blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Egalité

  • L'or, sous les apparences

    L’oiseau d’or de Kainis Tome 2, L’oiseau d’or de Kainis Tome 3, L’oiseau d’or de Kainis Tome 1, Glénat manga,  Kazuki Hata, shojo, XIXe siècle, sexisme, autrices, Angleterre, octobre 2022Alan Wedgewood est un écrivain pour tous les londoniens qui le côtoient. Seulement, il cache un secret qu’il croit bien gardé. Malheureusement juste avant le Tome 2 de L’oiseau d’or de Kainis (paru le 15 juin) son ami Myles le découvre. Comment va-t-il se comporter avec Alan maintenant qu’il sait qu’elle est une femme ? Kazuki Hata, l’auteure du manga, nous invite dans les questionnements quotidiens des deux personnages. Elle nous fait également découvrir le passé de Myles qui a lui aussi des choses à cacher. Ainsi Alan ou Léa, de son vrai prénom, tente de percer les mystères de son ami, sans savoir qu’il a décelé le sien. Nous faisons également la connaissance de Jared Snow, une romancière venue de Paris qui mène une vraie réflexion sur la société et les différences entre les hommes et les femmes. Sa présence rend Alan très nerveux tout en éveillant sa curiosité et ses convictions profondes.

    l’oiseau d’or de kainis tome 2,l’oiseau d’or de kainis tome 3,l’oiseau d’or de kainis tome 1,glénat manga,kazuki hata,shojo,xixe siècle,sexisme,autrices,angleterre,octobre 2022

    Glénat éditions nous propose le Tome 3, sorti ce 21 septembre. On retrouve Lea dans sa campagne pour le mariage de sa grande amie. Dans ce nouveau manga Alan/Léa et Myles semblent plus unis que jamais, et pourtant petit à petit quelque chose va changer imperceptiblement. Dans cet avant dernier tome, les deux protagonistes semblent à fleur de peau l’un et l’autre, pas forcément pour les mêmes raisons. Jared Snow inspire de plus en plus Alan, Myles s’occupe d’un de ses anciens colocataires, mais son esprit est ailleurs. Kazuki Hata continue à nous tenir en haleine dans ces deux tomes, tout en élargissant son propos et en dépeignant la vie des individus de l’époque.

    Les lecteurs suivent les trajectoires des personnes de la haute société londonienne comme des jeunes enfants orphelins qui vivent dans la rue, des intellectuels solitaires autant que des employées des maisons closes, des femmes des campagnes puis des hommes des villes. La mangaka arrive à nous fait revivre toutes ces différences et ces entrechocs permanents. Ses dessins tout en finesse nous permettent de percevoir toutes les nuances entre les gens ainsi que l’émotion qui se dégage des visages. Inutile de préciser que le tome 4, dernier manga de la série, suscite notre curiosité et développe notre imagination. D’autant plus qu’il ne devrait pas sortir avant mars 2023 !

    Images: Glénat

  • La plume de Londres

    L’Oiseau d’or de Kainis , Kazuki Hata, édition Glénat , Littérature féminine du XIXème siècle,  Gloucestershire, Angleterre, Jane Austen, Les sœurs Brontë, Virginia Woolf.juillet 2022Japan expo depuis hier. Pour ceux qui n'y vont pas, voici une petite chronique de manga pour rester dans l'ambiance !

    «Une fille qui écrit ? On aura vraiment tout vu », « un véritable enfantillage », « Une fille ne sera jamais capable d’écrire un texte pareil » : Voilà ce qu’entend la jeune Léa dès son plus jeune âge à l’est de Gloucestershire. Kazuki Hata, l’auteure situe son manga « L’Oiseau d’or de Kainis », édition Glénat, au début du XIXe siècle en Angleterre. Effectivement à l’époque, cela ne venait même pas à l’idée qu’une femme puisse écrire. Ainsi Léa Void, 19 ans, est une jeune fille bien élevée, qui habite à la campagne chez son père, pasteur. Elle a une gouvernante qui s’occupe d’elle. Bref, Léa semble à mille lieues de déroger aux règles patriarcales du siècle. Seulement la jeune femme n’a jamais cessé d’écrire en secret et décide d’envoyer son manuscrit à un éditeur sous le pseudonyme d’Alan Wedgewood. La réponse ne tarde pas a arriver : le livre va être publié !

    Le manga nous embarque dans les péripéties de Léa qui va petit à petit devoir se faire passer pour un garçon, rencontrer éditeur et écrivains dans la bouillonnante ville de Londres. La découverte de la capitale, du monde littéraire et des habitudes des hommes nous est raconté avec beaucoup d’humour et une pointe de gravité. Les dessins retranscrivent bien les différences d’atmosphères entre les grands espaces et l’insouciance à la campagne, la promiscuité et la sophistication intellectuelle « in London ». Kazuki Hata s’attarde également sur les discussions entre auteurs et le processus d’écriture propre à chacun d’eux. La mangaka prend un malin plaisir au fil des cases à transformer Léa en homme avec les détails des cheveux, des habits puis entame ensuite le processus inverse lorsqu’Alan doit redevenir une brave jeune fille.

    Nous sommes vite aspirés dans l’histoire de Léa Void et ravis puisque le tome 2 et déjà sorti et le tome 3 sera disponible dès la rentrée (4 tomes au total). Peut-être y trouverons-nous un indice sur les raisons de ce titre poétique et mystérieux : « L’Oiseau d’or de Kainis ». Quoi qu’il en soit, il nous prend comme une envie de replonger dans la littérature anglaise du XIXe siècle, écrite par des femmes bien entendu. Quelques noms nous viennent en tête : Jane Austen, les sœurs Brontë … et puis … et puis c’est un début. Et pour comprendre pourquoi il n’y en eu pas plus, relisons donc l’indispensable Une chambre à soi de Virginia Woolf (qui est du XXe siècle).

    À partir de 14 ans.

    Image: Glenat

  • EgaLisez

    Quatre mois pour être égaux (sans s’embrouiller), Sophie Rigal-Goulard, Rageot, stéréotypes de genre, égalité filles-garçons, sexisme, Dix jours sans écrans, faux jumeaux«  Tuan a chuchoté : - De toute façon, les filles sont toujours en train de se plaindre ! Ma sœur est pareille ! »

    L’égalité entre les hommes et les femmes, oui je suis pour, surtout dans les pays encore discriminants, mais ici en France, ça existe déjà et depuis longtemps, pourquoi on en parle encore ? C’est en substance ce que pense Gaël, son père, ses copains et à peu près tous les garçons du collège. Peut-être même aussi ceux qui lisent cette chronique. Seulement dans Quatre mois pour être égaux (sans s’embrouiller) de Sophie Rigal-Goulard, publié par Rageot, ce n’est pas du tout l’avis de Gaïa, la sœur jumelle de Gaël. Depuis qu’ils ont répondu à un questionnaire en classe sur cette fameuse égalité, elle est devenue féministe des pieds à la tête, et jusqu’aux ongles vernis, pourrait ajouter son ami Tuan (apparemment c’est l’obsession de sa grande sœur May). Quoi qu’il en soit, Gaïa s’est mise en tête de prouver à Gaël et au monde entier que les femmes et les filles sont discriminées ici en France et qu’il nous faut absolument changer les choses. Désemparé par sa nouvelle obsession le garçon lui propose d’échanger son cours de boxe contre ses séances de natation synchronisée. Les réactions de la famille, les coachs mais aussi les copains-copines ou d’autres sportifs de son âge vont remettre en cause les préjugés de Gaël sur le fait que les préjugés n’existent plus à notre époque. L’adolescent est certain d’une chose, sa sœur ira jusqu’au bout. Quant à leur grand-mère, elle entre carrément en rébellion féministe à l’âge de la retraite !

    « Je n’ai pas répondu au grand balèze qui m’a lancé un « Tu fais ta majorette, aussi ? » […] « En vrai c’est une technique de drague ? » »

    Drôle, tendre, listant les problèmes réels des filles et femmes, chiffres à l’appui, ce roman fait un bien fou (et pas qu’aux « petites meufs ») , recadre les machos et montre que les garçons souffrent aussi des injonctions de la société: l’homme doit être fort, ne pas pleurer ne pas porter de rose et encore moins être trop « gracieux ». Quant à la fille, elle est beaucoup trop douce pour faire un sport de brute, elle aime forcement se maquiller et faire à manger pour toute sa famille, qu’elle soit fille, mère ou grand-mère. Bref, voici un bon livre à découvrir dès 9 ans et jusqu’à 99 ans, en famille, c’est plus marrant. Et pourquoi pas tenter le défi proposé à l’échelle d’une classe, d’une école ou d’un collège ? C’est beau de rêver ! C’est même indispensable pour changer la société.

    Sophie Rigal-Goulard, autrice de Dix jours sans écrans ou 14 jours en mode survie sait aborder les thèmes d’actualité et les sujets qui fâchent avec subtilité, humour, en prenant en compte tous les points de vues et surtout en gardant à l’esprit que la lecture, c’est surtout du plaisir ! Pas de doutes avec ce bouquin court, facile et revivifiant. Alors lisez et foncez vers plus d’égalité !

    « C ‘est pour une fille ou pour un garçon ? A demandé la vendeuse à Livia qui lui expliquait qu’elle cherchait un cadeau de naissance ».

    Image : Rageot

  • Sublime diversité

    Nos identités celles qu’on nous impose celles que l’on cache, Hawa N’Dongo, Nocturne, Sarak Saysouk, Grâce Ly, Aya Cissoko,Jennifer Padjemi, éditions Rageot, association Diveka, diversité, avril 2022Réunir six autrices d’horizons divers pour parler de la diversité ou plutôt raconter des histoires multiples. Tel est le pari des éditions Rageot et l’association Diveka avec le recueil Nos identités celles qu’on nous impose celles que l’on cache. Lire d’autres voix, entendre d’autres rêves, vivre d’autres sensations. Et peut-être se réjouir que ces nouvelles plumes captent si bien l’air du temps et arrivent à point nommé pour exprimer toutes les humanités qui coexistent et passent pourtant souvent à côté des radars. Ainsi, elles seront un premier pont vers des lecteurs réticents car absents des récits puis une petite graine pour de futurs écrivains et écrivaines prenant soudain confiance en eux. Seulement ces voix ne doivent pas être éphémères le temps d’un projet ou d’un concours de circonstance. Ainsi, espérons que nous suivront Hawa N’Dongo, Nocturne et Sarak Saysouk aux côtés de Grâce Ly, Aya Cissoko et Jennifer Padjemi, les membres du jury, qui partagent également leurs récits. Leurs noms deviendront peut-être familiers à nos oreilles, et pourquoi pas étudiés en classe (thèmes inspirants), partagés, pas seulement par un petit nombre d’initiés mais par chacun et chacune puisque de la diversité émerge l’unité.

    Dans ces six nouvelles , il est beaucoup question de transmission, comme Basilia, dans La poésie du Bubble tea de Grâce Ly, qui n’aime pas  son prénom et à qui sa maman n’en a jamais expliqué l’origine. Peut-être est-ce enfin le moment d’en savoir plus pour s’aimer un peu mieux ? Dans L’initiation, nouvelle théâtrale, d’Aya Cissoko, Hatouma et Massou, mère et fille, l’une née au Mali et l’autre en France, ont beaucoup de mal à se comprendre et vont faire en une nuit, le pas l ‘une vers l’autre, qu’elles n’avaient jamais osées accomplir. Lola, héroïne d’Un latte, s’il vous plaît de Jennifer Padjemi ne supporte pas d’entendre parler de colocation. En effet, elle vit mal la situation de pauvreté dans laquelle sa mère et elle vivent et n’ose pas prendre son indépendance. Enfin, Hawa N’Dongo nous raconte l’histoire d’ Astou et La photo de Classe. L’adolescente est beaucoup moins enthousiaste que ses parents à l’idée de porter un costume traditionnel pour la photo de classe du collège. Petit coup de cœur pour cette dernière nouvelle qui pourrait être lu à l’école juste avant que les flashs ne crépitent. Une manière d’être fière de ses origines plutôt que de les cacher honteusement.

    Étouffer ce qu’on est, qui on est, c’est souvent ce que font les protagonistes avant de se rendre compte à quel point cela fait partie de leur richesse et leur singularité, même si la société les laisse de coté pour cela. Dans la nouvelle de Nocturne, Hors du Terrier, Ciguë vit protégée, à la campagne, où ses préférences ne sont pas un problème. Ce n’est plus le cas en ville : lesbienne, noire, non-binaire, hypersensible, les différences dérangent et le chemin est long pour être accepté tel que l’on est. Un écho à Voyage entre les mondes de Sarak Saysouk où Sourya se sent mieux avec son avatar devant un jeu vidéo pour communiquer avec une fille de sa classe que dans la vraie vie. De peur d’être rejeté parce qu’il est autiste Asperger, l’adolescent prend les devants pour éviter d’être humilié. Heureusement les vraies rencontres peuvent tout changer. Un peu comme plonger dans une histoire touchante et vibrante, qui nous permet de regarder le monde avec une autre paire d’yeux et vous élargir la vue.

    Image: Rageot édition