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Islam

  • Un modèle démultiplié

    Quelle que soit la grandeur des œuvres humaines et la puissance atteinte par les civilisations d'un point de vue matériel, tout peut être anéanti rapidement par la volonté de Dieu dès l'instant où la vanité, l'orgueil et la violence prennent le dessus sur la piété, l'humilité et la bonté. Les messages divins sont d'éternels rappels a l'ordre. A nous de savoir les interpréter...(p.99)

     

    Reem Yasmina Laghrari,les prophètes à la lumière du Coran et de la Bible,Eric de Kermel,éditions du Relié,Dans Les Prophètes, Reem Yasmina Laghrari ausculte sur près de 600 pages l'essence des principaux émissaires divins communs aux monothéismes en multipliant et croisant les sources d'informations. Dans ce livre des éditions du Relié, Jésus et Mohammad y figurent en meilleure proportion (ainsi que Marie mais aussi d'autres femmes renommées), démontrant l'ouverture d'esprit de cette musulmane pieuse.
    Son talent de conteuse nous fait revivre les épopées et épreuves des prophètes a la lumière du Coran et de la Bible, explicitant certains versets ou développant d'autres aspects historico-mythiques.
    Émerveillée par la création, cette pharmacienne de formation nous rappelle que des récentes découvertes scientifiques ou astronomiques valident des intuitions divines écrites.
    La méditation de ces êtres reliés est un cheminement en soi pour développer des qualités ou vertus, garder la foi ou prendre patience dans l'adversité, aimer et garder espoir en son prochain entièrement, pour engendrer un monde meilleur.
    l'autrice explicite ce qu'elle comprend de l'exemple de ces messagers, sur le plan de la métahistoire mais aussi celui plus intérieur. Sa visée reste ésotérique (le djihad intérieur) en vue d'un édification de l'âme et d'un cœur purifié.
    Mohammad étant le sceau, Reem Yasmina Laghrari présume l'humanité assez sage et consciente désormais pour devenir elle-même, pour ceux qui en prennent le chemin, ponts sans intermédiaire, entre le ciel et la terre. 

     

  • Le combat continu

    Coup de Choeur théâtre 2023

     

    khaldun.jpg

    Kaldûn c'est l'île de la Nouvelle Calédonie perçue par les algériens (Les Mokrani) déportés au bagne en 1870, par leurs colonisateurs français. À la même époque s'y retrouvent des communards via Brest et bien sûr les hôtes Kanaks, tous unis par la lutte contre l'oppresseur (parfois l'État mais surtout l'esprit de colon) et l'engagement pour la liberté.
    Abdelwaheb Sefsaf s'empare avec brio et corps (Maître de cérémonie et chanteur également !) de cet épisode historico-politique en composant des fresques symboliquement marquantes, agrémentées de poignants chants et musiques traditionnels du Pacifique ou de la Méditerranée (bientôt le CD !).
    La distribution est riche et variée, les décors grandioses (Souad Sefsaf pour la scénographie) et les chœurs pleins d'âme (Emmanuel Bardon et Gülay Hacer Toruk magiques !). On ressent l'unité collective même si des individualités rayonnent plus que d'autres (le fougueux artiste Kanak Simanë Wenethem en tête mais aussi la convaincante Johanna Nizard en Louise Michel ou encore Fodil Assoul jouant Aziz, figure du soufisme algérien...).
    Le propos résonne à juste titre dans l'actualité, alimentant notamment en profondeur les pseudo-débats sur l'identité ou la nation souche. D'ailleurs le(s) public(s) a répondu présent les 5 soirs de représentation au théâtre de la Comédie de Saint-Étienne, berceau de l'artiste. Un rassemblement fraternel et multiple autour de saines valeurs partagées  : la beauté, la foi, l'amour, l'espérance, le respect...
    Kaldûn est un spectacle total, une épopée lyrique dont on sort revigoré et joyeux. Rares sont les pièces d'une telle intensité vibratoire. Quelques phrases, images, sons résonnent encore dans la Mémoire vive... 

    Entretien avec Abdelwaheb Sefsaf (8 et 5 min) :

    podcast

    podcast

  • Les fêlures islamiques

    Ce Bayan jábirien correspond à une figure connue par ailleurs  dans l'ésoterisme chiite comme celui du Résurrecteur, du Qá'im qui viendra à la fin des temps accomplir la justice, et dévoiler ce qui était caché depuis les origines..., le véritable sens de tous les destins ...Il est la cause finale qui englobe la création toute entière arrivée à sa maturation, à son terme, ce dont Adam n'était qu'une minuscule et imparfaite ébauche. (p.361)

     

    lory.pngOublie le chemin, tu parviendras à Dieu est le nouvel essai fleuve de Pierre Lory (un livre testament ?) paru aux éditions du Cerf - nouvelles approches de l'Islam.
    Dans cette étude universitaire synthétique et composite d'envergure (450 pages), l'auteur prend comme fil rouge les paradoxes de la mystique musulmane (des trois branches), chez ses saints (Hallaj, Bastami, Borsi, Qashani...), son livre sacré (le Coran), ses symboles ou statuts équivoques (Jésus, le chien des 7 dormants, les djinns, les anges...) et son corpus ésotérique (l'alchimie).
    En filigrane, Dieu est le bien nommé comme source de tout paradoxe puisque distinct de la création mais néanmoins agent perturbateur et provocateur d'un Autre soi qui chercherait à se faire connaître, croître et jusqu'à prendre les commandes de la machinerie humaine (le cœur en particulier). C'est en tous cas l'exemple des mystiques, saints ou prophètes professant l'union et qui, à force de répétition dans le temps, laissent entrevoir une destinée eschatologique illuminatrice symbolisée par l'Homme parfait.
    Que l'on soit considéré par le tout venant comme fou, impur ou invisible, l'infini du regard avec l'Amour pour toile de fond permet encore de nombreuses conversions à cet Uni-vers (si peu) caché. A défaut d'une personne en chair, les éveillés de tous temps  ont laissé des traces (livres inspirés, paroles de feu, exploits ou miracles, langage des oiseaux...) où s'abreuver. Des jalons, un jargon (un lexique objectif ?) pour mieux définir l'être-ange qui ne demande in fine qu'à s'incorporer dans un mariage mystico-alchimique : les épousailles de la matière avec la lumière de l'Incréé.

     

  • Témoin de son temps

    Du moment où il considère le Coran comme une œuvre humaine, c'est son esprit et non sa lettre qui lui importe, en l'occurrence davantage la forme que le fond.(p.134)

     

    victor hugo et l'islam,louis blin,erick bonnier éditions,coran kasimirski,spiritualité orientale,hallaj,la légende des siècles,panthéisme,septembre 2023Avec Victor Hugo et l'Islam paru chez Erick Bonnier éditions, Louis Blin qui est docteur en histoire et arabisant, s'intéresse en fin connaisseur, aux mentions coraniques dans l’œuvre de l'auteur de renom.
    Il démontre habilement, textes poétiques à l'appui, la séduction qu'opéra Mahomet en tant que chef de guerre dans un premier temps puis réceptacle du texte révélé, dans le cheminement spirituel de cet écrivain géant du 19eme siècle.
    Victor Hugo connut l'Islam par la littérature essentiellement et la fréquentation de ses pairs orientalistes. Il lut dans la seconde partie de sa vie, les deux versions du Coran disponibles à l'époque (Kasimirski et Savary), quelques œuvres de mystiques musulmans (Hallaj, Rumi notamment) et, comme tout homme relié au monde, après maturation, se fit sa propre opinion (positive) de la civilisation orientale. C'est essentiellement en prose qu'il rendit hommage au génie coranique, notamment dans la légende des siècles, en proposant sa version d'écrits inspirés, parfois dans l'exégèse mais plus souvent dans un style et une forme poétique.
    Fasciné par le message eschatologique et persuadé un temps d'être lui aussi messager de la rédemption et d'âme nature (une sorte de panthéisme dans sa foi qui réunirait les religions), il ne prophétisa pas mais proposa une œuvre originale pour son temps, à contre courant des velléités civilisationnelles (l'islamophobie encore et toujours...) ou de son ignorance pure.
    Aimé des musulmans (d'aucuns le disent converti sur la fin), il fut d'après Louis Blin d'avantage un être spirituel (un temps spirite) qu'un religieux épris de rites ou de dogmes, qui sut en tous cas saisir l'essence du Coran : la possibilité offerte à chacun d'être relié par la foi, à l'inspiration céleste, avec ses degrés d' intemporalité.

     

  • Un Islam éclairé

    Venir à Dieu avec un cœur sain signifie, en ce sens, avoir parfait le chemin de perfectibilité morale et spirituelle et la (re)connexion à notre nature originelle pour laisser émerger la part de divin qui réside en nous. (p.190)


    L'amour de Dieu dans le Coran,Omero Marongiu-Perria,éditions Atlande,Coran,Bible,5 piliers,ethymologie,L'Amour de Dieu dans le Coran de Omero Marongiu-Perria et paru aux éditions Atlande, est une saine réflexion, posée, claire et érudite sur l'essence de Dieu.
    L'auteur, coutumier du dialogue interreligieux, s'attaque aux poncifs (Allah serait violent par opposition au Dieu d'Amour de Jésus) par la racine lexicographique des termes associés au divin ou à ses qualités, dans le Coran mais aussi la Bible.
    Il nous fait partager la richesse sémantique de l'arabe pour désigner la miséricorde du Créateur, explicitant et atténuant de facto la notion de châtiment, de Jugement ou de péché.
    Il regrette par ailleurs la vision trop dogmatique, littérale ou juridique de la pratique religieuse, insistant plus sur sa portée symbolique, conscientisée ou intériorisée. La relation à Dieu est plus affaire d'attitude juste, de connexion à sa profondeur que de gestes désincarnés et l’œil frais, apte à décoder la lumière coranique (ou la beauté de la Création), est le fruit d'une maturation morale et spirituelle englobant tous les aspects de la vie.
    Il rappelle également le poids du contexte socio-culturel et le nécessaire travail de déconditionnement de la cartographie mentale, touchant parfois de façon négative l'inconscient musulman.
    L'Islam originel se trouve davantage dans les termes (du verbe Coranique) que dans un retour historique et l'approfondissement grammatical révèle des trésors de compréhension pouvant illuminer le cœur et la raison. Ce nouvel essai, rondement mené, est un jalon sur le chemin spirituel, un aiguillon pour l'être que nous sommes en devenir.

     

  • Le courage d'être

    • Sans le regard de Dieu et de ton maître, aucun Amour ne pourrait naître dans ton Coeur. Aucune conscience n'adviendrait. Toutes les formes vivantes ne sont que des représentations de ce qu'Il Voit et Regarde. (p.124)

    Jean-Bruno Falguière,La voie du coeur et la voix de dieu,Erick Bonnier éditions,soufisme,Sidi Hamza,Annick de Souzenelle,mental,coeur,Amour,Conscience,Dieu,Après Scribe de Dieu qui retraçait entre autre le parcours spirituel de Jean-Bruno Falguière, les éditions Erick Bonnier restent fidèles à l'auteur-thérapeute-conférencier avec La voie du Coeur et la Voix de Dieu, préfacé par Annick de Souzenelle.
    Chantre de la voie soufie ("Moi-je" est une blague de Dieu qui nous a laissés croire que nous pouvions être séparés de Lui". p.161), l'écrivain nous donne un hymne à l'Amour compris comme essence de l'Univers (Dieu par extension) et vécu par l'organe du cœur quant l'instant d’éternité supplante l'espace-temps mental.
    L'outil égotique est par ailleurs disséqué dans ses affres (peur et culpabilité...) et fonctions (séparation, individuation...) et seule la prière constante (qui est méditation) ainsi que l'aide de sa communauté lui permettent de quitter le mental pour devenir le serviteur rayonnant de tous.
    La voix de Dieu s'élance désormais du cœur du disciple qu'il demeure, fruit d'un long cheminement vers le centre névralgique de l'être, et J.B Falguière se sent missionné à clamer l'Amour (ou Conscience) et la Miséricorde divine comme prélude à et trésor cacheté dans chaque être humain.
    Cet essai parfois redondant ou touffu déborde néanmoins de science kaléidoscopique quand à la pierre d'angle ou prisme scintillant qu'est la Lumière incréée en tout, Principe premier du  Créateur (pardon, humilité, miséricorde...).
    Rayonner d'Amour (l'inconditionnel) est possible de son vivant, par la foi qu'ont montré les sages et saints de tous bords et de tout temps. L'imperfection humaine et sa tendance à l'oubli (de notre essence divine) permettent le rappel d'un écart de conduite, qui est le sens du travail sur soi.

    Chaque jour c'est comme si je devenais l'allumette de Dieu...je me frotte a Lui et l'Amour s'allume. (p.132)

  • Le sens de la marche

    Le Coran transcrit donc tout autant le propos divin que l'expérience mystique et historique de Muhammad et des premiers musulmans. C'est cela qu'il fait chercher dans le texte, plutôt que des vérités et des normes absolues qui doivent s'imposer en tout temps, en tout lieu et pour tous les humains. (p.44)



    qu'est ce qu'un islam libéral,Omero Marongiu-Perria,Baudouin Heuninckx,Faker Korchane,Michaël Privot,école mutazilite de pensée,lecture historico-critique,Coran inspiré,éditions atlande,Mai 2023Qu'est-ce qu'un Islam libéral est un livre écrit à quatre mains par Omero Marongiu-Perria (sociologue et théologien), Baudouin Heuninckx (docteur en droit), Faker Korchane (philosophe et Imam) et Michaël Privost (docteur en islamologie) et paru aux éditions Atlande.
    Ce court essai en forme de manifeste entend contextualiser ce mouvement de pensée, hérité de l'école de la rationalité mutazilite (9e siècle) et qui depuis un siècle pousse, comme ses prédécesseurs juifs et chrétiens, à l'analyse historico-critique des textes sacrés.
    La modernité, ses révolutions et martyrs, entend se libérer de carcans despotiques ou de prescriptions cultuelles à visée manipulatoire. C'est éclairé et avisé que l'Homme du XXIeme siècle souhaite vivre, sans contrainte ou loi castratrice, pour un lien à son Dieu vivant et empli de sens.
    Le Coran reste encore pour une majorité, intouchable puisque incréé et sa dictée parfaite aurait touché Mahomet alors illettré, constituant son miracle. Cependant, et c'est la force des sciences humaines, on sait maintenant que son message et sa retranscription ont obéi à un contexte historico-culturel, sauf quelques versets intemporels. Comme tout texte inspiré, il est à la fois le fruit de son époque et peut tendre à l'universalité/intemporalité en fonction de l'état spirituel du récepteur/prophète.
    C'est ainsi qu'il recommence à être étudié et perçu dans un effort personnel de perfectionnement souhaitable ou de maturation êtrique. Entre autre savoir discerner les signes du chemin, prendre conscience des mécanismes égotiques ou encore se relier pour percevoir les paroles éternelles

    Les défenseurs (passé et présent) d'un Islam libéral, signe des temps, se démultiplient et donnent des suées aux fondamentalistes de tous bords. La force d'une foi couplée au raisonnement, en écho avec un ressenti intérieur, donne des êtres avertis, libres et justes dans leurs actes et propos. À notre appréhension et pour notre époque, être à l'image de Dieu est plus affaire de commun hôte que de communauté, faisant prévaloir l'individu (et son libre arbitre) sur le collectif (dont on sait qu'il est aveugle).
    Un livre ouvert, synthétique et hommage à ses prédécesseurs qui ont parfois payé de leur vie leur liberté de penser.



    La voie droite n'est pas une destination, c'est un chemin. On ne peut se laisser porter sur ce chemin : on doit le parcourir. C'est de la réussite de ce cheminement que peut venir le salut de chaque individu et de la communauté dans son ensemble. (p.109)