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Livre - Page 2

  • Le plein...de bons conseils

    La maladie, c'est d'abord et avant tout celle de ne pas aimer.
    La guérison, c'est d'abord et avant tout le mouvement de l'accueil. Plaçons donc l'intention de la compassion au centre de notre quotidien. Là réside la transition essentielle, hors de laquelle rien de durable ne se fera (p.115).

    Pour bien apprendre, il faut se sentir aimé. Et pour bien enseigner, il faut aimer : aimer ce que l'on enseigne et ceux à qui l'on enseigne. Alors, il ne reste que la transmission de l'amour, autant dire de la vie (p.96).

     

    Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure,Gilles Farcet,éditions le Relié poche,Kabir,Henry Thoreau,revue Kaizen,Pierre Rabhi,Sangha,Avec Le Jardin du Dedans - une écologie intérieure, paru au Relié poche, Gilles Farcet dénonce des postures inappropriées, et valide celles opportunes à la vie en société, en citant Kabir et Henry Thoreau.
    Sur une trentaine de courts articles initialement parus dans la revue Kaizen, relus et modifiés, il révolutionne le Jardin intérieur, fruit d'une vie de pratique spirituelle à l'école des sages.
    Ouverture du cœur, tri de ses pensées mécaniques, activités énergivores, aveuglement émotionnel, éco-responsabilité du passant...autant de termes propres au champ lexical de l'écologie dont le pendant et le rhizome est ici propre à l'univers personnel, ses lois, ses sous personnages, ses humeurs ou ses opinions.
    Quel rapport entretenons-nous avec l'actualité ? Auprès de qui nous informons-nous (par extension nous nourrissons-nous) ? Quelle est notre dépendance aux écrans, au confort, au tourisme ? Quelles sont nos priorités au quotidien ? Sommes-nous si différents de la masse ?...Le livre soulève beaucoup de questionnements qu'on remercie l'auteur d'avoir posé. Insidieusement l'éveil apparaît comme une pratique de l'instant, pour influer le moins possible sur le désordre extérieur (dont l'équilibre est fragile)  car être passant c'est aussi traverser le monde en y causant le moins de remous possibles, donc de pollution interne/externe.
    A l'image du colibri cher à Pierre Rabhi, Gilles Farcet "fait sa part", dans son village natal, entretenant et chérissant  ses liens avec les locaux et ceux qui acceptent de se transformer à son contact (la sangha qu'il a constitué), dans un souci d'écologie intérieure. Un chemin simple, humble mais exigeant pour semer les graines du monde de demain. Un objet éclairant, un sujet éclairé.

  • La plaie du Vivant

    L'écran s'est glissé entre nos corps et le monde et l'empathie se meurt. L'intuition aussi. Les conditions pour soumettre l'esprit sont réunies. Devenir un résistant aujourd'hui, c'est retrouver le chemin de l'empathie...par la douleur...qui nous relie (p.183)

     

    duboc.jpegGislaine Duboc sort son troisième livre chez Véga Éditions "Laisse la Vie entrer dans ta vie", plutôt centré sur l'avènement de l'I.A, des réseaux sociaux, des écrans et de leurs dangers.
    Les membres de sa famille et de son cercle d'amis défilent, et se confient ; un dialogue se construit, ainsi qu'une méthode de vision-investigation, menant à un dénouement, une meilleure compréhension de la problématique et de sa solution.
    A l'heure des élus de la "tech" qu'elle nomme les "handicapés du sensible", qui font basculer le monde et les nouvelles générations dans un rêve de l'esprit, un univers connecté, Gislaine Duboc veut encore croire à la reliance terrestre (la nature, le cercle restreint, les rencontres) et céleste (les disparus, les esprits bienveillants...). Chamane dans l'âme, elle démontre comment l'inspiration advient, à partir du corps et d'un cœur empathique, éveillé, vibrant, intuitif. 
    Jamais avare d'un conte initiatique, cette sagesse incarnée titille les consciences par des appâts de mots imbriqués, visionnés, inspirés.
    Véritable star des réseaux avec ses courtes vidéos en pleine nature, sur des sujets d'actualité, elle pressent comme beaucoup le danger d'une technologie aliénante et tueuse de sensations, captivant l'attention de ses adeptes, avec un nouveau Dieu omniscient, porteur d'une vérité indubitable (google ? Chat GPT ?).
    L'espoir domine l'ouvrage, avec la Vie qui sourd à l'intérieur et alentour, contrecarrant les plans les plus diaboliques et qui resserre les liens plutôt qu'elle ne les distant. Reste aussi cette foi en un Créateur bienveillant et Miséricordieux, qui saura in fine faire le tri entre le bon grain et l'ivraie, pour qu'advienne un monde véritablement nouveau, relié plutôt que connecté, outil plutôt que maître, à l'image du mental.

  • Une réflexion mûrie

    D'un point de vue psychanalytique, cette éthique peut être comprise comme une désintrication du religieux et du surmoi, telle que l'ont analysée des penseurs héritiers de Freud et de Lacan. Elle ne nourrit pas le fantasme d'un Dieu persécuteur intériorisé, surveillant les pensées et désirs, mais ouvre un espace où le sujet peut consentir à sa finitude sans se haïr lui-même. En ce sens, l'éthique évangélique est une éthique de la castration assumée, non de la toute-puissance morale...elle ne construit pas un surmoi religieux, mais libère un espace de responsabilité adulte, où la foi n'est plus une contrainte mais une confiance  (p.161).


    Michel Leconte,Jésus après les dogmes - Histoire, critique et liberté de croire,Karthala éditions,dogme,rituels,théologie contemporaine,exegèse historico-critique,Michel Leconte, psychologue de formation et passionné de théologie, publie chez Karthala éditions, dans la collection Sens et Conscience, Jésus après les dogmes - Histoire, critique et liberté de croire.
    Le livre est salvateur car il remet Jésus l'homme, son message et l'esprit qui l'animait, au centre : son "amour des ennemis, sa justice pour les pauvres, sa liberté face aux pouvoirs". Michel Leconte, fervent chrétien, remet aussi en question le dogme, récité selon lui  mécaniquement ; la sacralisation eucharistique (qui ne l'est plus) avec son aspect magico-superstitieux, et plus globalement l'emprise doloriste et culpabilisante de l'institution ecclésiale.
    Il nous livre ce qu'il a conscientisé d'une psychanalyse approfondie, confrontée à l'exégèse historico-critique et à la lecture de théologiens contemporains, pour qui Jésus n'était pas Dieu mais son "porteur" et son reflet. De même pour la résurrection qu'il perçoit comme "un souffle, une force de vie...une parole qui ressuscite les vivants...et fait lever l'amour au milieu du désespoir (p.86)". Quelque chose a survécu de l'homme que valida Dieu même après sa mort, dans son absolutisme et ses choix de vie radicaux. Un Dieu pour le coup immanent plutôt que transcendant, avec lequel une relation d'amour confiante est possible et que l'on sent présent ou absent (selon notre aveuglément émotionnel) mais qui épouse la condition humaine et l'accompagne dans la souffrance et l'épreuve, la finitude aussi et plus encore...loin d'un Tout-Puissant Omniscient et que Jésus laissait transparaître.
    Ouvrage mature d'un penseur libre donc mais qui, petit bémol, à force de rejeter sous couvert d'incrédulité infantile, ne reconnaît ni la fonction de Messie, ni la naissance virginale de Jésus par Marie, prélude à notre sens, au moins symboliquement, à l'avènement du Verbe : un terreau silencieux, au-delà du mental, dans la foi au Saint Esprit.
     

  • Modernité de l'Apocalypse

    Les poèmes d'Ellul se dévoilent devant nos yeux dans toute leur beauté, leur richesse et leur ambiguïté...Ambiguë, la parole l'est bien. Celle d'Ellul ne fait pas exception. Ce n' est pas seulement a cause du contenu de sa poésie que celle-ci est parfois difficile à saisir, c'est avant tout parce qu'elle est un déploiement particulier, esthétique, de sa théologie de la parole (p.39).


    Poète du Tout-Autre,Yannick Imbert,éditions olivétan,Jacques Ellul,Silences,Oratorio,poésie,Livre rouge,C.G Jung,théologie de la parole,parolel imagée,christ,dieu,APocalypse,Mai 2026Dans Poète du Tout-Autre, Yannick Imbert, professeur d'apologétique, présente une introduction à la poésie de Jacques Ellul, aux éditions Olivétan.
    Ses deux recueils de poésie, Silences et Oratorio, ont été publiés à titre posthume car il "ne pouvait (décemment) pas se révéler". 
    Cette petite apocalypse, au sens de dévoilement de l'intime, pour un penseur très influent sur les plans sociologique et théologique, est la quintessence et le fruit d'une vie (intérieure). Oratorio fait même figure de "livre rouge" d'Ellul (comme pour C.G Jung), préfigurant son étude future sur l'apocalypse et l'unité sous-jacente de domaines à priori antagonistes,  dans son œuvre bibliographique.
    On passe un bon moment avec cet essai érudit et exigeant de Yannick Imbert sur un auteur qu'il vénère et dont il a saisi l'importance de la prose. L'ouvrage n'est pas  l'exégèse d'une "théologie de la parole" mais une tentative, à l'aune des thématiques (vanité, liberté, ville, Dieu...) travaillées par Jacques Ellul (1912-1994), de donner quelques clés de lecture. Le reste, affaire de "parole imagée", visions christiques d'un homme de foi et d'espérance, représente son intuition du sens de l'Histoire et de la Présence/absence de Dieu.
    Les extraits, nombreux, ne suffisent pas à saisir l'ensemble du souffle poétique, ni son degré d'inspiration. S'y plonger, lors de leur réédition, sera peut être la prochaine étape. Mais on peut certainement qualifier sa parole de Verbe, nourriture circonstanciée, vision sublimée et manduquée d'un texte hallucinant et halluciné, la Bible et son apex, l'Apocalypse de Jean. 

  • Un sujet qui fait mouche

    Coran 22,73 : Hommes, il vous est proposé une parabole, écoutez la : Ceux que vous adorez au lieu de Dieu ne peuvent créer une mouche, quand bien même ils s'uniraient pour cela. Si la mouche leur enlevait quelque chose, ils ne sauraient le lui faire restituer. Le solliciteur est aussi faible que le sollicité.

     

    Mouches un portrait,Peter Geimer,Macula éditions,Avec Mouches, un portrait, Peter Geimer (directeur du Centre allemand d'histoire de l'art à Paris) signe chez Macula éditions, un petit essai culturel et naturel du drosophile.
    Souvent maudites, associées aux sale, aux maladies, au lieutenant du diable Belzébuth (le seigneur des mouches) même, ce drôle de petit insecte génère de la nuisance sonore, alimentaire et infectieuse.
    Dans l'histoire de l'art, il apparaît sur certaines toiles comme un trompe l’œil ou symbole du quotidien, en littérature tantôt empathique tantôt méprisant et au cinéma comme génétiquement proche de l'humain. Des études naturalistes à base de croisements ont d'ailleurs été menées pour mieux comprendre notre spécificité.
    Neuf types principales originelles de mouches peuplent le monde, plus ou moins nocives (on pense à la mouche tsé tsé), et il n'est que le Coran qui nous la présente comme un fléau positif, instrument de Dieu (27,73), alors "qu'une sainte mouche serait du point de vue de l'histoire de l'art une impossibilité, et du point de vue théologique un sacrilège"(p.89).
    Original et érudit, ce portait des mouches est affaire de représentations. Ici globalement repoussoir et méprisé, l'insecte ailé  "domestique" m'a cependant toujours paru doux, familier et réconfortant, plus angoissant en nombre il est vrai. Une réputation exagérée, ignorée ou minorée en serait-elle la clé ?

     

  • Sur la terre comme au ciel

    "Faire la volonté de Dieu, c'est faire entrer en moi Jésus et Sa joie divine. C'est être Sa consolation. C'est mettre en moi Sa Présence, sa Présence irradiante" (p.257).


    Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit,Joel Guibert,éditions Artege,sainte Thérèse,béatification,mystique,sainte,Avril 2026Avec Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), les éditions Artège signent un nouvel essai du père Joël Guibert, dans une visée de béatification.
    Il faut dire que sa vie entière, ses écrits, ses dons (bilocation, sanctification d'hosties souillées...), ses inter-actions (le réconfort de sœurs, le rachat d'âmes) et sa renommée mondiale, la font entrer dans un modèle de sainte catholique, au même titre que la petite Thérèse, qui fut son modèle.
    Tentée et adepte de souffrances ("mon Amour me fait aimer la souffrance pour m'unir à mon Bien-Aimé" - p.255), elle réfute le dolorisme pour évoquer la sagesse de la Croix "dont la Joie profonde est le fruit (p.237)".
    Confiante dans le plan de Dieu, elle apprend à s'en remettre à Sa volonté en laissant Jésus œuvrer à travers son cœur, ses yeux et ses mains, pour devenir outil de Miséricorde.
    Livre informatif mais aussi de portée évangélique, Joël Guibert nous remémore la spécificité toute chrétienne, une vie "à partir de Dieu", dans  une relation "vivante et vivifiante" éprouvée dans les actes (une pulsation, une vibration, une joie qui demeure...), les pensées (le discernement) et les prières du quotidien.
    Plus globalement et c'est encore le cas ici avec Yvonne-Aimée de Malestroit, les mystiques sont des aiguilleurs de l'être qui incarnent la quintessence de l'enseignement christique. Ils sont le rappel d'une praxis ésotérique incandescente qui perdure malgré l'essoufflement des institutions. Ils sont le soufflet sur les braises !

  • Le phénomène religieux

    La religion est un phénomène relationnel...et social...En ce sens, être religieux est un facteur de protection respectable. L'appartenance à un groupe religieux procure un sentiment de solidarité et d'identité, mais elle dicte également la manière de croire, de prier, de se comporter, d'aimer et de haïr (p.31).


      
    Nicole Aknin,Anna Cognet-Kayem,Philippe martin,Religions, déviances et psychopathologie,presses universitaires de BordeauxSous la direction de Nicole Aknin (psychologue), Anna Cognet-Kayem (psychanalyste) et Philippe Martin (professeur d'Histoire), les presses universitaires de Bordeaux publient Religions, déviances et psychopathologie, un projet universitaire pluridisciplinaire, prolongement d'un colloque, autour de la religion, de ses satellites et de ses traces dans les représentations psychiques.
    Plaisant à lire et varié dans ses approches, l'ouvrage peut néanmoins parfois  apparaître comme une charge envers la religion rituelle et dogmatique. Certains auteurs lui opposent en effet la spiritualité, d'autres lui reprochent son formalisme mais globalement des pratiques ancestrales subsistent (talebs, mpiandry...), proches de la superstition ou un temps apocryphes (l'exorcisme, la sorcellerie ou la possession collective), qui pallient (par rapidité ou coût moindre ...) une praxis de reliance (le re-ligere de religion).
    Des croyances irrationnelles aux esprits maléfiques, à des fantômes  ou à des possessions transgénérationnelles inondent les psychés en profondeur (l'inconscient collectif de Jung ?) et deviennent le sujet de disciplines étiologiques ou géobiologiques.
    Globalement, après une lecture attentive de l'essai, la religion "peut  être à l'origine de traumas réels ou supposés" mais son versant méritoire est rarement abordé. Quid de la foi, de la lecture parfois  apaisante des livres sacrés, de la guérison des cœurs par l'intermédiaire de l'esprit sain et du temps, dans une approche interreligieuse ? L' occasion en effet d'approfondir ce qui n'a été perçu que superficiellement en devenant de facto psycho-pathologique...
    En réalité, c'est plutôt un syncrétisme des croyances qui occupe souvent les esprits en quête, flirtant de temps en temps avec les soins "parallèles" quand le miracle de la foi, par de vaines prières, atteint sa limite.