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editions du relié

  • La vision sans âge

    pierre turlur,trois maîtres zen,editions du relié,dôgen,ryôkan,santôka,février 2020Pierre Turlur touche juste une nouvelle fois en peignant à travers trois portraits, l'âme du Japon.

    Dans « Trois maîtres zen - le vertueux, le rêveur et le vagabond », paru aux éditions du Relié, il est question d'éveil et de transmission mais aussi et surtout de nature et de littérature : les fameux haïkus qu'ont laissés ces moines errants (qui parsèment ce livre) et l'univers féerique et bucolique qu'ils ont inspirés à l'auteur.

    Il est bon de rappeler qu’« être né de nulle part et ne cheminer vers rien » peut s'accorder avec la plus haute réalisation au sens oriental du terme, comme « toucher la voie lactée », être uni-vers…

    L'imbécile heureux (Ryôkan) ou le vaurien (Santôka) peuvent au même titre que le vertueux (Dôgen) accéder à la vision pleine, vaste et illuminative où «  le relatif et l'absolu ne peuvent être dissociés".

    Pierre Turlur a fait œuvre de création originale en partant de presque rien, quelques haïkus sauvés à travers siècles, pour les amplifier et déployer leur histoire et contexte, réveiller le cœur de la voie commune à ces trois poètes : la simplicité et le dépouillement. L'auteur a su redonner de la chair et des sentiments, de l'humanité et de la grandeur à ceux que l'on ne voit pas ou plus. Il nous fait revivre l'épopée de trois futurs Maîtres de l'assise immobile.

    « Il convient d’ élucider les métaphores de cette poésie », nous dévoile t-il page 126, et il semble avoir été bien inspiré pour retranscrire à son tour avec moult détails cette nature propre à la vérité des bouddhas « qui traduit si justement l'interpénétration des phénomènes" .

    Après la cérémonie du shiho passée (soit la transmission de maitre à disciple) et la robe de moine reçue (le Fu-jung Tao-kai) le fraichement réalisé partait à travers monts et vallées, n'emportant que l'essentiel pour glaner ça et là, pendant quelques années, l'enseignement de maitres éminents, avant de se stabiliser et d'enseigner lui-même. Une période rituelle d'errance propice à l'émerveillement des sens au contact des éléments naturels : " Les Bouddhas vivants, les Bouddhas assis, travaillent à l'effacement des traces, ils perdent leur pas anonyme dans les foules, se mêlent å l'activité du monde, se perdent dans les vallées et les forêts profondes, dédaignent les honneurs, les titres, fuient la renommée et la gloire" (p.179).

    C'est bien évidemment le liant de ces trois historiettes à plusieurs siècles d'intervalle. Les tempéraments et inclinations diffèrent, la forme des haïkus évolue avec le temps mais la vision "exempte de corps et d'esprit", "dépouillée de tout et de soi-même" reste identique à celle de l'enfant dont l'esprit est en éveil et pour qui tout est prolongement de soi.

    En Occident le maître est choyé et vénéré, auréolé de prestige par les aspirants-adultes, en Orient rien ne le distingue des autres quidams et il lui arrive de mendier sa pitance. Seul l'Enfant parce qu'il est cœur, le voit.

    Enfin il est également beaucoup question de rencontres dans ces lignes, de l'importance d'autrui comme guide ou miroir de l’Oeil, de l'omniprésence de l'univers sublimé (la vision réelle n'est-elle pas poésie ?) autour de et en soi. Ces trois histoires finissent d'une façon juste, comme un clin d’œil du grand Ordonnateur à qui sait percevoir la beauté et la richesse de Sa création, en dépit de l'ignorance et du sommeil de la masse et de leurs autorités.

     

  • Le chemin de l'affirmation

     

    "Un enseignement spirituel efficace permet de purifier l'inconscient en profondeur, de transmuter les énergies émotionnelles négatives et d'éroder la profusion des désirs. Le mental se transforme alors en dictateur déchu, car les fausses lois qu'il a érigées (et cela depuis l'enfance) perdent de leur pouvoir. La fausse monnaie qu'il utilise est impitoyablement contestée, ses discours et arguments sont pourfendus jusqu'à la racine, laissant peu à peu la place à notre être essentiel qui avait été jusque là pris en otage".p.96

     

    eric et sophie edelmann,dites-leur de viser haut,swamji pajnanpad,g.i gurdjieff,editions du relié,février 20202019 fut une année prolixe pour la galaxie Desjardins avec l'excellente autobiographie de sa seconde épouse Véronique Desjardins (dans l'intime d'un chemin), un livre synthétique de clarification de la voie de la connaissance par Gilles farcet, le disciple beat (une boussole dans le brouillard) et une analyse de l'enseignement de Swami Prajnanpad, le "guru", par son fils Emmanuel Desjardins (vivre : la guérison spirituelle selon Swami Prajnanpad).

    L'actualité ne faiblit pas en 2020 avec des nouvelles du Québec et de l'héritier de la lignée Eric Edelmann ainsi que sa femme sophie, élève de la voie de l'Advaïta Vedanta depuis 30 ans. Après le succès public de "Jésus parlait araméen" et critique de "Mangalam" (l'Ashram qu'il a fondé en 1992 sur directive d'A. Desjardins), le couple Edelmann nous livre "Dites-leur de viser hautPromesses et défis de la voie spirituelle", toujours aux éditions (de qualité) du Relié.

    Il s'agit avant tout d'un livre de connaissance ou de science de l'être, reposant sur une pratique de la voie et une certaine maturation spirituelle. Autant d'états d'être que de progression sur cette voie de prises de conscience concernant les désirs inassouvis ou les émotions refoulées pour aller vers le sentiment (qui lui, est stable) ou l'équanimité de cœur. Tous les jalons sur le chemin sont évoqués et la parité de point de vue ne souffre pas de redite mais encourage la complémentarité avec une énergie et un style différents et plaisants.

    Le titre renvoie à un souhait d'Arnaud Desjardins pour tout apprenti ou disciple de la voie, d'afficher un but personnel de grandeur : mourir à la structure égotique avant la mort biologique, sortir de la prison de l'identification au corps ou viser l'éveil ou la libération en cette vie...

    C'est également un livre pratique qui multiplie les références biographiques comme autant d'outils sur le chemin. Sont cités également de nombreux éveillés et l'on comprend qu'il existe aussi une communion de sages, tous tributaires d'une lignée ou tradition dont les grâces et bénédictions se perpétuent d'âge en âge.

    De nombreuses anecdotes concernent Arnaud Desjardins en situation de vigilance (contrairement à l'attention, elle est le signe d'une détente ou libération) ou d'ouverture de coeur, pour mieux nous rappeler qu'il n'usurpa pas son titre et rôle de maître spirituel. Il était au moins parvenu à ce stade de décristallisation de l'ego (dépassement du trait principal de la structure égotique) où l'émotion n'est plus qu'énergie et l'identification au corps une illusion de plus.

    De nombreux parallèles avec l'enseignement de Gurdjieff ou voie de l'homme avisé jalonnent également le livre. Swamji Prajanpad aurait souhaité le rencontrer (ils avaient des disciples en commun) sans doute pour mieux savourer de visu une même profondeur de vision ou de compassion envers l'humanité non libérée de ses mécanismes de fonctionnement.

    Des concepts clés de son enseignement sont ainsi éclairés (l'organe Kundabuffer par exemple) comme d'ailleurs certains passages des évangiles (le mental identifié au malin) et la notion de rappel chère à Gurdjieff trouve dans la voie de l'Advaïta Vedanta tout son sens en prenant l'émotion comme moyen de pratiquer le oui, l'union à ce qui est. A la différence du sentiment en effet, celle-ci amène son cortège de faux et décentre ou désaxe souvent l'être spirituel en amenant des pensées ou comportements erronés.

    Convergence donc des termes ou du vocabulaire employé entre les deux écoles (un chapitre entier y est consacré). Même si A. Desjardins fréquenta les groupes Gurdjieff durant une quinzaine d'années avant sa rencontre avec son futur maître spirituel Swamji Prajanpad, la filiation avec le maître caucasien est somme toute assez récente (y compris chez Gilles Farcet) peut-être dans un souci de fusionner ou créer des ponts entre les deux voies ou de montrer la continuité de perspective entre l'une et l'autre.

    Le travail selon la lignée de l'Advaïta Vedanta ou voie de la connaissance est une pratique quotidienne qui porte ses fruits au fil des ans auprès d'un maître ou instructeur spirituel en parvenant à se lester de ses oripeaux égotiques ou égoïstes et à être moins dupe de ses mécanismes de défense. Le point d'orgue de ce chemin concerne le "trait principal", qui est la structure égotique bancale de base, vue ici comme un verrou accessible de ce quoi il est bon de se libérer de son vivant pour progresser vers un état de conscience étale et équanime.

    Seul regret sur ce chemin spirituel c'est le silence de Dieu sans qui pourtant, pour le croyant, rien ni aucune avancée n'advient. Un mystique de la pure lignée monothéiste y perdrait sans doute son latin et à terme, sa joie ou folie de vivre, au milieu de cette ascèse somme toute très scientifique.

     

  • Jacqueline Kelen, libre comme l'Esprit

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    Rencontre avec Jacqueline Kelen à l'occasion de la parution de son dernier livre 'le provisoire et l'éternel", paru aux éditions Le Relié.

    Drôle et espiègle, l'auteure n'en est pas moins un témoin lucide de notre époque et une voix qui pèse sur ce monde aux allures d'un désert spirituel.

     

     Interview en quatre parties :


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     Crédit photo: Guy Trédaniel