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Perceptions et perspectives est un court testament philosophique du créateur du LSD Albert Hofmann (1906-2008). Publié pour la première fois en français par les éditions Solanacée spécialisées dans les enthéogenes, ces mémoires surgirent à l'aune de ses 80 ans (en 1986), sous titrées Essais sur la nature de la réalité. Chimiste émérite, contemplatif dans l'âme, il fut un émerveillé de la Création, grossissant avec forte acuité les processus chimico-psychologiques à l’œuvre en l'homme et par l'homme, grâce à ses images perceptives. La beauté et la complexité de la nature terrestre et stellaire le porta vers la croyance en un Créateur, un Œil divin qu'il reconnut également en soi, abolissant la frontière duelle entre intérieur et extérieur (l'ouvrage contient aussi des poèmes-haïkus méditatifs). Dissertant sur les notions de focale, de possession ou d'énergie, il sous-tend le potentiel créatif et déconditionné de l'esprit humain, capable d'adaptation ou de mutation pour se réaliser pleinement dans sa tâche ontologique. Ce court essai somme toute assez académique bouleverse à microdose les codes du genre en y introduisant son pesant de foi, qui éclaire de l’intérieur une vision originale du monde.
La 500ème chronique résonne naturellement comme un chœur à 4 voix dans notre thématique éditoriale...
Quel est le point commun de tous ces créateurs d'une nouvelle culture ? Elles/ils se tournent de façon concomitante vers quatre pôles de valeurs, la solidarité et l'écologie, et deux moins connues, les valeurs souvent appelées féminines et la dimension de l'être. (p.27)
Dans Mutants militants - une alliance nouvelle face aux défis de notre époque - paru chez Massot éditions, Vincent Commenne souhaite insuffler dans les révoltes actuelles (altermondiales ou alterlocales) un vent d’intériorité (psychologique ou spirituel). L'idée est d'harmoniser les actions (Avoir) avec une attitude juste (Être). Il se trouve que ces 4 sous-groupes partagent des idéaux communs, notamment le changement (intérieur ou extérieur), la transparence ou l'éthique (un monde plus juste où être soi), révélés par deux sérieuses études en Amérique et Belgique, à 15 ans d'intervalle. L'auteur milite pour et incarne cette nouvelle vague "CC" ou "créateurs d'une nouvelle culture", qu'il souhaite opposer (et non imposer) au Moloch néolibéral sans cesse (et c'est un paradoxe) renaissant d'une de ses têtes coupées. Vincent Commenne rappelle que ce mouvement est porté en grande majorité par des femmes (plus de 60%) ou des hommes, comme lui, ouverts à leur féminin intérieur (écoute, lâcher prise, solidarité, lenteur de la maturation...), porteur donc en soi d'un paradigme révolutionnaire face au patriarcat jusqu'ici dominant. Puisse ce livre porter du fruit en ateliers et brassage de points de vue sur le monde et le(s) sens de la vie. Longtemps refoulé ou occulté, le féminin révélé confère à l'unité d'un mouvement, d'un peuple ou d'une psyché et va à l'encontre de la division souvent exercée et souhaitée, pour mieux régner...
Énorme engouement (45000 entrées) et réussite organisationnelle (Nomad Kitchens) pour cette déjà 7eme édition du Lyon Street Food Festival. Quatre jours de marathon culinaire (du 15 au 18 Juin) autour de chefs emblématiques, de destinations signature (Rennes, Tucson), de pionniers de la discipline (l'Asie) : une offre variée (200 recettes, 120 chefs et pâtissiers), texturée, avec des options sucrées, de simplement bon et régressif à certaines propositions bistro voire gastronomiques.
L'ambiance du dimanche midi était plutôt populaire et familiale avec différentes atmosphères (dehors ou dedans, avec ou sans musique, sucré ou salé..), des grandes tablées conviviales et de nombreux ateliers gratuits pris d'assaut (400 sur les 4 jours). Le végétal n'est pas en reste, présent en espace (Société Protectrice des Végétaux) et dans les assiettes (de vraies propositions végétariennes) et le lieu est adopté par les enfants (jeux, portions, animations, ateliers...).
C'était aussi la dernière édition aux usines Fagor-Brandt (25 000m2) dans le quartier de Gerland, une friche industrielle propice à l'esprit de l'événement, qui gagnerait par la suite, à s'associer à la culture hip hop (graff, danse ou rap), avec un prix portion plus "street friendly".
Dans ce temple moderne de la consommation et du divertissement (aussi 60 concerts et DJ's sets) où les jeunes brigades faisaient tout pour satisfaire rapidement les palais de plus en plus avertis et exigeants (grâce aux émissions culinaires notamment), la magie de la rencontre a eu lieu avec des élans de générosité (deux portions pour le prix d'une, un service en deux plats, des dégustations dans la file d'attente), des chefs souriants et disponibles (selfies ou discussions), un esprit festif et gourmand, comme à la maison.
A chacun sa conception ou son attente de la street food, avec les audacieux, les innovants ou les traditionnels. Ce qui est sûr c'est que le phénomène s'amplifie chaque année, par gain de temps ou d'argent et que parfois élitiste, la "bonne bouffe" investit le terreau. Reste au(x) public(s) à s'initier et avec ce genre de festival culinaire, le plus grand de France, l'enjeu était ludiquement à la hauteur.
Rencontre avec plusieurs chef.fes, comme Dominique Crenn (3 étoiles), Jessica Préalpato (cheffe pâtissière) et Hugo Riboulet (gagnant Top chef 2023 contre Danny Khezzar) et Albane Auvray (même saison) qui ouvrent un restaurant. Nicolas Talliu, de la Société Protectrice des Végétaux, a aussi répondu à nos questions. (Total : 9min22)
Photos: Notre coup de cœur salé (par Dominique Crenn) ; notre coup de cœur sucré (par Jessica Préalpato et les frères Dorner). Crédit : Chœur
Chaque humain avait acquis la faculté de se relier au divin en interrogeant son cœur (p.13)
Brigitte Pietrzak (1963-2022) s'en est allée en laissant un petit ouvrage facétieux et malicieux de 50 pages, Visions d'un monde à l'autre, qu'à publié Mama éditions. Elle évoque un monde nouveau, idéal pour certains, qui rompt totalement avec celui que nous connaissons. Un monde d'éternité tel qu'esquissé dans le dernier chapitre de l'Apocalypse ou plus détaillé dans les Dialogues avec l'Ange et qui ici est décrit et nuancé, fruit d'une écriture en partie inspirée. Bien que court et synthétique, chaque chapitre condense de multiples changements souhaitables ou rêvés pour tout quêteur de paix, d'harmonie ou d'unité. Lumière, conscience et énergie en sont les maîtres-mots, avec un passage radical du mental au cœur et tout le détachement que cela implique (possession, conflits, prédation,manipulation, souffrance, idées, argent...). D'autres entités/origines extra-terrestres sont évoquées pour rappeler notre destin divino-humain et l'intérêt spécifique de notre corps/véhicule pour "canaliser la nouvelle conscience" et se relier verticalement à la Source qui est Mémoire cosmique et mire d'Amour. Le plan divin est dépassement des guerres/maladies/cataclysmes pour une transformation et extinction en l'être que nous portons en germe. D'aucuns s'arrêteront sur la naissance de pouvoirs (voler, vivre sous l'eau, ressentir pleinement, être télépathe, voyager dans le temps...), d'autres s'extasieront sur la fin des asservissements individuels et collectifs (peurs, maladies, esprits de l'ombre) et l'avènement d'un monde sensitif où l'invisible et la matière sont un, avec primauté de la nature et du Vivant. Ce petit manuel de l'apocalypse joyeuse enrichit tel un prisme (magnifique "Jardin des délices" de Jérôme Bosch en couverture) chaque lecture par ses multiples entrées. Brigitte Pietrzak vivait déjà cette réalité, se sachant "née à la charnière"...et ayant "survécu à la fin d'un monde". Chercheuse de vérité, chamane et chanel, elle laissa en peu de temps son empreinte et signature lumineuses sur une terre en pleine mutation. Elle partit l'âme émerveillée, côtoyant en conscience ce nouveau paradigme.
C'était le travail des visionnaires de recevoir les lumières de l'avenir. Ils étaient là pour réussir l'évolution de la planète. On s'appliquait avec confiance à retranscrire leurs messages, suivant les plans qui leur avaient été dictés par les guides.(p.20)
Coran 31,27 : Dieu a créé tout le genre humain dans un seul homme. La résurrection universelle ne lui coûtera pas davantage. Il entend et observe tout (trad. Savary).
Entretien 34, Lili (Dialogues avec l'Ange)
Mais l'HOMME est plus grand que tout corps céleste : IL EST LE CORPS DU CIEL. Pas seulement partie, mais tout.
Sur la Terre comme au Ciel, nous sommes en interrelation. Le savoir éveille les sens, le vivre consciemment (expérience dite numineuse) peut changer une vie. Le duo Leterrier-Morisson s'est reformé pour la troisième fois, à l'initiative des éditions Trédaniel, pour hypothèses lier entre le savoir ancestral des peuples natifs et les dernières avancées scientifiques, de la biologie moléculaire aux théories de la physique (quantique ou relative) en passant par la philosophie antique et la spiritualité non duelle. L'alchimie opère à nouveau entre l'ethnobotaniste jamais à court d'histoires chamaniques (le web végétal, aqueux ou cosmique) et le journaliste synthético-vulgarisateur de théories complexes (les analogies de structure et de dynamique entre le cerveau et l'Univers de Bernado Kastrup notamment ou la thèse de l'eau morphogénique de Marc Henry). Résonne en soi l'idée que nous sommes et faisons de façon innée ce qui plus tard est formulé par une (en)quête, comme un témoin prenant conscience de sa nature pleine et vaste, à l'image de l'Univers. Nous savons par intuition que tout est connecté mais le mental s'arroge la primeur de la découverte et notre identification nous fait perdre le fil du lien. Le mal n'est cependant pas l'ego (sauf s'il est retord s'entend !) puisque son évolution et ses conscientisations viennent corroborer l'imbrication de tous avec le Tout. Plutôt que de chercher à le rapetisser ou le panser à foison, une collaboration s'avère plus judicieuse pour vivre en paix et en pont. Une cohabitation (celle du commun hôte) ou une Co-naissance (au sens de l'enseignement des Dialogues avec l'Ange) entre le Maître (le Connaissant ou l'Être) et l'apprenti en soi (le corps-mental), vice-versa parfois. Le Christ est venu révéler ce Maître intérieur, connecté à la Source mais le christianisme institutionnel a perdu collectivement le sens du message prophétique originel (Religieux ou pas). Les é(mer)veillés de tous bords se joignent à nouveau pour hausser le niveau vibratoire et chauffer la question du sens. Nul doute que nous sommes à l'orée d'un saut quantique. Tout est Relié participe (chaque chapitre et une pièce d'un puzzle mystère) à cette symbiose corps-âme-esprit en nourrissant tous les étages.
"Connaître le masculin" c'est donc, comme le dit Tsuda, utiliser le conscient, le volontaire, pour interagir en société. Et "adhérer au féminin" c'est laisser les forces internes nous guider dans tout ce qui est important et décisif dans notre vie.(p.245)
Manon Soavi publie aux éditions l'Originel-Antoni un premier livre, Le maître anarchiste Itsuo Tsuda. On y découvre deux auteurs, praticiens d'Aikido, que deux générations séparent. Itsuo Tsuda (1914-1984), s'émancipa jeune homme de l'héritage financier et culturel de son père et quitta le Japon pour la France où il rencontra des personnes influentes notamment dans le domaine des sciences humaines (Mauss, Granet, Maspero, Aragon...). La guerre le ramène au Japon où il applique des techniques d'ethnologue à l'étude de la tradition encore en vogue (le Ki, le Hara, les arts martiaux, le non-faire, les situations...). Il passera les 14 dernières années de sa vie à Paris (et en Europe) à écrire et enseigner l'aikido et le mouvement régénérateur, appris auprès de Maître Usheiba, fort de son acculturation. Proche de l'anarchisme - l'ordre social sans le pouvoir et la domination des uns sur les autres - et de la philosophie libertaire (de nombreuses références bibliographiques originales), il milita par la pratique (conversations, respirations, aïkido) pour l'harmonisation de l'être et son autonomie en opérant un renversement psychique et corporel, du mental au physique, de l'abstraction à l'intuition ou sensibilité, de la pensée à l'action. C'est du ventre et non de la tête qu'est perçu l'environnement et l'approche de la vie, permettant le déploiement de l'être relié à un centre (l'Univers en soi), plus libre de ses mouvements et pensées. Ce transfert d'énergie du haut vers le bas est proche de la philosophie du Tao (retrouver le calme, la quiétude inhérente à l'âme de l'homme) et de celle de son fondateur Tchouang-tseu. L'ouvrage est un bel hommage de l'enseignement et état d'esprit de Itsuo Tsuda ( la naissance, l'éducation, l'école, la médecine, l'attitude juste...), puisque les parents de Manon Soavi le côtoyèrent de son vivant et tous participent activement désormais au rayonnement de son école (8 dojos dans toute l'Europe). L'autrice perpétue, par son analyse didactique et son point de vue écoféministe, une vision saine, mature et positive de l'être au monde.
Deux soirées d'immersion au Woodstower version post COVID ont confirmé l'appréciation positive du dernier festival lyonnais avant d'entamer l'année scolaire : ambiance bon enfant, statut débridé des participants, site éco-citoyen à taille humaine, capital sympathie des artistes/bénévoles/commerçants, programmation éclectique d'artistes émergents ou encore stands et animations style forain (les géniaux "des glingués" ou les auto tamponneuses) pour la bonne ambiance. On se sent libre d'être, de naviguer au gré de ses envies et lubies, consommateur effréné de musique (petit bémol pour les 40 cl de bière à 6 euros) ou simple observateur du vivant. On retiendra du Jeudi la bonne assise du groupe moustachu Deluxe en parfait mimétisme avec l'esprit déjanté, festif mais aussi détendu du lieu. La surprise Poupie qui assure un set sensuel, groovy et à poigne, montrant son souhait de durer au-delà des effets de mode. Côté rap, sur la scène rebaptisée Saint-Denis, le plaisir d'y croiser le tonton du bled Rim'K saupoudrant son show de pépites du 113 ou de la mafia k'1fry, ou encore le valeureux membre de l'Entourage Jazzy Bazz qui amène un peu de spirituel dans l'écriture et confirme sa solidité scénique. Vitalic clôture déjà la soirée avec un jeu de lumière hypnotique pour une musique électro quasi martiale. Le Vendredi amène un autre public soucieux de prolonger la nuit jusqu'à tôt. Sur la grande scène Suzane seule danse et chante avec maîtrise, accompagnée de belles images sur grand écran. Son album Toï toï a su capter l'air du temps et elle récolte une pluie de remerciements. Quand à Niska son aura surprend agréablement. Résolument positif, sa trap chaloupée anime les corps avant que la musique électronique ne s'accapare la faune bigarrée et motivée sur les différents sites, comme Greg au woodsfloor cosmique ou l'acidulée électro de Mind Enterprises sous le chapiteau. Félicitation à l'équipe, Woodstower 2022 c'était vraiment bon (y compris la street food) et c'est jusque dimanche encore.