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Livre

  • Réconciliations : L'énergie de l'espoir

     

    “Selon les soufis, chaque femme et chaque homme sont le théâtre d'un combat, de ce jihad intérieur, qui voit s'affronter au quotidien, dans nos poitrines, l'âme charnelle – qui ne cesse de se débattre toujours tournée sur elle-même et attirée finalement par le seul plaisir égoïste – contre l'esprit supérieur – magnifiant à chaque instant la beauté et l'unité de tous les êtres – aimanté vers le monde spirituel” (p.102)

     

    abd al malik.jpgLa République peut compter sur Abd Al Malik pour imaginer et construire “le monde d'après” : un monde souhaitable, apaisé et réconcilié, ce fameux monde unifié du discours politique qui n'en a malheureusement pas la prétention.

    Réconciliation” paru chez Robert Laffont est un essai-manifeste court mais concis dans lequel on retrouve l'artiste plus engagé que jamais et à maturation d'Homme (au sens relié à l'Esprit).

    Jeune adulte, avec son groupe N.A.P, il “priait en attendant la fin du monde”, pratiquant alors un Islam peu conventionnel et moralisant. Depuis, il a œuvré lourdement d'abord en solo, explorant des univers à priori irréconciliables et tissant des ponts entre chanson française et scansion. Puis il s'est mis à l'écriture, la mise en scène et la réalisation cinématographique, déployant totalement son univers dans plusieurs couleurs politico-poétiques.

    La reconnaissance vint tôt mais ce sont véritablement deux mains tendues qui l'amenèrent à une révolution intérieure, une résilience et une renaissance, un regard neuf sur le monde : Juliette Gréco et sa foi en l'humanité, le maître soufi Sidi Hamza et son Amour équanime envers toute créature.

    Ces deux piliers-béquilles ne sont plus physiquement présents mais intégrés au plus profond d'un cœur qui souhaite désormais “faire peuple”, fort de sa réconciliation d'avec soi-même, son passé, ses origines et ses rancœurs passées si peu fortuites.

    La période sanitaire actuelle a ravivé des fractures que l'on croyait d'un autre âge mais qui n'ont jamais disparu et c'est avec une certaine hauteur de vue (bel équilibre trouvé entre avoir et être, entre intériorité et action extérieure) qu'Abd Al Malik s'érige non pas en donneur de leçons mais frère de la nation, multipliant sa présence sur les fronts : Contre le fanatisme de pseudos musulmans, pour la marche des libertés et donc contre la loi de “sécurité globale” aux cotés d'Aïssa Traoré...toujours en réflexion-médiation et force de propositions malgré l'impact financier négatif notoire sur les projets culturels en cours (annulation de la tournée-spectacle Le jeune noir à l'épée).

    Depuis l'irruption durable du virus la parole n'est plus qu'aux professionnels du verbiage et l'on déplorait la présence chaleureuse et ô combien précieuse des artistes taxés un temps de “non-essentiels”.

    Avec ce livre on sait qu'ils patientent, fulminant, dans l'attente d'irradier le monde de demain de leur lumière évanescente, celle trouvée dans la profondeur de l'ombre.

     

    “Je crois véritablement aux artistes, je crois sincèrement que ce sont eux, nous, qui changeront véritablement le monde parce qu'on travaille directement les imaginaires. Justement parce qu'on a pas peur de nos émotions, parce qu'on sait précisément d'où elles viennent et quoi en faire. Et, finalement, on est dans trois tendances qui marquent nos sociétés, l'empathie, la tendresse et la spiritualité. Les artistes pourraient diriger le monde et réussir.” (p.139)

     

  • Le mystère de la foi absolue

     

    Coran 50,16 : Nous avons effectivement créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui suggère et Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire.

     

    Jacqueline Kelen,Mise au tombeau,Editions Salvator,Janvier 2021Avec “Mise au tombeau” paru chez Salvator éditions, la prolixe Jacqueline Kelen renoue avec un exercice de style quasi lyrique qui fut couronné de succès critique avec “l'histoire de celui qui dépensa  tout et ne perdit rien”. Une mise au tombeau est en effet un statuaire composé de 7 personnes “immobiles et muettes” entourant le Christ à sa descente de Croix, que l'autrice “a eu envie de faire parler, afin qu'elles expriment nos sentiments divers face à ce drame unique et témoignant d'une foi qui transcende tout”.

    Férue de symbolique (33 chapitres) et amie de Jésus, Jacqueline Kelen donne donc vie et âme à ces pierres vivantes que sont sans nul doute les 7 témoins fidèles du Christ en croix : Marie sa mère, Marie-Madeleine, Marie-Cléophas la sœur de Marie, Marie-Salomé la mère de Jean l'évangéliste, Jean, Joseph d'Arimathie et Nicodème.

    Chacun des protagonistes est auparavant replacé dans un contexte apocryphe ou de légende et ce qui était figé devient subitement interactions et fruit de méditations.

    Comme les 7 dormants d’Éphèse, légende commune au christianisme et à l'Islam, ces 7 “pierres” (ou prières oserais-je dire) ressuscitent après 7 siècles et se mettent à parler, sur et à propos de l'Homme du huitième Jour, dont le retour ou en tous cas les signes de ce dernier, se font de plus en plus sentir...mais cela reste peut-être affaire de foi intérieure.

    Symbolique encore avec ce chiffre rond et infini du huit, que l'on retrouve souvent dans les contes ou les rêves et qui vient marquer une complétude ou unité, étant également le nombre du Ressuscité. Le psychanalyste C.G Jung, spécialiste en interprétation des songes donna une méthode psychologique pour en dénouer les fils : considérer chaque personnage comme une sous-personnalité de soi, masculine ou féminine.

    A travers ce prisme interprétatif, J. Kelen donne à voir beaucoup de sa part intime et de son lien à Jésus et se/nous questionne sur la nature de sa/notre relation avec Lui : disciple ou ami véritable ?

    Par ailleurs se dessinent en filigrane des perspectives méditatives propres à tout chercheur-se de vérité : de quel mystère se pare l'homme-dieu dans sa mort ignominieuse ? Que symbolisent les attributs de la passion, la couronne d'épines notamment ? Sur quel “imago dei” poser sa foi, celle du supplicié à mort ou celle de sa résurrection ? Quel est l'archétype du Christ en Croix ?...

    A l'épreuve du temps, il semble bien que le paradoxe soit l'apanage du chrétien sincère. Sa relation vécue en profondeur rend plus proche qu'on ne le croit, la figure fraternelle ou sororale du Christ.

    "Mise au tombeau" pourrait aisément s'intituler "sortie de tombeau" tant l'épanchement d'un cœur croyant et fervent pourrait aisément renverser (et combien une assemblée de fidèles) une montagne de pierres...ou rendre une statue bel et bien vivante.

     

  • Révolution spirituelle : ma part de réflection

     

    Rien dans ce mot d’Esprit,

    Au sens où je le dis,

    Qui serait forcément religieux,

    Rien qui obligerait à croire en un dieu,

    Je ne parle pas en effet d’une croyance,

    Juste d’une expérience,

    Que nous faisons parfois

    Lorsque notre petit moi

    Se sent relié à l’infiniment plus grand que soi :

    Une Réalité incomparablement plus vaste que

    nos vies,

    Une Réalité qui n’est qu’unité, harmonie,

    Une Réalité que nous percevons seulement

    Par instants,

    Dans nos moments

    De plus claire clarté,

    De plus intense intensité,

    Et que dès lors on peut nommer

    Esprit,

    Parce qu’elle nous saisit

    Pour nous communiquer

    La Présence,

    La Conscience,

    La Jouissance

    De l’Infini…(p.86 et 87)


    bidar.jpgAbdennour Bidar revient avec un court manifeste poétique (rimé et rythmé) et politique “Révolution spirituelle” paru aux éditions Almora, forme par laquelle il espère toucher, si ce n'est plus de monde voire un autre public, tout au moins le cœur de ses futurs lecteurs.

    L'auteur s'adresse de manière originale à la nouvelle génération, celle qui se doit de réenchanter le monde, le “régénérer, le transfigurer”. Il se présente comme un “optimiste conscient”, pragmatique et mitoyen entre les prophètes de malheur et ceux du meilleur à venir. Adepte de la fin du temps (le lâcher prise de l'ego sur le monde) il récuse la fin des temps et, comme mû par une vision du futur,

    Car voici ces enfants d'un nouveau temps, dont je redis et le devine, le passé n'est plus l'origine”

    il s'érige en grand frère qui, fort de ses expériences spirituelles et de son discernement de philosophe, connaît les pièges et forces à mobiliser pour changer en profondeur un système matérialiste et opportuniste à souhait, qui ne cherche qu'à perdurer à travers l'histoire.

    Par le passé, nombreux furent les êtres éveillés ou politisés qui cherchèrent une porte de sortie pour se libérer d'un système trop contraignant voire tyrannique à certains égard, en s'y cassant les dents.

    Abdennour Bidar propose que les uns s'allient désormais aux autres dans une culture unifiée de “méditants engagés” et de “militants éveillés”.

    Il salue au passage les “infiltrés” et les “exilés” de bonne volonté qui tentent par l'intérieur ou l'extérieur du système, de panser le monde de sa folie. A l'action juste et efficiente, il y adjoint la force de l'Esprit, qu'il décrit et dont il témoigne, sans qui rien de concret et de solide ne peut advenir. On pense ici au “Roc” des corps saints selon la terminologie chrétienne.

    Je veux que mon expérience mystique devienne chemin initiatique

    De culture musulmane, Abdennour nous livre en effet aussi ici, dans ce jet d'un seul souffle, une de ses deux expériences mystiques qui le transporta, enfant, dans un ravissement sans nom avec l'infini pour seul horizon. Plus tard il l'assimilera au Soi cher à Iqbal ou au fana (anéantissement ou extinction de l'ego) des grands mystiques soufis, ce fameux instant d'éternité.

    Militant d'une spiritualité hors dogmes, Abdennour Bidar ne propose ni plus ni moins qu'une science pour se relier, au sens “religare” de la religion et dans le but de créer un corps collectif (la somme des individus reliés) unifié pour contrer l'emprise (un temps souhaitée) d'une entité étatique qui n'a plus rien d'universel.

    On comprend mieux le titre de cet ouvrage “Révolution spirituelle”, véritable ode à la vérité intérieure et dont la conclusion, méditative et prophétique à souhait, mérite à elle seule l'attention portée à ce texte engagé.

     

    Coran 40,15 : Celui qui est élevé au plus haut degré de gloire, qui est assis sur le trône sublime, envoie son esprit à ses élus, afin qu'ils prêchent la résurrection (trad. Savary)

     

  • Eyes wide open

     

    Lurgence-daimer-P1-900x1380.jpgSofia Stril-Rever opère une jonction des sources spirituelles pour mieux diffuser leur essence et socle commun : l'Amour originel.

    Dans son livre “l'urgence d'aimer” paru chez Massot Éditions elle évoque ses principales rencontres sur le chemin : du Dalaï Lama (dont elle est la biographe) à sœur Emmanuelle, d'Amma à Thich Nhat Hanh, d'Arvol Looking Horse à Samdong Rinpoché, de Bouddha à Jésus.

    Elle propose une synthèse pratique de ses influences sous forme de 25 “médit-actions” centrées sur le cœur, son épure et son pouvoir de guérison pour soi et autour de soi, puisque nous sommes tous reliés (un nouveau credo : “Tu es donc Je suis”).

    Sa clairvoyance, son hypersensibilité et sa conscience apocalyptique (la première partie du livre), plutôt que de la bloquer pour agir, ont éveillé en elle un déclic illuminatif et l'émergence d'une responsabilité à mettre au monde “l'humanité du deuxième feu”. Il s'agit de la part d'ange des personnes de bonne volonté, dont l'aura vibratoire diffuse la paix, la joie ou encore l'Amour inconditionnel pour le Vivant sous toutes ses formes, malgré le sort et l'épreuve auxquels Il est aujourd'hui confronté.

    Car si tout s'effondre à l'extérieur (elle ne renie pas la thèse collapsologue), à l'intérieur tout se relève avec le temps et se révèle lumineusement opérant. Cette (re)construction donne force et courage pour agir et s'engager, en ce qui la concerne, dans une organisation non gouvernementale (www.bethelove.global) porteuse de changements positifs pour la planète à l'horizon 2030 (l'Arbre-monde), avec un slogan : “incarnez l'amour que vous souhaitez pour la planète” et des icônes bien vivantes, de Greta Thunberg au Dalaï Lama.

    Si elle n'a pas trouvé la Source, du moins en a t'elle, à la lecture de ce livre, le souvenir précis et précieux : se savoir aimé inconditionnellement et être part du souffle créateur “qui lie et structure les atomes, de l'embryon aux étoiles”. Un livre manifeste pour une cause magnifiant le Vivant, une émissaire et pilier d'un monde futur amoureusement médité.

     

  • Deux piqûres de Rappel

     

    Dans ces groupes, à cette période, j'ai inscrit de manière vivante la troisième série de mes œuvres. (Incipit)

     

    G.I Gurdjieff,Groupes de Paris 1943-1944,éditions Eolienne,Bélzébuth,Patrick Négrier,Octobre 2020Un document inédit et exceptionnel est publié par les éditions Éolienne, un double volume de 700 pages sur les groupes Gurdjieff de Paris, de 1943 (tome 1) à 1944 (Tome 2).

    En collaboration (pour la traduction franco-russe) et à l'initiative de Madame de Saltzmann, ces questions-réponses sont un témoignage direct de l'enseignement que donnait G.I Gurdjieff à son domicile parisien pendant la guerre (“Ici, 6 rue des colonels renards, tout va pour l'essence, ailleurs tout va pour notre corps”. p.346 T.1), essentiellement l'administration d'exercices en vue de passer du moi au “Je”, de la pensée associée à un corps à une individualité libre et centrée.

    On découvre un Gurdjieff très à l'écoute, doté d'une grande mémoire, exigeant mais empathique pour ceux qui s'investissent corps et âme (avec leur essence) dans ses recommandations pratiques (exercices de détente des muscles, du “Je suis”, du dédoublement, du “chaud/froid/tristesse, des 7 respirations ou encore du contact avec un défunt...) toujours adaptées à son interlocuteur en fonction de sa problématique et de sa progression (le tome 2 notamment).

    Le Maître caucasien ne cherche pas des adorateurs mais des frères et sœurs, engagés à ses cotés pour le bien de l'Humanité à venir. On retrouve en lui ce qui faisait le charme de Belzébuth dans sa relation à son petit fils Hassin (cf son livre phare) : proche, taquin, gouailleur et profondément connaisseur de la “psycho-pathologie” de l'être humain avec son franc-parler si caractéristique (merde, nullité, femme hystérique, vache, hareng salé, sentiment de putain, chiens...) ainsi que des lois universelles gouvernant ce dernier.

     

    Pour l'essentiel de la théorie et de la pratique, il s'agira de jouer un rôle extérieurement tout en restant libre et impartial intérieurement. Selon l'auteur, il est possible de se désidentifier du “moi-corps” et consolider le “Je-Centre” (autrement appelée la Présence) par un travail intérieur conscient qui provoque des remords de conscience. Dans le présent, les manifestations malsaines ou mauvaises issues du passé sont “vues” (hérédité, éducation, jeunesse) et éprouvées. C'est cette souffrance volontaire qui crée une substance (l'essence), une individualité, une émanation (le corps Kessdjan ou lumineux), un centre de gravité (le plexus solaire) à partir duquel le potier modèle.

    Et lorsque vous éprouverez des remords de conscience, donnez-vous votre parole de ne pas refaire dans l'avenir ce que vous avez fait dans le passé. Juste avec le présent vous réparez le passé, en voyant comment il faudra agir dans l'avenir”. (p.83 T.2)...”Il faut arriver à ce que la conscience parle impitoyablement en vous” (p.128 T.2)

    Car Gurdjieff, à l'image d'un chamane magnétique, percevait parfaitement ces vibrations subtiles, il lisait et scannait les moindres changements dans l'énergie et ces informations constituaient la base (matière première) de ses nouveaux et innombrables exercices de rappel de soi :

    Depuis que je vous vois, vous n'êtes jamais équilibré. Ou amour-propre ou imagination. Toujours un peu de psychopathisme, jamais un état sérieux pour réparer les conséquences du passé”. (p.311 T.2)

    Et maintenant je vois tout. Votre intérieur est illuminé pour moi comme un tableau : vous m'avez aidé à vous aider”. (p.261 T.1)

    G.I Gurdjieff,Groupes de Paris 1943-1944,éditions Eolienne,Bélzébuth,Patrick Négrier,Octobre 2020On peut légitimement dresser ici un parallèle avec l'enseignement de Carlos Castaneda qui insistait sur la récapitulation (ici les remords de conscience qui créent de la lumière de conscience), la constitution d'un corps de rêve (ici la substance accumulée par travail) grâce à l'accumulation de l'énergie (ici la substance ghanbledzoine) et la nécessité de “stopper le monde” (ici les pensées ou associations doivent devenir juste une fonction grâce aux exercices). Parallèle qu'avait bien perçu à l'époque Patrick Négrier.

    Peu de digressions cependant dans ces deux opus sur des sujets ésotériques ou religieux. Gurdjieff ne s'intéresse ici qu'à la pratique mais en filigrane apparait de lui un portrait plutôt flatteur au sens dévotionnel et chrétien du terme, rappelant que “notre but c'est ça : unir ces trois forces (logique/corps/volonté ; Dieu le Père/Dieu le Fils/Dieu le Saint-Esprit ; force positive/force négative/force d'équilibre ; Sainte affirmation/Sainte négation/Sainte conciliation) en les contenant, pour être.

    Deux volumes pour les chercheurs de vérité de tout âge, les adeptes d'une voie spirituelle ou les découvreurs et passionnés du mystère Gurdjieff. Chacun y trouvera son compte, son échelon ou sa motivation pour le travail conscient, en tout cas une clarification de la méthode d'enseignement singulière du Maître de danse, un monstre de connaissances empiriques.

     

    Vous êtes né. Votre individualité est née. Vous étiez avant comme un animal sans “Je”. Maintenant vous avez un “Je” et les propriétés d'un homme. Cet exercice vous a donné cela. Avant vous n'aviez pas d'individualité, vous étiez le résultat de votre corps comme un chien, un chat ou un chameau. Maintenant si vous avez des cornes, vous pouvez les voir et vous en étonner”. (p.182 T.1)

     

  • Un livre qui prend corps

     

    La vraie connaissance est accouchement de nous-mêmes à des terres de plus en plus profondes dont chacune est faite d'une somme énergétique informatrice, jusqu'à l'ultime naissance à la terre la plus profonde (“Basar” traduite par “chair”), porteuse de notre Nom secret...qui contient la totale information...l'Homme-énergie”.(p.205)

     

    Annick de Souzenelle,Le symbolisme du corps humain,ALbin Michel,Novembre 2020Quels sont les mythes qui tapissent notre inconscient en grande partie judéo-chrétien ? Quelles sont les lois qui gouvernent notre évolution et notre élévation ?

    Presque cinquante ans (première édition en 1974) après sa première mouture, l'ouvrage phare d'Annick de SouzenelleLe symbolisme du corps humain” (530 pages) fait peau neuve. Il devient un beau livre entièrement revu, corrigé et illustré d'une centaine d'images numineuses en couleur. Un hommage des éditions Albin Michel à ce classique de la littérature spirituelle qui égale par l'ampleur de la tâche, “L'homme et ses symboles” de C.G Jung, un temps modèle de l'autrice quand elle fut psychothérapeute.

    De l'influence de l'analyste zurichois on retrouve le goût pour l'alchimie (Oeuvres au noir/rouge/blanc, forge, homme rouge/vert), les textes premiers (mythologie, contes, symboles traditionnels comme la tunique de peau/de lumière, la porte des hommes ou encore la mandorle...) et sa relecture de la Bible. Mais A. De Souzenelle va plus loin que le maître avec son exploration et étude théologique à partir de l'hébreu et de la kabbale du Livre sacré, sa seconde source de formation (avec le Père orthodoxe Eugrav Kovalevski).

    Cela lui prendra une dizaine d'années, pour accoucher de cette somme-référence (200 000 exemplaires vendus à travers le monde) que son oeuvre future viendra expliciter ou zoomer.

    On y retrouve une densité et richesse d'informations mais aussi et surtout cet univers atypique (comme l'est le Livre rouge de Jung), fait de visions, d'intuitions et de méditations. Le style est singulier, ardu et exigeant ; le verbe syncopé et imagé et tout l'art de la ciseleuse consiste à assembler les pièces éparses du puzzle divino-humain, dont le corps est “le plus merveilleux instrument de notre réalisation”(p.498), ou encore “ le lieu de l'accomplissement total, celui de l'union la plus intime avec Dieu” (p.314). Tout s'imbrique et prend forme et sens selon la cartographie de l'”arbre des sepiroth”, outil kabbalistique à l'image de l'arbre de Vie mais aussi “du corps de l'Homme en devenir”. (p.63).

    Dans la tradition ésotérique, A. De Souzenelle valorise ici un cheminement tout intérieur en révélant les lois ontologiques qui gouvernent ce royaume (par opposition au monde extérieur), par un retournement des énergies animales qui travaillent le corps non conscient jusqu'à la complète investigation des cellules pour devenir “matière-lumière”, co-naissance, conscience lumineuse.

    Il y quelques années j'apprenais que j'avais, si je le voulais, à mettre au monde l'Enfant libre, à “verbifier la chair qui est la vocation créatrice de l'Homme” (p.171). A la relecture de ce processus intérieur de verticalisation et d'épousailles avec mon inaccompli (Isha, le féminin divin) et mes énergies-information, je peux mesurer le chemin accompli et mon potentiel à faire advenir.

    Un livre-vie donc pour tout chercheur de vérité et illuminatif pour ceux désirant connaître la symbolique du corps humain dans ses sources premières et traditionnelles (organes, maladies, message).

     

    Dieu ne doit pas être cherché en haut, mais à l'intérieur de nous-même, dans ce pole inférieur dont l'intégration seule donne la clef du divin, le recouvrement, au-dessus des épaules (clavicules), du vrai chef.” (p.350)

     

  • L'Esprit et la Raison

     

    Matthieu 10,19 et 20 : Lorsqu'ils vous livreront, ne vous inquiétez pas de savoir comment parler ou quoi dire, ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là, car ce n'est pas vous qui parlerez, c'est l'Esprit de votre Père qui parlera en vous.

     

    la divinité du christ face à l'islam,rémi gomez,blf studia,novembre 2020La divinité du Christ face à l'Islam” est une livre apologétique de Rémi Gomez, paru chez BLFstudia. En bonne connaissance des textes sacrés il propose de façon pratique des argumentations et réfutations des principales affirmations de musulmans sunnites (ils sont majoritaires) sur l'humanité du Christ seule, qui fleurissent sur la toile et dans certaines réunions exégétiques. Pour rappel ces derniers réfutent la divinité du Christ, la Trinité et la crucifixion de Jésus, qui n'est qu'un prophète parmi d'autres mais d'un rang élevé, Mohammad étant le dernier.

    Dans cet ouvrage dense (380 pages), référencé et quasi théologique, l'auteur, pasteur protestant, défend la nature humano-divine de Jésus (Dieu fait homme) en recensant ses Noms divins (que les apôtres ou des proches ont avancé), ses attributs divins (Ils peuvent correspondre notamment aux 99 noms d'Allah), ses œuvres divines (pardon des péchés, résurrection des morts...) et honneurs divins.

    Il puise, pour sa défense, dans l’entièreté des textes bibliques mais aussi, pour l'attaque, dans les interstices du Coran : Jésus est un Verbe et un Esprit de Dieu, dont le terme "Ruh" lui confèrerait une nature spirituelle immortelle et à la différence de Mohammad , il est né sans péché...

    Pour Rémi Gomez, la faille des apologètes musulmans est de n'avoir pas perçu la double nature du Christ, entraînant deux types d'actes et de paroles dans les évangiles. Cette double origine de l'homme a nourri l'ésotérisme chrétien en profondeur (Durkheim, Desjardins, De Souzenelle...) mais aussi toute la Tradition unitive (de l'Egypte antique au soufisme). Elle peut décontenancer le croyant musulman littéraliste pour qui Dieu demeure inaccessible mais qui aura tendance à sacraliser son Prophète dans les faits.

     

    Ainsi, selon l'auteur, Jésus n'imposerait pas sa divinité (il ne s'est jamais qualifié de Dieu) mais l'exposerait par ses œuvres, en quelque sorte un dieu malgré lui alors puisqu'à notre connaissance, il fuyait les honneurs, préférant la solitude et l'intimité avec Dieu le Père...Et si d'ailleurs la croix n'était que la conséquence de cette idolâtrie non recherchée, le péché n'étant que l'oubli de la nature divine en chacun (plus besoin de la projeter sur quelqu'un) ? Mais c'est un autre sujet.

    L'apologète de profession (il forme également des chrétiens au dialogue avec les musulmans) multiplie les arguments textuels pour conforter une défense raisonnable face aux détracteurs du christianisme mais il oublie (mais l'oral est différent de l'écrit) l'aide et la force de l'Esprit sain, apte à défendre (parfois par un silence parfait) dans l'instant le croyant en mal d'arguments. Le Verbe en question court-circuite en effet toute pensée puisqu'il est au-delà du mental parfois retors. Acte de foi par excellence.

    Pourquoi ne pas finalement admettre un mystère de l'identité du Christ au lieu d'opposer systématiquement une religion à l'autre sous prétexte de vérité absolue (et finir par invectiver son prochain) ? Être en relation avec le Vivant c'est communier au mystère du “fiat Lux”, de l'union au-delà des contraires, d'Amour inconditionnel pour toute la Création, ce qui en soi laisse pantois et sans argument massif autre que la Fraternité de cœur et l'unité des croyances.