avec l'Ange,Flammarion,Gitta Mallasz,Elena Hinshaw Fischli,Dominique Raoul-Duval,Hanna Dallos,Lily Strausz,Joseph Kreutzer,Apocalypse,révélation chrétienne,Messie,Jésus,Hongrie,1943,élus,Co-naissance,tâche,Mars 2026Les Dialogues avec l'Ange paraissent dans leur version définitive chez Flammarion, avec une soixantaine de pages en plus, augmentés de "Aube" (initialement paru en 1981 en Allemagne, il s'agit de messages à destination d'un ami de G. Mallasz par l'ange dénommé Morgen), de deux dialogues supplémentaires, d'ajouts textuels et de schémas ici ou là ainsi que deux nouvelles préfaces par Elena Hinshaw Fischli.
    Document ovni, à la fois histoire vraie, tragique en un sens, et enseignement d'inspiration chrétienne, les Dialogues ont touchés des millions de personnes dans leurs multiples traductions à travers le monde.
    Cette nouvelle édition française s'aligne sur celle de l'Allemagne et de l'Angleterre, qui n'avaient pas été coupées avant impression.
    Quatre amis (dont Gitta Mallasz, le scripte et seule survivante non juive) passionnés de métaphysique et de questionnements intérieurs, reçoivent dés 1943 et pendant 17 mois, un message prophétique par leurs anges respectifs en Hongrie. En accord avec le texte de l'Apocalypse, ils annoncent la venue d'un Messie Angélique (le 7) guidant les élus unis au Père (nommé Ö, non genré, signifiant LUI ou ELLE) vers une transformation du monde. La Co-naissance est cette vie centrée, verticalisée, reliant ciel (l'ange ou l'esprit céleste) et terre, lumière et matière, en accomplissant une mission ou tâche divino-humaine : donner, rayonner, servir en apportant à l'humanité souffrante sa complétude.
    Parfois opaque, l'enseignement d'abord nominatif devient impersonnel et touche des cimes métaphysiques dignes des grands  textes révélés. Il est surtout une révélation ésotérique puissante sur l'essence de Dieu, du Nouveau Christ (les deux sont bien dissociés) et des nouvelles lois en vigueur à l'approche du point oméga, début du Nouveau Monde.    
    Les Dialogues avec l'Ange sonnent le sceau et l'explication concrète des messages prophétiques antérieurs, authentifiant de facto leur origine céleste et annonçant principalement une vie unitive naturelle, sur terre, avec le divin, sur le modèle du Christ. En soi la véritable révolution !