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Islam

  • Le rythme de l'Un

    Toute religion est la vulgarisation d'une Mystique. Celles qui ont perdu le contact avec leur mystique originelle, perdent aussi leur sang, leur chaleur, leur vie pour ne plus offrir qu'un cadavre sec, vide, momifié (p.40).

    Un mystique est quelqu'un qui excelle à activer son intuition, souvent dans la fulgurance de la vision, et à développer sa conscience bien au-delà des limites de son égo...quelqu'un qui a atteint un rare degré de connaissance, au-delà des savoirs, et qui rayonne une sagesse telle qu'il vit la vérité, dans la vérité, au quotidien, parfois non sans souffrance (p.79).

     

    Regarder-plus-haut-que-soi-Comprendre-la-mystique.jpgAvec Regarder plus haut que soi - comprendre la mystique, paru aux éditions Hélios, Marc Halevy rédige une somme sur le sujet (300 pages), en prenant des exemples "types" au sein de chaque courant religieux, spirituel ou philosophico-poétique.
    On comprend que la mystique est le ciment et l'esprit de toute religion, le message originel exempt de formes mais est surtout une relation vécue, à l'intérieur et à l'extérieur, avec l'Un, le divin dont l'essence est avant tout Amour et Miséricorde.
    L'auteur, physicien ( thermodynamique et des systèmes complexes) de formation ne cache pas sa préférence pour la kabbale et le taoïsme, tout en faisant la part belle au christianisme, qui révéla de nombreux témoins de l'indicible.
    Adhérent de l'immanente conscience plutôt que d'un Dieu Transcendant, celui de la foi, il élude pourtant la spécificité toute christique qui est l'unité avec le Père, sous l'égide du Saint-Esprit.
    La naissance du Christ en soi, du Verbe donc, est bien une forme de "parthénogenèse", en ce sens virginal d'une lumière qui advient (le Fiat ou soit que reconnaît l'Islam).
    L'intuition de Marc Halevy sur l'Homme nouveau, fruit d'une Mystique directe, excluant toute forme ou parole est, dans sa conclusion, judicieuse. La lumière se passe en effet bien de mots lorsque par le sourire et le regard, elle reflète le Donne éternel.

     

  • Le coeur de l'Islam

    La gratitude déverrouille le cœur en le libérant des cadenas que sont la jalousie, la haine, l'envie, l'avarice, l'orgueil...Pour établir alors la connexion à Dieu, il suffit d'activer le bouton de l'Amour...et Lui parler, Le prier et aimer tout ce qu'Il a créé...(p61)

     

    reem.jpgFruit d'un dialogue islamo-chrétien entre Reem Yasmina Laghrari et Eric de Kermel, le Relié publie un abécédaire à 70 entrées, A la découverte de l'Islam et des musulmans.
    Après ceux de Chebel ou d'Amir-Moezzi, cette recension de termes clés évite les sujets qui fâchent pour se concentrer sur ce que l'Islam et sa pratique, sa culture ont de beau, de saint, de grandeur.
    L'ouvrage est une bonne entrée en la matière, conçu par des passionnés et émerveillés de la création, parlant à partir d'une intériorité vécue.  
    L'actualité n'est pas en reste (le voile, l'intégrisme, la charia...) mais prend peu de place et s'insère dans un projet plus global et enveloppant, comme la remise entre les "mains" d'un Dieu miséricordieux (doté de matrices), puisque l'Islam (de salam, la paix) signifie l'abandon (plus que la soumission) confiant au Créateur.
    Dommage juste d'effleurer tout le pan eschatologique du Coran et de la mentalité musulmane, où des mots comme l'Heure, le Mahdi, le Jugement dernier, la Résurrection...auraient mérité plus d'explications et d'attention.  

     

  • Les racines de l'être

    Ulysse de Taourirt,Abdelwaheb Sefsaf,Arezki Sefsaf,Aligator,Clément Faure,Anthony Gatta,Malik Richeux,George Baux,Nestor Kea,Souad Sefsaf,Lina Djellalil,Marion Guerrero,Alexandre Juzdzewski,Pierrick Arnaud,Jérome Rio,Arnaud Perrat,

    C'est toujours un plaisir de retrouver Abdelwaheb Sefsaf sur scène, avec ce phrasé théâtral qui le caractérise, sa joie de vivre et son écriture ciselée et engagée.
    Ulysse de Taourirt s'est joué trois jours complet, avec un public varié et enthousiaste, au théâtre du Point du Jour, un spectacle originellement privé de représentations, faute au COVID, et qui rend un vibrant hommage au père immigré algéro-kabyle d'Abdelwaheb, Arezki Sefsaf.
    Le spectacle oscille entre la vie remplie et tumultueuse de ce dernier et celle, adolescent stéphanois banlieusard du fils passionné de théâtre.
    Parsemé de chansons entraînantes ou poignantes (en Kabyle) avec son groupe Aligator (Clément Faure-guitare et oud, Anthony Gatta-batterie et percussions, Malik Richeux-piano violon et accordéon), entrecoupé de projections cinématographiques (une affaire de famille !) sur un bloc monolithique creux à dessein (scénographie subtile de Souad Sefsaf et Lina Djellalil), Abdelwaheb nous immerge dans son quotidien des années 80 et croque la France et son histoire post coloniale comme personne, avec humour et poésie.
    Le pudique et vénéré Arezki se livra sur son lit d'hôpital, sans voir le résultat final mais, au regard du degré vibratoire insufflé par les protagonistes sur scène, son esprit planait sans nul doute dans l'air, le rendant encore plus vivant dans la mémoire collective.

    @crédit photo : Christophe reynaud de Lage

  • Lumière sur le Coran

    La construction d'une référence mythique au passé qui se produit avec la société de l'empire abbasside est extrêmement positive : elle permet d'actualiser la croyance en allant de l'avant. L'invention du salafisme moderne et contemporain est son exact opposé : elle répond à une situation de crise en proposant de se réfugier mentalement dans le passé, et non pas en cherchant a inventer le futur (p.90).

     

    Le Coran des Lumières,Jacqueline Chabbi,éditions Grasset,Le Coran des Lumières de Jacqueline Chabbi, paru chez Grasset, est un formatage synthétique de podcasts intitulés les mots du Coran, créés en 2018, sur Facebook et YouTube.
    L'autrice, agrégée d'arabe et adepte de l'anthropologie historique, s'attaque à la syntaxe et au contexte (terrain historique, géographique et socio-culturel) de la révélation du Coran, le 7ème siècle plus précisément où l'oralité et les liens tribaux étaient de mise.
    Pourfendeuse des contresens et idées projetées, elle revient à la Parole reçue d'avant l'Islam, avant sa mise a l'écrit et sa volonté de rayonnement (Hadiths, hagiographie du Prophète...), un siècle plus tard.
    Le combat de Jacqueline Chabbi semble être en profondeur celui de l'obscurantisme et de l'idéologie mortifère à la mode alors que le Dieu du Coran, Allah, est par essence du côté de la Vie et du protectorat, dans l'environnement rude où il prît naissance.
    Ce parcours rigoureux et exemplaire mériterait d'être couronné d'une traduction dudit texte sacré, afin de se rapprocher encore plus d'un monothéisme pur,  sans associationnisme ni ajout fantasmé, pourvu que l'autrice y consente ou s'y sente missionnée..

  • Une spiritualité naturelle

    Ostad Elahi explique que la condition psychique qui résulte du couplage d'une part terrestre et d'une part céleste est une condition sine qu'à non de l'activation et du développement de la raison elle-même...De cette confrontation (des contraires), comme de la friction entre la pierre et le fer, jaillit la lumière (p.38).


     
    Le spirituel et l'universel,Ostad Elahi,Elie During,Leili Anvar,Anne Baudart,Bernard Bourgeois,Jean During,Soudabeh Marin,James W. Morris,éditions de la sorbonne,G.I Gurdjieff,spiritualité naturelle,raison objective,soi impérieux,âme céleste,Le spirituel et l'universel, des éditions de la Sorbonne, propose sept études philosophiques sous l'égide d'Elie During, sur Ostad Elahi (1895-1974). Pluridisciplinaires, les essais sont complémentaires et appréhendent les univers de la spiritualité, de l'éthique et du droit, rendant hommage au parcours et à la pensée du sage iranien. 
    Initié à l'ésotérisme soufi dans sa jeunesse (un syncrétisme entre philosophie grecque et islam chiite), doué dans l'apprentissage du luth kurde, il choisit adulte une vie en société comme magistrat, tout en perfectionnant son art musical et l'étude des religions monothéistes.
    À l'image du maître caucasien G.I Gurdjieff, il insista sur l'importance d'une raison mature (objective) pour maîtriser l'âme terrestre (soi impérieux) par l'âme céleste (l'esprit divin), discerner l'apport juste de cette âme charnelle/animale pour éviter qu'elle ne contamine trop l'individu relié (le Moi réel).
    Cette "spiritualité naturelle", à l'épreuve du quotidien et loin d'une vie érémitique ou de guidance spirituelle (même s'il n'y rechignait pas), lui permit d'affiner une éthique personnelle et professionnelle, une rigueur d'esprit louable et quasi scientifique quand il jouait de son instrument fétiche et amenait le ciel à descendre systématiquement sur l'audience.
    Ce penseur spiritualiste questionne et passionne encore tant l'abdication de ses plausibles destins (artiste ou guide spirituel) au profit d'une tâche plus ordinaire et ancrée au sein des affres du monde (un juge droit examine chaque cas en conscience) paraît antinomique à une vie pour Dieu. Ce fut à défaut une vie avec Dieu.

     

  • L'art sacré du luth

    En tant qu'art total, la musique d'Ostad ne s'offre pas uniquement à l'oreille, mais à la vision : elle est conçue en fonction de scènes et de représentations "imaginales"qui s’appréhende par ce que les gnostiques appellent "les yeux de l''âme" (p.120).



    Jean During,l'âme des sons-l'art unique d'Ostad Elahi,éditions le Relié,Ahl-E-Haqq,tanbur,Ostad Elahi,saint,Septembre 2025Les éditions du Relié rééditent un livre de l'ethnomusicologue et philosophe français Jean During " l'âme des sons - l'art unique d'Ostad Elahi" (1895-1974).
    Enfant prodigue, issu d'une lignée de musiciens vertueux et virtuoses  (son père Hâjj Ne'Mat) et de la confrérie soufie des Ahl-e-Haqq, il su donner à sa vie d'adulte une originalité non prédéterminée. Magistrat de fonction, il n'oublia jamais sa passion léguée pour la "tanbur", luth sacré kurde, dont il renouvela et enrichit la pratique.
    Le brillant ouvrage avec ses multiples approches, écrit par un spécialiste des musiques d'Asie centrale et initié à la musique traditionnelle iranienne, est une hagiologie revendiquée, tant la maîtrise technique et thérapeutique de l'instrument pourvut Ostad Elahi, de son vivant, d'une aura de saint homme.
    Les témoignages, paroles ou écrits publiés, évoquent un monde imaginal où le spirituel se matérialise (chœur d'anges, présences de saints, esprits célestes...) et où le matériel se spiritualise (guérisons, états d'ivresse mystique, joie pérenne...), à mesure du jeu du maître...c'est dire de son degré de connivence avec les hiérarchies célestes et sa fonction.
    Reste l'envie d'en savoir plus, à cette savoureuse lecture, sur sa théorie de l'âme (thèse de vies successives ascendantes) et surtout d'écouter sa musique de et pour l'âme, enregistrée dans les années 70.  

     

  • Le vent en poupe

    L'unicité et la divinité du Coran ne résident pas dans sa stylistique ou son esthétique inimitables, mais plutôt dans la diversité de son savoir et sa connaissance complète des sciences de son époque, le tout condensé en une seule œuvre (p.76).

     

    Histoire du Coran, du désert au Livre,Youssef Seddik,éditions Frémeaux et associés,Les éditions Frémeaux et associés  publient un livre académique et assez exhaustif de Youssef Seddik intitulé Histoire du Coran, du désert au Livre.
    Ce court essai aborde de nombreuses thématiques inhérentes au prophète, au livre sacré, à l'Islam et son essor, à ses discordes et ambiguïtés, avec en filigrane la question de la divinité du texte, incréé ou historiquement ancré.
    L'auteur rappelle le flou entourant la révélation (pas de preuves) et la mise à l'écrit par le troisième calife après la mort de Mohammad, mais malgré les tentatives à travers siècles pour remettre en question son inspiration céleste, jamais l'aura du Coran ne fut diminuée, bien au contraire.
    L'approche historico-critique récente milite pour un message s'inspirant d'un contexte socio-culturel, politico-historique et psycho-religieux mais peut-être faut-il se résoudre à croire que certains versets seulement soient d'ordre universels et révélés dans un instant d'éternité, le reste étant spatio-temporellement daté.
    Cela pose aussi la question de la révélation (non évoquée) et des états d'être du prophète en état de canalisation car l'inspiration advient seulement lorsque l'individu est verticalement relié, et fonction de son élévation sur l'échelle cosmique.
    Nul besoin dès lors d'être théologien ou imam pour décoder un verset mais simplement être en situation de réception et d'écoute à l'inconnu...avec pour seule loi : donner et s'oublier.