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cinéma

  • Un messie crédible

    Messiah,Michael Petroni,Mehdi Dehbi,Tomer Sisley,Michelle Monaghan,Stefania Gwen,Sayyid El Alami,Netflix,Janvier 2020 Des polémiques naissent autour de la série Netflix mais comment n'avoir pas encore envisagé le sujet à l'aune de notre monde presque agonisant ?

    La série Messiah de Michael Petroni est non seulement pertinente mais aussi intelligente en nous brossant le portrait d'un individu profondément libre et déroutant.

    Libre car il déjoue toutes les projections et perspectives le concernant. Il n'est l'idole ou l'otage d'aucune communauté ce qui en fait, pour les "croyants" un possible faux, un antichrist si l'on veut être synchrone avec les prophéties eschatologiques.

    Déroutant enfin, cet individu, de par son histoire personnelle faite de faiblesses et d'échecs et sans grande envergure sur le plan social, presque inconnu au bataillon. En apparence paumé le téléspectateur constate qu'il obéit bien à un plan dont quelques personnages sont les rouages (Stefania Gwen ou encore Sayyid El Alami, acteurs de second plan à la psychologie fouillée).

    L'acteur belge Mehdi Dehbi incarne à la perfection un personnage ambigu, profondément humain et savant en textes sacrés eschatologiques propres à chaque religion et avec un soupcon de surnaturel.

    Les services secrets israélien et américain, le Shin Bet (Tomer Sisley) et la CIA (Michelle Monaghan) prônent systématiquement le parti du faux dans un monde désacralisé et sécuritaire à souhait où la moindre étincelle pourrait générer un feu d'envergure. Sur 10 épisodes l'investigation va être mise à rudes épreuves (disparitions, semi-miracle...) comme les croyants fondamentalistes de tous bords (télé-évangélistes, radicaux de l'Islam et du judaïsme) et le suspens sur l'identité religieuse, sociale et messianique de celui que l'on nomme Al Massiah ne semble se dévoiler qu'à la dernière minute...A voir et à méditer donc.

     

  • Ahmad, la beauté de la geste

    • apaches.jpgCertains albums sont intemporels et ne souffrent pas d'une écoute intensive. C'est le cas d'Apaches, le nouvel album du montpelliérain Sameer Ahmad.
    • Alpha Wann avec UMLA l'an dernier était franchement au-dessus du lot en amenant un projet frais et résolument hip hop au sein du rap français. Ahmad n'est pas à proprement parlé dans le "rap game" puisqu'il ne vit pas de sa musique mais il sait sortir à temps un travail passionnel abouti, lui qui est libre de l'image. La reconnaissance de ses pairs est actée, ne lui manque qu'un succès public mais peut-être n'est-il pas assez de ce monde pour parler à des masses tant son style est intimiste et presque initiatique.
    • De grâce, celui qui se nommait Ahmadeus il y a 15 ans n'en est pas dépourvu mais l'effort est là aussi et finit par payer tant au niveau du fond (un album résolument musical avec des prods plutôt trap à tendance électro rappelant des rythmes tribaux et des riffs de guitares aussi...) que de la forme, cette écriture abrupte et ciselée mais concise, expressive souvent, revendicatrice parfois.
    • Son verbe est très visuel, en hommage peut-être à Sergio Leone, son réalisateur favori. Beaucoup de références codes (skate, basket américain, culture), d'allégories. Un langage simple et complexe, voilé et apparent, parfois crypté. Des phrases courtes ou des mots mis bout à bout qui donnent sens, parfois sans verbe, des visions métaphoriques...un flow fluide comme le bruit de l'eau, ascensionnel comme il le faut pour mener à l'élévation d'âme.apaches 2.jpg
    • Un album concept donc comme on en fait plus avec un visuel fort et stylé signé Hector de la Vallée (dessinateur) et Lasse Russe (graphiste), des titres thématiques, une vision d'ensemble et une progression vers la lumière malgré le vécu d'un indien, perdant magnifique en son temps mais dont l'esprit demeure.
    • Ceci est une invite chaleureuse à écouter le blues urbain d'Ahmad, pour le plaisir de la performance, parce qu'un esprit en feu témoigne, que la musique est belle et bonne et qu'il brille comme une étoile au firmament des fixes.

    Crédit photo Hector de la Vallée et Lasse Russe

  • Border : A la limite du réalisme

    Border est un bon film fantastique. Le savoir permet de dépasser le possible effroi des premières images et de prendre une distance nécessaire avec la personnage principale (Eva Melander excellente) qui porte des prothèses.

    border.jpg

    Ceci étant dit cette dernière a un don presque animal : flairer en tant que douanière les passagers suspects. Cet instinct est renforcé au contact de la nature et des animaux sauvages et permet à l’intrigue policière de se développer (démanteler un réseau pédophile).

    Le film prend une tournure étrange et surnaturelle quand elle fait la rencontre de Vore (Eero Milonoff) qui lui ressemble étrangement de visage… et vraisemblablement de nature.

    Animalité, monstruosité, différence et étrangeté sont les thèmes principaux de ce second opus du cinéaste Irano-suédois Ali Abbasi co-écrit avec John Advid Linqvist (Il s'agit de l'adaptation de sa nouvelle Gräns) et Isabella Eklöff, qui donne un relief psychologique attachant et complexe aux personnages en apparence difformes.

    L’idée de bêtes de l'apocalypse sachant percevoir la vérité des perversions humaines et qui constituent de fait un fléau divin est assez originale et rappelle le démon Hellboy , cornu et rouge comme la colère. La force de ce film réside dans son caractère plus réaliste et la frontière tenue qui transparait entre humain et monstre, avec une belle réflexion sur leur nature et identité respectives.

    Prix un certain regard à Cannes et Européan film award des meilleurs effets visuels.

    Credit photo : lemagduciné.fr

  • Ciel Blanc ou L'appel des profondeurs

     

    ...Dans les profondeurs de la terre et de la nuit,

    Dans l'épaisseur du sommeil et de l'oubli,

    Nos racines puisent encore sous la mémoire et sous la mort

    Je les croyais absentes et soudain je perçois

    Nous sommes perchés sur des épaules des géants... (chanson "les géants")

     

    Les œuvres réussies sont toujours le fruit d'un collectif uni autour d'une vision commune et les œuvres magiques sont nimbées d'amour.

    Le canadien Lubomir Arsov avait déjà frappé fort l'an dernier en présentant "In Shadow" sur le net, inspiré de quelques archétypes jungiens à forte teneur symbolique. Le collectif Ciel Blanc nous propose à son tour ce projet artistique au titre éponyme. C'est made in France, artisanal, original, intelligent, complet et spirituel à souhait ! Ciel Blanc,Héphaïstos, le cœur du monde,Le gué-éditions,Étienne Appert,Guillaume Darcq, Antoine Chartier,Laurent Mathis,Pascal Pourré,Benjamin Sabalot,Leila Artigala,Raphael Xaubet,Myriam Gherbi,Christian Lepère,,Rémy Foucherot,Jérome Alinot,David Michriki,Arnaud Desjardins,Gilles Farcet,Archétypes,symboles,Jung,interprétation des rêves,Catherine Marchand,récit initiatique,Moebius,Dali,Boucq,David Lynch,Miyazaki,Stanley Kubrick,Alexandro Jodorowsky,Jim Jarmush,Allen Ginsberg,Arthur H,Pink Floyd,Who,Novembre 2018

    Le bel objet c'est un dvd (qui comprend le moyen métrage HEPHAISTOS le cœur du monde, deux documentaires explicatifs avec Catherine Marchand, thérapeute jungienne et 8 clips tirés du film) et un cd des 7 chansons rock qui collent parfaitement au film.

    Tout cela est en ligne ici pour "inscrire notre travail dans l’économie du don" (avec paiement libre) ou sur commande, pour soi ou pour offrir à un esprit libre ou en passe de le devenir un jour.

    Tout Enfant véritable vibrera à l'évocation de symboles universels (que l'on retrouve dans les contes ou les mythes) tout en apprenant l'histoire d'Hephaïstos, le dieu forgeron.

    Plus qu'une quête initiatique, il s'agit ici de retrouver son visage originel, dissimulé sous le vernis sociétal ou culturel et respirer enfin, si l'on veut bien entendre cette voix(e) qui provient des profondeurs.

    En prime un entretien avec le porteur du projet Étienne Appert.

     

    ...Franchis le gouffre vers l'inconnu

    Oublie tout, deviens fou,

    Goûte à la lumière de l'entrevue,

    Passe le pont, cogne ton front sur l'infini,

    ici ici ici... (chanson "le pont")

     

    crédit photo : Le Gué Editions.

  • Black is (still) beautiful

    « America great again », non cette phrase n’est pas prononcée par Donald Trump mais par un membre du Ku Klux Klan des 70’s dans le nouveau film de Spike Lee. Ce petit détail, parmi d’autres, pointe le doigt vers l'actuel président des États-Unis. Tout en rappelant l’histoire et les dégâts causés par le Ku Klux Klan (appelé « l’organisation » par ses membres), le réalisateur dépeint également l’Amérique d’aujourd’hui toujours ravagée par un racisme ambiant où le KKK semble encore avoir de beaux jours devant lui. Il suffit de penser au rassemblement des suprémacistes blancs transformé en émeute contre des antiracistes qui causa la mort d’une jeune femme à Charlottesville en 2017. Et Donald Trump de renvoyer les deux camps dos à dos …

    Blackkklansman, j'ai infiltré le ku klu klan, Spike Lee, John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier

    Dans Blackkkansman, un flic noir (le premier de la ville de Colorado Springs) décide d’infiltrer le KKK.  Pour cela il doit convaincre ses collègues et son patron, tout en subissant du racisme de la part de certains flics se croyant intouchables. Ces mêmes policiers violentent régulièrement les femmes et les hommes noirs pour s’amuser ! Quant aux membres du Klu Klu Klan, ils ne détestent pas seulement les noirs mais aussi les juifs, les homosexuels et les communistes. Ron Stallworth (John David Washington – oui le fils de Denzel !) et son collègue juif Flip Zimmerman (Adam Driver) risquent gros au contact de leurs « nouveaux amis » du KKK local. Ce scénario aussi drôle que glaçant pourrait rester une comédie acide si elle n’était pas inspirée d’une histoire vraie. En revoyant des scènes du film Naissance d’une Nation (1915), ouvertement raciste et en écoutant certains récits de noirs lynchés dans les années 1900, le rire laisse place à la nausée.

    Blackkklansman, j'ai infiltré le ku klu klan, Spike Lee, John David Washington, Adam Driver, Laura Harrier

    Spike Lee a beau ridiculiser, à juste titre, les membres du Ku Klux Klan, leur insondable bêtise demeure aussi dangereuse aujourd’hui qu’hier.  

    On sort du film à la fois ébloui et terrifié. On se rassure en se disant que le KKK est vraiment très loin de chez nous. Et puis on se rappelle toutes les remarques insidieuses lancées par des gens se croyant « entre bons français », certains chroniqueurs diffusant des idées nauséabondes dans les médias et autres réseaux sociaux et surtout la montée des partis populistes dans toute l’Europe : comme un air de déjà vu sur le vieux continent. Évidemment si vous croisez un membre du KKK, il vous dira que tout cela n’a jamais existé …

  • Spielberg renoue avec le film mythique

    steven spielberg,ready player one,ernest cline,pop culture,geek,réalité virtuelle,quête du graal moderne,culture,années 80,conte initiatique,alchimie,oeuf d'orLe dernier film de Steven Spielberg, "Ready Player One" est un conte apocalyptique adapté du roman SF éponyme de Ernest Cline.

    Un conte par sa narration et les énigmes que le(s) héros devra résoudre : trouver trois clés dans un monde virtuel pour hériter de la fortune et du monde-jeu de son créateur : James Halliday.

    Apocalyptique pour l'époque et l'enjeu de la quête : nous sommes en 2046 et le monde virtuel, du jeu, a presque supplanté la vie réelle. Oasis est cet univers parallèle où l'on gagne de l'argent en se battant ou en jouant pour alimenter la réalité. Réalité tournée désormais vers un seul but : consommer ou entrer en résistance pour avoir le sentiment réel de n'être pas qu'un esclave moderne.

    Dans cette optique s'opposent, sous couvert d'avatars, un puissant groupe financier (les sixers) et quelques individualités éprises de liberté, pour la chasse aux trésors imaginée par James Halliday.

    Là où le conte tourne au mythe c'est quand Spielberg s'empare du scénario originel, qui est une ode à la culture geek et pop d'avant les années 2000. Le monde virtuel est en effet, à l'image de son créateur Halliday, adolescent dans les années 80, truffé de références cinématographiques, musicales, vestimentaires et rend bien évidemment hommage aux jeux vidéos.

    (Spoiler)

    L'avatar du héros est "Parzival", il conduit une "Deloreane", s'habille comme "Bukaro Banzai" et résout les épreuves par sa réflexion, en consultant une bibliothèque cerveau où est archivée, sous forme de films, toute la vie du créateur. Dans sa quête il sera aidé par 4 compagnons qui deviendront ses amis dans le monde réel.

    On retrouve là des thèmes chers au créateur d' E.T : l'entraide, l'amour, la culture, la famille biologique ou d'esprit et la foi (en soi et en une éthique ou esprit) qui surmonte toute épreuve.

    Plusieurs pistes de lectures sont plausibles, de l'autoportrait du réalisateur à la satire des entreprises mercantiles sans souci humaniste en passant par la connaissance du passé pour espérer créer de nouveau..., (Spoiler) mais c'est la quête initiatique avec pour lot l’Oeuf d'or (Easter Egg) qui se dessine en filigrane et qui, à une époque critique et chaotique voire eschatologique, flirte avec l'universel puisque l'histoire rejoint l'Histoire. La quête du Graal se résoudrait in fine dans un temps à venir, dans un monde parallèle (symboliquement virtuel) qui serait celui de l'être.

    La question ne serait donc pas forcément qui est réellement le créateur du jeu Oasis ou même par extension, du rêve qu'est notre monde mais plutôt quelle est l'identité véritable du héros Parzival ?

    A qui est destiné le royaume, qui sont les héritiers de cette culture spirituelle de l'humanité et que représente l'or dans cette quête ? Véritable énigme alchimique dont Parzival, herméneute de l'esprit des années 80, sera peut-être celui qui des deux mondes n'en fera qu'un...

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