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solaire

  • Vivants, de corps et d'esprit

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    Soirée rayonnante ce mercredi 3 Juin au festival des Nuits de Fourvière, avec deux artistes programmés ayant en commun d'être solaire.
    Yael Naïm s'est émancipée d'une forme de classicisme avec une proposition plus électro pop et des textes introspectifs, touchant une certaine épure, dans cette première partie. Tout est drapé de blanc immaculé sur scène avec une énorme bulle gonflée, ainsi l'artiste, comme prête pour ses noces intérieures, après une période chaotique à l'approche de la quarantaine. On sent qu'elle  prend du plaisir sur scène avec ses nouveaux titres rythmés (wow, multicolor...) ou mélancoliques (la fille pas cool, when we go to bed...), issus du dernier album expérimental Solaire ; et qu'elle aime philosopher avec le public. Cette embardée sans son acolyte David Donatien explore profondeur et appréciable folie. Dommage que le public ne communie vraiment qu'à la toute fin du set, lors d'une revisite jazzy de son tube planétaire new soul.
    Bertrand Belin arrive ensuite en terrain conquis. Ce baroudeur quinqua possède un univers attachant et singulier, dans la lignée des songwriters rock ébréchés et poètes. Souvent comparé (Bashung, Nick Cave...), il apparaît solide et posé, entouré de six musiciens confirmés (dont 3 claviéristes ) qui délivrent un groove monstrueux et chavirant. On espère une trace (un album live pour marquer le coup ?) de cette tournée qui fait bien évidemment part belle au dernier album Watt mais revisite des anciens titres plus sobres, qui sonnent comme jamais.
    La fosse jubile et danse, tranche avec les arènes pleines mais figés comme la pierre. Une esquisse de l'homme nous est donnée, avec l'envie de se plonger dans son répertoire et ses textes syncopés. Son humanité transparaissait au cinéma mais transcrit sur scène une bonhomie, une joie d'être communicative avec un son orchestré, puissant et maitrisé. Malgré son charisme certain, il ne prend pas toute la lumière et invite à une vision périphérique de la scène.  
    20 ans de carrière, un déjà 8ème album, il n'est pas là pour rien...un grand monsieur de la chanson française, artiste accompli. Merci les Nuits pour ces re-découvertes atypiques !