"Cette appréhension d'un autre susceptible de nous corrompre (par contamination), au point d'entraîner la mort, caractérise les régimes de guerre, les régimes totalitaires, les régimes d'extermination. Cette perception let régulièrement les démocraties à rude épreuve. pour se protéger, il faut diminuer le nombre de contacts. tout rapport à autrui est modifié. On construit des murs, des forteresses, des barbelés en tous genres". (p.95)
Il est difficile d'envisager sa fin autrement qu'avec une forme de survie.
Dans "Apocalypse show, quand l'Amérique s'effondre" (chez Playlist society), qui est un condensé d'une thèse sur le sujet de la fin du temps dans les séries américaines, Anne-Lise Melquiond analyse la psyché du Nouveau monde comme celle d'un éternel recommencement, entre reproduction du système capitaliste déjà existant ou glissement de ce dernier vers un ordre plus extrémiste et rigoureux.
Cinq séries principales reviennent plus fréquemment dans l'essai, the walking dead, the leftovers, Falling skies, Jéricho et Watchmen, afin de balayer et souligner l'éventail des fins possibles (zombies, disparitions, attaque extra-terrestre, guerre nucléaire...) mais avec à chaque fois des leitmotivs ou marottes : la survie dans un monde devenu hostile où des règles qui ont fait leurs preuves à travers l'histoire s'appliquent pour faire société.
L' Amérique préfère en conclusion envisager la fin d'un monde plutôt que la fin d'un système défaillant (face à l'urgence climatique par exemple), comme une lecture en surface du texte de l'apocalypse de Jean où ne seraient retenus que les cataclysmes, fléaux, amputations ; sans voir plus loin le sens étymologique du dévoilement d'un Plan divin lumineux pour l'humanité consciente des enjeux liés à la planète.
Oeuvre salutaire que ce livre qui nous montre à quel point notre inconscient est imprégné de la culture cinématographique catastrophiste et morbido-angoissante de nos frères en humanité qui, si nous n'y prenons pas conscience, risque de jouer sur nous européens, comme des peurs archaïques. La France, très observée, semble évoluer vers d'autres alternatives finales, plus humaines et solidaires entre personnes éclairées de bonne volonté. C'est le parti de l'autrice dont certains passages, avec l'épisode covid, son état d'urgence et ses lois liberticides, résonnent avec une acuité presque prophétique...un autre monde est possible !
"Dans la tragédie de l'apocalypse, des décisions brutales, parfois iniques, un chantage à l'injustice ou des menaces de mort sont toujours justifiés par l'enjeu de la survie. Finalement, ces récits d'effondrement manque t d'imagination, dans leur capacité à présenter de nouveaux mondes possibles : on nous propose soit la restauration des institutions, soit la dérive autoritaire". (p.146)
Emeth éditions publient “l'Antichrist, les signes de sa venue”, un livre posthume (la covid l'a emporté en mars 2020) d'un exégète protestant reconnu, spécialisé dans l'eschatologie et dont on avait apprécié l'intervention dans le documentaire “Les sept églises de l'Apocalypse”.
Romuald Leterrier et Jocelin Morisson remettent le couvert avec "se souvenir de l'au-delà" paru chez Guy Trédaniel. Il ne s'agit pas d'une suite à "
Merlin, Arthur, l'épée dans le roc, les chevaliers de la table ronde...qui ne connaît pas la légende arthurienne ? Celle du Graal est peut-être moins connue mais tout aussi passionnante : les aventures de Perceval le gallois qui est rapidement mis en présence d'une procession hors temps dans un château hors espace, où loge un roi pécheur blessé et qui devient le témoin oculaire d'une coupe, le Graal ; d'une Lance qui saigne et d'un Plateau rectangulaire...

Pierre Trigano s'est donné pour tâche de "
Trilogie présente également dans l'actualité de Pierre Trigano puisque deux autres livres sortent simultanément ces jours-ci, plus centrés sur une relecture hébraïque de la Bible et de ses symboles, avec cette fois-ci un décodage de l'Apocalypse de Jean, à l'aune des techniques d'analyse modernes (rétroversion en hébreu, contemplation des symboles avec l'aide du Soi...).
capitalisme tombera