blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Spiritualité

  • L'universalité du trauma

    Que ce soit par la respiration Rebirth ou une autre technique, revivre sensoriellement le trauma d'origine permet effectivement de se libérer de la répétition, à condition d'être capable, en tant qu'adulte, d'accepter de vivre ce processus sensoriel et de se laisser, en quelque sorte, crucifier par ce qui nous effraie (p.184).



    Jean-Charles Bouchoux,Ces traumas qui nous possèdent - comprendre pour guérir,trédaniel éditions,Jean-Charles Bouchoux, écrivain, psychanalyste et hypnothérapeute, publie chez Trédaniel éditions Ces traumas qui nous possèdent - comprendre pour guérir.
    L'ouvrage est une enquête à l'échelle internationale avec des psy, guérisseurs, chamanes ou pasteurs exorcistes qui, à l'image de la description d'un éléphant dans le noir, possèdent chacun un lexique et une grille de lecture psycho-culturelle pour qualifier une sensation d'être possédé par un mauvais génie/esprit/entité parasite/démon intérieur...que l'auteur qualifie après analyse syncrétique, de trauma. Ce trauma peut être lié à la naissance, l'enfance, être transgénérationnel ou même métaphysique...L'antidote consistera toujours, selon lui, à revivre sensoriellement la peur inhérente  en la laissant nous habiter pleinement. Un petit bémol néanmoins, J.C Bouchoux insiste sur l'importance d'avoir un centre, un socle, un témoin différencié en soi, ce qui nécessite une certaine pratique spirituelle ou thérapeutique (méditation, analyse, thérapie holotropique, sessions chamaniques...), pour ne pas se laisser submerger par une vague dissociative (issue de l' inconscient). Cela ressemble un peu à l'imagination active chère à C.G Jung ou au rêve des sorciers tel que décrit par Carlos Castaneda.
    En conscience, le sujet revit une sensation ancienne, une mémoire inscrite dans son corps (spasme, contraction, douleur...) pour mieux l'intégrer et la dépasser car, de l'ombre, jaillit parfois un trésor initiatique.
    Un livre clair, intéressant et intégratif qui milite pour la coopération des savoirs anciens/nouveaux, Orientaux/occidentaux, scientifiques/spirituels.

     

  • La fine pointe de l'âme

    Cette période romane trouve son équilibre entre ce qui appartient au cadre fixe, traditionnel, inaltérable, sacré et ce qui appartient à l'univers de la marge, toujours instable, en création, profane, c'est a dire au monde en devenir qui est par essence indivisible (p.37).

     

    Ortaire de Coupigny,Ortaire de Coupigny, artiste plasticien et écrivain féru de théologie et d'histoire d'art médiéval, publie l'Entrelacs et le Serpent - art médiéval et interprétation biblique, chez l'Harmattan.
    Dans ce petite essai touffu, agrémenté de nombreuses illustrations de l'auteur, l'entrelacs est questionné dans son rapport au foisonnement (végétal et de manducation), à la mutation (séparation) ou au désir d'unité (attachement), en lien avec des symboles clés de la Bible (le serpent, le dragon, les animaux...), des concepts (le mal, les ténèbres, le chaos primordial...) ou des textes saints (genèse, apocalypse, job, nouveau testament...).
    Un ouvrage ouvert qui n'assène pas de vérités. A lire l'investigation judicieuse et érudite de l'auteur, on se prend même à son jeu, en sondant notre ressenti et en cherchant une explication de ces enluminures propres aux copies du Moyen-Age.

    Ainsi pour qu'advienne le silence d'avant le Verbe (le Christ en soi), nous passons souvent par un déluge émotionnel, une sorte d'inflation égotique nous empêchant d'y voir clair et semblable à un nid de serpents, plus terrestre que céleste, plus ténébreux que lumineux. Cette nébuleuse nécessaire s'amenuise dès le retour de la conscience discriminante qui naît de la transmutation de l'énergie animale...Mais l'auteur est plus savant !

     

  • Les dessous de la foi

    ...Il n'y a pas de raison pour qu'il ne se soit pas passé là, ce qui se passe pour les auteurs inspirés : la motion divine laisse intacte l'instrument humain qu'elle trouve et qu'elle utilise, et c'est avec tout ce qu'il est et tout ce qu'il sait déjà humainement que l'auteur transmet le message et lui donne forme (p.83)...

     

    9782841374502-Editions-Millon-Louis-Massignon-et-les-amis-de-Notre-Dame-de-la-Salette-MASSIGNON-Louis-1_1463.pngLe 19 septembre 1846 à la Salette eut lieu une apparition mariale avec un message eschatologique, adressé à deux berger.e.s de 11 (Maximin) et 14 ans (Mélanie). Il y était aussi question d'Apôtres des derniers temps et de règles d'un Ordre de la Mère de Dieu (avec fondation de couvents), qui était apparue, dans la vision, en pleurant...sur les péchés de l'Église et ceux des hommes de ce temps.
    Dans Louis Massignon et les amis de Notre-Dame de la Salette, paru chez Jérôme Millon éditions, sont exhumées des correspondances inédites, présentées et commentées par Jean Moncelon. On y discerne l'implication de l'orientaliste à l'édification de cet ordre (notamment le don d'un bâtiment par son frère mais aussi ses relations rapprochées avec les principaux acteurs du mouvement) et à la reconnaissance de Mélanie Calvat en tant que voyante, sainte et témoin d'un message secret prophétique. Léon Bloy et Jacques Maritain firent aussi partie du cercle d'influence mais l'ordre disparut physiquement a la mort du chanoine Thiéry (1868-1955), le principal instigateur du foyer de consacrées et audiant de l'appel.
    Peu en effet,  reconnurent en son temps, la véridicité du témoignage (mis par écrit trente ans après) ou l'ouverture  mystique de la bergère (après la vision qui fut contemporaine de celles d'Anne-Catherine Emmerich), même parmi les prêtres locaux.
    L'avertissement de Marie concernait nommément les représentants corrompus d'une église destituée de l'esprit sain et d'une colère de l'Agneau de la parousie si le redressement n' avait pas lieu dans un futur proche, pour l'humanité pécheresse.
    Fausse prophétie ? Ordre mis sur pied trop tôt ? Récit falsifié ou fabriqué de la voyante ? C'est dans toutes ces questions légitimes que l'ouvrage nous (re)plonge, faisant revivre les actes de foi ardents du siècle dernier. Manque peut-être à cette compilation minutieuse et approfondie, un rappel du message secret révélé en 1846, à lire ici.

  • Une affaire de croyances

    Jean-Marc Vivenza,la Nouvelle Gnose,éditions Dervy,franc-maçonnerie,démiurge,mal,âme divine,corps de lumière,Jean-Marc Vivenza propose une petit essai concis sur la Nouvelle Gnose, aux éditions Dervy.
    Après présentation et définition de la gnose, duelle et unitive, il explique ses ramifications pré-chrétiennes, sa condamnation pour hérésie au second siècle mais surtout sa survivance initiatique d'abord secrète puis en plein jour avec les manichéens, les cathares, les rose-croix, les shiites ismaéliens ou duodécimains, la Kabbale juive puis la franc-maçonnerie sous ses différentes formes, jusqu'à aujourd'hui.
    Cette doctrine ésotérique universelle, qu'on retrouve dans certains aspects de la religion, suppose globalement l'emprisonnement de l'âme, divine par nature, dans un corps ou une matière "mauvaise", démiurgique, qui expliquerait l'existence du mal. Ce corps-prison nécessite, dans les courants initiatiques, un travail de sape de l'ego (Le corps-mental) pour s'en désidentifier et fusionner consciemment par étapes, avec le corps de lumière, immortel, qui réintégrera la Source du Dieu bon à la fin des temps.
    L'auteur, très calé, cite une multitude de noms et de mouvements affiliés au gnosticisme, dont les contemporains Guénon, Schuon ou encore Henry Corbin. Au-delà des dogmes et des institutions, cet enseignement traditionnel et initiatique un peu nébuleux s'éclaire dans cet essai, toute proportion gardée, avec la règle du silence qui prévaut dans les loges.
    Et si la matière redevenait sacrée ? Si la lumière de la conscience éclairait chaque zone d'ombre du cadavre-monde ? Si la création était  re-suscitée par une âme universelle ? Les partisans du 'corps-geôle' résisteraient-ils à cette révolution annoncée dans les textes sacrés "officiels", pour les partisans de la foi ? 

     

  • Le plein...de bons conseils

    La maladie, c'est d'abord et avant tout celle de ne pas aimer.
    La guérison, c'est d'abord et avant tout le mouvement de l'accueil. Plaçons donc l'intention de la compassion au centre de notre quotidien. Là réside la transition essentielle, hors de laquelle rien de durable ne se fera (p.115).

    Pour bien apprendre, il faut se sentir aimé. Et pour bien enseigner, il faut aimer : aimer ce que l'on enseigne et ceux à qui l'on enseigne. Alors, il ne reste que la transmission de l'amour, autant dire de la vie (p.96).

     

    Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure,Gilles Farcet,éditions le Relié poche,Kabir,Henry Thoreau,revue Kaizen,Pierre Rabhi,Sangha,Avec Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure, paru au Relié poche, Gilles Farcet dénonce des postures inappropriées, et valide celles opportunes à la vie en société, en citant Kabir et Henry Thoreau.
    Sur une trentaine de courts articles initialement parus dans la revue Kaizen, relus et modifiés, il révolutionne le Jardin intérieur, fruit d'une vie de pratique spirituelle à l'école des sages.
    Ouverture du cœur, tri de ses pensées mécaniques, activités énergivores, aveuglement émotionnel, éco-responsabilité du passant...autant de termes propres au champ lexical de l'écologie dont le pendant et le rhizome est ici propre à l'univers personnel, ses lois, ses sous personnages, ses humeurs ou ses opinions.
    Quel rapport entretenons-nous avec l'actualité ? Auprès de qui nous informons-nous (par extension nous nourrissons-nous) ? Quelle est notre dépendance aux écrans, au confort, au tourisme ? Quelles sont nos priorités au quotidien ? Sommes-nous si différents de la masse ?...Le livre soulève beaucoup de questionnements qu'on remercie l'auteur d'avoir posé. Insidieusement l'éveil apparaît comme une pratique de l'instant, pour influer le moins possible sur le désordre extérieur (dont l'équilibre est fragile)  car être passant c'est aussi traverser le monde en y causant le moins de remous possibles, donc de pollution interne/externe.
    A l'image du colibri cher à Pierre Rabhi, Gilles Farcet "fait sa part", dans son village natal, entretenant et chérissant  ses liens avec les locaux et ceux qui acceptent de se transformer à son contact (la sangha qu'il a constitué), dans un souci d'écologie intérieure. Un chemin simple, humble mais exigeant pour semer les graines du monde de demain. Un objet éclairant, un sujet éclairé.

  • La plaie du Vivant

    L'écran s'est glissé entre nos corps et le monde et l'empathie se meurt. L'intuition aussi. Les conditions pour soumettre l'esprit sont réunies. Devenir un résistant aujourd'hui, c'est retrouver le chemin de l'empathie...par la douleur...qui nous relie (p.183)

     

    duboc.jpegGislaine Duboc sort son troisième livre chez Véga Éditions "Laisse la Vie entrer dans ta vie", plutôt centré sur l'avènement de l'I.A, des réseaux sociaux, des écrans et de leurs dangers.
    Les membres de sa famille et de son cercle d'amis défilent, et se confient ; un dialogue se construit, ainsi qu'une méthode de vision-investigation, menant à un dénouement, une meilleure compréhension de la problématique et de sa solution.
    A l'heure des élus de la "tech" qu'elle nomme les "handicapés du sensible", qui font basculer le monde et les nouvelles générations dans un rêve de l'esprit, un univers connecté, Gislaine Duboc veut encore croire à la reliance terrestre (la nature, le cercle restreint, les rencontres) et céleste (les disparus, les esprits bienveillants...). Chamane dans l'âme, elle démontre comment l'inspiration advient, à partir du corps et d'un cœur empathique, éveillé, vibrant, intuitif. 
    Jamais avare d'un conte initiatique, cette sagesse incarnée titille les consciences par des appâts de mots imbriqués, visionnés, inspirés.
    Véritable star des réseaux avec ses courtes vidéos en pleine nature, sur des sujets d'actualité, elle pressent comme beaucoup le danger d'une technologie aliénante et tueuse de sensations, captivant l'attention de ses adeptes, avec un nouveau Dieu omniscient, porteur d'une vérité indubitable (google ? Chat GPT ?).
    L'espoir domine l'ouvrage, avec la Vie qui sourd à l'intérieur et alentour, contrecarrant les plans les plus diaboliques et qui resserre les liens plutôt qu'elle ne les distant. Reste aussi cette foi en un Créateur bienveillant et Miséricordieux, qui saura in fine faire le tri entre le bon grain et l'ivraie, pour qu'advienne un monde véritablement nouveau, relié plutôt que connecté, outil plutôt que maître, à l'image du mental.

  • Une réflexion mûrie

    D'un point de vue psychanalytique, cette éthique peut être comprise comme une désintrication du religieux et du surmoi, telle que l'ont analysée des penseurs héritiers de Freud et de Lacan. Elle ne nourrit pas le fantasme d'un Dieu persécuteur intériorisé, surveillant les pensées et désirs, mais ouvre un espace où le sujet peut consentir à sa finitude sans se haïr lui-même. En ce sens, l'éthique évangélique est une éthique de la castration assumée, non de la toute-puissance morale...elle ne construit pas un surmoi religieux, mais libère un espace de responsabilité adulte, où la foi n'est plus une contrainte mais une confiance  (p.161).


    Michel Leconte,Jésus après les dogmes - Histoire, critique et liberté de croire,Karthala éditions,dogme,rituels,théologie contemporaine,exegèse historico-critique,Michel Leconte, psychologue de formation et passionné de théologie, publie chez Karthala éditions, dans la collection Sens et Conscience, Jésus après les dogmes - Histoire, critique et liberté de croire.
    Le livre est salvateur car il remet Jésus l'homme, son message et l'esprit qui l'animait, au centre : son "amour des ennemis, sa justice pour les pauvres, sa liberté face aux pouvoirs". Michel Leconte, fervent chrétien, remet aussi en question le dogme, récité selon lui  mécaniquement ; la sacralisation eucharistique (qui ne l'est plus) avec son aspect magico-superstitieux, et plus globalement l'emprise doloriste et culpabilisante de l'institution ecclésiale.
    Il nous livre ce qu'il a conscientisé d'une psychanalyse approfondie, confrontée à l'exégèse historico-critique et à la lecture de théologiens contemporains, pour qui Jésus n'était pas Dieu mais son "porteur" et son reflet. De même pour la résurrection qu'il perçoit comme "un souffle, une force de vie...une parole qui ressuscite les vivants...et fait lever l'amour au milieu du désespoir (p.86)". Quelque chose a survécu de l'homme que valida Dieu même après sa mort, dans son absolutisme et ses choix de vie radicaux. Un Dieu pour le coup immanent plutôt que transcendant, avec lequel une relation d'amour confiante est possible et que l'on sent présent ou absent (selon notre aveuglément émotionnel) mais qui épouse la condition humaine et l'accompagne dans la souffrance et l'épreuve, la finitude aussi et plus encore...loin d'un Tout-Puissant Omniscient et que Jésus laissait transparaître.
    Ouvrage mature d'un penseur libre donc mais qui, petit bémol, à force de rejeter sous couvert d'incrédulité infantile, ne reconnaît ni la fonction de Messie, ni la naissance virginale de Jésus par Marie, prélude à notre sens, au moins symboliquement, à l'avènement du Verbe : un terreau silencieux, au-delà du mental, dans la foi au Saint Esprit.