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handicap

  • Déconstruire le validisme

    Le validisme existait avant le coronavirus - et il perdurera sans doute après la crise sanitaire -, mais il s'est amplifié durant cette période par un phénomène de banalisation du mal quand il est devenu tolérable de sacrifier des vies sous prétexte qu'elles ne correspondent pas à notre idéal d'humanité (p.171)

     

    De Chair et de fer,Charlotte Puiseux,éditions de la Découverte,mouvement crip,anticapitalisme,féminisme,De chair et de fer (première édition de 2022), de Charlotte Puiseux, ressort en poche aux éditions de la découverte.
    Le livre raconte son parcours, de sa naissance problématique (une maladie génétique rare diagnostiquée) à ses années d'études (en philosophie et psychologie) puis de militantisme (elle est spécialiste du mouvement crip), sans oublier sa jeunesse compliquée auprès des institutions   médicales ou éducationnelles.
    La particularité de Charlotte Puiseux, sa force, sa sensibilité et son intelligence l'ont très tôt définie rebelle au système qu'elle considère à juste titre comme validiste, puisqu'il définit les handicapés physiques ou psychiques de moindre valeur que les gens capables...de travailler, de vivre en société, d'être en couple ou encore de consommer.
    Sa lutte pour la vie (elle est mère désormais) fut de s'armer et de s'élever par des lectures, des études, des réunions militantes (anticapitaliste, féministe et queer/crip), afin de redéfinir et se réapproprier son identité êtrique et d'en être fier plutôt qu'honteuse.
    Après lecture de l'ouvrage, on ne verra plus jamais le handicap comme un problème mais un atout, malgré les souffrances endurées, pour forcer l'idéologie dominante à ouvrir les yeux sur sa pseudo normalité et son mépris de toute différence.

     

  • S'épancher

    Ce n'est pas une nouvelle loi sur "la fin de vie" et "l'aide à mourir" qui actuellement fait défaut en France. Ce qui manque, ce sont des cœurs  aimants (p. 97).

     

    On ne pactise pas avec la mort,Jacqueline Kelen,Guy Trédaniel éditeur,droit à l'aide à mourir,On ne pactise pas avec la mort, de Jacqueline Kelen, paru chez Guy Trédaniel éditeur, est un manifeste contre la loi sur "le droit à l'aide à mourir", voté le 27 Mai à l'Assemblée Nationale.
    Forte d'une grande érudition sur le sujet, phrases ou auteurs de combat pour la Vie, Elle souligne les paradoxes de l'État sur sa (ses ?) politique envers les plus vulnérables mais surtout son déni de l'au-delà et d'une croyance en l'immortalité du Vivant en soi.
    Convoquant des mythes à propos ou des penseurs d'un État providence déchu, elle met en valeur les arrangements économiques mesquins ou la volonté de s'ériger en pourvoyeur de variables d'ajustement.
    Jacqueline Kelen reste un esprit libre et éclairé dans un monde où l'Amour véritable se raréfie, passage périlleux de l'Histoire ou signe des temps ? Elle rappelle l'évidence du souffle de vie dont personne n'est responsable ou comptable sauf un Créateur ou une Intelligence universelle organique envers qui nous serions en dette et en tâche...Reste le degré de souffrance ressenti ou l'incurabilité de certaines maladies, que justifierait une rupture dans le processus vital, au nom du libre arbitre et à titre d'exception ? N'y aurait-il pas alors une forme d'eugénisme entre une loi validiste d'un côté et une personne devenue fortement handicapée de l'autre ?

     

  • L'esprit du Tibet animé

     

    Invincibles-900x1278.jpgLe bouddhisme tibétain vise la conversion des cœurs plutôt que le ressentiment ad nauseam. La compassion et le pardon sont les maîtres-mots de ce manga à destination de la jeune génération, la dernière selon le Dalaï-Lama à pouvoir sauver notre planète de son extinction, par la force de l'esprit et avec des actes qui partent du cœur. Le titre "Les invincibles" qualifient leur grandeur d'âme (endurance, empathie...)
    Depuis l'ingérance (ou colonisation) de la Chine sur le Tibet en 1959 (1/6ème de la population décimée) beaucoup ont fui en Inde dans l'espoir un jour de retrouver leur patrie et son chef spirituel. Ce dernier, s'il prie pour ses persécuteurs, s'est fait moine errant pour défendre la cause, en édifiant un Potala intérieur, en souvenir du palais de Lhassa, demeure des lamas.
    De tout cela il est question dans cette BD écrite par Sofia Stril-Rever qui se met en scène dans une histoire inspirée de faits réels. Elle commence par la rééducation physique et mentale de Maya, qui vient de perdre une jambe dans un attentat terroriste. L'héroïne va ainsi découvrir et s'intéresser à la tragédie tibétaine à travers la méditation. Cela la conduira jusqu'en Inde et au delà vers une renaissance et une aventure humaine à déplacer les montagnes. L'histoire touche même au merveilleux (les pouvoirs secrets) et à l'invisible (la prescience du massothérapeute Bernard Dubreuil) par le biais ingénieux et intelligent de cette anime-action dessinée en(tre) ombre et lumière par la mangaka Kan Takahama (merveilleuse auteure de La lanterne de Nyx et Le dernier envol du papillon, à découvrir). Il y a une certaine fraîcheur à voir le dalaï-lama et son histoire, ainsi croqués, à destination d'un lectorat plus jeune ( de 14 à 90 ans...), à l'initiative de Massot éditions.
    On mesure également à la lecture de ce roman graphique, l'importance de l'alliance franco-tibétaine, pays proches en philosophie spirituelle et conception des droits de l'homme. Une forte mobilisation sur les réseaux sociaux a permis de faire connaître et avancer la cause tibétaine, un exemple de dépassement de soi en vue d'un meilleur vivre ensemble.