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spiritualité

  • Gilles Farcet milite pour un Centre en l'être

    "La voie est une dynamique par laquelle un être humain s'engage dans un processus alchimique de transformation (énergétique)…Il s'agit de faire émerger un sujet responsable et aimant, capable de participer à la guérison plutôt qu'à la maladie du monde" (p.17)

     

    boussole brouillard.jpgGilles Farcet est un être ouvert, accessible, à l'esprit clair et éclairé. Nous l'avions interrogé pour la sortie de son fulgurant premier roman en connaissant son passé de chercheur de vérité, d’écrivain et d’instructeur spirituel.

    « Une boussole dans le brouillard » paru aux éditions du Relié, combine ces trois aspects de sa personne et constitue de ce fait un livre très personnel, un témoignage qui lui tient à cœur.

     

    L'auteur s'est attelé à « mettre en perspective, clarifier et préciser » des notions et termes à visée spirituelle dont il est coutumier, exercice dans lequel il est crédible et qualifié. Il explicite ce qu'est la voie ou le chemin, le sens du travail sur soi (la sadhana), l’intérêt d'un groupe de travail (la sangha), l'objectif et les bienfaits d'une cristallisation autre qu’ego-centrée mais aussi les différences entre Instructeur, Maître et Libéré vivant, entre la thérapie et la relation au guide spirituel, entre l’expérience et la réalisation ultime (la libération au sens tradition du terme).

    On retrouvera ici également l’évocation de son maître spirituel Arnaud Desjardins, son enseignement et sa lignée (Swamiji Prajnapand) mais aussi ceux du siècle passé, de Yvan Amar, Lee Lozowick à Krishnamurti en passant par Maharshi ou encore Ma Ananda Moyî…ils furent légion.

     

    Gilles Farcet place aussi sa praxis dans la lignée et l'esprit des groupes Gurdjieff dont A.Desjardins consacra dix années de sa vie. On comprend ainsi mieux, dans cette optique, le handicap cuisant dont chacun est nanti (le tyran intérieur) et qui n'est qu'un réflexe, une stratégie de survie pour affronter le monde et son incohérence à vue d'enfant. (L'organe Kundabuffer selon Gurdjieff). On comprend également que l'homme ne peut véritablement agir (et non pas réagir) que sorti de sa mécanicité, ce qui exige la création d' un centre intentionnel.

    Cette cuirasse du petit ego souffrant a besoin de l’œil d'un témoin bienveillant pour cesser d'exercer son emprise possessive et de contrôle sur tous les domaines de la vie et surtout permettre à l’individu nouvellement né d'entrer véritablement en relation au lieu de se sentir séparé. « le but c'est de ne plus fonctionner à partir de l'ego mais du Tout, de l'ensemble incluant l'ego (p.245)…être responsable c'est être en mesure d'aimer (p.248)". Voilà pour la boussole.

     

    Quant au brouillard, à l'heure du net, il s'agit de la nébuleuse new age, du pullulement d'eveillés auto-proclamés promettant le "satori-éclair" ou encore toutes thérapies ou techniques de développement personnel axées sur le renforcement de l'ego, qui ne remplaceront jamais une ascèse éthique, rigoureuse et parfois longue avant d'atteindre une certaine maturité spirituelle, « 100% adulte, libre de papa et maman » (Citation de Swamiji Prajnapand – p.130). L'intérêt d'un instructeur dont la filiation est reconnue c'est qu'il ne se permet pas de jouer impunément avec le vivant. Éthique et techniques avisées sont les signes de son intégrité.

    Car non, rien ne s'obtient sans effort ou implication de sa personne entière et "tout engagement sur la voie est un travail de dénuement où il y plus à perdre qu'à acquérir, notamment l'attachement et l'identification à ses illusions". On pourrait croire que la vie se charge de nous mettre le doigt sur ce qui fait mal en nous, notre traumatisme originel. Mais encore faut-il avoir des yeux aptes à voir, un cœur apte à saisir et d'avoir la volonté d'"extraire un sens de l'épreuve subie", ce qui seul est quasi impossible, à moins d'une grâce divine (l'ouverture de l’œil-témoin ?) ...

     

    Une boussole dans le brouillard est un livre instructif, pensé comme un lexique pratique de la voie mentionnant aussi ses figures de proue. Son mérite est de replacer chacun à sa juste place, sans offenser personne. Tout à chacun y puisera la réponse à ses questionnements et des pistes utiles pour la suite de sa quête. Même si cela n'est pas voulu, un tel exercice peut parfois confiner à l'universel dans le sens ou l'être partage un langage commun.

     

    « La voie consiste à cesser de chérir des opinions... cesser de m'identifier à mon monde" (p.165)

  • Les chants revigorants d'Hadewijch d'Anvers

    Les chants d'Hadewijch d'Anvers,Albin Michel,Louis Peter Grijp,Veerle Fraeters,Frank Willaert,Daniel Cunin,Mars 2019Albin Michel publie un beau livre collaboratif sur des poèmes strophiques chantés (45 chants) de la Béguine mystique Hadewijch d'Anvers. Les commentaires sont de Veerle Fraeters et Frank Willaert et la traduction française de Daniel Cunin. Un CD de 13 des 45 chants en néerlandais est inclus.

    Redécouverts il y a moins de 200 ans, Les Chants ont pour thème "la Minne", soit l'amour mystique entre Dieu et l'homme qui demeure, quelles que soient les saisons (métaphore des épreuves).

    Au 13ème siècle, les Béguines étaient des groupes de femmes en quête de perfection spirituelle mais non soumises au clergé. La chanson populaire à partir de mélodies de trouvères (troubadours) de l'époque était un bon moyen d'initiation car "la répétition constante de mots clés (amour, désir, fidélité) révélait une grande valeur méditative".

    Hadewijch était une de leur guide pour cheminer vers le parfait Amour. Ses poèmes réalistes et sans concessions évoquent souvent le pôle sombre et méconnu de l'Amour.

    ...Avant que tout soit uni à tout

    On goûte à d'amères souffrances (16)

    ...En toute saison il doit souffrir

    Celui qui veut servir la haute amour... (17)

    L'Amour exige, l'Amour est un joug (efforts et douleurs sont connivents au service de la minne) avec lequel il convient de cohabiter corps et âme dans la patience et la persévérance.

    ...C'est une façon bizarre de vous terrasser

    Plus elle aime, plus elle accable... (17)

    Avec ces chants il s'agit d'exhorter, de raffermir l'ardeur de la foi devant une ascèse qui peut parfois prendre des années avant d'en espérer des fruits réguliers (la pratique des vertus).

    Certes les signes ravissent les novices mais sans fermeté d'âme ou résistance du corps, les efforts peuvent s'avérer vains.

    Par moments Hadewijch rappelle le lot, le trésor de cœur escompté, tel un horizon entrevu subrepticement et atteignable pour certaines et certains, dans la longue et âpre course de fond, tel un jalon sur le chemin :

    Le prix de la Miséricorde et la dette de la loi,

    L'amant les paie au début.

    Une fois qu'il possède cette fougue,

    Il se met à faire d'immenses profits :

    Il accomplit chaque travail sans difficulté,

    Il endure chaque souffrance sans douleur,

    C'est une vie au -delà de l'entendement humain (20)

    ...Mais celui qui est altier et sage

    parvient à Te suivre en tout,

    Dans le doux, dans l'aigre, dans le confort, dans la crainte,

    Jusqu'à ce qu'il sache tout à fait ce que Tu attends de lui

    Quand Tu lui montres Ta volonté aussi clairement,

    Sa douleur se trouve apaisée...(40)

     

    A l'écoute des chants on pourrait les croire lourds ou graves, il n'en est rien. Chantés seul ou à plusieurs ils clament la légèreté d'âme et sont d'une beauté épurée. Cœurs enjoués déclament des paroles paradoxalement émanant d'un cœur que l'on pourrait croire contrit et l'on comprend pourquoi ces "Liederen" constituent aujourd'hui l'une des fiertés nationales des Flandres et des Pays-Bas. Ils sont la Mémoire d'une ascèse mystique, identique en tout temps et par conséquent universelle.

    Un extrait du chant 18 : Groeter goede vore den tide

    podcast

     

  • Essai probant sur une géographie de l'Âme du monde

    Mais ce qui compte est que (l'île irlandaise du lac d') Innisfree constitue une île de l'Âme du monde, un site sacré du "tréfond du coeur" et que dans la désespérance du monde, son désenchantement, il fait vivre en nous cet élan, cette puissance nostalgique pour le départ vers l'île (p112)



    Mohammed Taleb, Les routes et lieux-dits de l'âme du monde-Introduction à une géographie symbolique, radicale et visionnaire, Entrelacs, Mars 2019Mohammed Taleb est un philosophe algérien musulman ouvert sur le monde et en dialogue avec d'autres cultures ou spiritualités que la sienne.

    Dans "Les routes et lieux-dits de l'Âme du monde" paru aux éditions Entrelacs il nous livre plusieurs auteurs, lieux réels ou imaginaires, personnages historiques ou mythiques qui ont fait partie de sa formation, de son cheminement personnel ou de ses centres d'intérêt, en "mettant l'accent sur la géographie de l'âme telle qu'elle se rend présente à sa conscience".

    Le livre, dense et concentré (190 pages), est entrecoupé de citations et de présentations d'auteurs en rapport avec le découpage précis des chapitres, articulés autour de l'âme arabo-musulmane et de ses ramifications.

    Le voyage auquel Monsieur Taleb nous convie est total, érudit, documenté et transdisciplinaire. le lien c'est l'Âme du monde, cet ilot de résistance, cette visée et vision poétique face au désenchantement ambiant. L’essai est un véritable périple spatio-temporel et l'on s’aperçoit que la quête est universelle et transcendante. Le langage de l’âme use de symboles communs pour être compris et ses racines sont éternelles, s'originent dans l'instant fugace d'un envol vers un mont imaginal ou imaginaire (Qaf, Innisfree, Meru, Arunachala…).

     

    Grand défenseur de la nature, du sens et de l'émerveillement dont les "hommes-ponts" sont des exemples vivants à travers les siècles, il considère que le capitalisme apparu avec les lumières (au sens d'histoire civilisationnelle) fut un tournant tueur d'âme et milite, en nourrissant la mémoire de signes (de Gilgamesh à Ibn Arabi ou W.B. Yeats, en passant par Gibran, Jung, Malcolm X ou bien sûr encore le prophète Mohammad, pour ne citer qu'eux...) pour un monde moins objectivé, rationnel, déshumanisé, marchand ou désacralisé. "Retrouver le sens et le chemin de l'Âme apparaît comme une exigence spirituelle, une nécessité morale, un impératif de survie".

     

    Le retour à l’Un est selon l'auteur un apanage de l’âme arabo-musulmane, hégirienne par fonction (p.80) et venant accomplir pleinement le concept des philosophes de l’Antiquité. Le prophète n’a t'il pas en effet déclaré qu'il faudrait chercher la connaissance jusqu'en Chine si elle s'y trouvait ?

    C'est dans cette optique qu'il s'est efforcé ici de remonter aux racines éparses et parfois inattendues de sa culture et religion mais évangiles apocryphes ou agnostiques évoquaient déjà cette quête du retour qui anime en fait tout chercheur de vérité.

    D'ailleurs quête de l’origine et temps de la fin se rejoignent en ce sens où l’Un est attendu en son essence immuable et transcendante. Il convient donc d’être sincère dans sa recherche à la fois extérieure mais surtout intérieure, ce qui donne comme c'est le cas pour ce livre un parfum de singularité.

     

  • Abdel Saadi écrit avec "la plume du Simorgh"

     

    La guerre déréalise le monde, lui donne une consistance un peu trouble et décalée d'un rêve immense dont on ne se réveille pas – in la Fin des Temps

     

    La plume du Simorgh – sept contes soufis, aux éditions les deux océans, d'Abdel Saadi est une invitation au voyage intérieur qu'est l'ésotérisme musulman.

    Abdel Saadi,La plume du Simorgh–sept contes soufis,les deux océans,L'île aux oiseaux,la Terre des Vivants,Le Maître des oiseaux,Le Livre,La Plume du Simorgh,Les loups,La fin des temps,Mars 2019L'univers de ces contes est parsemé de jalons : le Guide/double mystérieux, le passage secret, l'île ou lieu inconnu, les pouvoirs magiques, les symboles numineux (Le Livre de la vie, l'Homme vert, le Maître des oiseaux, Le Simorgh, La Pierre de rêve...). Seul la fin du monde, le dernier conte, s'apparente plus à une nouvelle fantastique.

    C'est aussi un manifeste politique puisque ces sept contes sont en grande partie ancrés dans la modernité dont l'intégrisme fait partie ("les intégristes du parti du châtiment divin" dans la fin des temps, les "loups") et qui teinte de pessimisme ou d'une teinte sombre l’œuvre globale.

    Il est ici beaucoup question de rêve, du rêve de la vie duquel il est possible de s'éveiller à la mort ou de son vivant (la mort initiatique, le regard neuf). L'auteur fait allusion à l'intrusion dans un monde parallèle, le monde de la Présence et de l'éternité. Il s'agit d'un état d'être qui plonge la personne dans un bain de jouvence, dans une source où les souvenirs agréables reviennent à nouveau en mémoire, où les pièces du puzzle de la vie sont rassemblées dans un tout cohérent, où la vision s'éclaircit. Une incursion dans ce monde et c'est la piqure du rappel d'une autre réalité qui ne cessera, sa vie durant, de titiller le ravi.

    Cet instant magique de "l'envol de l'âme" est également la quête du soufi pour qui tout prend un sens intériorise, symbolique. Les oiseaux ou les plumes qui constituent la thématique principale, peuvent faire écho à un aspect inconnu de nous-mêmes ou au double céleste (le visage d'éternité) que nous rejoindrons inévitablement mais aussi aux pensées nobles ou éclats de Verbe (la petite voie céleste) qu'il convient de chérir après un nécessaire tri écologique des pensées brutes du quotidien.

    La Fin des temps est la dernière histoire. Abdel Saadi imagine un monde apocalyptique où le froid, la guerre et les contrées désertes dominent. L'humanité restante est désabusée par la noirceur ambiante mais l'espoir s'incarne chez des enfants aux corps cristallins, à l'âme de feu et aux pouvoirs mystérieux. Ils sont guidés par des rêves communs vers un futur désirable et paradisiaque (l'armée du Mahdi). Un thème là aussi très présent dans l'imaginaire coranique et qui aurait mérité un développement à lui seul.

     

  • Ecoute...le son de l'unité

    Stéphane Haskell,Ecoute,Le courrier du livre,breathe : yoga un souffle de liberté,Don Conreaux,Philippe Garnier,Silvia Nakkach,Bernie Krause,Sonia Perrin,Michel André,Dr Thomas K. Szulc,Patrice Moullet,Thanh Nghiem,David Edwards,Karine Scherrer,Karine Lethiec,Catherine Boni,Peter et Lynn Mcintosh,Stéphanie Zeitoun,Electra,Mars 2019le nom de Stéphane Haskell, écrivain, photojournaliste et réalisateur, est associé à un documentaire devenu célèbre : Yoga, un souffle de liberté. Suite à de graves problèmes de santé au dos et guéri en partie grâce à la découverte d'une pratique de yoga célèbre, il parcourait le monde à la découverte de quelques figures notoires de cette ascèse bénéfique pour le corps et l'esprit.

    Il se remet en route dans ce livre "Ecoute", paru au Courrier du Livre avec des guérisseurs et chercheurs sur le son thérapeutique en y mêlant son ressenti de "patient". L'aventure est passionnante et belle, pleine de synchronicités, d'autant qu'elle donnera sans doute lieu à un nouveau documentaire.

    Nous aurons donc peut-être l'occasion de voir prochainement quelques laboratoires du futur disséminés de part le monde, les pyramides de Chi à Bali, l'ensemble vocal Calliopée de Karine Lethiec ou encore Philippe Garnier de l'académie française de sonothérapie en action et le non moins mythique Don Conreaux, qui fut son initiateur au gong...

    La thérapie vibratoire est plurimillénaire puisque tout est vibration. L'être humain étant composé en grosse majorité d'eau, son métabolisme réagit quatre fois plus rapidement que l'intellect à la perception sonore et son impact cellulaire et sanguin est indéniable.

    Ainsi sous l'eau où la lumière ne pénètre pas, la communication et l'information par le son et le silence est vitale (Michel André- LAB). De même le seul son de la nature et sa contemplation permettent de réguler un état de stress sans prise de médicaments (Bernie Krause). Et nombreux sont les bienfaits de la note vibratoire sur les enfants autistes, un mental envahissant, un caractère facilement irritable ou une personne en mal de lâcher prise.

    On apprend également mais de façon trop succincte, que la fréquence naturelle de résonance de l'eau est de 432 Hertz (et non pas 440 Hz, le cas de beaucoup de musiques modernes), qui est aussi celle des ondes gravitationnelles de l'Univers et de certains chants religieux (chamaniques ou sacrés, comme en composa Mozart par exemple), un bon moyen de s'aligner et d'être à l'écoute d'un monde harmonieux et donc sain, en soi et à l'extérieur.

    L'on comprend enfin que ce qui a besoin de soin c'est la structure égotique "malad-aptée", la "fausse identité que les gens ont d'eux-même, immature dans ses réactions colériques et qui entraîne l'isolement (Don Conreaux)". Toute cette construction si fragile qui nous éloigne d'une véritable connexion au Vivant, à tous et au Tout.

     

  • Le Raid questionne le statut de prophète

    Prophètes sans Dieu,Slimane Benaïssa,compagnie Le Raid,Claire Bourgeois,Mohamed Brikat,Franck Fargier,Simon Gabillet,Julie LascoumesLa compagnie du Raid continue de nous surprendre avec le texte engagé ďun auteur algérien, Slimane Benaïssa, sur les religions monothéistes : Prophètes sans Dieu, écrit en 1998. Ce dernier fait dialoguer Moïse et Jésus dans sa chambre d'enfant pas si naïf que cela et qui rêve un jour lui aussi d’exercer le métier de prophète, sans doute par immense respect pour le sien.

    Le point de vue d’un artiste de culture musulmane qui vécut en exil à cause d' islamistes intégristes est intéressant pour comprendre les arguments de cette dernière religion révélée ainsi que la représentation que l'on peut ou pas se faire de Mahomet.

    Le texte est érudit et très documenté sur les religions monothéistes, rendu plus digeste (ĺe texte mérite d’être relu à tête reposée) par la mise en scène drôle, légère et aérée de Claire Bourgeois et Mohamed Brikat.

    Ce dernier joue également le personnage de l'auteur aux côtés de Franck Fargier (Moise, "le premier") et Simon Gabillet (Jésus "le préféré et l'unique").

    Polyvalence des membres, plaisir dans le jeu, diversité et maintenant engagement laissent augurer de beaux lendemains aux et par les membres du Raid…

    Entretien avec quatre d’entre eux :


    podcast

    La pièce (1h20) se joue jusque vendredi à 20h au Théâtre de l’Iris (04 78 68 86 49).

    Crédit photo: Compagnie du Raid

  • Le joyau de l'âme : un essai concluant

    A l'Aube gelée, au temps du raisonnement, l'âme est appelée à éclairer le sens de ce qu'elle a vécu. Cependant le langage ordinaire étant incapable d'exprimer une intuition d'ordre transcendant, la raison doit faire preuve d'innovation sémantique et de capacité de synthèse, en dépassant donc le stade de l'analyse qui risquerait de fragmenter et d'éparpiller toutes les pièces du puzzle sans jamais parvenir à reconstituer le dessin originel...p.120

     

    mariel mazzocco,le joyau de l'âme,albin michel,mars 2019Mariel Mazzocco s’intéresse, dans le cadre de son domaine d'étude universitaire aux mysticisme médiéval et à celui de l'âge baroque.

    Le joyau de l'âme paru aux éditions Albin Michel, est une joyeuse synthèse, vu sous le prisme du gemme en tant que symbole, du cheminement intérieur du mystique ou voie illuminative de l'âme.

    L'autrice s'exerce même avec talent, dans la seconde partie de cet opus, à quelques scintillements dans un style littéraire de haute tenue.

     

    Le livre est parsemé d'éclats de vie de certains mystiques de cette époque. Ainsi Marguerite Porete côtoie Angelus Silesius, Jean-Jacques Olier (redécouvert et exhumé par Madame Mazzocco), Madame Guyon, Jan Van Ruusbroec ou encore Hadewijch d'Anvers.

    En parallèle l'écrivaine franco-italienne évoque quelques étapes essentielles conduisant au rayonnement de l'âme, comme autant de facettes "dont le cristal est l'emblème...emblème d'une intelligence éclairée par le cœur, l'amour divin ou regard de l'Autre", la métanoïa ne souffrant d'aucune linéarité de parcours.

     

    Ce qui importe ici, et Madame Mazzocco l'a bien saisi, c'est "l'apprentissage d'un langage inédit, d'un alphabet spirituel que seule la langue du cœur puisse déchiffrer".

    Résonnent donc à la fois un lexique ou alphabet spirituel (les gisements cachés au fond de l'âme, le franchissement de la porte du cœur, la nouvelle intelligence lumineuse, la pureté du silence, la Parole, la brêche invisible, les réseaux de communication cristallins...) et des symboles minéraux ou numineux (l'âme cristalline, la perle cachée dans le cœur, l’œil magique, la personnification des pierres précieuses comme autant de vertus, la Lumière dans le Coran (verset 24-35) ou encore des extraits du nouveau testament...).

    Mais c'est dans la seconde partie du livre, après avoir évoqué les multiples formes de l'expérience intérieure que Mariel Mazzocco entre véritablement en communion avec l'essence du mysticisme, à savoir une responsabilité (être en vérité ou mourir) envers la Parole entendue (et éternelle) pour qu'elle résonne à l'extérieur et modifie le monde en profondeur...et lui redonner un peu plus de folie et d'ivresse !

    L'âme serait ainsi l'instrument qui fait vibrer dans le monde la Parole qui l'irradie. p.132