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amour

  • S'extirper du rêve

    Cette fameuse "mission" est d'une désarmante simplicité : elle consisterait uniquement à vivre notre vie avec davantage de vérité, davantage de responsabilité et davantage d'amour (p.118).

     

    L'amour (vécu en EMI) est décrit comme un état d'être, une réalité qui existerait par elle-même et qui constituerait la trame même du Réel et de son ultime essence...il est également inconditionnel, existant sans aucune restriction et sans dépendre d'aucune condition extérieure (p.69).

     

    Christophe Fauré,le sens de cette vie,éditions Albin Michel,Le psychiatre Christophe Fauré poursuit l'étude des EMI avec Le Sens de cette Vie, paru chez Albin Michel, en lui donnant un plan et une signification spirituelle.
    De nombreux récits de gens morts cliniquement et revenus à la vie, s'insèrent en effet dans des caractéristiques  communes (la conscience non locale, le tunnel, les êtres de lumière...) et semblent en partie évoquer un examen de conscience (la revue de vie) pointu et éclairant menant souvent à une inflexion d'attitude ou une métanoïa (revenir en corps pour aider, aimer, servir...). L'auteur pose la question d'une mission de vie (une tâche à accomplir) et d'un destin dont la destination serait connue (tel le gps), sous forme d'hypothèses. Le final aborde la conscience non locale et sa Source infinie, dont la philosophie non-duelle est coutumière.
    Il est intéressant de noter par ce biais, que nous sommes tous constitués (mais souvent nous l'oublions) de cette Présence/Lumière omnisciente (le Soi ? Dieu ? l'Amour inconditionnel ?) que nous le conscientisons de notre vivant ou pas. C'est ce que les témoins d'EMI appellent "retourner chez soi", dans un espace-temps "familier". Cette Source ne se réfléchit cependant que dans l'altérité et la relation, comme si elle était incapable de réflexion. C'est aussi ce que les soufis disent de la déité comme étant "un Trésor caché voulant être connu par l'entremise des cœurs humains"...mais point de religion dans cet ouvrage à visée plutôt (post) scientifique, au vu de l'impressionnante bibliographie bilingue grand public ou spécialiste dans le domaine. Foi et science semblent toutefois converger aussi ici, à l'adresse de tous.    

     

  • L'essence de Dieu

    En conclusion, notre chemin vers le Père passe exclusivement par la personne de Jésus-Christ. Il évince et accomplit tout prophète, tout ange, toute doctrine, toute loi ainsi que tout système religieux pyramidal. Pour le chrétien authentique, le seul guide vers Dieu n'est pas une religion établie, mais la personne vivante de Jésus-Christ ; et aucune autre loi ne lui est imposée que celle, souveraine et absolue, de l'Amour (p.136)

     

    Joseph Azzi,innocenter Dieu,éditions l'Harmattan,Joseph Azzi (1938-2022) tire sa révérence chez l'Harmattan avec Innocenter Dieu, un essai au plus près du nouveau testament pour plébisciter la nouveauté inouïe du Dieu d'Amour montré par Jésus.
    Dans ce livre témoignage il rappelle le meurtre du Christ par les tenants de la loi judaïque (avec les romains), versets en exergue, mais aussi la reculade, à son sens, de l'Islam et du Coran revenant à un Dieu transcendant et belliqueux.
    Pour Joseph Azzi les prophètes et les lois ont pu un temps aiguiller les êtres avant d'être déformés par les hommes et leur interprétation du sacré, le christianisme y compris.
    Seul Jésus, sauveur et rédempteur, vient par Son sacrifice et Sa souffrance, révéler le vrai Dieu proche de l'homme et souffrant pour toute la Création.
    Innocenter Dieu est un plaidoyer qui LE (Dieu) décharge de tout mal, injonction, intention délétère envers le prochain pour peu qu'il soit différent, et LE ramène à l'innocence désarmée, ainsi du frère en humanité, le Fils-image, mené tel un agneau à l'abattoir.
    La loi enferme et conditionne, stigmatise et divise...la grâce de l'esprit rend libre et tolérant, ouvert et aimant. Étiquettes et projections (idolâtres) sur Dieu volent ici en éclat pour ne laisser apparent qu'un Cœur vulnéré. 

     

  • Un rythme augmenté

    L'Occident est malheureux parce qu'il a oublié le message de ses mystiques (p.167).

     

    Stan Rougier,Béatrice Guibert,entends-tu battre le coeur des autres,éditions du Relié,père Philippe Maillard,Avec Entends-tu battre le cœur des autres, aux éditions du Relié, Stan Rougier publie un livre testament dense et instructif, co-écrit avec Béatrice Guibert.
    Amour, écoute, fraternité, solidarité, dialogue inter-religieux, esprit et vérité...autant de mots-clés, leitmotivs de cet ouvrage qui retrace les grandes lignes de son parcours bien rempli. Guéri de son athéisme par des musulmans (lors de son service militaire), Stan Rougier trouve sa vocation de prêtre à 30 ans par la fréquentation du père Philippe Maillard. Depuis il n'a jamais cessé de rencontrer son prochain : des jeunes en tant qu' aumônier, des croyants ouverts en tant qu' émissaire chrétien (bouddhistes, musulmans, juifs, hindous, adeptes du zen) mais aussi des athées ou des agnostiques, pourvu que le cœur y soit.
    Ce partage d'expériences et de valeurs n' a jamais ébranlé sa foi mais lui a permis au contraire de mieux approfondir le mystère christique, présent sous d'autres formes, ici ou là.
    Féru de mysticisme, il sut entendre l'Esprit qui vivifie les différences plutôt que la lettre qui parfois confère à l'indifférence, au rejet, à la haine.
    Sa vie pleine en fait un témoin de la sagesse humaine, après avoir côtoyé de nombreux saints, sages ou chercheurs de vérité d'autres cultures, en discernant habilement les points de convergence et de divergence avec sa chrétienté, dans un respect ecclésiastique.
    Le témoignage vaut aussi et surtout pour une jeunesse désœuvrée, parfois ignorante de toutes ces racines d'un même arbre, dont la sève est ivresse, pour ne pas dire joie de vivre et sens, à cette vie sur terre. 

     

  • Un koan vivant

    Fabrizio Bajec,DOmpter le lion,Mercure Dauphinois éditions,Zen MBSR,Ramana Maharshi,Soi,conscience cosmique,Amour,Octobre 2025Fabrizio Bajec n'avait pas tout dit avec Le Point Zéro, son précédent ouvrage. Dans "Dompter le lion - un zen sauvage", paru au Mercure Dauphinois, il prend un peu plus de hauteur pour nous parler de son zen MBSR (Mystique, Bienveillant, Sauvage et Radical), qu'il pratique avec quelques acolytes en tout temps et tout lieu extérieur, les contours du Dojo n'ayant plus de raison d'être. Longtemps affilié à une forme et tradition, il s'en affranchit de temps en temps pour s'afficher koan vivant aux yeux des passants éberlués. Il faut dire que le "je" qui prend la plume "est toujours un autre qui n'existe pas", depuis le jour où il cessa de respirer...du moins en apparence.
    Il se définit dès lors comme "mort-vivant", non-né, sans personne aux commandes, situant son expérience comme aussi advenue auparavant chez d'autres éveillés, le Maharshi par exemple.
    Désormais porteur d'une Présence et d'un Amour sans frontières, il en fait don et témoignage au monde, comme pour mieux le défier (dévier ?) de sa finitude.
    Mais ce livre est aussi un jalon sur le chemin de tout questeur de vérité, avec des étapes et passages que l'auteur a vécu ; un témoignage également de la nuit noire de l'âme plus commune aux mystiques chrétiens et un recueil de poèmes glanés au fil du temps !
    Richesse paradoxale donc d'une non personne à la conscience cosmique et qui est pourtant "some body"...

  • Un coeur kaléidoscope

    ...J'adore parcourir des yeux ta jolie joue
    Tu finis par rougir jamais tu ne surjoues
    Au cœur de ta fossette il y a un trésor

    Je te prends sous ma plume en t'embrassant très fort
    Et je sais désormais d'où vient le lot bijou
    C'est une contraction de "bise sur ta joue".

     

    Souleymane Diamanka,Multikulti éditions,Souleymane Diamanka publie chez Multikulti éditions un nouveau recueil poétique : 50 sonnets pour mes 50 printemps.
    L'exercice est à la fois technique (alexandrins et rimes) et magique puisqu'il s'agit de variations autour de l'amour.
    De tradition Griot Peul et issu du mouvement Hip Hop, l'auteur est féru d'oralité et ses poèmes prennent une dimension musicale, récités. 
    La seconde partie de l'ouvrage contient d'autres poèmes plus classiques dans leur conception, à thématiques plus culturelles.
    À l'image d'Abd Al Malik, Souleymane Diamanka partage ce goût pour la langue française et trace son sillon dans les vers des grands noms (Rimbaud, Verlaine, La Boétie...). Cet effort n'apparaît pas vieux jeu ni old school mais plutôt ambitieux en flirtant avec les codes littéraires classiques. Il récolte admiration (stand up) et une certaine reconnaissance de ses pairs, pour ce métier passion a plein temps, un bel exemple d'intégration.
    Avec le temps, le cœur brut de Diamanka s'est fait pépite et réceptif au Vivant, au point d'être devenu chantre de l'Amour. Une forme de métanoïa dans un monde plus divisé que jamais, un parcours à saluer de respect.

  • Mûrir le sens

    Voilà pourquoi le titre et le sous-titre de ce livre sont complémentaires, les paroles de feu énoncées par Jésus, et par quiconque laisse le Vivant l'inspirer, ne peuvent nous faire goûter au shalom promis que si elles consument en nous ce qui n'est pas nous en vérité - nos sécurités illusoires, nos croyances fantasmatiques, notre belle image, c'est à dire l'ego narcissique dont nous n'avons plus besoin (p.258)


     Paroles de feu - quand la Bible nous scandalise,Lytta Basset,éditions Albin MIchel,unification,lecture symbolique,évangiles,processus de différenciation,culpabilité,abandon à DIeu,foi,Amour,Avril 2025Après son essai sur les signes de l'au-delà, la pasteur et thérapeute Lytta Basset publie aux éditions Albin Michel : Paroles de feu - quand la Bible nous scandalise.
    Toute parole énigmatique, à priori sévère ou vitupérante de l'évangile est ici réexaminée au filtre lexicographique et avec un esprit d'ouverture (plutôt qu'une lecture littérale) par Madame Basset qui met un point d'honneur à y déceler ici une visée symbolique, là une contradiction toute humaine.
    L'auteur n'hésite pas à y mêler ses propres illuminations et son cheminement personnel dans sa compréhension et appréhension biblique.
    Le livre saint, garant d'une parole insufflée, mérite une attention accrue et une perception en profondeur qui ne souffre pas que d'une (mauvaise) traduction.
    Elle oppose ici l'ego narcissique, dont il est bon de se détacher par une investigation thérapeutique et l'ego divin, le socle en soi ou l'homme nouveau, le Vivant, inébranlable et incorruptible. Cette double nature en l'homme permet aussi une double lecture des écrits ou évènements, l'une superficielle ou fragmentaire (mentalisée), l'autre plus spirituelle et reliée.
    Différenciation et unification, termes très jungiens, sont chères à  la philosophe théologienne, qui sous le vocable de l'Amour-don entend redonner à certaines paroles du Christ leur sens originel et libérateur.
     

  • Sonder l'Un-conscient

    Dieu fait chair ne nous demande rien d'autre. Il n'attend pas de l'homme la perfection. Seulement, que nous tentions, de toutes nos forces, de tout notre cœur, de tout notre esprit d'aimer. D'aimer Dieu, l'autre et soi-même, car c'est tout un. D'aimer Dieu en l'autre et en soi. (p.98)

     

    Jocelyne Delafraye,Sous les pavés le ciel,éditions Lazare et capucine,Maurice Zundel,Annick de Souzenelle,Lytta Basset,Françoise Dolto,Christ,Amour,Septembre 2024Sous les pavés le ciel, paru aux éditions Lazare et Capucine, de Jocelyne Delafraye, est un plaidoyer pour le dieu d'Amour christique. Appelée, se sentant inconditionnellement aimée, toute sa vie s'est mise au service de l'autre, qui est reflet divin.
    Psychanalyse et foi se complètent dans ses écrits. Citant volontiers Maurice Zundel, elle détricote les histoires bibliques pour en narrer l'inconscient, souvent étiqueté de mal (ou péché) mais qui n'est qu'ombre mal aimée, maudite.
    Pas d'excuse ici pour l'homme agissant sous le masque de l'ancien dieu (tyrannique, violent, juge...) alors que le pacte nouveau est une relation en conscience, une responsabilité créative plénière afin qu'advienne la paix au quotidien.
    Jocelyne Delafraye milite pour un centre en l'être qui est personnifié et incarné en multitude, pourvu qu'on le cherche. C'est un sacerdoce de le révéler en chacun par un dévoilement de soi transfiguré.
    Dans la lignée d'Annick de Souzenelle, de Lytta Basset ou encore de Françoise Dolto (même profession), l'autrice explicite les évangiles en analysant ses racines juives.  Le ton est doctoral, l'essai de belle facture, le son de cloche cristallin comme la vibration du nouveau-né...à l'esprit.