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Voie non duelle

  • Les signes de l'outre monde


    "Tout ce que nous réprimons se renforce dans l'inconscient et jette une ombre sur le monde, et la "matière noire" est peut être précisément l'ombre de la plénitude imaginative que nous avons refusé à notre cosmos". (p.231)

    L'inconscient collectif, l'imagination et l'âme du monde sont des métaphores d'une réalité daïmonique. (p.228)

     

    laurent kasprowicz,romuald leterrier,bertrand méheust,brent raynes,marc leduc,jacques jaillat,sharon hewitt rawlette,patrick harpur,yann vadnais,charles imbert,jocelin morisson,henry corbin,c.g jung,phénomènes,éditions trédaniel,ovnis,parapsychologie,trickster,daïmon,réalité,advaïta vedanta,soi,rêve,chamanisme,invisible,septembre 2022Dans la lignée du titre Ovnis et conscience, Phénomènes, co-né par l'intention des chercheurs-écrivains Laurent Kasprowicz et Romuald Leterrier, est un livre pluridisciplinaire et réflexif paru chez Trédaniel éditions, qui croise plusieurs auteurs de renoms et sujets connivents.
    La figure et l'archétype du "Trickster" est le liant et fil rouge de ce jeu de piste monumental (par le spectre exploré), qui énumère ses caractéristiques, fonctions et dans une seconde partie ses racines folkloriques et philosophiques anciennes, notamment son analogie avec les "daïmons" hellénistiques (à ne pas confondre avec les démons).
    Comme l'oubli de ses rêves au réveil, la parapsychologie ou le phénomène ovnis présentent un caractère élusif (impossibilité de rapporter une preuve) propre aux facéties du Trickster, qui est aussi le gardien entre le rêve et la Réalité s'entendant comme la totalité du Réel, soit l'Âme du monde, la Psyché totale englobant le tangible et l'invisible, le conscient et l'inconscient (plutôt collectif au sens jungien du terme). Il est ce "farceur, fripon, messager, gardien d'entre les mondes" dont l'"archétype, en limitant l'emprise du paranormal, nous offre peut être une protection vitale contre une destruction irrémédiable de notre psyché" (p.169).
    Il faut dire qu'en d'autres temps l'invisible, l'imaginaire, le mythe ou le surnaturel n'étaient pas relégués au rébus et donc refoulés d'où son espièglerie actuelle à nous montrer notre route sans issue empruntée par une vision du monde toute rationnelle.
    Le livre, entrecoupé de nombreux témoignages authentiques d'apparitions d'ovnis ou de phénomènes psys (le téléphone de l'au-delà vécu par L. Kasprowicz par exemple), pose la question de ce qu'est la Vérité. Est-ce la réalité objective ou la partialité ? L'icône ou l'image ? L'esprit ou la matière ?
    La trame réflexive semble nous indiquer une direction : la fusion des deux, l'imbrication de la psyché et de l'imaginal, le pacte matière-lumière, en soi. Plus de division mais une unité comme à l'origine où l'imaginaire côtoyait le réel, le mythe l'ordinaire.
    Le Trickster préfigurerait le jeu, la joie, la fin du mental roi. Il annoncerait, dans un proche avenir, l'homme relié qui s'oppose à l'homme connecté singeant le monde de l'âme mais manquant de singularité. C'est le signe peut-être du retour de la magie dans nos vies, d'un monde où tout devient possible, véritable instant créateur au-delà de l'espace-temps.
    La conclusion et ouverture de Jocelin Morisson dresse un pont entre la science et la spiritualité, en évoquant le Réel selon l'advaïta Vedanta, une vision pleine et entière de la psyché, éveillée du rêve de l'existence séparée...de la totalité de sa Source ou Soi. Le Soi jungien, évoqué à demi-mesure en filigrane de l'ouvrage, préfigurait ce centre ou matrice organique divino-humaine.

     

    Chaque pas vers LUI est un éveil. Chaque existence - pas seulement la vôtre - n'est que rêve. Un rêve subtil...de plus en plus subtil...mais un rêve. Un seul éveil : LUI. (Dialogues avec l'Ange)

  • Rendre le mal Un

    La tragédie humaine, le mal persistant, viennent de la méconnaissance de notre ombre. Lorsque le mal est compris comme une ignorance de soi, nous savons que l'éducation intérieure peut s'y opposer et le diminuer”. (p.39)


    Embrasser-le-mal-couverture-349x543.jpgLe docteur Guy Ferré signe avec Embrasser le mal, paru chez l'Originel-Antoni, un court essai "contemplatif" concis, exigeant et probant, dans la lignée d'Annick de Souzenelle (Le Seigneur et le Satan) ou de C.G Jung (Le livre de Job) puisqu'il est ici question de l'ombre (les besoins infantiles de reconnaissance, d'orgueil, de jalousie, de domination, de peur...), du processus de maturation (devenir responsable ou adulte) qui résulte de sa nécessaire confrontation et de la conscientisation d'un centre autonome détrônant l'ego ou faux personnage.
    L'ouvrage est émaillé de citations de Lee Lozowick (le maître spirituel de l'auteur) ainsi que d'autres sages et philosophes de renom, lui donnant son caractère œcuménique.
    Une seconde partie plus personnelle mêle expérience et convictions sur les racines du mal en chacun (le scénario de survie souvent tyrannique, violent ou cruel du petit ego) et la nécessaire adaptation à la perte (physique, émotionnelle, psychique) d'(un) être séparé, qui ouvre un champ inconnu mais riche de potentialités (en terme d'énergies, de niveaux de conscience...).
    La question du mal (guerres, souffrances, viols...) concerne bien sûr notre part d'humanité maudite qui n'attend qu'une baiser du Vivant en nous pour se sentir aimée inconditionnellement. Croyant ou pas, c'est Dieu ou l'être en soi (ou le maître de la voie) qui a ce pouvoir de guérison spirituelle même si en délaissant la toute puissance (une blessure narcissique souvent) on se retrouve impuissant ou vulnérable à la tyrannie d'autrui. Reste à accueillir à hauteur d'homme cette faille inhérente à notre commune nature et traiter autrui comme nous voudrions qu'il nous traite puisque l'élévation est notre tâche et alliance. Cette démarche peut s'apparenter à la praxis chrétienne que peu appliquent en profondeur. Le péché représenterait alors les scories de la personne qu'il convient de brûler dans une pulsation embrassante.
    Un petit livre édifiant dont le jugement est absent et qui fortifie en soi notre capacité unitive.

     

    “Le délire de toute puissance et d'immortalité de l'homme augmenté est en réalité une conséquence mortifère de notre refus collectif d'apprendre à nous pencher sur le sentiment de perte et ainsi à embrasser le mal”.(p.92).

     

  • La communion des sages

     

    EN-compagnie-1ère-Pour-le-web.jpgEric Edelmann a opéré pour les éditions l'Originel-Antoni, la recension de 28 sages, la plupart du siècle passé, en évoquant des anecdotes les concernant. Le beau livre "En compagnie des sages" est émaillé de photos en noir et blanc de certains, permettant une connexion directe à la Source à laquelle ils s'abreuvaient.
    Nantis d'une Présence, signe d'un dépassement de l'ego limité, les adeptes d'une voie traditionnelle sont ici mis en situation et pris en flagrant délit de compassion, d'humilité ou de générosité. Leur réalisation profonde provoque alentour paix, crainte révérencieuse parfois mais plus souvent attirance, curiosité ou profond respect. Ils ont le don de calmer le mental, certains maux physiques, de rendre doux les sauvages et raisonnables les fous, de provoquer des synchronicités ou des miracles (don d'ubiquité, omniscience...).
    Aimer, servir, éveiller (à la véritable nature de l'esprit) semble être leur devise commune avec un don de soi quasi inhumain allant jusqu'à se charger de karmas négatifs d'autrui.
    Sur les visages se lisent joie profonde, amour infini et miséricordieux, malice et curiosité, tristesse de l'essence parfois qui est souffrance pour la Création. Leur portrait figé n'efface pas l'intemporalité du Vivant les habitant, avec ses caractéristiques et vertus inhérentes.
    La qualité de ce livre, outre ses anecdotes inédites ou peu connues, est de nous présenter des sages moins médiatiques (une part belle est réservée aux maîtres tibétains) mais vénérés des initiés.
    Pour leur aura encore palpable, on retiendra plus particulièrement les histoires truculentes mettant en scène Monsieur Gurdjieff, Ramana Maharshi ou le vénérable Dalaï Lama, leurs ruses pour édifier ou réveiller la Mémoire mais surtout leur bonhomie et essence enfantine.
    Un livre simple qui fait du bien, un bon compagnon de lecture, une sélection subtile d'historiettes à visée réconfortante et revigorante.

     

  • La force de la lignée

    Continuez la pratique, disent les maîtres d'aujourd'hui, lorsqu'ils ont pris la place de cette authentique transmission dont les règles sont celles de simplicité et de partage. Partage de notre concentration, de nos efforts, de notre abandon...c'est cela la foi véritable sans objet, la pratique de zazen". (p.139)


    Françoise Lesage,petit traité de sagesse sauvage,éditions l'Originel-Antoni,Fuyo DOkai,Gion Shogi,zen,zazen,posture,respiration,Shunryun Suzuki,Mars 2022Françoise Lesage a consacré une vie entière (43 ans) à la pratique zazen, posture et respiration essentielles du zen. Dans ce Petit Traité de Sagesse Sauvage paru chez l'Originel-Antoni, elle transmet la quintessence et la profondeur de son expérience à travers sa compréhension mûrie d'un texte testament du moine Fuyo Dokai : le Gion Shogi, qui au 12eme siècle, ramena l'esprit de l'enseignement du Bouddha à sa nature originelle de simplicité et de partage.
    Il y est question de pratique dénuée d'intérêt ; du sentiment de non séparation (tout en gardant sa différence) ressenti quand la posture zazen vient relâcher les tensions inhérentes au repli crispé du petit ego ; de communion d'un esprit vaste, englobant, illimité ; d'une vie vécue en épousant l'essence des éléments naturels (feu, eau, nuages, terre,...) ; du vide qui est absence de connaissance ; de vision non duelle de l'ombre et de la lumière ou encore de croissance d'une plante-rejeton capable de fissurer les pierres les plus récalcitrantes.
    Pour l'enseignante
    Françoise Lesage, le comportement et la philosophie quasi érémitique de l'époque peuvent illuminer et nourrir, par une lecture symbolique et intériorisée, un ancrage moderne (social, familial, professionnel) au monde.
    Ce petit traité exhumé,  agrémenté de peintures à l'encre de chine de l'auteure, amène le piquant du rappel de l'esprit originel du zen : sa posture majestueuse s'inspirant d'une montagne et dont la foi véritable permet parfois, subrepticement, son effacement.
    La signification de la posture qui ponctue l'explication du texte avec un glossaire, donne à l'ensemble un excellente entrée en la matière de l'esprit zen, que
    Shunryu Suzuki qualifiait à juste titre d'esprit neuf, renouvelé à chaque instant.

     

  • Quelqu'un plutôt que rien

    Mais il avait persisté dans sa secrète détermination à servir le tout en s'accomplissant. Et le tout, de guerre lasse, sans doute, avait fini par le lui rendre”. (p.11)

    Voilà ce qu'il avait compris : perte et rédemption, damnation et rachat, étaient la diastole et systole de la circulation de cette vie, elles en régissaient le cœur dans sa marche immémoriale”. (p.41)


    gilles farcet,la réalité est un concept à géométrie variable,éditions l'originel-antoni,arnaud desjardins,yvan amar,g.i gurdjieff,yogi ramsuratkumar,christ,vivant,coeur,compassion,mystère,enseignement spirituel,mars 2022Les éditions l'Originel-Charles Antoni, nouvellement renouvelées, proposent une inspiration de Gilles Farcet sur le concept du Réel : La réalité est un concept à géométrie variable.
    L'auteur, mature en âge et discernement, y jette un regard compatissant sur son passé et son passif ; dresse un portrait lucide de sa génération, de ses contemporains et de sa propre tâche (“pas sage mais accoucheur”) ; nous livre ce qu'il a compris du monde, du sens et du mystère de la vie (l'Amour ?), du temps qui passe, de la mort.
    Reconnaissant des amis spirituels rencontrés sur le chemin (A. Desjardins, Y. Amar, Yogi Ramsuratkumar, G.I Gurdjieff...), il goûte aux fruits de leurs enseignements, par une pratique assidue et continue depuis une quarantaine d'années, se découvrant et s'acceptant homme heureux, conscient, aimant et vivant.
    Cet "homme nouveau" au sens chrétien du terme, avec sa vision compatissante de l'humain, la responsabilité d'être au service de son prochain, d'accueillir toute souffrance pour la transcender et se donner en corps tel une hostie, la bonté d'âme aussi...s'est imposé avec le temps, reléguant l'homme ancien ou l'ego-centré en seconde place de la psyché consciente (le “il” narratif est employé à dessein).
    Rien de permanent pour autant, aucun élu ni parvenu, ni fonction à laquelle s'identifier. Des années de lutte intérieure lui ont appris la patience, la veille stratégique et la nécessité de rester dans l'ouverture de vue et de cœur (“vivant plutôt qu'éveillé”).
    Gilles Farcet traverse la vie en baroudeur, sans apporter de réponse toute faite au mystère insondable mais ressent de plus en plus le besoin de remercier pour l'assise, les signes et la confiance mis en lui. Il trace son sillon à la fois dans les pas de ses prédécesseurs mais aussi dans l'intime connivence et relation de l'être en soi.
    Un auteur que l'on sent proche. La profondeur et l'acuité du Vivant qu'il est permet la mesure.

    Entretien en trois parties (11, 8, 9 et 9 minutes) avec l'auteur :


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    Crédit Photo : L'Originel-Antoni

  • Dieu, le Témoin du Réel en Soi

    "Pour le Maharshi, la tradition pouvait être réduite au silence. Non une absence de mots mais le contenu sous-jacent, essentiel de tous les mots. Il s'agit d'un langage inexprimé, chargé de sens, d'un sens ultime et universel. C'est pourquoi le but ultime et la réalisation de la tradition entière sont parfois désignés par le terme “muni”, le sage ayant atteint la perfection spirituelle humaine, équivalent du “jivan-mukta”". (p.205)


    sabandonner-au-soi-195x300.pngHozhoni éditions publient un essai universitaire de
    Patrick Laude sur "le message de Ramana Maharshi pour le présent" : S'abandonner au Soi.
    Sur près de 400 pages, le philosophe dissèque de façon quasi chirurgicale les dires du sage hindou, les replaçant dans un contexte historico-culturel (notamment en rapport avec le Vedanta de Shankara au 7ème siècle) et en comparaison avec les perspectives religieuses monothéistes, mystiques compris.
    Dans un souci de clarification de l'enseignement sans médiation de l'ermite d'Arunachala et avec l'objectif de livrer des clés d'appréhension, l'auteur classifie et rend concret par des mots précis, un mode supraformel de transmission : silence et regard.
    Appréhender l'investigation sur le Soi ("Je suis" est le nom exact de Dieu) par le mantra mental "Qui suis-je" nécessite en effet, d'après l'auteur, une solide connaissance des principes métaphysiques ou une pratique dévotionnelle parallèle afin d'être efficiente et de toucher son but : l'abandon confiant au Soi, l'anéantissement de l'ego ou soi personnel (le fana des soufis ou le Christ en soi des mystiques chrétiens) au sein de la Source irradiante, rayonnante et transparente.
    Ce centre, cette Source bouillonnante constitue sans doute l'unité transcendante des religions et philosophies spiritualistes existantes et c'est en ce sens que l'exemple de
    Ramana Maharshi reste important et primordial pour notre temps, où les messages prophétiques deviennent tout exotériques.
    Comme tous les grands éveillés du siècle passé (Aurobindo, Ma Amanda Moyi, Nisargadata, Ram Das...) Le Maharshi témoigne de l'effusion de grâce divine envers l'humanité capable de saisir l'opportunité de se transcender et de transmuter.
    Des ajouts sur le Soi jungien, ou la relation unitive de Jésus (le Père et moi sommes un) auraient permis de compléter admirablement cet essai déjà synthétique, avec lequel on passe un moment agréable , à grande hauteur de vue.


    "
    Le Soi est en fait déjà réalisé , dans le sens de la Conscience pure, toujours immanente. Le Soi n'est autre que la grâce toujours présente, qui découle de l'effusion du Soi". (p.121)

     

  • Les racines du christianisme

    frerejohnmartin-entete.jpgFrère John Martin Sahajananda est un moine bénédictin responsable spirituel du centre Santivanam en Inde. Elevé dans une double culture (indienne par sa mère et catholique par son père), il forgea sa solide vision des évangiles au contact de Bede Griffiths, lui-même dans la lignée du Père Monchanin et de Henri Le Saux.

    Il opère une synthèse entre les textes sacrés hindous, les paroles des sages éveillés (Ramana Maharshi, Nisargadatta Maharaj...) et les paroles ou paraboles de Jésus.

    Nous l'avons interrogé au lendemain d'une conférence à Francheville sur le thème “Rester calme dans les tempêtes de la vie” (à l'initiative de la paroisse et du groupe de méditation chrétienne) , car il est aussi depuis quelques années écrivain-conférencier, très attaché à la France.

    Pour une meilleure audience nous n'avons laissé que la traduction en français de Claude Lhuissier-Noël (2 fois dix minutes).

    Une parole d'une grande clairvoyance, pour qui sait l'entendre.


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