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Livre

  • L'Autre e(s)t Tout

    Coup de Chœur Spiritualité

     

    Ton souffle dans mon ventre

    Berce mon corps tout entier

    Comme celui d'un nouveau-né (p.70)

     

    tresca.jpgLes éditions Labor et Fides publient “vivre l'aube”, de Marie tresca. Consacrée, c'est lors d'un ermitage, dans le silence, la solitude et la contemplation, que ces 93 notes, poésies (?), koans (?) lui ont été comme révélés.

    Dans un style sobre et simple, magnifiquement mis en espace par l'éditeur, elle dévoile l'intime d'une relation véritablement vécue au tréfonds d'elle-même.

    Cela, cette matière ignée, est une nourriture spirituelle, sourcée. Juste et bon, ce petit recueil dans lequel la beauté Se contemple.

    Pour qui sait tendre l'oreille le témoignage est sidérant. Marie tresca évoque le double en soi (le Christ pour les Chrétiens) qui est degré de vie, avance l'hypothèse d'un enfantement en souffle et rythme, ose le terme de résurrection dans le sein des fidèles d'Amour.

    Qu'a t'elle à nous dire encore ? Que le silence précède le Verbe, que le vide est plénitude, et que l'invisible (écrit “Un-visible”) est Plan...

    Joie que cette lecture qui passerait presque inaperçue dans la multitude des parutions.

    Révolution et actualisation de l'évangile même puisque cette bonne nouvelle annonce l'éternité ici et maintenant et le ciel sur la terre, soit l'antique promesse à l’œuvre contenue là-dehors et au-dedans de ce livre. Fulgurant !

     

    Je Te devine à mon cœur qui s’emballe

    On dirait que Tu joues du tambourin

    Pour fêter la Vie

    Ou les noces du Ciel et de la terre ? (p.30)

     

  • Le découvreur de pépite

    "J'ai appris la vie, l'amitié, la culture, avec des guides généreux. Grâces à elles, grâce à eux, j'ai détaillé. J'ai élargi mon pare-brise. Cela a été comme apprendre mille langues et dialectes, dont le seul but reste de disséquer la beauté du monde."


    JD Beauvallet,Passeur,éditions Braquage,Les Inrockuptibles,Rock indépendant,Madchester,JD Beauvallet, le supplément d'âme des Inrockuptibles ("un magazine élégant, élitiste en bien, refusant l'entre-soi, privilégiant les grands entretiens"), nous livre ses mémoires à la fois linéaires et transversales dans Passeur, parues chez Braquage éditions. On revit avec joie l'époque flamboyante de la Brit pop (Il vécut à Liverpool et Manchester) et plus globalement du rock underground indépendant jusqu'à sa fusion avec les machines, la période "madchester" avec les Happy Mondays par exemple et dont les groupes actuels Radiohead ou LCD soudsystem sont le prolongement.
    Connu et apprécié pour ses longs entretiens dans le magazine originel, très travaillés et introspectifs, il participa avec d'autres collaborateurs de renom (Serge Kagansky, Christian Février, Emmanuel Tellier, Arnaud Vivian...), à stimuler des échanges, rassembler des passionnés, former l'oreille et ouvrir l'esprit à des mondes ou des univers raffinés, précieux, sensibles ou originaux. Cet enfant timide proche de la nature puis passionné de rock (Bowie et Lou Reed comme maîtres d'école) à l'adolescence, dévoua sa vie d'adulte hyperactive et besogneuse (il est aussi DJ à ses heures perdues) à l'aventure d'un magazine presque culte (de 1986 à 2019), ses transformations successives (de mensuel à hebdo puis son rachat par Pigasse) et sa diversification (organisation de concerts, compilation de Cd's, promoteur gastronomique...).
    En filigrane de cet ouvrage très structuré, concis et synthétique, se dessinent les dessous scabreux de l'industrie du disque, la vie d'artiste et ses concessions, la psyché souvent borderline de ces passeurs de sons adulés un temps et parfois victimes de tragiques destins (mort, solitude, échec, oubli...). C'est aussi le témoignage d'un enfant du rock sur le demi-siècle passé, ses enjeux, ses défis, ses excès mais aussi sa formidable mutation ou évolution (du rock au rap) avec une bande son à la fois électrique et éclectique.
    L'auteur, que l'on devine droit dans ses bottes (l'esprit rebelle et incorruptible) esquisse ici une voie pas forcément pure (le rock et son inspiration diabolique ?) mais vraie, dans ses fêlures et ses folies, pour discerner de cœur à cœur des personnalités attachantes, profondes ou inspirantes (Morrissey, Jeff Buckley, Miossec, Daho, Damon Albarn, Björk, Jarvis Cocker, Stone Roses...).
    Touche à tout, artiste et rêveur de sa vie, JD Beauvallet reste un "passeur" discret dont la présence et l'écriture révèle et sublime la beauté des êtres, au-delà de leur apparence sulfureuse.
    On comprend mieux l'esprit Inrockuptibles à la lecture de ces mémoires, en se disant qu'il a essaimé chez beaucoup de "mauvaises graines", ouverture d'esprit, goût de l'autre ou la folie contrôlée.


    "Aujourd'hui, quand je veux être surpris, effrayé, dérouté, je ne me tourne que rarement vers le rock. Je trouve qu'il bave, qu'il radote, qu'il n'élargit plus son cadre : il semble impuissant. Pour le dynamitage des formats dont il était un génial artificier, je me tourne vers les productions du hip hop ou du R'n'B. Je suis passé d'une fascination pour les chansons à une passion pour le son...je reçois désormais souvent la musique par les viscères, les tripes...le hip hop m'a sauvé de l'ennui et de la nostalgie pour ce qu'il reste une matière vivante, évolutive." 

     

  • La prière est veille

    "La lune, qui n'a pas de lumière par elle-même, peut être considérée comme le symbole du moi humain qui ne peut recevoir de vraie lumière et de vraie chaleur de vie que de la transcendance, symbolisée par le soleil. Sans cela il est envahi d'obscurité". (p.11)


    trigano.jpgLivre salutaire que "Ta foi t'a guéri", dernière réflexion méditative de Pierre trigano, commencée chez nos confrères suisse (tout est parti d'une conférence) et éditée aux éditions Cabédita.
    Par temps de COVID long il ravive l'espoir d'une issue lumineuse pour peu qu'on ne cède pas à la "foule des émotions sombres et des pensées tragiques", nous maintenant léthargique.
    Par l'analyse symbolique de deux guérisons de Jésus dans les évangiles (l'aveugle de Jéricho et le paralytique de Capharnaüm) et leur amplification sémantique à partir de la racine hébraïque, il convoque et oppose, à toute tempête mentale pessimiste , "la puissance divine du bonheur" (traduction littérale de Yeshoua), par la prière, l'abandon confiant au "4" (un des noms de YHWH ou Yehouha) et la vigilance active face à ses rêves diurnes, voie royale de l'inconscient et de son centre potentiel de guérison, le Soi.

    Rappelant qu'infirmité physique rime souvent avec "racine psychologique de la maladie"(p.55), il insiste sur la cause de tout nœud intérieur, un chagrin originel (échec, honte, jugement ...) qui se traduit parfois par le corollaire anesthésiant de la tristesse : dame colère.
    L'enjeu et le chemin de la guérison (corps, âme et esprit) passe selon lui par le pardon qui signifie en hébreu "couvrir sa colère", fruit d'une maturation personnelle ou/et d'un acte de foi. Seul en effet un état d'ouverture (à plus grand que soi) et donc de descente du mental au cœur, est prélude à une demande ou à un cri envers le guérisseur intérieur, dont le nom et symbole est Jésus pour les chrétiens.
    À l'instar d'une Annick de Souzenelle, l'auteur est un émerveillé. Sa relecture, son interprétation intériorisée et sa méthode d'amplification étymologique (comme pour l'analyse d'un rêve) des textes bibliques (Il a commis 6 volumes de l'Inconscient de la Bible chez Réel éditions), le fait s'approcher toujours plus prêt du noyau divin et du devoir de piété qu'il impose, face au sacré et au mystère d'un Feu d'Amour n'éclairant malheureusement le commun que dans sa dimension dévastatrice.

     

  • Du lourd en perspective

    Get-Busy-L-anthologie-de-l-ultime-magazine.jpg

    Bel objet que cette anthologie cartonnée Get Busy publiée aux Editions Marabout, qui vient ressusciter des feuillets mythiques puisque introuvables. Elle retrace les meilleures interviews (dont certaines inédites) sur 30 ans d'activisme, du fanzine originel (période 90-95 - 12 numéros) à l'émission web TV sur Clique TV en cours en passant par le format magazine (7 numéros entre 2001 et 2003) ou la version co-animée avec Joey Starr (Authentik sur 3 numéros avec NTM comme rédac. chef).
    Mais Get Busy c'est surtout l'émergence d'une personnalité, SEAR, hip hop dans l'esprit, qui, à l'inverse des institutions rock de l'époque (Best, Inrocks, Rock'n Folk) voulut rendre compte de façon positive, culottée, érudite, corrosive ou parfois légère, d'une culture alors en pleine expansion.
    Le collectif Get Busy, variable selon les époques, su proposer à ses fidèles et chanceux lecteurs des thématiques autres que la musique  rap (people, sport, société, X), dans un souci de chroniquer une époque , ses personnages mythiques ou emblématiques, ses marottes.
    On y retrouve donc, en sus de personnalités hip hop (Nas, Dee Nasty, Ice Cube, J' Blige, NTM...), des artistes en plein boom (Dieudonné, Chabat, Dupontel, Jamel...), des intouchables (Vergès, Platini, Ardisson...), des légendes du banditisme dans la vie ou à l'écran (Charlie Bauer, André Pousse, Dominique Zardi), des stars du X et du sport (Marvin Hagler, Marc Dorcel, Julia Chanel...), puisque "le X comme le rap ou le banditisme, permet d'analyser la société en creux".
    La pêche aux "gros" poissons (à interroger) reste synonyme d'un mode de vie (do it yourself) où tout devenait possible, par passion et en s'en donnant les moyens, attitude désinvolte qui allait révolutionner les futures interrelations en les décloisonnant ou en se passant d'intermédiaires.
    Sur le fond, l'anthologie regroupe une quarantaine d'entretiens contextualisés et classés par thèmes, plus ou moins longs, agrémentés de goodies sous forme de QR codes (vidéos ou sons). Le ton est détendu (les questions n'étaient pas préparées à l'avance) mais les dossiers sont parfaitement maîtrisés, ce qui permet un certain lâcher prise chez l'interviewé, pour plus d'authenticité. Pratiquées à plusieurs entre potes, les questions fusent et alternent, de générales à pointues, sans oublier de (se) chambrer, la mentale banlieusarde.
    On passe un bon moment, à l'ombre de l'univers de SEAR entres autres (tous ses acolytes sont cités dans les tags) en découvrant ou revisitant les péchés mignons de quelques "b.boys" tournoyant autour d'un mouvement naissant qui trente ans plus tard est plus que jamais présent partout.
    Reste au final un petit goût de nostalgie d'une époque révolue mais dont la liberté d'esprit (libertaire ?) a fait de nombreux émules.

     

  • Rhizome du Soi

     

    Deux livres de poche section psychologie de Carl Gustav Jung sont réédités par Albin Michel en cette fin d'année. Il s'agit de "Aïon" et de "l'Âme et le Soi", qui révèlent une méthode d'interprétation (par amplification) de contenus psychiques symboliques présent dans l'âme humaine. Le Soi est à l'honneur, se révélant pour le coup comme agent de transformation et de transmutation unitif pour accompagner le moi conscient vers un Centre plus intégratif d'où il provient.

     

    "Les vérités psychologiques ne sont pas des assurances métaphysiques mais bien plutôt des modes de pensée, de soutien et d'action qui se révèlent à l'expérience comme appropriées et utiles". (p. 54)

     

    9782226469663-j.jpgDans Aïon qui ressort en édition poche, C.G Jung alors âgé de 75 ans, est un puits de connaissances, une montagne d'érudition qui illustre de façon magistrale le Tout contenu dans le Soi, archétype de l'union des contraires.

    Son terreau de jeu, l'inconscient, étant un monde caché et obscur, il s'intéresse ici à des sources "apocryphes" (gnostiques) ou occultes (l'alchimie ou les écrits cathares) pour amplifier le sens et augmenter la signification de symboles duels présents dans l'imaginaire chrétien des premiers siècles. Ainsi du Poisson, de la Pierre philosophale, du Christ et de l'Antéchrist ou du problème du mal qui n'est pas que la privation du bien. D'après lui, ces hérétiques de tous temps avaient compris et assimilé des vérités de la psychologie des profondeurs, telle la lumière véritable tapie dans la profondeur des ténèbres.

    Les symboles religieux n'étant plus opérants à notre ère (sens de Aïon), désacralisés, il ressuscite des vérités psychiques d'études oubliées pour refaire le lien et rendre conscient des concepts dissociés ou ambivalents mais pourtant complémentaires ou issus d'une même pièce, ainsi de l'Antéchrist qui à l'origine n'est que le "jumeau" du Christ, son alter ego maléfique.

    Ses réflexions sont foisonnantes, parfois alambiquées (à vouloir trop cautionner un modèle), parfois proches d'une vérité ou révélation métaphysique comme la pêche au poisson-Léviathan en soi qui est nourriture eucharistique ou la Pierre philosophale assimilable au Soi et pourtant grain de sénevé...

    L'auteur et fondateur de concepts fondamentaux de la psychologie analytique (l'ombre, l'animus-anima ou le Soi) présentés et résumés en préambule nous livre pêle-mêle le fruit de ses découvertes savantes (astrologie, alchimie, eschatologie, philosophie des premiers Pères...), tisse des liens, bâtit des schémas synthétiques sans véritablement convaincre ou emporter l'adhésion.

    Moins découvreur que rassembleur sur la fin de sa vie, Jung fait néanmoins preuve d'une vitalité et d'une curiosité hors norme, marquant à jamais tous ceux qui croisèrent son chemin de son vivant. 

     

     

    "Les -ismes politiques et sociaux de notre temps prêchent, certes, tous les idéaux possibles, mais poursuivent sous ces apparences trompeuses un but qui est d'abaisser le niveau de notre civilisation en restreignant, voire en annihilant purement et simplement les possibilités d'épanouissement individuel. Ils le font en partie en produisant un chaos maîtrisé par la terreur, un état primitif donc qui ne concède plus qu'une possibilité de simple survie ; un état pire que les pires époques de "ténèbres' du Moyen-Âge. Il reste encore à savoir si de l'expérience d'un asservissement déshonorant naîtra un jour une plus grande aspiration à la liberté de l'esprit". (p.123)

     

    9782226469670-j.jpgLes ouvrages de C.G Jung sont inégaux en qualité d'universalité, l'âme et le Soi qui constitue un patchwork de thématiques (un processus d'individuation analysé au centre avec 25 belles illustrations couleur, des articles sur la transformation intérieure, une digression sur la sourate de la caverne dans le Coran, la fonction transcendante et l'imagination active, le spiritisme, le phénomène ovni) oscille entre fulgurances et informations de seconde main ou d'arrière plan, à l'image des préoccupations de l'analyste zurichois, centrales ou périphériques comme le point et le cercle.

    Ce petit livre réédité présente néanmoins un double intérêt.

     On y ressent l'évolution de la pensée de Jung entre le début et la fin de sa carrière, de rationaliste froid à une réflexion irriguée et nourrie d'amplifications livresques ou expérimentales dans le domaine des Sciences humaines (les textes sacrés comme le Coran, l'alchimie toujours avec ici les écrits de Boehme, des sujets de réflexion développés à partir de l'étude de cas cliniques), avec toujours la rigueur scientifique qui le caractérise et le cautionne.

    D'autre part l'analyste élevé au rang de mythe par sa stature de pionnier de la voie des profondeurs, nous est rendu plus humain et accessible avec l'âge par le fait qu'il touche à tout pourvu qu'un lien se tisse à l’âme et l'inconscient (redéfini le "domaine des rêves, des morts et des ancêtres"), avec des préoccupations a la fois élitistes (un processus d'individuation nécessite une forte érudition ) mais aussi plus populaires (spiritisme, ovni...). 

    Dans l'esprit de Jung, ses continuateurs sont sans doute moins ceux qui le divinisent tout en calquant sa méthodologie à la lettre que ceux qui, par cercles concentriques et disciplines connexes, s'approchent du mystère de l'Être et de la vérité, sans estimer qu'elle se trouve forcément dans les matières nobles du terme.

     

  • La communion des coeurs

    Coran 19,96 : Pour ceux qui auront cru et fait le bien, Dieu sera tout amour. ( S. Mazigh)

    "Certes c'est très intéressant et instructif d'interpréter les Écritures mais il faut aller plus loin que la parole. Prendre la route et aller à la rencontre de l'autre parce que de l'autre on rencontre aussi le Tout-Autre, et là s'opère la véritable alchimie céleste : c'est là où on Le trouve tout simplement". (p.323)

     

    fraterniser.jpgA l'initiative de Khaled Roumo (poète et auteur entre autre du "Coran déchiffré selon l'amour"), Fraterniser - Chrétiens et musulmans à l’œuvre est un épais recueil d'une quarantaine de témoignage de personnes gravitant autour du GAIC (groupe d'amitié islamo-chrétienne créé par K. Roumo) sur leur parcours de vie incluant le dialogue inter-religieux et qui paraît comme une évidence chez Erick Bonnier éditions.
    S'il existe une communion de saints, les cœurs ardents et ouverts sont à l'honneur dans cet ouvrage, avec leurs histoires, jalons, personnalités et lieux géographiques communs.
    On s'intéresse ici à ce qui rassemble les deux communautés, le culte marial (Chartres, Lourdes, Vieux Marché...), la dévotion pour le Coran et son "équivalent" chrétien Jésus, l'amour des mystiques de tous bords (Rabbia, Ibn Arabi, Rumi, Sainte Thérèse d'Avila, Saint Jean de la Croix...), François d'Assise et Abd El Kader en figures de proue.
    Sont passés en revue les contemporains de la concorde islamo-chrétienne, de Massignon à Michel Lelong en passant par le père Charles de Foucauld ou encore Christian de Chergé.
    Les témoignages relatent souvent d'excentrations géographiques et culturelles pour rencontrer l'autochtone et Dieu-présent dans l'hospitalité, la tendresse, la gentillesse, le service, le trésor des cœurs aimants pour englober aussi les non-religieux.
    Ce livre salutaire vient nous rappeler qu'il a de tout temps existé des hommes et femmes de bonne volonté respectueuses du prochain dans sa différence et soucieuses d'un enrichissement personnel et spirituel sans limite, à l'image de l'Amour infini vécu ou ressenti par chacun.e.s des intervenants. Et si le monde tenait par ou pour ces "expérienceurs" - au sens de vivre une expérience non ordinaire - tant le quotidien se sclérose avec repli identitaire à la clé ? Le monde aurait beau se fragmenter ou se diviser, par haine ou mépris, rien ne saurait éradiquer ce commun hôte dans la poitrine des croyants de tous bords, cet éclat de Vie dont l'autre bout de bâton est gratitude.

     


    "L'amour permet de dépasser les étiquettes, d'oublier les formes, d'aller au-delà des dogmes. C'est un terrain commun qui permet un accès plus facile à l'universel...Le moteur et la finalité du chemin sont semblables : établir la connexion avec cette Présence transcendante et immanente, connaitre ce Mystère du monde, cette Cause de l'existence, et s'unir avec Elle". (p.146)

  • Du silence, le Verbe

    Joseph est "l'ombre du Père éternel" et manifeste sur le plan humain, les qualités d'Amour du Père céleste. Représentant de Dieu sur terre, il éduque Jésus avec amour, un amour qui n'est pas complaisance et sait faire preuve d'autorité. Il dresse des limites et autorise au sens étymologique, aider l'autre à trouver ses propres lois intérieures”(p.118).


    joseph.jpgAprès Marie-Madeleine (L'amour a tant de visages), c'est au tour de “Saint Joseph, le bien caché” d'être mis en lumière et représentations (des tableaux iconiques parsèment l'ouvrage avec une mention spéciale pour "Saint Joseph et l'enfant Jésus" de Papety, p.108) par Pascale Léger, qui déterre avec brio les personnages occultés ou en retrait des évangiles (un troisième livre à paraître sur Saint Jean-Baptiste), et toujours éditée aux éditions Almora.
    L'auteure a recensé dans cet ouvrage tout ce qui touche à la vie de Joseph le Charpentier (apocryphes, légendes, évangiles, culte) et donne la parole au taiseux dans un exercice d'imagination créative.
    Elle suggère des interprétations parmi plusieurs hypothèses, quand le doute des évangiles est permis (son âge, les frères et sœurs de Jésus, la date de sa mort...), et amplifie la figure du juste serviteur et gardien de la sainte famille (en le comparant avec Joseph fils de Jacob, Geppetto de Collodi, Joseph d'Arimathie ou encore Joseph des Dialogues avec l'Ange) pour mieux définir ce qui le caractérise dans l'absolu.
    Avec Joseph, l'invisible devient visible et une mission s'incarne (ici la paternité) suite à un songe.

    Sa discrétion de père adoptif souligne son humilité car il demeure un rouage essentiel, une pièce maîtresse de la droiture et de l'imaginaire de Jésus. Il est un mur porteur de la fondation humano-divine, pendant terrestre du Dieu hébreu à la fois présent et caché, influent mais effacé, au sens d'aimer sans posséder.
    L'intuitif Joseph est aussi un bien caché, un trésor de cœur qu'il est juste de révéler et l'entreprise fleurit abondamment ces dernières années.
    Pascal Léger donne à Saint Joseph la place qu'il mérite en tant que pré-curseur de Jésus, celui qui préfigure le Messie en acceptant sa tâche d'ouvreur du Chemin vers le divin, ce en quoi la magnifique mosaïque de Bethléem de la couverture est la parfaite illustration.

    En complément sur le sujet nous proposons un entretien de Maryse Chauvaux (collaboratrice à RCF Vaucluse) avec l'auteure, ici.