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Théâtre - Page 2

  • Une fable immersive

    Joris Mathieu,Cornucopia d'autres mondes possibles,Comédie de Saint-Etienne,Nicolas Boudier,Nicoolas Thévenet,Siegfried Marque,Rachel Garcia,Llana Cavallini,Véronique Lorne,Nina Genre,Amélie Mallet,Anthony Lampin,Juliette Joseph,compagnie Haut et court,Janvier 2026

    Nous sommes les descendants des derniers survivants de l’humanité, et notre cité s’appelle Cornucopia, d’autres mondes possibles, à l’endroit même de la Comédie de Saint-Etienne. Notre histoire est écrite et mise en scène par Joris Mathieu. L’Agora permet de suivre les aventures de trois humains du futur (Vincent Hermano, Marion Talotti et Philippe Chareyron). Nous vivons sous la protection des pierres d’oxygène, avons la liberté totale de genre, de prénom, de style, de métiers mais devons laisser la place dès qu’une naissance arrive car notre rêve n’est pas encore advenu : la société de l’abondance. Nos vêtements sont inspirés de la nature, des animaux, notre lumière est comme une luminescence organique, nos songes, eux, sont projetés à toute l’Agora. Venez découvrir notre vie utopique, où l’espoir d’une société égalitaire, universelle et poétique côtoie les travers humains. Il reste la capacité de l’art théâtral à inventer d’autres mondes, dans lesquels la compagnie Haut et Court nous emmène, nous immerge et nous subjugue. Rencontre à l’issue de la représentation avec Joris Mathieu, son créateur et ancien directeur du TNG de Lyon jusqu’en 2025 (9 min). 


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  • Mains et maintes femmes

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    Peut-être connaissez vous le conte de La jeune fille sans mains ? La Compagnie Faste et Furieuse le transforme dans La Reine Aux Mains d'Argent, présentée au Théâtre de l'Uchronie jusqu'au 20 janvier.  Trois comédiennes, Jeanne Henry, Océane Lutzius et Alice Perrier, nous embarquent dans la demeure d'un pauvre bucheron, dans des forêts sombres et infinies, dans les jardins luxuriants d'une députée ou en face à face avec le diable.  On y croise également Baba Yaga, les esprites et autres trouvailles contemporaines. Citons par exemple entre November Ultra et Billie Eillish  le titre One step de Marguterie, artiste lyonnaise, qui sied parfaitement à l'atmosphère crée par l'autrice et metteuse-en-scène Inès Chassagneux. Au plateau, elles sont conteuses, joueuses, magiciennes, et nous emportent au cœur d'une histoire étonnante, vibrante et féministe menée de maintes mains scintillantes de reines. 

    Rencontre joyeuse avec Inès Chassagneux, à l'origine de la Compagnie Faste et Furieuse :

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    Photo: Compagniefasteetfurieuse.com

     

  • Emmitouflées et subjugués

    Encabanée,Gabrielle Filteau-Chiba,Lou Martin Fernet,Eugénie Bernachon,Jason Razoux,Thibault Lamy,Christophe Gaultier,Joseph Kildine,théâtre des Clochards Célestes,14 Décembre 2025,Lyon

    Succès pour la pièce musicale Encabanée, qui s'est jouée au théâtre des Clochards Célestes, véritable découvreur de nouveaux talents. Écrit par une québecoise éco-féministe, Gabrielle Filteau-Chiba, ce premier roman d'une trilogie, raconte sa réelle expérience en solitaire d'une vie en forêt (dans le Kamouraska) à -40°, pour retrouver des sensations originelles d'avant le monde moderne et son devenir malheureusement écocide.
    A l'initiative de Lou Martin-Fernet, ce projet a vite intégré une bande son "sauvage" par l'entremise d'Eugénie Bernachon, également comédienne et autrice d'un premier disque abouti et prenant, Baïnes sous le nom Joseph Kildine (avec Thibault Lamy à la production sonore). Christophe Gaultier a mis en scène ce duo féminin, qui brille par sa qualité d'écoute et interprétation, par le truchement d'artifices théâtraux, comme le prolongement fictif intérieur du personnage principal.
    Rencontre avec les 4 protagonistes à l'issue de l'avant dernière représentation (11 min) :


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    @crédit photo : Fb collectif 70

  • Cercle intime

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    Adèle Haenel était une des têtes d'affiche de la 5ème édition de Festiv.iel, programmée au Théatre de la Croix Rousse.
    Accompagnée de Carol Geryl à la console rythmique (avec qui elle forme le collectif Dame Chevalier), elle nous fait partager la pensée de Monique Wittig, figure mythique du MLF avec la pensée straight. Ce spectacle, Voir Clair avec Monique Wittig, est une sorte de manifeste socio-politique autour d'une vision qui déconstruit l'hétéronormalité (parfois fascisante dans son exploitation d'autrui) et sa reproductibilité genrée à travers siècles.
    Le jeune public (entre 20 et 45) queer et coloré venu en masse, adhère déjà à ce nouveau paradigme et semble venu acclamer cette figure de la rébellion au système patriarcal.
    La démonstration théorique est entrecoupée de pensées ou de poésies personnelles d'Adèle Haenel et de moments plus ludiques de chants avec sa compagne scénique, dans une promiscuité scénographique.
    On navigue entre raison et émotions, vision cinglante et colère et chacun repart gonflé pour une lutte ou résistance qui s'annonce difficile et longue, pourvu que les générations futures puissent mieux vivre leur différence et singularité, aux couleurs de l'alliance arc en ciel. 

     

  • Et patatrac !

    L'invité, Théâtre de l'Uchronie, Dan, Baptiste Bouissou, Pierre Vuaille, Théâtre burlesque, cirque, Ernest Welisch,Elie martin, Inès Dhabhi, Sarah Spaggiari, Compagnie Aubord de, Parade Sauvage, Octobre 2025, Lyon Spectacle Coup de Chœur

    C'est un petit espace riquiqui, un appartement qui ressemblerait à celui d'un étudiant où une seule personne peut s'y faufiler. Oui mais voilà, "il" attend L'Invité au Théâtre de l'Uchronie.  Il, c'est un personnage tout en longueur et en rigueur, avec une pointe de peur qui risque de tout faire dérailler.  Il, est joué par Baptiste Bouissou, excellent comédien et circassien et le moindre de ses pas ou gestes est scruté par le public car entrainant d'inévitables complications et situations absurdes (mais logiques). Il, est d'abord un personnage burlesque auquel on s'attache immédiatement qui nous faire rire et nous émeut. On aime son coin "cosy", sa plante, ses chemises, son petit poisson et on veut connaitre sa recette (ou pas). 

    Bref, nous ne pouvons en dévoiler d'avantage, mentionnons simplement Pierre Vuaille et sa belle voix (ou presque) et espérons que vous courrez à ce spectacle immanquable. Il se joue à 19h30 jusqu'au samedi 25 octobre à l'Uchronie. Et si vous n'êtes pas encore convaincu,  écoutez donc le metteur en scène Dan qui connait très bien "il". 


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    Image: Théâtre de l'Uchronie

     

  • Un adieu sicilien

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    Dans Paterno, une histoire sicilienne qui s'est joué au petit mais cosy Théâtre de l'Uchronie, Mariella Parisi relate la cérémonie de deuil de son père adoré et nous dépeint, avec cocasserie et perspicacité, le rituel coutumier de la péninsule sud de la Sicile concernant la veillée funéraire.
    Cette "langue de verité" d'après l'actrice et autrice principale oblige à dévoiler l'ombre des gens du paraître (hypocrisie) ou d'une nation corrompue par la mafia.
    Mariella Parisi endosse un nombre incalculable de personnages hauts en couleurs avec une énergie débordante et communicative et parvient, dans cette pièce hommage, à nous restituer un portrait généreux de son père défunt, sans pathos mais respectueux de l'être qu'il fut.
    Pour une première en scène intimiste, Paterno a des accents socio-politique et parfois ethnologique qui confinent à l'universel. Une réussite joyeuse pour et sur un sujet tragique. 

    Rencontre avec Mariella Parisi, à l'issue de l'avant dernière représentation (13 min) :


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  • Une âme déterminée

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    Wayqeycuna de Tiziano Cruz Marque le début du festival sens interdit et se joue au théâtre du point du jour.
    Fort de son aura et succès au festival d'Avignon 2024, la salle était pleine pour cette première à Lyon, pour acclamer l'auteur et interprète vivant, vrai, présent et rayonnant, malgré un narratif triste et poignant : Il est question de la représentation de l'art indigène dans un milieu culturel à dominance élitiste (donc blanche).
    Tiziano Cruz nous parle de ses racines (le plateau argentin), de son enfance, de son père, de sa sœur décédée (brutalement et sauvagement) et d'une cérémonie traditionnelle en son honneur au pays. Lui qui a su s'élever et parcourt désormais le monde comme témoin, incarne puissamment cette culture autochtone pauvre (coyas) et souvent victime des aléas politiques.
    La pièce ne manque pas de spiritualité et tout converge vers une sorte d'eucharistie dont il est finalement l'agneau sacrificiel, sur l'autel du capitalisme. Un thème universel que toute minorité ethnique ou sociale peut revendiquer. 
    Dans un registre à forte teneur émotionnelle, l'artiste s'en sort en dansant, joyeux, avec le sourire radieux d'un émerveillé à la vie...une victoire en soi sur tout déterminisme.

    @credit photo : Christophe Raynaud de Lage