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adrien candiard

  • Une vie donnée

    À le regarder, tout était tellement plus simple. Dans son clair regard de vieillard, il me semble avoir entrevu quelque chose de cette vie éternelle que le jeune homme riche cherchait avec tant d'avidité (p.68).


    réussir à vivre,adrien candiard,éditions du cerf,posséder,coeur libre,christ,autre,donner sa vie,être heureux,prophète Aggée,vie éternelle,Octobre 2026Dans Réussir à Vivre paru aux éditions du Cerf, Adrien Candiard prend le contre-pied de "réussir sa vie", dans une résonance évangélique.
    Vouloir son propre accomplissement ne souffre en effet souvent pas d'imprévu ou d'obstacles (je n'ai pas le temps de ou pour, parmi tant d'exemples), alors que ne pas vivre pour soi permet de supporter épreuves et contraintes, en offrant sa vie à l'Autre en soi, le "Tu" christique, présent aussi parfois en l'autre, extérieur à moi. Un dialogue fécond exempt de solitude éclot alors, une sorte de soliloque dont le fruit est un don : ici une parole, là un acte conscient ou encore une présence pacifiante.
    Adrien Candiard, dominicain au couvent du Caire, prend appui sur le prophète Aggée et la réponse de Jésus au riche prétendant à la vie éternelle, pour broder sa réflexion et l'acheminer vers un cœur libre de posséder et donc d'aimer toute la création. 
    Un petit essai précis, concis, inspiré et inspirant pour confondre les parvenus par la profondeur de vue et redonner un sens noble et sacré à la vie : honorer le Vivant !

  • L'accolade sur le Mont

    candiard.pngLes éditions du Cerf publient un court essai vivifiant et original d'Adrien Candiard, père dominicain du Caire, intitulé Sur la montagne - l'aspérité et la grâce.
    Il reprend quelques préceptes du sermon de Jésus pour mieux les approfondir, fruit d'une maturation personnelle et de réflexions confessionnelles.
    À ce qui peut paraître parfois abrupt comme chemin et inaccessible comme praxis du quotidien, il revient sur l'essence et le fondement de la foi chrétienne : le royaume de Dieu à trouver en soi et d'où découlent des qualités étriques comme la miséricorde, la douceur, la paix intérieure ou l'amour du prochain.
    Il rappelle la radicalité de la vision christique pour mieux la situer dans une perspective spirituelle et éviter de tomber dans des pièges que confère l'habitude ou la mécanicité.
    En somme ce Messie qui donne sa vie en sacrifice pour les siens propose une loi organique (un cœur de chair) et "montre une direction" plus qu'une obéissance a des préceptes écrits.
    Cette liberté de conscience "nous conduit jusqu'à Dieu" dans une relation de filiation à la participation divine de nature.
    Dieu prie, Dieu aime, Dieu rend grâce, infiniment et éternellement. Le pont Esprit Saint nous convie à cette co-naissance, cet "être-ange" présence, en soi et qui advient au bout d'un don de soi total.

     

  • Des lois nouvelles

    “La fin dont parle Jésus n'est pas le moment où tout s'arrêtera, mais au contraire cet achèvement vers lequel tend toute l'histoire humaine”. (p.57)

     

    Adrien Candiard,Quelques mots avant l'Apocalypse,éditions du Cerf,mal,Amour,retour du Christ,tribulations,catastrophes,paraclet,Octobre 2022Adrien Candiard, moine dominicain vivant au Caire publie un court recueil aux éditions du Cerf : “Quelques mots avant l'Apocalypse – lire l'évangile en temps de crise”.

    Il s'agit d'un juste rappel de ce à quoi s'attendre, pour le chrétien en particulier et pour tout croyant de bonne volonté qui ne renie pas l'Amour (de Dieu) en son critère inconditionnel.

    L'énumération des catastrophes actuelles (crise climatique, guerres, repli sur soi, épidémie...) pourrait annoncer l'épreuve des tribulations annoncée par le Christ dans les évangiles mais de tous temps cette prévision a montré ses limites, d'autant que seul Dieu connaît l'Heure.

    L'Amour par contre, comme le rappelle Adrien Candiard est rarement aimé en retour, tant le péché ou le mal (en soi ou chez l'autre) peut rendre aveugle à toute forme de rédemption, fût-elle gratuitement et gracieusement donnée à tous. Ce paradoxe humain explique la montée de l'ombre à l'approche du Royaume de Dieu promis sur terre et la nécessaire vigilance ou veille consciencieuse afin que le cœur ne commette trop d'impairs ou qu'il éprouve après coups quelques judicieux remords de conscience.

    L'auteur omet, parmi les signes “intérieurs” de la “Révélation”, de mentionner la joie pérenne et ce, malgré les vicissitudes du corps. Le corps-lumière ou corps christique ne souffre pas des affres du Temps. Il est ce corps-don tout entier relié (le religare de Religion) au Père, à la Source et qui n'attend rien en retour que le sacrifice de la personne et sa capacité grandissante à s'extirper de l'espace-temps.

    Rien non plus du Verbe, cette parole enfantée de l'Esprit Saint, rempart crypté contre toute injonction, jugement ou pensée délétère. A la fois nourriture et ogive défensive à l'intrusion mentale. Sa promesse est contiguë aux temps apocalyptiques comme paraclet contre les ténèbres de corps et d'esprit. Ce texte concis et surprenant par son discernement porte en soi néanmoins ce souffle vivifiant.