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Spiritualité - Page 2

  • Les voies de l'écoute

    Décoder les voix ouvre la possibilité de les comprendre comme des parties protectrices incomprises, dont le discours s'est progressivement déformé au fil des expériences traumatiques, pour devenir persécutrices (p.97).

     

    Progressivement, d'autres recherches ont vu le jour sur les liens entre santé mentale et spiritualité, permettant de porter un regard moins négatif sur ces vécus...d'améliorer l'accompagnement et de mieux intégrer la dimension spirituelle de l’expérience humaine dans les soins psychiatriques (p.186).

     

    Audry Henriet,Les voix en santé mentale,éditions Trédaniel,schyzophrénie,crise psychotique,diagnostic,écoute,ISSNOE,REV,EDEN,Médiumnité,Décodage,protection,Septembre 2026Audry Henriet, signe Les Voix en santé mentale - de la pathologie à la médiumnité, aux éditions Trédaniel.
    L'ouvrage est solide et mature, jonché de références et émaillé de témoignages. l'Autrice évoque son parcours d'ouverture spirituel, fruit de lectures, rencontres et méditations/prières, après avoir entendu des voix dans son ancien métier d'infirmière.
    La compréhension, l'acceptation et la reconnaissance d'un futur don, après huit années de silence social, l'ont amené à rencontrer la fine pointe des scientifiques ou professionnels de santé, dans le domaine des entendeurs de voix, tels l'expérimentation EDEN à Lyon, l'Institut Suisse des Sciences Noétiques (ISSNOE) ou le réseau REV France.
    Le livre redéfinit l'hallucination auditive et sa stigmatisation psychiatrique. De même pour les délires psychotiques dont seulement 25% sont médicalisés et suivis de traitements, puisque 75% d'entendeurs de voix ne passent pas par la case psychiatrie.
    Audry Henriet dresse également un état des lieux de la réflexion et des instances ou réseaux bienveillants et compréhensifs  de la pathologie, tout en élevant, à titre personnel, le débat sur la sensibilité accrue de certains humains et la forme que cela peut prendre dans les prémices d'une ouverture de conscience.
    Un livre repère sur la médecine intégrative et empathique, à l'heure où la détresse adolescente n'a jamais été aussi élevée. 

     

  • L'homme augmenté

    L'humain est de plus en plus dégoûté de son humanité, et lui préfère le règne animal humanisé et divinisé par la technologie. En effet, en général, cette singularité autocréée et autocréatrice se bestialise. Selon ses adeptes, celle-ci échapperait à l'incarnation humaine (p. 85).


    philippe arino,la singularité est la marque de la bête,éditions du panthéon,enquête sourcée,animal technologique,antéchrist,bête de l'apocalypse,renaissance,phénix,christ-roi,discernement,septembre 2026Philippe Arino mène l'enquête autour du mot singularité et estime que La Singularité est la Marque de la Bête, au sens apocalyptique du terme.
    Dans cet essai passionnant et éclairant des éditions du Panthéon, les sources sont multiples, d'élitistes (conférences, entretiens, lectures...) à populaires, avec le visionnage alerte et critique de programmes télévisés phares (Star Academy, the Voice, Joséphine ange gardien...).
    Résultat ? Partout l'empreinte, la patte, la griffe sémantique ou symbolique d'un animal technologique qui avance (si peu) masqué. Ce système promeut une idéologie et des  valeurs de résilience pour des individus qu'on automagnifie à l'excès. Un temps laissés pour compte (porteurs d'une plaie qui ne guérit pas), ces derniers renaissent tel le phénix, forts de leur différence qui les singularise aux yeux de tous (une voix, une signature, un ton...), avec l'aide de mentors mais sans référence aucune à un don ou une aide divins.
    Fervent catholique, Philippe Arino discerne là les prémices d'une future marque (au front et sur la main droite) antéchristique, y compris dans les rangs ecclésiastiques, pour l'avènement d'un monde renouvelé avec un Christ-roi au visage sublimé.
    Ce royaume-monde valoriserait surtout la force mentale au détriment d'une foi intérieure altruiste (le Christ en soi), soit une co-naissance qui relativiserait le règne d'un égo tout puissant...Un livre qui devrait éveiller en chacun, avec humour et rythme, l'épée du discernement.

     

  • L'amoralité de Dieu

    Coup de Choeur psy 2026

     

    Dans le cas du Surmoi...,en se soumettant impeccablement à ses informations, le sujet entend obtenir une forme de rétribution sous forme de protection et de sécurisation comme une réponse offerte à son impeccabilité....L'ordre est perçu comme universel car capable de tout embrasser et de juger l'ensemble de ses pensées et comportements, si ce n'est ses intentions les plus enfouies, et généralement les plus refoulées étant donné leur tonalité "inappropriée" ou inavouable (p.159).

     

    Dieu comme obsession,Pierre Willequet,éditions Terre Noire,Surmoi,Freud,Soi,Jung,injonctions morales,centre unificateur,Juillet 2026Avec Dieu comme obsession paru aux éditions Terre Noire, l'auteur et analyste-enseignant Pierre Willequet s'attaque aux croyances morales pour mieux s'approcher de l'expérience divine.
    Il définit et oppose le "Surmoi freudien" et le "Soi Jungien". Le premier est une pensée et voix perfectionniste, héritée des modèles divinisés de l'enfant, inconsciente mais que l'on peut au mieux conscientiser pour s'en distancier. Elle est l'ensemble des injonctions souvent culpabilisantes auxquelles nous obéissons pour "plaire" aux instances parentales, autant dire une chimère devenu adulte, mais bien implantée...
    Le second est un principe totalisant, un chemin escarpé vers l'individuation, au sens où l'entendait C.G Jung, qui équilibre les paradoxes de la psyché en unifiant les contraires. C'est se voir entier, à la fois ombre et lumière, conscient et inconscient...le travail de toute une vie. La Croix est le symbole par excellence de cette œuvre alchimique puisque le sujet se sent parfois écartelé dans la gestion des opposés jusqu'à souffrir, même physiquement...une expérimentation en chair.
    L'un est souvent confondu avec l'autre, au niveau institutionnel ou dans le cas d'une inflation égotique mais on peut dire que l'Un est synonyme de l'Autre, que l'on accueille en soi, sous forme de souffle intérieur, qui peut être parole ou ouverture de conscience, illumination subite parfois, pour certains personnifié par une personne comme le Christ intérieur...
    Pierre Willequet creuse aussi dans cet ouvrage clé, la figure du prophète ou du mystique, essayant d'en percevoir sa substantifique moelle : un espace vierge où le mental se tait (s'anéantit) pour qu'advienne le tout Autre, le Nouveau, dont les racines sont célestes et l'espace-temps réduit à Instant d’éternité. Une ouverture toute féminine d'accueil qui tranche avec le paternalisme dont les religieux ont affublés l'exégèse des textes sacrés. 

     

  • La transe formation

    L'expérience de la transe ne peut donc être assimilée à un outil d'analyse et d'explication de nos souffrances...car en plongeant l'individu dans son espace intérieur où la pensée raisonnante, discursive, se dissout, la pleine présence induite par la transe conduit à "laisser faire le travail de la vie en soi" et facilite l'émergence de potentialités jusque là insoupçonnées...une nouvelle façon d'être au monde, un nouvel art de vivre (p.219)

     

    abecedaire.jpegLe docteur Gérard Vigneron publie aux éditions du Relié un Abécédaire des Médecines de l'Âme, en 80 entrées.
    Se dessine le fil d'une tradition qui perdure depuis la préhistoire jusqu'aux chamanes et curanderos modernes, en passant par les mystères initiatiques des périodes antiques (Eleusis, Hyperborée) et dont le liant est la transe. Transe induite par des substances psychédéliques ou enthéogènes, des sons ou instruments, des pratiques méditatives ou hypnotiques.
    L'idée c'est toujours de court-circuiter le mental fou, de créer une brèche ou un état de "non savoir" (terme propre au psychanalyste et hypnothérapeute François Roustang, auteur à découvrir) et qu'advienne un silence salvateur propice à la venue d'une information transpersonnelle (le passage du seuil) voire sacrée pour certain.s.es. A l'image de la vague dans l'océan, nous sommes des récepteurs  de conscience modulables à plus ou moins large spectre (les états modifiés de conscience).
    Malgré les redites, le style de Gérard Vigneron est clair et plaisant. En filigrane se dessine son parcours, sa maladie et les thérapies holistiques qu'il a entrepris, le faisant changer de paradigme sur la nature de la réalité et englobant une vision post matérialiste de l'être humain.
    La transe nous fait également penser à l'ivresse, qui advient au bout du Donne, dans l'oubli de soi et la combustion du bois de la personne. Un moyen de dresser aussi un pont entre spiritualité et religion, dont l'une des étymologies religare signifier "relier", comme le ciel (invisible) à la matière-corps, dans un axe vertical, pour que naisse le Verbe ou l'Autre en soi, le co-naissant.

  • Un nouveau centre

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    Disclosure Day (Jour de la révélation), le dernier Steven Spielberg, frappe moins l'imaginaire que Ready Player One mais révèle l'enfant candide et émerveillé qu'il est resté.
    Le monde est au bord d'une troisième guerre mondiale avec une nation experte en cyber défense-sécurité. C'est le moment que choisit Daniel (Josh O.connor) pour dévoiler 79 ans (l'âge de Spielberg) de vidéos classifiées par les services secrets furibards et à sa poursuite (Dont le chef est Colin Firth), sur la présence extra-terrestre, leurs sévices par les humains ainsi que leur appropriation technologique à des fins quasi militaires. Il rencontre dans sa quête Margaret (Emily Blunt), une possible âme sœur speakerine de météo, qui a le don soudain et mystérieux d'entrer en empathie salvatrice avec chacun. Ils sont persuadés (aidés par une équipe d'aliens-friendly) que cet insight changera définitivement la face du monde, en terme de vérité, de foi et de place au sein de l'univers.
    Spielberg s'amuse avec la caméra, en mouvement perpétuel, mais aussi avec les références, à ses films ou à d'autres, marquants le style SF américain. Un foisonnement d'idées (la représentation alien, le lien entre foi et vie extra-terrestre, l'outil alien de bilocation, une femme élue...) parcourt le film de ce couple sauveur d'une humanité devenue presque auto-destructrice.  
    Spielberg a retrouvé la foi et l'espoir dans le surnaturel et le non-humain ou peut-être aussi dans ce qui définit l'humain lorsqu'il est dans l'ouverture totale à l'Autre : un être sacré.

     

  • L'universalité du trauma

    Que ce soit par la respiration Rebirth ou une autre technique, revivre sensoriellement le trauma d'origine permet effectivement de se libérer de la répétition, à condition d'être capable, en tant qu'adulte, d'accepter de vivre ce processus sensoriel et de se laisser, en quelque sorte, crucifier par ce qui nous effraie (p.184).



    Jean-Charles Bouchoux,Ces traumas qui nous possèdent - comprendre pour guérir,trédaniel éditions,Jean-Charles Bouchoux, écrivain, psychanalyste et hypnothérapeute, publie chez Trédaniel éditions Ces traumas qui nous possèdent - comprendre pour guérir.
    L'ouvrage est une enquête à l'échelle internationale avec des psy, guérisseurs, chamanes ou pasteurs exorcistes qui, à l'image de la description d'un éléphant dans le noir, possèdent chacun un lexique et une grille de lecture psycho-culturelle pour qualifier une sensation d'être possédé par un mauvais génie/esprit/entité parasite/démon intérieur...que l'auteur qualifie après analyse syncrétique, de trauma. Ce trauma peut être lié à la naissance, l'enfance, être transgénérationnel ou même métaphysique...L'antidote consistera toujours, selon lui, à revivre sensoriellement la peur inhérente  en la laissant nous habiter pleinement. Un petit bémol néanmoins, J.C Bouchoux insiste sur l'importance d'avoir un centre, un socle, un témoin différencié en soi, ce qui nécessite une certaine pratique spirituelle ou thérapeutique (méditation, analyse, thérapie holotropique, sessions chamaniques...), pour ne pas se laisser submerger par une vague dissociative (issue de l' inconscient). Cela ressemble un peu à l'imagination active chère à C.G Jung ou au rêve des sorciers tel que décrit par Carlos Castaneda.
    En conscience, le sujet revit une sensation ancienne, une mémoire inscrite dans son corps (spasme, contraction, douleur...) pour mieux l'intégrer et la dépasser car, de l'ombre, jaillit parfois un trésor initiatique.
    Un livre clair, intéressant et intégratif qui milite pour la coopération des savoirs anciens/nouveaux, Orientaux/occidentaux, scientifiques/spirituels.

     

  • La fine pointe de l'âme

    Cette période romane trouve son équilibre entre ce qui appartient au cadre fixe, traditionnel, inaltérable, sacré et ce qui appartient à l'univers de la marge, toujours instable, en création, profane, c'est a dire au monde en devenir qui est par essence indivisible (p.37).

     

    Ortaire de Coupigny,Ortaire de Coupigny, artiste plasticien et écrivain féru de théologie et d'histoire d'art médiéval, publie l'Entrelacs et le Serpent - art médiéval et interprétation biblique, chez l'Harmattan.
    Dans ce petite essai touffu, agrémenté de nombreuses illustrations de l'auteur, l'entrelacs est questionné dans son rapport au foisonnement (végétal et de manducation), à la mutation (séparation) ou au désir d'unité (attachement), en lien avec des symboles clés de la Bible (le serpent, le dragon, les animaux...), des concepts (le mal, les ténèbres, le chaos primordial...) ou des textes saints (genèse, apocalypse, job, nouveau testament...).
    Un ouvrage ouvert qui n'assène pas de vérités. A lire l'investigation judicieuse et érudite de l'auteur, on se prend même à son jeu, en sondant notre ressenti et en cherchant une explication de ces enluminures propres aux copies du Moyen-Age.

    Ainsi pour qu'advienne le silence d'avant le Verbe (le Christ en soi), nous passons souvent par un déluge émotionnel, une sorte d'inflation égotique nous empêchant d'y voir clair et semblable à un nid de serpents, plus terrestre que céleste, plus ténébreux que lumineux. Cette nébuleuse nécessaire s'amenuise dès le retour de la conscience discriminante qui naît de la transmutation de l'énergie animale...Mais l'auteur est plus savant !