blogger hit counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Concert

  • Stephan nous est cher

    Stephan Eicher,Martin Gallop,Simon Gerber,Tom Vanstiphout,Tommy Baldu

    C'est sur le dernier album, Poussière d'or, particulièrement réussi - un bijou d'orfèvrerie - que nous sommes allés voir Stephan Eicher pour la première fois en concert à Lyon, où il se posait deux soirs de suite au Radiant Bellevue.
    Âgé de 66 ans et très bien entouré, c'est à une leçon de Vie que nous avons assisté.
    Loquace et drôle, il fustige les retardataires et annonce d'emblée vouloir jouer son dernier né (écrit à nouveau en majorité par Philippe Djian et aussi Martin Suter) avant les chansons pour lesquelles le public a payé, sous-entendu ses classiques intemporels.
    Et bien lui en a pris. Devant un drapé représentant un paysage naturel avec pins et montagnes, magnifiquement éclairé, le quintet aligné dégaine les ballades folks acoustiques (Poussière d'or, Je plains celui, Sauvage continent, On dit...) avec embardées électriques par le virtuose Tom Vanstiphout. Le public écoute et applaudit. C'est beau, entraînant et surtout ça joue "sévère" avec une connivence évidente entre le producteur (de poussière d'or) multi-instrumentiste Martin Gallop, le bassiste Simon Gerber et le batteur Tommy Baldu.
    Puis c'est le switch (par un effet que nous ne dévoilerons pas) avec 3-4 classiques et des chansons puisées ici et là dans son large répertoire (18 albums au compteur pour 45 ans de carrière !), rendant cette seconde partie électrisée plus enjouée. Le niveau sonore monte, le public s'y retrouve, participe et se réjouit de pouvoir chantonner quelques refrains jusqu'au tubissime "Déjeuner en paix", ou la reprise bien barrée de "Ich Möchte ein Eisbär sein" (Grauzone, groupe de son frère Martin)
    Au final presque deux heures de show et l'impression d'avoir rencontré un artiste valeureux, humble et chaleureux. Le groupe scénique était celui présent sur l'album phare (et lumineux) et son interprétation d'hier, soudés comme un seul, a résolument déplacé des montagnes. 

    @Crédit photo : stephan-eicher.com

  • La culture tous azimuts

    Depuis les Yvelines se fomente donc quelque chose, né de cette idée encore embryonnaire que l'on peut percer la muraille, imposer une ligne éditoriale sans compromission - inrockuptible, donc - et aller chercher les lecteurs curieux de sentiers culturels parallèles là où ils se trouvent et les détourner de la presse dominante (p.29).

     

    Christophe Conte,On aurait fait un groupe on a fait un journal,Flammarion,les inrockuptibles,les inrocks,Christian Fevret,Serge Kaganski,J.D Beauvallet,15 Mars 1986,Mathieu Pigasse,indie rock,culture,Christophe Conte relate avec verve, humour et enthousiasme, l'épopée des Inrocks, depuis sa création (sur demande de Christian Fevret, Serge Kaganski et J.D Beauvallet ) en 1986 et jusqu'à ses quarante ans d'existence, même si les piliers ont tous quitté le navire depuis.
    On assiste à l'essor d'un fanzine en magazine bimestriel puis mensuel et hebdomadaire, avec ses changements de locaux nécessaires, son évolution éditoriale et journalistique (plus de monde plus diplômé au fil des ans) et  ses savoureuses anecdotes racontées de l'intérieur.
    C'est toute une époque qui défile également dans "On aurait fait un groupe on a fait un journal", publié chez Flammarion : la riche moisson indie-rock des années 90, l'avènement du Net, les attentats de Charlie et du Bataclan, la vague #metoo, la politisation toujours à travers un prisme culturel, le rachat par l'intrusif banquier Mathieu Pigasse..., soit l'histoire d'un média, d'émérgent à influent, et des inévitables infidélités à son esprit créateur originel.
    L'auteur, qui a travaillé 28 ans pour le magazine, revient sur les ratés (les unes de Cantat ou Depardieu, les opérations marketing insipides...) mais surtout sur les coups de génie de certains journalistes (les interviews de Mac Cartney, Pialat, Carax par exemple ou le festival des inrocks et son rayonnement multi-géographique) restant pertinents dans l'attitude malgré l'impertinence de mise affichée.
    Un récit passionnant par un passionné de culture, qui a vu s'étendre le spectre des mouvances chroniquées (cinéma, rap, littérature, mode, BD...) au gré des ventes et parutions exponentielles (40 fois plus au bout de 6 ans). Une belle histoire aussi de culture d'entreprise et d'état d'esprit opportuniste mais droit et découvreur de talents, avant de passer le flambeau.

     

  • Positive vibration

    26_707_camille_avec_l_orchestre_national_de_lyon_credits_louise_guais.raw.jpg

    C'est le cœur qui résonna hier au théâtre antique de Fourvière pour une version symphonique du répertoire de Camille. L'ONL dirigé par Dylan Corlay apporta profondeur, grâce, légèreté ou gravité au fil des reprises (le sixième album "the sound of milk" sort en septembre, après la récompensée BO d'Emilia Perez) sur 20 ans de création.
    Des moments suspendus, notamment pour ses trois nouveaux titres, de danse-transe parfois, de refrains repris en chœur par un public conquis, de joie toujours pour celle dont le corps est instrument et le souffle note. Accompagnée par ses proches - Clément Ducol au piano-chœur, qui signe aussi les arrangements classiques et Martin Gamet à la basse-batterie - et son merveilleux quatuor de choristes - Lucile Chriqui,
    Christelle Lassort, Gisela Razanajatovo et Andres Guevara - Camille donne libre cours à sa folle fantaisie tout en portant haut et fort la note juste. Avec ses deux enfants, ce cadeau de Clément Ducol, son compagnon de vie, constitue selon elle un climax et sous un climat tropical, l'instant s'est transformé en paradis, soit "l'amour sur terre" (une parole de "la terre").
    L'artiste, au final, poussa le luxe d'inviter un couple ami fraîchement marié sur scène, pour mieux le célébrer en chantant. Un concert qui fit énormément de bien commun, un répit maternel pour la planète qui en ce moment en avait bien besoin.

     

  • 10 ans d’affinage

    lyon street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralus

    Retour au Lyon Street Food Festival pour fêter ses 10 ans ! Plus carré, plus pro, plus aéré mais aussi plus sélectif. Même lieu, mêmes heures, même public et (presque) les mêmes chefs. Il semble qu’ils soient moins nombreux, ce qui permet une meilleure lisibilité des stands et plus de place pour préparer les portions. Pourtant, choisir entre toutes les propositions culinaires est toujours aussi difficile. Quoi que ! Avec la chaleur, les buns, brioches, burgers et autres tacos, qui sont légions cette année, tentent beaucoup moins que les propositions plus aérées et/ou fraîches. Il est d’ailleurs étonnant que les chefs ne prennent pas plus en compte le temps de juin, il est vrai, de plus en plus imprédictible. Rassurez-vous, nous avons néanmoins trouvé quelques pépites :

    Le salé :

    street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralus

    Le plus original : Le chou des bois de Rébecca Azoulay, cheffe du restaurant Cueillette : champignons, comté, oignons confits, jus bourguignon, noisettes et graines de moutarde dans un petit chou : bon goût de la forêt et très onctueux. Longtemps hésité avec la version courgette/fraise/stracciatella.

    street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralusLe plus gourmand : La mitraillette de Florent Ladeyn : revisite du plat typique flamand : saucisse, friture de pomme de terre, sauce mayo piquante, ciboulette dans un pain brioché : pas de sensation bourrative malgré le pain, portion très goûtue !

     

    street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralusLe plus frais : Taloa de Floriant Remont, chef du restaurant Roliko : c’est une galette de maïs basque garnie d’aubergine marinée et grillée avec pickles d'oignons rouges et oignons frits, fromage de brebis râpé, salade d'herbes et labneh de fromage : le goût de l’aubergine reste encore en bouche. (il y a aussi une version cochon d’Auvergne effiloché)

    street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralusLe plus généreux en protéine : Le texan du food truck Lo et Slo : pain brioché, épaule de cochon au sirop d’érable et sauce barbecue (cuisson 12 heures)

     

    Les propositions salés qu’on a raté : Le yaourt salé de Pierre Sang : sans aucun doute très rafraîchissant mais beaucoup trop d‘attente (Le stand le plus demandé chaque année !) ; L’arancini du coin Little Italy : certainement très savoureux mais il fallait garder de la place pour tester les desserts.

    Le sucré :

    street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralusLe plus régressif : Le cookie mi-cuit de Gauthier et Maxime Dorner, Dorner Frères : cookie, glace vanille brownie, noix de pécan : un délice avec un cookie comme on en aimerait tous les jours !

     

    street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralusLe plus croquant-gourmand : Boules glacées Périgourdine d’Hugo Pralus, Maison Pralus : mini glaces carrées vanille enrobées de chocolat au lait, éclat d’amandes grillées et enrobées de poudre de cacao avec un nappage caramel beurre salé : chocolat craquant puis glace fondante à l’intérieur. On fond aussi. (La machine à enrober les glaces vaut le détour, cf photo)

    street food festival 2026,10 ans,nomad kitchens,les grandes locos,oullins,rebecca azoulay,restaurant cueillette,florent ladeyn,floriant remont,restaurant roliko,food truck lo et slo,pierre sang ,dorner frères,hugo pralus,maison pralus

    Les cuisiniers en herbes peuvent également participer à 400 ateliers, initiations et autres masterclass de chefs invités. Les ambianceurs ont toujours droit à une soixantaine de concerts mais aussi performances, comme par exemple un combat de catch entre deux dégustations. Surprenant mais pour le moins original. Attention tout de même à ne pas avaler de travers quand un grand baraqué vous fonce dessus !

    Blague à part, rendez-vous aux 11 ans pour les prochains plats vibrants. 

    Photos: Choeur

  • Frère d'arme

    Massive attack,Festival des nuits de fourvière,Robert del Naja (3D),Grant Marshall (Daddy G),Horace Andy,Elisabeth Frazer,

    Qui suis-je ? Quel mouvement musical pour la résistance au nouvel ordre mondial ? Quel est mon degré de conditionnement face aux réseaux/médias et de sensibilité face aux morts des guerres économiques ? Autant de questions suscitées dans cette soirée d'"edutainment" proposée par le groupe de Bristol, Massive Attack, au deuxième soir de représentation bondé, du festival des Nuits de Fourvière.
    Robert del Naja (3D) et Grant Marshall (Daddy G) se sont entourés pour leur retour sur scène (plus d'une décennie) de 5 musiciens (basse, guitare, clavier et deux batteurs) et 3 chanteurs.euses dont Horace Andy (très applaudi) et Elisabeth Frazer, qui se relaient à tour de rôle, comme le groupe, à géométrie variable.
    Le spectacle est total, par un éclairage au cordeau et un mur d'images graphiques reflet de notre époque, avec une forte teneur politique (paradis fiscaux, guerres économiques, manipulation de l'opinion et des émotions, ère numérique, génocide ethniques...) et des messages en français.
    Les nouvelles chansons (plus rock) alternent avec les anciennes choyées. L'impression est mitigée entre cette proposition plus oppressive et agressive : déluge sonore, saturation d'images, effet stroboscopique..., qui tranche avec les hits des premières heures, planants, dépouillés et plus introspectifs. 
    Bonne surprise néanmoins d'un son bien calibré et de voix justes pour délivrer comme des prières (ou des colères tempérées) face à tant d'injustice, d'atrocités ou de malignité.
    Le groupe phare des années 90 dérange et titille toujours autant nos consciences à propos d'humanité, d'ouverture et de discernement. Son engagement politique rassure et le propulse fer (frère) de lance d'une résistance face au diktat de l'argent, de l'apparence et de la coercition.    

  • Vivants, de corps et d'esprit

    concert.jpg

    Soirée rayonnante ce mercredi 3 Juin au festival des Nuits de Fourvière, avec deux artistes programmés ayant en commun d'être solaire.
    Yael Naïm s'est émancipée d'une forme de classicisme avec une proposition plus électro pop et des textes introspectifs, touchant une certaine épure, dans cette première partie. Tout est drapé de blanc immaculé sur scène avec une énorme bulle gonflée, ainsi l'artiste, comme prête pour ses noces intérieures, après une période chaotique à l'approche de la quarantaine. On sent qu'elle  prend du plaisir sur scène avec ses nouveaux titres rythmés (wow, multicolor...) ou mélancoliques (la fille pas cool, when we go to bed...), issus du dernier album expérimental Solaire ; et qu'elle aime philosopher avec le public. Cette embardée sans son acolyte David Donatien explore profondeur et appréciable folie. Dommage que le public ne communie vraiment qu'à la toute fin du set, lors d'une revisite jazzy de son tube planétaire new soul.
    Bertrand Belin arrive ensuite en terrain conquis. Ce baroudeur quinqua possède un univers attachant et singulier, dans la lignée des songwriters rock ébréchés et poètes. Souvent comparé (Bashung, Nick Cave...), il apparaît solide et posé, entouré de six musiciens confirmés (dont 3 claviéristes ) qui délivrent un groove monstrueux et chavirant. On espère une trace (un album live pour marquer le coup ?) de cette tournée qui fait bien évidemment part belle au dernier album Watt mais revisite des anciens titres plus sobres, qui sonnent comme jamais.
    La fosse jubile et danse, tranche avec les arènes pleines mais figés comme la pierre. Une esquisse de l'homme nous est donnée, avec l'envie de se plonger dans son répertoire et ses textes syncopés. Son humanité transparaissait au cinéma mais transcrit sur scène une bonhomie, une joie d'être communicative avec un son orchestré, puissant et maitrisé. Malgré son charisme certain, il ne prend pas toute la lumière et invite à une vision périphérique de la scène.  
    20 ans de carrière, un déjà 8ème album, il n'est pas là pour rien...un grand monsieur de la chanson française, artiste accompli. Merci les Nuits pour ces re-découvertes atypiques !

     

  • Une nation qui fait corps

    circa.jpg

    La compagnie australienne Circa, mondialement connue et dirigée par Yaron Lifschitz, donnait son 6ème spectacle, Revoir les étoiles, aux Nuits de Fourvière, qui fête ses 80 printemps cette année.
    Placement millimétré, corps en mouvement permanent, adresse, mélange de force et souplesse, avec toute la panoplie des circassiens modernes (Mat, tremplin, tissu aérien...), et accompagnés d'un quatuor original de musiciens (guitare électrique, cuivres, violon et programmateur électro), sous la composition musicale de Jethro Woodword ...n'en jetez plus !
    Les douze acrobates (5 filles/7 garçons) nous en mettent plein la vue, maîtres de leurs corps et solidaires dans l'effort. Il s'agit littéralement de sortir de l'enfer Dantesque (chutes et lourdeur des corps) pour s'élever, virevolter et toucher les cimes étoilées, à plusieurs c'est encore plus beau.
    Des moments de grâce individuels émergent du magma collectif, mettant à l'honneur chaque artisan de l’œuvre, en première mondiale à Lyon.
    Effrayant et haletant car souvent risqué mais merveilleux dans le résultat, de nombreux tableaux défilent sous nos yeux, certains plus inventifs que d'autres mais toujours avec poésie, soutien et une forme de ballet incessant.
    L'Australie en impose par sa force physique et sa technicité, un futur succès international amplement mérité !