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Aventure

  • Un nouveau centre

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    Disclosure Day (Jour de la révélation), le dernier Steven Spielberg, frappe moins l'imaginaire que Ready Player One mais révèle l'enfant candide et émerveillé qu'il est resté.
    Le monde est au bord d'une troisième guerre mondiale avec une nation experte en cyber défense-sécurité. C'est le moment que choisit Daniel (Josh O.connor) pour dévoiler 79 ans (l'âge de Spielberg) de vidéos classifiées par les services secrets furibards et à sa poursuite (Dont le chef est Colin Firth), sur la présence extra-terrestre, leurs sévices par les humains ainsi que leur appropriation technologique à des fins quasi militaires. Il rencontre dans sa quête Margaret (Emily Blunt), une possible âme sœur speakerine de météo, qui a le don soudain et mystérieux d'entrer en empathie salvatrice avec chacun. Ils sont persuadés (aidés par une équipe d'aliens-friendly) que cet insight changera définitivement la face du monde, en terme de vérité, de foi et de place au sein de l'univers.
    Spielberg s'amuse avec la caméra, en mouvement perpétuel, mais aussi avec les références, à ses films ou à d'autres, marquants le style SF américain. Un foisonnement d'idées (la représentation alien, le lien entre foi et vie extra-terrestre, l'outil alien de bilocation, une femme élue...) parcourt le film de ce couple sauveur d'une humanité devenue presque auto-destructrice.  
    Spielberg a retrouvé la foi et l'espoir dans le surnaturel et le non-humain ou peut-être aussi dans ce qui définit l'humain lorsqu'il est dans l'ouverture totale à l'Autre : un être sacré.

     

  • Notre devoir d'être

    Dans l'amour inconscient, on aura tendance à aimer pour être aimé en retour, ce qui va évidemment faire que très souvent, on est concentré sur le fait de savoir si on est aimé ou pas, donc concentré sur notre peur de ne pas l'être ou de manquer d'amour. Alors l'amour que l'on voudrait donner deviendra conditionnel (p.159).

     

    Sébastien Cazaudehore ,l'inconscience de l'amour,raccourcis inconscients,prise de conscience,Dialogues avec l'Ange,Amour inconditionnel,Juin 2026Sébastien Cazaudehore revient à compte d'auteur avec l'Inconscience de l'amour.
    Cet explorateur de la conscience, rodé à des années de chamanisme en Équateur, décortique longuement dans cet essai ce que l'amour n'est pas : ces "raccourcis inconscients" hérités de notre enfance ou transgénérationnels, dont le terreau est globalement la peur de ne pas être assez aimable. Notre inconscient profond nous fait rencontrer des "hameçons" (les relations conflictuelles) pour grandir et conscientiser nos processus et traumas répétitifs, avant d'élargir et d'éclaircir notre vision pour être prêt à éventuellement  rencontrer l'âme sœur-frère  et/ou l'Amour inconditionnel.
    Sebastien Cazaudehore est pragmatique. Son étude précédente sur la plasticité du cerveau donne ici des limites, sans nécessaire reprogrammation ou vision libératrice.
    L'auteur oppose aussi individus (dont une des tâches est de conscientiser ces schémas sous-jacents pour s'en libérer) et "gens", dont la dilution collective amène peur et ignorance, oubli de soi.
    Avec un ton mature (dénué d'illusions), de l'humour et des cas pratiques, il fait preuve de réalisme, de clarté et de discernement sur le jardin d'enfants qu'est le monde.
    Il évoque également cet Amour divin presque inaccessible en une vie mais pas impossible, par bribes en tout cas. Mais ce qu'on appelle le hasard n'obéit-il pas finalement à un Plan divin (c'est notre hypothèse)?
    "Aime tout, car tout est de Dieu" ou "quand tu aimes toute la Création alors c'est LUI en toi" : ces phrases d'enseignement tirées des Dialogues avec l'Ange rappellent également la grandeur de certains tâches, pourvu qu'on ait la foi, afin que l'Oeil opère et voit, que mains et cœur soient Siens (le Nouveau), en court-circuitant le mental qui n'est qu'empreinte de "l'ancien".

  • L'universalité du trauma

    Que ce soit par la respiration Rebirth ou une autre technique, revivre sensoriellement le trauma d'origine permet effectivement de se libérer de la répétition, à condition d'être capable, en tant qu'adulte, d'accepter de vivre ce processus sensoriel et de se laisser, en quelque sorte, crucifier par ce qui nous effraie (p.184).



    Jean-Charles Bouchoux,Ces traumas qui nous possèdent - comprendre pour guérir,trédaniel éditions,Jean-Charles Bouchoux, écrivain, psychanalyste et hypnothérapeute, publie chez Trédaniel éditions Ces traumas qui nous possèdent - comprendre pour guérir.
    L'ouvrage est une enquête à l'échelle internationale avec des psy, guérisseurs, chamanes ou pasteurs exorcistes qui, à l'image de la description d'un éléphant dans le noir, possèdent chacun un lexique et une grille de lecture psycho-culturelle pour qualifier une sensation d'être possédé par un mauvais génie/esprit/entité parasite/démon intérieur...que l'auteur qualifie après analyse syncrétique, de trauma. Ce trauma peut être lié à la naissance, l'enfance, être transgénérationnel ou même métaphysique...L'antidote consistera toujours, selon lui, à revivre sensoriellement la peur inhérente  en la laissant nous habiter pleinement. Un petit bémol néanmoins, J.C Bouchoux insiste sur l'importance d'avoir un centre, un socle, un témoin différencié en soi, ce qui nécessite une certaine pratique spirituelle ou thérapeutique (méditation, analyse, thérapie holotropique, sessions chamaniques...), pour ne pas se laisser submerger par une vague dissociative (issue de l' inconscient). Cela ressemble un peu à l'imagination active chère à C.G Jung ou au rêve des sorciers tel que décrit par Carlos Castaneda.
    En conscience, le sujet revit une sensation ancienne, une mémoire inscrite dans son corps (spasme, contraction, douleur...) pour mieux l'intégrer et la dépasser car, de l'ombre, jaillit parfois un trésor initiatique.
    Un livre clair, intéressant et intégratif qui milite pour la coopération des savoirs anciens/nouveaux, Orientaux/occidentaux, scientifiques/spirituels.

     

  • Un engagement qui fait écho

    Feu Chatterton,Terrenoire,Dinaa,festival Paroles et musiques,Zénith de Saint-Etienne,Marc-ANtoine Perrio,Arthur teboul,Protégé.e,Labyrinthe,Maison vide,Saint-Etienne,Mai 2026

    Feu Chatterton est un grand groupe, solide, uni et généreux. En tête d'affiche pour la dernière date du festival Paroles et Musiques avec les locaux Terrenoire et la jeune Dinaa, ils ont mis le feu au Zénith de Saint-Etienne.
    Fraîche et engagée, Dinaa a bien lancé la soirée avec sa pop simple et décomplexée, à découvrir, avant les deux poids lourds de la soirée, qui firent monter la température du Zenith.
    Six mois après son concert au Fil, Terrenoire revenait dans le chaudron stéphanois avec les frères Herrerias toujours aussi enthousiastes, après la tournée sobre et éthique Protegé.e, et entourés d'une belle équipe dont le talentueux Marc-Antoine Perrio à la guitare et basse. Le show a gagné en maturité et dégage une force tranquille avec toujours ce travail magnifique sur les harmonies vocales, seul (Théo) ou à deux (avec Raphaël). Le show est carré, engagé et dansant. Attachant comme celui de Feu Chatterton, sensiblement de la même génération.
    La part belle au dernier album Labyrinthe, dans ce dernier set festivalier, avec le très beau et mélodieux Ce qu'on Devient, le monumental et cristallin Sous la Pyramide ou le lourd péchu électro Le Labyrinthe. Les hits furent aussi de la partie avec Allons voir, la Malinche, Mille Vagues, Nouveau Monde ou encore l'Affiche Rouge de Louis Aragon, d'actualité récente. Le concert fut un mix entre moment suspendus, forts en émotions et morceaux transe ; entre son  massif et versions plus acoustiques, avec toujours cette voix décalée et subtilement incarnée d'Arthur Teboul, également auteur. Le groupe a cette capacité à arrêter le temps et nous offrir des instants de grâce parce qu'il donne et se donne beaucoup mais aussi en proposant un univers en phase avec l'époque, avec des thématiques et des mots qui résonnent profondément en soi. Ils sont vrais, tout simplement, authentiques en émotions et engagement...ligne directrice de cette soirée de clôture. 

     

  • Les dessous de la foi

    ...Il n'y a pas de raison pour qu'il ne se soit pas passé là, ce qui se passe pour les auteurs inspirés : la motion divine laisse intacte l'instrument humain qu'elle trouve et qu'elle utilise, et c'est avec tout ce qu'il est et tout ce qu'il sait déjà humainement que l'auteur transmet le message et lui donne forme (p.83)...

     

    9782841374502-Editions-Millon-Louis-Massignon-et-les-amis-de-Notre-Dame-de-la-Salette-MASSIGNON-Louis-1_1463.pngLe 19 septembre 1846 à la Salette eut lieu une apparition mariale avec un message eschatologique, adressé à deux berger.e.s de 11 (Maximin) et 14 ans (Mélanie). Il y était aussi question d'Apôtres des derniers temps et de règles d'un Ordre de la Mère de Dieu (avec fondation de couvents), qui était apparue, dans la vision, en pleurant...sur les péchés de l'Église et ceux des hommes de ce temps.
    Dans Louis Massignon et les amis de Notre-Dame de la Salette, paru chez Jérôme Millon éditions, sont exhumées des correspondances inédites, présentées et commentées par Jean Moncelon. On y discerne l'implication de l'orientaliste à l'édification de cet ordre (notamment le don d'un bâtiment par son frère mais aussi ses relations rapprochées avec les principaux acteurs du mouvement) et à la reconnaissance de Mélanie Calvat en tant que voyante, sainte et témoin d'un message secret prophétique. Léon Bloy et Jacques Maritain firent aussi partie du cercle d'influence mais l'ordre disparut physiquement a la mort du chanoine Thiéry (1868-1955), le principal instigateur du foyer de consacrées et audiant de l'appel.
    Peu en effet,  reconnurent en son temps, la véridicité du témoignage (mis par écrit trente ans après) ou l'ouverture  mystique de la bergère (après la vision qui fut contemporaine de celles d'Anne-Catherine Emmerich), même parmi les prêtres locaux.
    L'avertissement de Marie concernait nommément les représentants corrompus d'une église destituée de l'esprit sain et d'une colère de l'Agneau de la parousie si le redressement n' avait pas lieu dans un futur proche, pour l'humanité pécheresse.
    Fausse prophétie ? Ordre mis sur pied trop tôt ? Récit falsifié ou fabriqué de la voyante ? C'est dans toutes ces questions légitimes que l'ouvrage nous (re)plonge, faisant revivre les actes de foi ardents du siècle dernier. Manque peut-être à cette compilation minutieuse et approfondie, un rappel du message secret révélé en 1846, à lire ici.

  • Un buffet iconique

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    Nous avons assisté à la dernière représentation de Buffet Gratuit par l'atelier 404, écrit et mis en scène par Louis Ferrand, au Théatre des Clochards Célestes.
    Dans un futur proche, les curseurs de l'effondrement climatique et socio-politique sont poussés à fond et des groupes révolutionnaires éthiques (ils répondent à une charte démocratique) survivent malgré la pollution et l'avarie en eau et nourriture.
    Le buffet en question sera donc maigre et inédit, questionnant la justice climatique, la lutte sociale et la société démocratique.
    Lula Paris, Amélie Zekri, Solal Viala, Elise Martin et Théo Perrache occupent à tour de rôle brillamment l'espace et font exister ce groupuscule révolutionnaire auquel le public prend fait et cause. Des inflexions participatives lui donne un aspect ludique et immersif : chaque public assisté à un spectacle unique.
    Beaucoup de rythme dans cette pièce, outre un casting réussi, mais aussi de la poésie, de l'humour et des talents cachés (le chant d'Amélie Zekri et d'Elise Martin), font de Buffet Gratuit une réussite.
    Rencontre avec l'auteur d'un texte ciselé et mûrement réfléchi, Louis Ferrand (10 min 30), à suivre.


    podcast

  • Le choix de Dieu

    La genèse de l'Islam est ainsi profondément ancrée dans le processus de reconstruction d'une histoire personnelle, celle d'un homme en quête de lui-même (p.102).

     

    ouardi.jpgHela Ouardi revient chez Albin Michel avec une nouvelle biographie du prophète de l'Islam, Muhammad, issue d'une lecture attentive, critique et brute des sources traditionnelles.
    Objet littéraire et historique mais aussi socio-psychologique, Muhammad démystifie la légende en brossant un portrait plus humain du dernier révélateur d'une loi écrite. Tôt orphelin de père (Abd Allah), élevé par une nourrice puis à 6 ans recueilli par son grand-père (Abd Al-Muttalib) à la mort de sa mère distante (Amina), il n'aura de cesse par la suite, selon l'autrice, de reconstruire un foyer tout en prenant une revanche sur son clan natif (les Quraysh de la Mecque) duquel il fut banni plus jeune, par pauvreté mais plus vraisemblablement par rejet inconscient de sa nature en gestation (le sceau des prophètes).
    Le personnage prend de l'envergure à mesure de la révélation du Coran (sur 22 ans), augmentant son butin (notamment par la razzia et l'exécution de riches juifs) et son harem (plus d'une trentaine de femmes recensées !), multipliant ainsi les alliances tribales. Devenu respectable aux yeux des riches Quraysh, il revient avant sa mort, triomphant, pour effectuer le pèlerinage et annexer la Mecque, sous couverts d'accords secrets.
    Hela Ouardi nous fait bien saisir l'interaction et l'intrication du privé et du public et leur infime limite. Les versets du Coran, souvent révélées en présence de ses nombreuses femmes (notamment Aïcha), prennent un sens plus clair pour certains et donnent à sa vie une vocation universelle, à la vue du destin de l'Islam, la seconde religion monothéiste, toujours en expansion.
    Cette biographie, écrite par une femme et résolument non apologétique, nous apprend qu'un prophète reste un être tâtonnant, soumis à des injonctions parfois contradictoires et dont l'histoire personnelle influe inévitablement sur la teneur et la réception du message. Ni Dieu tout puissant, ni homme téléguidé mais celui dont le guide est Dieu, chaque prophète met sa touche personnelle à une révélation contextuelle.
    Presque maudit dans sa dynastie (il n'aura pas de fils et ses petits fils Hassan et Hussein, fils d'Ali et de Fatima sa fille, seront tués), les musulmans seront eux légion et unis (en apparence ?) grâce au Coran et aux piliers de l'Islam. Une alliance littéraire et littérale, de corps donc, plus que par l'esprit de la révélation.