blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

albin michel

  • Le choix de Dieu

    La genèse de l'Islam est ainsi profondément ancrée dans le processus de reconstruction d'une histoire personnelle, celle d'un homme en quête de lui-même (p.102).

     

    ouardi.jpgHela Ouardi revient chez Albin Michel avec une nouvelle biographie du prophète de l'Islam, Muhammad, issue d'une lecture attentive, critique et brute des sources traditionnelles.
    Objet littéraire et historique mais aussi socio-psychologique, Muhammad démystifie la légende en brossant un portrait plus humain du dernier révélateur d'une loi écrite. Tôt orphelin de père (Abd Allah), élevé par une nourrice puis à 6 ans recueilli par son grand-père (Abd Al-Muttalib) à la mort de sa mère distante (Amina), il n'aura de cesse par la suite, selon l'autrice, de reconstruire un foyer tout en prenant une revanche sur son clan natif (les Quraysh de la Mecque) duquel il fut banni plus jeune, par pauvreté mais plus vraisemblablement par rejet inconscient de sa nature en gestation (le sceau des prophètes).
    Le personnage prend de l'envergure à mesure de la révélation du Coran (sur 22 ans), augmentant son butin (notamment par la razzia et l'exécution de riches juifs) et son harem (plus d'une trentaine de femmes recensées !), multipliant ainsi les alliances tribales. Devenu respectable aux yeux des riches Quraysh, il revient avant sa mort, triomphant, pour effectuer le pèlerinage et annexer la Mecque, sous couverts d'accords secrets.
    Hela Ouardi nous fait bien saisir l'interaction et l'intrication du privé et du public et leur infime limite. Les versets du Coran, souvent révélées en présence de ses nombreuses femmes (notamment Aïcha), prennent un sens plus clair pour certains et donnent à sa vie une vocation universelle, à la vue du destin de l'Islam, la seconde religion monothéiste, toujours en expansion.
    Cette biographie, écrite par une femme et résolument non apologétique, nous apprend qu'un prophète reste un être tâtonnant, soumis à des injonctions parfois contradictoires et dont l'histoire personnelle influe inévitablement sur la teneur et la réception du message. Ni Dieu tout puissant, ni homme téléguidé mais celui dont le guide est Dieu, chaque prophète met sa touche personnelle à une révélation contextuelle.
    Presque maudit dans sa dynastie (il n'aura pas de fils et ses petits fils Hassan et Hussein, fils d'Ali et de Fatima sa fille, seront tués), les musulmans seront eux légion et unis (en apparence ?) grâce au Coran et aux piliers de l'Islam. Une alliance littéraire et littérale, de corps donc, plus que par l'esprit de la révélation.

     

  • Une vie donnée

    Être ouvert, totalement ouvert, c'est être en croix ; peut-être pourrons nous comprendre ainsi que l'ouverture à la Béatitude n'est pas fermeture à la souffrance. Le Christ, c'est le Bienheureux qui demeure dans l'Ouvert au moment même où s'engouffrent en Lui tous les malheurs du monde (p.123).


    L'évangile de Vérité,Jean-Yves Leloup,Albin Michel,Maitre Eckhart,Père,Christ,Saint esprit,Nag Hammadi,codex Jung,Janvier 2026L'Evangile de Vérité de Jean-Yves  Leloup, paraît chez Albin Michel.
    Comme avec d'autres apocryphes (Marie, Thomas ou Philippe), il traduit et commente à nouveau, selon sa compréhension du mystère divin chrétien, ce codex découvert à Nag Hammadi en 1945, nommé Codex Jung (du nom du célèbre psychiatre suisse).
    Étudié et ruminé depuis plus de 40 ans, il le situe, par son contenu, entre l'évangile de Jean et une gnose unitive propre au rhénan Maître Eckhart, deux auteurs qui ont sa précellence.
    Ce texte exhumé de 181 stances aborde entre autre l'essence du Père (Amour, Silence, Conscience...) et sa relation d'unité au Christ Jésus, qui engendré en l'homme croyant amène l'effusion du Saint Esprit.
    Ce manuel tri-unitaire pose les jalons d'une vie vraie, véritable praxis du quotidien, à la différence d'une connaissance de la vérité, toute relative.
    Étonnant de voire à quel point cette vision non duelle du monde et des êtres rejoint celle plus traditionnelle de la voie orientale des maîtres, avec ici la grâce par la foi, qui agit comme un catalyseur pour co-naître au Nouveau en soi, devenir un corps transcendé par le divin, cette vision miséricordieuse du Père, "Ai'Om" en araméen. Un corps donné aimant, aux nombreuses demandes du monde souffrant.

  • Penser la judéité

    Ce renoncement aux pulsions contribue tout aussi bien à expliquer la frustration qui conduit au meurtre de Moïse que la "haute opinion" que les juifs ont d'eux-mêmes : le mécanisme de "sublimation" amène à compenser la peine causée par le renoncement aux pulsions par un surcroît de plaisir dans sa propre supériorité morale...le monothéisme de Freud est ainsi une croyance qui s'articule à des pratiques[...]englobées sous le terme générique, abstrait et vague d'"éthique" (p.143).


    Dans l'Invention du Judaïsme de David Lemler, paru chez Albin Michel, le philosophe présente les principales inflexions réflexives à travers trois époques (antique, médiévale et moderne), de l'identité juive.
    D'abord affaire de lois (613 commandements) puis de foi au Dieu Un en réaction au christianisme, le Judaïsme s'est enfin "éthiqueté" dans les diasporas du monde entier. Cette singularité universelle liée à l'êtreté aurait néanmoins mérité une ouverture ou un chapitre à l'"Israël selon l'esprit" (le verus Israël de Paul de Tarse), portant sur une identité floue, indéfinie, sans limites et englobant l’altérité, indépendante de rites, dogmes ou croyances.
    L'alliance dont il est question embrasse en effet, à notre sens, moins une communauté élue (l'Israël selon la chair ou la conversion) que des individus épars faisant du commun hôte (le juif Jésus ou l'Amour incarné, au choix) leur socle identitaire, dans une interrelation vivante. C'est le Dieu Un en action à travers soi, corps-don, cœur.

  • Conforter le sain

    Vivre avec l'irréparé, serait-ce apprendre à recouvrer la vue ? Serait-ce découvrir comment vivre avec le réel, autant que faire se peut, et ainsi ne plus accréditer l'idée que l'on pourrait sortir indemne de la douleur et du temps qui passe ?...Accomplir sa vie, serait-ce entrer dans l'inachevé et accepter l'irréparré comme gage d'authenticité du vécu ?  (p.27 et 208)

     

    Isabelle le Bourgeois,Vivre avec l'irréparé,Albin Michel,Dans Vivre avec l'irréparé paru chez Albin Michel, Isabelle Le Bourgeois poursuit sa réflexion sur le mal qui abîme et habite le monde et l'intention de son potentiel Créateur.
    Psychanalyste croyante et auxiliatrice auprès des plus délaissés, elle intègre dans ce livre quatre vécus de "patients" qui symbolisent et nourrissent son inspiration, avec ses années d'écoute au compteur (notamment en prison).
    L'irréparré ouvre sur un champ de possible qui n'est pas une guérison magique mais une acceptation à vivre avec nos failles , conditionnements ou stigmates. La parole dévoilée, la prise de conscience, la condition assumée de boiteux, les relations humaines...sont autant d'outils et d'armes à notre disposition pour aimer notre imperfection, à l'image peut être d'un Dieu miséricordieux envers ses fragiles créatures.
    Isabelle Le Bourgeois évoque l'alliance divino-humaine en la personne du Christ, qui assuma pleinement le paradoxe humain, en s'incarnant.
    Au sein de la matière ou de l'ombre, la lumière ; englobant l'ego-mental, un Je Suis rayonnant ; en soi l'Autre, le Fils, pour mieux se relier à la parole de conciliation ou de consolation...
    L'autrice veut croire en un sens et un Plan au milieu des apparents tourments ou épreuves. De l'inaccompli de nos tâches à la résilience en passant par une clarté de vision ou la reconnaissance d'une bienveillante présence, l'émerveillement et l'espoir restent de mise dans un monde dépeint souvent par trop chaotique.

     

  • Transfiguer le monde

    Être vrai, c'est demeurer dans la lumière de la conscience,être attentif et, à chaque instant, être un avec tout ce qui nous arrive, agréable ou désagréable. C'est demeurer dans la lumière de l'amour, c'est laisser le logos prendre corps en nous. (p.225)

     

    leloup.jpgAvec la Philocalie des Pères du désert - initiation à la sobriété de l'âme, paru chez Albin Michel, Jean-Yves Leloup revient à ses premiers amours, la tradition orthodoxe et ses exercices spirituels (souffle, Nom, Présence au cœur, prière, vigilance...) en vue de devenir l'Archétype de la synthèse, synergie Dieu et homme, Christ.
    Douze auteurs incontournables de la Philocalie - ou amour de la beauté - plus deux hésychastes contemporains sont présentés avec extraits de leurs écrits et résonance de l'auteur, ainsi qu'un copieux lexique français-grec.
    La pratique et les conseils prodigués par les pères du désert peuvent paraître désuets pour notre époque mais ils touchent à un savoir faire et un savoir-être bien vivants en orthodoxie, en quelque sorte un christianisme ésotérique que des moines se sont transmis de génération en génération.
    Quelques exemples de sagesse éprouvée : "Au-delà de l'âge de raison, il faut accéder à l'âge d'oraison", à savoir prier sans cesse en essayant de devenir uni à "Cela" qui respire en nous... "la Conscience expie nos péchés/pensées impures" signifie que le calme advient quand la lumière de la Conscience englobe et annihile le petit ego..."Le corps est le temple de l'Esprit et non le tombeau de l'âme" pour qui sait qu'au cœur se tient la Présence de Dieu, du Je Suis et que nous sommes appelés à viser haut en cette vie.
    Le Christ en soi ou l'Esprit Saint sont les promesses et trésors de la Parousie que certains anachorètes ont incarnés au cours des siècles, preuve d'un amour projeté en leur prochain, fut-il ennemi, et présence du Christ en chacun.
    Il s'agit avant tout, conclusion de Jean-Yves Leloup, de porter sur le monde un regard neuf, attentif, beau voire miséricordieux, à l'image de l’œil de Dieu sur nous, non pas lors d'un monde nouveau à la fin des temps mais ici et maintenant, pour sauver le monde.

     

  • Conscience-cieux

    "Le cerveau n'est donc pas le lieu de production de la conscience, il n'est que le récepteur/émetteur de la conscience non localisée". (p.238).

     


    fauré.jpgLe psychiatre Christophe Fauré explore dans Cette vie ...et au-delà paru chez Albin Michel la thèse d'une conscience non locale qui survit après la mort. Cette révolution spirituelle en vogue (les auteurs J. Morisson et R. Leterrier, L. Kasprowitz, Ph. Guillemant, S. Allix, L. Basset entre autres) est partagée par une batterie de scientifiques post-matérialistes à travers le monde et risquerait de contaminer à terme le scientisme encore bien imprégné des Lumières (je crois ce que je vois).
    L'ouvrage est truffé de témoignages d'EMI (expériences de mort imminente), d'EFV (expériences de fin de vie), de VSCD (vécu subjectif de contact avec un défunt) ou de souvenirs de vies antérieures, qui se comptent désormais par millions.
    Amour inconditionnel et sagesse d'être relié au Tout et à tous sont les leçons de ces visions de l'invisible, que valident depuis toujours les spiritualités sacrées (hindouisme, mysticisme, chamanisme...) ou les expériences sous enthéogenes (O. Chambon, S. Schillinger, I. Kounen...).
    La science rejoint donc ici la religion quand elle s'intéresse à la conscience (l'esprit) plutôt qu'à la matière (le corps), même si les deux semblent s'interpénétrer l'une l'autre (le symbole du Tao ?).
    Le docteur Christophe Fauré signe ici un livre jalon et accessible, fédérateur on le souhaite d'une reconnaissance de ces expériences hors normes pour le bien-être des patients, des accompagnateurs (familles et personnel médical) et la vivification d'une conscience spirituelle planétaire.

     

  • Se transfigurer

    basset.jpg

    "Il ne faut pas la quitter mais l'élever. Votre plus grand trésor est cette personne...Brûle ! (Dialogues avec l'Ange)

    Ce qui se joue là, c'est la possibilité de vivre libre de la peur - celle de la mort incluant toutes les autres. p.23

     

    La foi véritable a ses racines dans l'invisible, là où témoins mystiques, "expérienceurs" ou scientifiques modernes décrivent "la Vie de toujours... infinie, invincible", le Royaume de lumière qui est  "un Amour sans limites".
    C'est de ce terreau ou "corps" spirituel qu'est constitué Cet Au-delà qui nous fait signe, le dernier livre de la théologienne-écrivaine Lytta Basset paru chez Albin Michel.
    Terrassée un temps par le suicide de son fils Samuel, elle relate sa lente reconstruction grâce notamment à une certaine Maryam, un "canal de compassion" qui sut la toucher par des signes et des preuves de l'entrée de son fils dans la Vie unitive (paroles réconfortantes, synchronicités, supports physiques). Un travail personnel sur sa naissance et ses liens ancestraux a consolidé en parallèle son propre "corps-don" pour l'au-delà. Un cordon, pont ou ouverture à l'Autre en soi (Le Christ ou le Vivant qui est degré de vie ou vibration) et à l'extérieur de soi (devenant parfois canal elle-même).
    Pour la désormais thérapeute, ce qui est délié sur terre est délié au ciel (parole d'évangile), sans quoi le défunt poursuit sa maturation personnelle dans l'au-delà, éludant ses propres zones d'ombre, avant de rejoindre un jour la Source, à l'image d'une sphère irradiante. Son sort dépend dès lors des liens terrestres qu'il reste à apaiser et lâcher (des deux côtés), avant de peser "de toute l'intensité de son corps spirituel", et devenir Ange-Gardien par exemple, comme c'est le cas ici.
    Le livre est riche de citations d'auteurs pionniers dans ce domaine (E. Kubler-Ross ou R. Moody), de livres phares (les dialogues avec l'ange par exemple), de théories scientifiques nouvelles (issues de la physique quantique notamment) ; il est aussi dense et charpenté par les écrits bibliques relevant de cette Vie plénière et sublimée, avec une petite digression vers l'essence prophétique.
    L'Autrice suisse opère une synthèse réussie que n'aurait pas renié Jung, sur l'existence d'une vie après la mort.
    A l'aune de son vécu, sa vision est désormais naturellement augmentée, parfois illuminée de l'intérieur, confiante et sans peur pour l'a-venir, englobant la destinée humaine dans son ensemble.
    Un souffle parcourt l'ouvrage, qui gagne en clarté à mesure de son dévoilement. Dans les pas de François Brune, Lytta Basset réactualise la notion de foi chrétienne pour ouvrir tant qu'il est encore possible les cœurs fermés à l'évidence de l'invisible et à une possible Relation (divine) vécue en profondeur.