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vision

  • Conforter le sain

    Vivre avec l'irréparé, serait-ce apprendre à recouvrer la vue ? Serait-ce découvrir comment vivre avec le réel, autant que faire se peut, et ainsi ne plus accréditer l'idée que l'on pourrait sortir indemne de la douleur et du temps qui passe ?...Accomplir sa vie, serait-ce entrer dans l'inachevé et accepter l'irréparré comme gage d'authenticité du vécu ?  (p.27 et 208)

     

    Isabelle le Bourgeois,Vivre avec l'irréparé,Albin Michel,Dans Vivre avec l'irréparé paru chez Albin Michel, Isabelle Le Bourgeois poursuit sa réflexion sur le mal qui abîme et habite le monde et l'intention de son potentiel Créateur.
    Psychanalyste croyante et auxiliatrice auprès des plus délaissés, elle intègre dans ce livre quatre vécus de "patients" qui symbolisent et nourrissent son inspiration, avec ses années d'écoute au compteur (notamment en prison).
    L'irréparré ouvre sur un champ de possible qui n'est pas une guérison magique mais une acceptation à vivre avec nos failles , conditionnements ou stigmates. La parole dévoilée, la prise de conscience, la condition assumée de boiteux, les relations humaines...sont autant d'outils et d'armes à notre disposition pour aimer notre imperfection, à l'image peut être d'un Dieu miséricordieux envers ses fragiles créatures.
    Isabelle Le Bourgeois évoque l'alliance divino-humaine en la personne du Christ, qui assuma pleinement le paradoxe humain, en s'incarnant.
    Au sein de la matière ou de l'ombre, la lumière ; englobant l'ego-mental, un Je Suis rayonnant ; en soi l'Autre, le Fils, pour mieux se relier à la parole de conciliation ou de consolation...
    L'autrice veut croire en un sens et un Plan au milieu des apparents tourments ou épreuves. De l'inaccompli de nos tâches à la résilience en passant par une clarté de vision ou la reconnaissance d'une bienveillante présence, l'émerveillement et l'espoir restent de mise dans un monde dépeint souvent par trop chaotique.

     

  • Au plus près du Réel

    Little Big Horn,La véritable histoire du far West,ANtoine Giner-Belmonte,Lucas blengino,David Goy,Farid Ameur,Chris Regnault,Christian Rossi,éditions Glénat Fayard,25 Juin 1876,Black Hills,Sitting Bull,vision,Mai 2023Little Big Horn est un album académique des éditions Glénat/Fayard, concrétisé à quatre mains dans la collection La véritable histoire du Far West. Beaucoup de soin est apportée à cette œuvre écrite par Luca Blengino et David Goy sur les conseils historiques du spécialiste des Etats-Unis Farid Ameur. Le dessin bluffant de réalisme, en jeu ou statique est confié à Antoine Giner-Belmonte,  disciple minutieux et inspiré de Christian Rossi. Le souci du détail confère à l'excellence et la couleur de Chris Regnault sublime les cases (qui parfois s'ouvrent dans un vent de liberté), faisant de ce projet une réussite indéniable.
    Lecture haletante et immersion totale dans cette bataille dont l'intrigue monte crescendo, avec rythme et plans cinématographiques, même si l'on connaît l'issue et la date charnière.
    Le dimanche 25 Juin 1876, dans les Blacks Hills entre le Wyoming et le Dakota, le 7eme régiment de cavalerie de l'armée fédérale commandé par le lieutenant-colonel Custer, est mis en déroute (267 officers et soldats tués) à Little Big Horn, par une coalition/union sacrée sioux-cheyennes avec Sitting Bull comme chef chamane.
    Le scénario semble actuel puisqu'il évoque le combat éternel entre la quête de l'or et la défense d'un territoire sacré, avec ici une victoire temporairement remportée par l'esprit sur la force. Une prophétie visionnaire indienne sépare les belligérants croyants et finit par se concrétiser. Elle marquera l'Histoire et l'imaginaire de tout peuple opprimé, créant également le doute ou la faille dans la toute puissance d'une machinerie techniquement (ou technologiquement avec le transhumanisme actuel) complexe.
    Avec Little Big Horn, tous les ingrédients sont réunis pour en faire un classique du genre, notamment par  son exemplarité sur le sujet (addendum historique). La couverture est à l'image du projet : ambitieux, vivifiant et intemporel.
    Nous remettons en lien l'entretien réalisé il y à quelques semaines avec Antoine Giner Belmonte qui évoquait entre autre dans la troisième partie, la création de cette BD.   
     

  • Au coeur de la Taïga

    Non pas un rêve, un vrai monde, ton monde...


    Tigran,Shaman-La Quête,Mama éditions,Mongolie,vision,rêve,esprits,initiation,chamanisme,Avril 2022Shaman de Tigran sera une trilogie qui paraît chez Mama éditions.
    Le premier volume, la Quête, nous emmène sur la steppe mongole où un jeune français a été adopté et reconnu comme fils spirituel d'une chamane, Otharjanat. Cette dernière l'a vu lors de leur première rencontre et a su qu'il perpétuerait sa lignée car on naît chaman. Il faut dire que le héros faisait des rêves étranges, jeune, qui l'emportaient dans un tout autre monde, celui de la magie. Pas de fioritures ici, on rentre directement dans le vif du sujet.
    La Quête est l'histoire de cette transmigration d'âme, de son initiation au sein de la communauté en tant que guérisseur et de sa rencontre avec la belle autochtone Hilga, promise à un autre homme du clan mais destinée par les esprits tutélaires à une autre alternative...
    Petit livre aux courts chapitres tels des flashs, comme ceux vécus par l'auteur avec ses allers-retours dans l'autre réalité, ce premier tome est haletant et nous immerge complètement dans l'univers chamanique, ses rites, ses croyances, ses esprits, ses animaux passeurs aussi comme Arzan, le cheval grège, qui accompagne le héros dans sa quête initiatique.
    Y est introduit une réflexion sur l'espace-temps, où passé et futur s'entremêlent pour conforter le Shaman dans la maîtrise et la confiance en soi, ses pouvoirs, ses visions mais surtout sa capacité à laisser œuvrer l'esprit à travers lui.
    C'est la suite qui déterminera la saveur et la teneur du récit même si  ce premier jet se suffit à lui-même comme condensé ou essence du chamanisme.

     

  • Les matrices du Dieu

    Coup de Choeur spiritualité

     

    Les femmes savent car elles ont la garde du mystère...ce don de voir, cette capacité de discernement des signes du divin signera la sacralisation de leur corps et ainsi leur enfermement” (p.53 et 54).

    “Mais suis-je bien sûre de désirer être l'égale de celui qui a établi son règne partout dans la culture et jusque dans le langage ? Ne s'agit-il pas plutôt pour moi de réussir à me convertir ou à me reconvertir au féminin dans lequel je suis née et de réaliser ce devenir propre à mon sexe, dont l'identité est à reconquérir ?” (p.132).


    karima.jpgLes Gardiennes du Secret publié chez Albin Michel, est un livre important, écrit par Karima Berger.
    Son titre, son ambition (un point de vue féminin sur la hiérohistoire islamique), sa couverture (une magnifique peinture d'Osman Hamdu Bey de femme cultivée et dévoilée), font de ce livre un manifeste féministe, une force de témoignage et un baume pour toute femme soucieuse de se réapproprier son histoire et sa culture propre.
    En filigrane se délie le tiraillement personnel de l'auteure, entre tradition (être une femme du dedans) et modernité (à cause de la transparence, après avoir perdu la vue intérieure, danger de se perdre de vue avec les hommes - p.210); entre  ouverture à la spiritualité judéo-chrétienne dominante (les mystiques plutôt que la mère spirituelle) et fidélité à sa culture religieuse (Ibn Arabi et l'émir Abdelkader en tête). Le conflit s'avérera truffé de paradoxes.
    La réflexion centrale de Karima Berger s'articule autour du verset coranique 4,34 :

    Les femmes -vertueuses et pieuses- sont les gardiennes du mystère de ce que Dieu garde (dans le mystère).

     

    Quel est donc ce point commun entre Dieu et les femmes, ce fameux secret bien gardé - Al Gayb -  (organe ? Valeurs ? Vertus ?), qu'en déduire du statut et de la stature de la femme ? Enfin qu'est-ce que cela dévoile sur l'homme musulman et sa psyché en profondeur ?
    C'est la trame de cet essai passionnant, foisonnant et juste de ton, qui nous fait (re)découvrir autrement les
    principales figures féminines de l'imaginaire musulman, de Hagar la mère d'Ismaël à Isabelle Eberhardt et, en passant, questionner le Coran, les hadiths et la poésie orientale. Un portrait de femme s'en dessine à la fois sensuel et spirituel, sensible et visionnaire. Le dévoilement opère à point, sans être voyeuriste Karima effleure l'intime des femmes de sa tradition.

    Accueil, réceptivité, passivité réactive mais aussi pudeur, silence, retrait, humilité...sont les deux faces du féminin reconnues, en essence (chez les femmes) ou apparence (chez les hommes), d'après l'auteure. Les prophètes, saints ou mystiques de tous bords ont toujours épousé cette part profonde d'eux-mêmes (l'Orient intérieur) qui mène à la complétude ou l'unité, entourés qu'ils furent de facto de nombreuses femmes. Une relation à Dieu , Karima Berger le pressent bien, est forcément alliance avec le féminin, comme le sont de  nombreux Noms ou attributs d'Allah : le Matriciant - le Matriciel (Chouraqui), le Misericordieux ou le très Rayonnant d'Amour (Gloton).