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Musique

  • Les chants revigorants d'Hadewijch d'Anvers

    Les chants d'Hadewijch d'Anvers,Albin Michel,Louis Peter Grijp,Veerle Fraeters,Frank Willaert,Daniel Cunin,Mars 2019Albin Michel publie un beau livre collaboratif sur des poèmes strophiques chantés (45 chants) de la Béguine mystique Hadewijch d'Anvers. Les commentaires sont de Veerle Fraeters et Frank Willaert et la traduction française de Daniel Cunin. Un CD de 13 des 45 chants en néerlandais est inclus.

    Redécouverts il y a moins de 200 ans, Les Chants ont pour thème "la Minne", soit l'amour mystique entre Dieu et l'homme qui demeure, quelles que soient les saisons (métaphore des épreuves).

    Au 13ème siècle, les Béguines étaient des groupes de femmes en quête de perfection spirituelle mais non soumises au clergé. La chanson populaire à partir de mélodies de trouvères (troubadours) de l'époque était un bon moyen d'initiation car "la répétition constante de mots clés (amour, désir, fidélité) révélait une grande valeur méditative".

    Hadewijch était une de leur guide pour cheminer vers le parfait Amour. Ses poèmes réalistes et sans concessions évoquent souvent le pôle sombre et méconnu de l'Amour.

    ...Avant que tout soit uni à tout

    On goûte à d'amères souffrances (16)

    ...En toute saison il doit souffrir

    Celui qui veut servir la haute amour... (17)

    L'Amour exige, l'Amour est un joug (efforts et douleurs sont connivents au service de la minne) avec lequel il convient de cohabiter corps et âme dans la patience et la persévérance.

    ...C'est une façon bizarre de vous terrasser

    Plus elle aime, plus elle accable... (17)

    Avec ces chants il s'agit d'exhorter, de raffermir l'ardeur de la foi devant une ascèse qui peut parfois prendre des années avant d'en espérer des fruits réguliers (la pratique des vertus).

    Certes les signes ravissent les novices mais sans fermeté d'âme ou résistance du corps, les efforts peuvent s'avérer vains.

    Par moments Hadewijch rappelle le lot, le trésor de cœur escompté, tel un horizon entrevu subrepticement et atteignable pour certaines et certains, dans la longue et âpre course de fond, tel un jalon sur le chemin :

    Le prix de la Miséricorde et la dette de la loi,

    L'amant les paie au début.

    Une fois qu'il possède cette fougue,

    Il se met à faire d'immenses profits :

    Il accomplit chaque travail sans difficulté,

    Il endure chaque souffrance sans douleur,

    C'est une vie au -delà de l'entendement humain (20)

    ...Mais celui qui est altier et sage

    parvient à Te suivre en tout,

    Dans le doux, dans l'aigre, dans le confort, dans la crainte,

    Jusqu'à ce qu'il sache tout à fait ce que Tu attends de lui

    Quand Tu lui montres Ta volonté aussi clairement,

    Sa douleur se trouve apaisée...(40)

     

    A l'écoute des chants on pourrait les croire lourds ou graves, il n'en est rien. Chantés seul ou à plusieurs ils clament la légèreté d'âme et sont d'une beauté épurée. Cœurs enjoués déclament des paroles paradoxalement émanant d'un cœur que l'on pourrait croire contrit et l'on comprend pourquoi ces "Liederen" constituent aujourd'hui l'une des fiertés nationales des Flandres et des Pays-Bas. Ils sont la Mémoire d'une ascèse mystique, identique en tout temps et par conséquent universelle.

    Un extrait du chant 18 : Groeter goede vore den tide

    podcast

     

  • L'épopée fidèle d'Abd Al Malik

    "...La rue on a surmonté, maintenant on magnifie l'humanité, mon rap est un roman national..."(to be or not to be)

     

    abd al malik,le jeune noir à l'épée vol 1,présence africaine,editions flammarion,musée d'orsay,le modèle noir,de géricault à matisse,charles baudelaire,wallen,bilal,mattéo falkone,mars 2019Nouveau projet artistique généreux pour Abd Al Malik qui depuis quelques années est en fait sur disque un quatuor d'artistes avec sa femme Wallen, son frère Bilal et son ami Mattéo Falkone.

    Il s'associe ici avec l'exposition "Le modèle noir de Géricault à Matisse" au musée d'Orsay (Exposition jusqu'au 20 Juillet 2019) et Présence Africaine.

    Le jeune noir à l'épée vol 1 est un beau récit poétique et moderne paru chez Flammarion dont la source est la contemplation de quatre tableaux de l'exposition. Une fiction, des photos et des textes de rap/chansons poétiques font de ce livre cartonné un bel objet. Quatre parties qui retracent le parcours parfois compliqué mais riche et complexe de l'auteur-chanteur-créateur.

    Un nouveau CD de 9 titres originaux s'y ajoute (on peut se le procurer seul) et le tout (livre et CD) est entrecoupé de poèmes de Charles Baudelaire, dont la muse Jeanne Duval fut noire ou métissée.

     

    De poésie il est en effet question comme art de vivre sa vie d'adulte, comme manifeste d'aimer malgré tout, comme sens à la contemplation de ce monde aux aspects parfois chaotiques.

    L'auteur évoque la laborieuse reconstruction de l'estime de soi, préalable nécessaire pour s'octroyer les moyens de créer du beau et trouver sa place dans un monde qui peut parfois nous en laisser peu. Le parallèle et l'analogie avec les migrants ("la vida negra") ou les gens du voyage (titre éponyme) est condensé et synthétisé dans le magnifique a capella "eux" qui clôt l'album.

    Après un dernier opus métissé moyennement convaincant (scarifications) produit par Laurent Garnier, deux albums collectifs (Beni-Snassen), un film et sa B.O (L'adaptation de l'autobiographie "qu'Allah bénisse la France"), l'artiste prolifique multi-casquettes pose une pierre de taille à son œuvre, une pierre précieuse multi facettes et cohérente qui, on lui souhaite, renouera avec le(s) succès.

     

    Abd Al Malik a beaucoup expérimenté ces dernières années, quitte parfois à s'éloigner d'un public hip-hop originel pour aller vers une reconnaissance médiatique et institutionnelle. MC Solaar ou Soprano ont suivi des parcours similaires et il faut reconnaitre que, loin de s'être vendus, ils ont amené la musique urbaine à une autre échelle, à un autre niveau. D'aucuns considéreront qu'en chemin ils ont perdu leur âme, d'autres estimeront qu'ils la confinent à l'universel (La vida negra, tirailleurs ou encore le jeune noir à l'épée)

    Malik avec cet album résolument hip-hop dans son concept et exigeant, dont le prélude est le titre musical "justice pour Adama" se replace dans une optique universelle (la quête d'identité, l'acte créateur, l'émancipation de ses chaines mentales, la stigmatisation de la différence) en amenant sa communauté (religieuse, ethnique et géographique) dans un ailleurs pacifié, libre et en rayonnement, l'état d'être.

    C'est aussi une des dernières apparitions de Gérard Jouannest (Jacques Brel, Juliette Gréco) qui a co-écrit plusieurs titres (dont les magnifiques Strasbourg et les gens du voyage) et qui était devenu un ami précieux dans l'école de la chanson française (au-delà de tout étiquetage), tout simplement.

    Vivement le volume 2 !

     

  • Alpha Wann disciple du Verbe

    J'apporte la lumière dans le noir...

    umla.jpgD'aucuns prétendent qu'il a sorti l’album rap de l’année (2018) mais le premier long format d'Alpha Wann (membre de 1995 et de l'Entourage et auteur de 3 Ep "Alph Lauren") est un futur classique donc intemporel.

    Si un MC est la voix des sans voix, un haut parleur du peuple, il est aussi et surtout le catalyseur d'une certaine époque avec son langage, sa culture, ses humeurs et ses préoccupations. Les 17 chroniques de Philly flinguo auraient pu être écrites il y a 20 ans dans un autre pays, elles auraient résonné identiques sur le fond. La forme quant à elle est fruit de son ère, sublimée par 4 producteurs de talent (Hologram Lo, VM the don, Jay Jay &Lama onthebeat, Diabi) et masterisée par Alex Gopher (déjà là pour les albums de Nekfeu). Le bonhomme, quoi qu'il en pense est généreux (59 minutes de son), partageur (5 feat, 5 producteurs et 2 crews) et capable de remords, ce qui est un bon début dans la vie...

    ...Dis à la France que tout se paye, ce pays est en stagnation

    Ici, c'est racisme et vente d'armes, des clodos à chaque station

    Tu l'appelles Mère Patrie, j'l'appelle Dame Nation...

    Album dense donc, très écrit (quelques respirations dans les textes auraient cependant été les bienvenues), techniquement et tactiquement irréprochables, on reste stupéfait par le flow du Don à la fois rapide et précis. Son épée est acérée à souhait et nécessite un lâcher prise mental pour en saisir l'essence et le tempo. C'est un art de vivre et une façon d’être (hip hop ?) et rares sont les rappeurs qui freestylent en improvisant complétement sur le moment. C'est un peu la marque de fabrique du jeune parisien et son style s'en approche tant on a l’impression dans cet opus qu'il rappe comme il parle en passant parfois du coq à l'âne.

    C'est aussi une belle oeuvre toute en paradoxes : ego à la fois fort et fragile, croyant mais peu exemplaire, talentueux mais sévère envers lui parfois, peu ambitieux mais perfectionniste, imparfait mais excellant dans son art.

    Le titre « Une main lave l’autre » est un rappel de la religion de Phal et évoque le difficile équilibre à trouver dans un monde où les lumières artificielles font du pied et décentrent de l'effort intérieur.

     

    Très bon album de hip hop donc, français de surcroit, enterrant la hache de guerre entre old school et new school ( du boum bap à la trap pour les prods), dans la veine d’un « Si Dieu veut » de la FF ou de feu Lunatic. Inspiré et craché dans un seul expire, il eut été parfait allégé de 2-3 titres. Souhaitons à Alpha de trouver la paix de l’âme comme Ali  ou encore Kery James, qui démontrent que l' on peut cracher du feu sans jouer avec.

    ...1 pour les Clio, 2 pour les Renault, renoi
    J'suis un griot, flamme olympique comme aux JO...

     

  • Ciel Blanc ou L'appel des profondeurs

     

    ...Dans les profondeurs de la terre et de la nuit,

    Dans l'épaisseur du sommeil et de l'oubli,

    Nos racines puisent encore sous la mémoire et sous la mort

    Je les croyais absentes et soudain je perçois

    Nous sommes perchés sur des épaules des géants... (chanson "les géants")

     

    Les œuvres réussies sont toujours le fruit d'un collectif uni autour d'une vision commune et les œuvres magiques sont nimbées d'amour.

    Le canadien Lubomir Arsov avait déjà frappé fort l'an dernier en présentant "In Shadow" sur le net, inspiré de quelques archétypes jungiens à forte teneur symbolique. Le collectif Ciel Blanc nous propose à son tour ce projet artistique au titre éponyme. C'est made in France, artisanal, original, intelligent, complet et spirituel à souhait ! Ciel Blanc,Héphaïstos, le cœur du monde,Le gué-éditions,Étienne Appert,Guillaume Darcq, Antoine Chartier,Laurent Mathis,Pascal Pourré,Benjamin Sabalot,Leila Artigala,Raphael Xaubet,Myriam Gherbi,Christian Lepère,,Rémy Foucherot,Jérome Alinot,David Michriki,Arnaud Desjardins,Gilles Farcet,Archétypes,symboles,Jung,interprétation des rêves,Catherine Marchand,récit initiatique,Moebius,Dali,Boucq,David Lynch,Miyazaki,Stanley Kubrick,Alexandro Jodorowsky,Jim Jarmush,Allen Ginsberg,Arthur H,Pink Floyd,Who,Novembre 2018

    Le bel objet c'est un dvd (qui comprend le moyen métrage HEPHAISTOS le cœur du monde, deux documentaires explicatifs avec Catherine Marchand, thérapeute jungienne et 8 clips tirés du film) et un cd des 7 chansons rock qui collent parfaitement au film.

    Tout cela est en ligne ici pour "inscrire notre travail dans l’économie du don" (avec paiement libre) ou sur commande, pour soi ou pour offrir à un esprit libre ou en passe de le devenir un jour.

    Tout Enfant véritable vibrera à l'évocation de symboles universels (que l'on retrouve dans les contes ou les mythes) tout en apprenant l'histoire d'Hephaïstos, le dieu forgeron.

    Plus qu'une quête initiatique, il s'agit ici de retrouver son visage originel, dissimulé sous le vernis sociétal ou culturel et respirer enfin, si l'on veut bien entendre cette voix(e) qui provient des profondeurs.

    En prime un entretien avec le porteur du projet Étienne Appert.

     

    ...Franchis le gouffre vers l'inconnu

    Oublie tout, deviens fou,

    Goûte à la lumière de l'entrevue,

    Passe le pont, cogne ton front sur l'infini,

    ici ici ici... (chanson "le pont")

     

    crédit photo : Le Gué Editions.

  • La Profondeur du chant de Léonard Cohen

     

    J'ai toujours en tête une chanson

    J'ai toujours en tête une chanson

    Qu'Anjani pourrait chanter

    Elle évoquera nos vies ensemble

    Elle sera très légère ou très profonde

    Mais rien entre les deux

    J'écrirai les paroles

    Et elle écrira la mélodie

    Je ne serais pas capable de la chanter

    Car ça montera trop haut

    Elle la chantera magnifiquement

    Et je corrigerai son chant

    Et elle corrigera mon écriture

    Jusqu'à ce que ce soit mieux que magnifique

    Puis nous l'écouterons

    Pas souvent

    Pas toujours ensemble

    Mais de temps à autre

    Pour le restant de nos jours. (p57)

     

     

    léonard cohen,the flame,nicolas richard,adam cohen,editions du seuil 2018The Flame (éditions du Seuil Sept 2018) est un recueil de notes, poèmes et chansons, confectionné en partie par Léonard Cohen et son fils Adam Cohen pour une parution posthume.

    On y retrouve les chansons de ses trois derniers albums, des notes inédites glanées dans ses nombreux carnets ainsi que des autoportraits.

    Le livre document est à l'image du personnage : secret, solitaire et aimant.

    Même s'il était célèbre, on sent qu'il n'était pas dupe du personnage extérieur acclamé par les foules (autodérision de ses dessins).

    Ses autoportraits parfois cyniques dénotent un manque de confiance en soi et il se demande souvent s'il est parvenu, au terme de sa vie, à la hauteur de la tâche ou de la mission esquissée par d-ieu (c'est ainsi qu'il l'écrit). A t'il bien entendu d'ailleurs cette Voix entres toutes, se demandera t-il tardivement ?

    Son vécu et son incarnation semblent profondément christique, lui qui nourrissait des foules mais qui souffrait dans sa chair pour la misère du monde. Parolier de l'Amour qu'il avait dû rencontrer intérieurement, sa vision de la divinité était à la veille de sa mort plus proche d'un Job ou d'un Jésus crucifié.

    Ses textes sont emprunts d'une profonde humanité avec quelques élans mystiques. Il se considérait comme "mission-né" pour l'écriture. Il griffonnait partout en toute occasion sur tous les supports à sa disposition. Son fils Adam nous rappelle en préface que "L'écriture était sa raison d'être. C'était le feu qu'il entretenait, la flamme la plus significative qu'il entretenait. Elle ne s'est jamais éteinte...Chaque page qu'il a noircie fut la preuve de l'incandescence de son âme."

    Sa vision des événements était très poétique mais penchait pour une dominante de couleurs plutôt sombres. On imagine que ses chansons furent souvent retravaillées avant d'êtres portées à la vue de tous.

    Lui qui se voyait sans véritable talent, il possédait une voix, reconnaissable entre toutes, mélancolique, profonde et habitée ; toujours grave et sensuelle, reliée à un cœur aimant blessé par la vie, l'amour, la mort.

    Ses textes témoigneront de l'éternel chantre de l'amour, humain et divin qu'il fût jusqu'au bout même dans les périodes de doute ou d’épreuves.

    Ce qu'il tenait à léguer à l'humanité, dans sa profonde humilité, c'est cette flamme qui éclaira son âme de la noirceur qu'il traversa, dans son monde intérieur comme extérieur.

    léonard cohen,the flame,nicolas richard,adam cohen,editions du seuil 2018

    crédit photo : leonardcohen.com

  • Francesco et le Hang, une histoire d'Harmonie

     

    Francesco Agnello,Hang II,Aircac,Chapelle de l'oratoire,equinoxe de chateauroux,trident de Cherbourg,Forum 104 Paris,2018Je suis un homme, associé à la chapelle de l'Oratoire à Avignon depuis de nombreuses années pour le festival et partenaire de "chrétiens en Avignon". J'ai une formation de percussionniste, je suis pédagogue auprès d'enfants et également metteur en scène (entre autres Pierre et Mohamed, Charles de Foucauld, le prophète, les Fioretti...). Je joue du Hang (qui signifie main en bernois), un instrument complet, récent (mis au point en 2000 et fruit de 25 ans de recherches par ses créateurs suisses Félix et Sabine), aux vibrations infinies, que j'intègre dans chacune de mes mises en scène...Je suis, je suis ? Francesco Agnello bien évidemment !

    Son actualité est cette fois musicale puisqu'il vient de sortir Hang II, fruit de ses rencontres et improvisations depuis quelques années. Chacune des 12 musiques de l'album est une invitation à l'exploration intérieure, chaque écoute est une ouverture à un champ de possible en terme de voyage émotionnel, sensitif ou imagi-natif. Pas de titres "pour ne pas orienter l'auditeur et rester large (*)", un concept à l'image de Francesco, l'être.

    La musique est ici "intuitive, fruit d'improvisations et de collages, proche parfois de la musique en boucle dite contemporaine" (des auteurs comme Glass ou Reich que ne renie pas l'auteur) mais assurément d'inspiration féminine. A part deux titres plus rapides et rythmés (N°16 et 17), le percussionniste de formation livre ici une prestation plus sensible, douce et d'avantage à l'écoute de soi que dans la performance ou la maîtrise technique. Il aime à dire que "la présence féminine est un déclencheur de création".

    Avec ce disque et cet instrument "tout est neuf, sans point de comparaison et sans loi précise, tout est affaire de travail et de découverte personnelle". Mis au point au début de notre siècle, le Hang est capable de sentiments et se prête aisément à l'inspiration du moment, en se mariant avec d'autres cordes, percussions ou instruments à vent. Généreux et ouvert à l'autre, Francesco Agnello a fait découvrir gratuitement à des centaines de personnes déjà, sur Avignon et ailleurs (Il est aussi le premier artiste à jouer dans des théâtres nationaux à l'Equinoxe de Chateauroux ou au Trident de Cherbourg) ce curieux objet, accompagné ici ou là par une trompette, un trombone, un saxophone, des danseurs, des comédiens ou encore une cornemuse...

    Il jouera en Novembre et Décembre prochain à Paris 6ème, au forum 104 rue de Vaugirard.

    Pour se procurer l'album, il suffit de laisser un message sur son site.

    Extrait de la piste 16 de l'album Hang II :
    podcast

    *Cette note est le fuit d'un entretien téléphonique avec l'auteur.

  • Verbe et verve intacts chez MC Solaar

    mc solaar,géopoétique tour,bambi cruz,maureen angot,lynda hama,julien goepp,nuits de fourvière 2018Dix ans d’absence, de vacance, un nouvel album Géopoétique, une tournée...l'amour du public pour MC Solaar est intact. Événement complet, pluie de coussins verts sur la scène, le set choisi a fait mouche entre une première partie plutôt dédiée au nouvel album (Intronisation, Sonotone,Frozen fire, Jazz, Super Gainsbarre, Aiwa en final) et une seconde revisitant les classiques de l'auteur : Caroline, Victime de la mode, Bouge de là, Nouveau western, qui sème le vent récolte le tempo...

    Entouré d'un DJ, d'un batteur et de deux choristes, Maureen Angot (la superbe voix féminine de Géopoétique)  et Lynda Hama, l'As de trèfle s'adjoint Bambi Cruz comme backer sur certains titres. C'était déjà lui l'artisan du magnifique Cinquième as, qui produit également deux titres du nouvel album.mc solaar,géopoétique tour,bambi cruz,maureen angot,lynda hama,julien goepp,nuits de fourvière 2018

    Du coup on a eu le droit à des titres plus rythmés et trap, Zonmé des zombies et L'attrape nigaud mais aussi un petit revival du cinquième album du MC avec L'aigle ne chasse pas les mouches, Dégats collatéraux, ou encore le sommet dramatique du concert Solaar pleure.

    Alors certes le Solaar est un peu court de forme (il faisait aussi chaud hier soir) mais il kicke toujours autant le mic, heureux de se retrouver sur scène, étonné presque de son succès, timide à se retrouver seul en avant.

    L'enfant du rap qu'il a toujours été reste bien vivant mais fragile et l'on regrettera que la fin du concert soit si vite arrivée (1h15 seulement) alors qu'il restait tant de titres, notamment du dernier album à dérouler.

    mc solaar,géopoétique tour,bambi cruz,maureen angot,lynda hama,julien goepp,nuits de fourvière 2018Petite déception également sur le show et sa conception sans véritable fil conducteur à part un équilibre respecté entre anciennes et nouvelles chansons et un beau voyage musical et temporel. De belles images soulignent et accompagnent les textes mais pas de véritable trame historique (qui fait la saveur des grands plats) comme initialement annoncée entre l'ombre et la lumière par exemple alors que les albums du MC foisonnent de cette thématique presque apocalyptique. On aurait aimé une meilleure mise en scène donc, peut-être prévue pour les concerts des zéniths ? Le détachement, la hauteur et la légèreté c'est bien mais il aura manqué ce petit supplément d'âme...

    Crédit photo : @Paul_Bourdrel