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mystique

  • Le coeur invisible

    Dansant à contre-pied du techno-solutionnisme, je reçois la manne d'un système immunitaire spirituel. J'ai l'impression d'être soufflée par un Souffle, imperceptible aux instruments de mesure, qui me permet d'être toujours de ce monde. Je ne cherche pas à prouver la perpétuité de mon corps, mais témoigne de cette vie infiniment inventive qui dépasse nos savoirs limités (p.66)

     

    Frédérique Lemarchand,Mutation,éditions La Mesure du Jour,Annick de SOuzenelle,Frédérique Lemarchand publie Mutation, disponible sur son site. C'est un hommage à l'être et au travail accompli par Annick de Souzenelle, ainsi qu'un témoignage miraculeux de vie, de celle qui se place sous sa bénédiction et qui la côtoya 10 années durant.
    Née avec un syndrome d'eisenmenger (hypertension artérielle pulmonaire) non reconnu nourrisson,  les complications irréversibles ont en effet commencé pour Frédérique Lemarchand dès l'âge de douze ans jusqu'à une greffe inespérée coeur-poumons à 34 ans, date de sa "naissance spirituelle", selon ses dires. 
    Pendant les 17 heures de l'opération elle se souvient d'être corps lumineux clairvoyant, reliée aux cœurs des soignants, avant de réintégrer son enveloppe corporelle. Cette certitude de l'essence ne la quittera plus (éternelle plutôt qu'immortelle) et trouvera même confirmation dans les paroles et intuitions d'Annick de Souzenelle entendues plus tard en radio. S'ensuivra rencontres, échange épistolaire et initiation symbolique à l’œuvre créative de cette visionnaire orthodoxe, véritable pont entre des mondes disparates mais complémentaires (Jung, la kabbale, les Dialogues avec l'Ange, le Coran...).
    Très croyante, se sachant insufflée et donc recréée, Frédérique Lemarchand ne vit désormais que par, avec et pour le Christ. Ses peintures improvisées sont à l'image de cet ouvrage : dense, profond, symbolique et lumineux. Une alchimie se dégage de l'ensemble. Outre l'utilisation du langage des oiseaux, c'est l'unité des contraires qui prédomine avec l'aide de la prière et du pardon, dans une union quasi mystique.
    Une mutation est de facto en cours, selon l'enseignement biblique hébreu littéral chère à Madame de Souzenelle, privilégiant l'Amour à la mort, avec l'intégration des énergies animales destructrices par le cœur de lumière miséricordieux qui nous porte en réalité. L'autrice est la preuve vivante que la foi déjoue la science et son arsenal technologique de pointe, et que le corps est une enveloppe parfois même inerte, qu'une intention divine anime.  

  • Puiser dans la modernité

    Françoise Porquet,Vie spirituelle et vie psychique chez Marie de la Trinité,éditions l'harmattan,mystique,prière,expérience de Job,analyse,confesseur,Jacques Lacan,Christ,sacerdoce,filiation,Paule de Mulatier,Décembre 2025Françoise Porquet signe chez l'Harmattan "Vie spirituelle et vie psychique chez Marie de la Trinité".
    Cette mystique moderne (1903-1980), dominicaine missionnaire des campagnes, entreprit une cure (notamment un travail analytique sur l'autorité avec Jacques Lacan)  et formation psychologique pour l'aider à traverser une nuit noire de l'âme, qu'elle qualifia d'expérience de Job et de grâce, après coup.
    Cette ouverture "psy" ressurgira bénéfiquement sur sa vie "spi", par une meilleure compréhension des ressorts inconscients et une libération de l'Amour intériorisé.
    Pour Marie de la Trinité, le principal empêchement fut celui de prier pour communier plus en profondeur avec le Christ et son cœur vulnéré. Mais cette épreuve ne l'empêcha nullement d'écrire et de transmettre un message évangélique universel de filiation et de sacerdoce : devenir christ, uni au Père, hostie vivante, pour se donner en offrande d'Amour à sa communauté et par extension au monde et à sa soif d'être pleinement accepté même boiteux.
    L'ouvrage comme la vie de la sainte Lyonnaise née Paule de Mulatier, est un pont entre terre et ciel, entre science céleste et science humaine, entre psyché et esprit (saint)...un chemin devenu depuis une évidence pour s'offrir meilleur à autrui. 

  • 8 femmes mystiques

    Les mystiques sont des éclaireurs...qui ouvrent la seule voie où l'on peut remplacer, dans la paix de l'esprit et la joie du coeur, l'ombre par la lumière. En établissant la plus simple et la plus directe des connexions avec le Divin, avec la Source, en se mettant à son écoute, en lui parlant, et surtout en manifestant au quotidien, dans tous les domaines de la vie, l'essence divine de l'âme que nous sommes (p.17).

     

    Flavia Mazelin Salvi,ces mystiques qui nous éclairent et nous inspirent,le courrier du livre,Thérèse d'Avila,Faustine Kowalska,Julian de Norwich,Eileen Caddy,Hildegarde de Bingen,Mâ Ananda Moyi,Simone Weil,Marguerite Porete,mystique,âme immortelle,connexion divine,Novembre 2025Flavia Mazelin Salvi publie au Courrier du Livre "Ces mystiques qui nous éclairent et nous inspirent", le portrait plaisant de huit femmes qui défièrent la vision commune d'un humain.
    L'autrice, qui a aussi vécu une métanoïa, apporte de la matière à l'indicible expérience et nous fait part de son émerveillement tout en apportant quelques pistes pour rendre la connexion céleste plus ordinaire.
    On voyage à travers siècles (de Marguerite Porete à Mâ Ananda Moyi) avec ces quelques jalons, flambeaux les plus célèbres de leur temps, sur l'échelle de la hiérohistoire. Il y est toujours question d'un témoignage de l'immortalité de l'âme et d'une relation vivante avec le divin, sous forme d'énergie, de paroles, de visions...
    Bien écrit, le livre nous rend la mystique plus familière et à portée de main, avec des conseils pratiques pour déjouer l'identification au corps mental. Une bonne entrée en la matière.

  • Sacré corps

    Si je renonce à ma conscience, elle, pour autant, ne me lâche pas. Elle ne quitte pas le navire et continue à veiller. Avec le temps, je contacterai un mal-être, perdrai le sommeil, courrai partout pour ne pas me retrouver face à elle. Mais j'aurai beau m' étourdir, elle ne me quittera pas...pour provoquer mon bonheur. Là où je le suis enfermée dans la culpabilité, dans la douleur de l'
    autoaccusation, la conscience veut me faire éprouver le repentir, la joie de la réconciliation. Avec la reconnaissance de la faute s'ouvre le chemin d'un par-don (p.109)

     

    chercher.pngAvec Chercher la femme, à l'infinitif, paru aux éditions du Cerf, Céline Guillaume célèbre le féminin intérieur, notamment dans sa qualité d'accueil de l'altérité.
    Libraire et laïque dominicaine, elle pourfend l'intérêt d'une culture de (et pour) soi, d'une connaissance de l'âme qui est notre alter ego, notre souffle vital, notre être profond.
    La femme possède selon elle naturellement des matrices sacrées car à l'identique du Dieu de miséricorde, creuset de l'enfantement mais indignes de l'avortement. Son appétence à accueillir la vie peut aussi symboliquement désigner le Vivant, le "conscience-cieux".
    Ses croyances vont au mariage libre de toute contrainte mais elle reste confiante dans l'adversité et sa longévité. Elle vénère aussi son genre, à destinée sacrée et sa différence face à l'homme plutôt que son égalitarisme simiesque.
    "Confiance, exigence devant la vérité, liberté" sont autant de qualités que de trophées qu'il est bon de montrer et d'assumer devant les vies désenchantés ou les vides non emplis de plénitude.
    Un brin mystique, elle se découvre parfois phare ou aiguilleuse de l'être, forte d'une réflexion nourrie par une Relation et d'un esprit curieux.
    La femme n'est pas la cause du bancal mais son côté solide, à assumer sa faiblesse. Elle demeure un exemple à suivre quand elle assume pleinement  l'incarnation, dans les pas de l'Aimé, l'Amour et l'Amant. 

     

  • Une requête légitime

    La pensée divine nous invite à chercher le meilleur en nous, à nous comporter sans violence envers les autres, appliquant l'entraide et protégeant la nature. C'est ainsi que l'homme pourra éradiquer la bête en lui et retrouver son humanité, en s'immunisant contre l'influence du cerveau reptilien”. (p.208)

     

    pensée dieu.jpgLe titre interpelle, "De la Pensée de Dieu à la Parole du Prophète", tant on croirait les termes logiquement inversés. Mais c'est bien la thèse forte intéressante et a propos  d'Abdellatif Laroui qui paraît aux éditions Erick Bonnier.
    Plutôt que de la voir transcendante et éternelle, immuable et incréé il considère cette Parole divine comme une Pensée, sous entendu une intention, une direction, un concept d'idées, un message cosmique présent en tout temps et que certains individus tels les prophètes, capteraient et retranscriraient dans des contextes socio-historique et psycho-culturel définis.
    Au lieu d'être figée à l'interprétation et au philtre de la raison, cette Parole prophétique reste vivante, créative, symbolique, conférant à l'universel parfois ou carrément datée.
    Avec beaucoup d'humour et de sens critique, l'auteur dénonce aussi la sacralité de cette Parole prophétique (qui divinise pour le coup Muhammad et humanise Allah) en Islam sunnite notamment, sous forme de hadiths, Sunna ou jurisprudence des oulémas.

    Dans une seconde partie Abdellatif Laroui entend réhabiliter la philosophie (Ibn Roshd plutôt qu'Al Ghazâli : l'un Maître de sa pensée, l'autre que le réceptacle), le discursif sur l'intuitif,  pour combler le retard pris par la civilisation musulmane dans sa soumission au Transcendant et Son ingérence en tout (le Mektoub contraire au libre arbitre ?), le dogme étant devenu pour lui “un instrument au service du pouvoir politique et la Religion un moyen de domination pour contrôler les masses”.

    Discerner les versets intemporels des contextuels nécessite, à notre sens, une science du Verbe : son essence, origine et sa destination. La raison a ses limites, terrestres et humaines mais peut s'approcher d'un message ou d'une Parole insufflée en poids, souffle et vérité...essayer tout du moins de l'interpréter ou de le mesurer.

    Le dévoilement du Verbe, en son sens plénier, gagnerait plutôt, dans l'alliance ou le rapprochement philosophico-mystique, a-mental, comme la médecine moderne avec la parallèle et la science avec les Religions. Ces deux sœurs ou voies illuminatives ne sont-elles pas en effet, in fine, unes en essence ?

     

  • La vie intense-aimant

    "Ici ce n'est plus elle qui écrit, c'est le langage devenu vivant qui s'invite en elle et qui l'inspire. Au point qu'elle nota plus tard ceci : "Souvent je ne fais en écrivant que suivre la lumineuse glissée de la langue qui capte elle-même ce qu'a peine j'ose penser et dire". (p.132)


    Audrey Fella,Christiane Singer,une vie sur le fil de la merveille,Albin Michel,Graf Durckheim,pardon,amour,présence,être,mystique,écriture inspirée,biographie,Avril 2022Audrey Fella ne tarit pas d'éloges sur Christiane Singer dans la biographie qu'elle lui consacre chez Albin Michel, sous titrée “une vie sur le fil de la merveille”.
    Visiblement très marquée et touchée par ses écrits, elle recompose un portrait kaléidoscopique à partir de ceux-ci, une vingtaine de romans et d'essais qu'elle résume et dont elle fait l'exégèse littéraire de façon chronologique.
    Audrey Fella a également beaucoup investigué auprès de sa famille et proches (les deux femmes ne se sont pas rencontrées), nous rendant contemporaine l'acuité de son âme créatrice et la fécondité de son esprit.
    L'ouvrage est plaisant, bel exercice de style, et nous fait découvrir la vie pleine et ardente d'une exilée judéo-chrétienne (par l'origine de ses parents) qui suivit son mari dans un pays belligérant, l'Autriche (elle a grandi à Marseille).
    Douée pour l'écriture depuis enfant, elle tendra vers l'épure et le minimalisme poético-mystique plutôt que l'intellect pur et raisonné, en entamant un travail sur elle-même (l'enseignement de Graf Durckheim, le zen, le souffle, le chant, le toucher...) et sur sa constellation familiale.
    Ses écrits sont emprunts d’intériorité, de la croyance en l'être et en la foi d'une Présence amoureuse préexistante à la Création. Sa vie partagée entre mariage (elle aura deux fils), écriture et conférences ou même enseignement (avec tout ce qui l'aura mise en lien avec la profondeur) lui fera renouer avec le pardon (les horreurs nazis sur les membres de sa famille), l'Amour et la louange, le retour au Christ sur la fin de sa vie (elle meurt à 64 ans d'un cancer de l'utérus).
    Elle n'aura de cesse d'écrire jusque sur son lit d'hôpital (derniers fragments d'un long voyage) sur les thématiques  du vivant : les âges de la vie, l'éros et la sensualité, le féminin, la naissance et la mort, l'amour et la passion, incarnant pour ceux qui la côtoyèrent, une incandescence, un degré de vie, une exigence étrique.
    Il semble en effet, à la lecture de l'ouvrage, que
    Christiane Singer, qui se voyait  vieille âme, ait brûlé intensément à chaque instant de sa vie pour témoigner en tant qu'instrument du divin, de la merveille de la création, au sein de laquelle nous sommes tous, c'est encore elle qui l'a vu et su, inextricablement liés.


    "
    Je ne veux savoir des êtres que je rencontre ni l'âge, ni le métier, ni la situation familiale...mais de quelle façon ils ont survécu au désespoir d'être séparés de l'Un par leur naissance, de quelle façon ils comblent le vide entre les grands rendez-vous de l'enfance, de la vieillesse et de la mort, et comment ils supportent de n'être pas tout sur cette terre". (p.192)

     

  • Dieu reconnait les siens

    "Dès l'enfance, ma nature profonde réveillait et stimulait les tendances héroïques et spirituelles de mon caractère. J'entendais une voix surnaturelle. Je désirais aussi combattre pour ma patrie...céleste". (p.91)

     

    delorme.jpgLes éditions Erick Bonnier rééditent Le Chemin de Dieu, classique de l'ésotérisme paru en 1979 chez Albin Michel, qui est un récit autobiographique de Catherine Delorme (1901-1991) dite "Mamita", une référence de l'Amour incarné chez les soufis.
    Les événements de sa vie, de ses dons exceptionnels (guérison, faiseuse de pluie, rêves prophétiques, vision spirituelle...), à sa guidance  malgré les épreuves (son nom musulman est Hydayat Allah, "la guidance divine"), évoquent une destinée hors du commun dont l'Islam fut la forme de sa réalisation.
    Sicilienne et chrétienne de naissance, Catherina Maltese dépeint dans ce livre des souvenirs où affleure la fine pointe de l'âme, dès l'enfance, et où son besoin d'être aimée sera comblé à l'issue de son cheminement spirituel - de la mystique à la kabbale, de la guématrie au symbolisme, de la prière du cœur au dhikr, des lectures spirituelles (guénon, Ibn Arabi...) à l'initiation soufie - par l'ultime épreuve de l'extinction dans l'essence divine (Fana Fi Llah), apex de la voie de la purification de l'âme qu'est le soufisme, pour les musulmans épris d’intériorité.
    Cette facilité et cette grâce accompagnant les rapprochés de Dieu (notamment la rencontre fortuite de ses maîtres spirituels Gabsi ou encore le Cheikh Tadili) lui fera co-naître la Source irradiante d'Amour,  pour mieux l'infuser et la dévoiler, dans la deuxième partie de sa vie, aux chercheurs de Vérité de tous bords. Henry Bonnier fera allusion à sa rencontre dans son recueil posthume, L'île d'or.
    A l'image d'une Amma ou d'un Maharshi pour l'Inde, elle fut la première femme européenne Arifa bi-Llâh, "connaissant par Dieu" pour les initiés soufis.
    L'écriture de Catherine, mariée Delorme, se rapproche de la pauvreté du connaissant (des réalités spirituelles) : plaisante mais sans fioritures ni emphase, à la fois littéraire et vivace. On passe un bon moment à l'évocation de la tariqa soufie nord africaine, des cheikhs vénérés mais simples les vivifiant, de la baraka qu'ils confèrent et de leurs rites initiatiques et festifs. Le livre retrace également l'itinéraire spirituel et religieux d'une femme européenne de la première moitié du 20ème siècle (comme Alexandra David Néel au Tibet ou plus tard Irina Tweedie chez les soufis Hindous) au sein d'un Islam encore suspect (le temps des colonies) et suspicieux envers la réalisation de la gente féminine, un état d'être qui fut à l'époque un double exploit.