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Choeur

  • I'm a crip (Ready-Ahead)

    Plutôt vivre: Comprendre le validisme et valoriser une culture crip,Charlotte Puiseux,Chiara Kahn,éditions du Cavalier Bleu,mouvement crip,société validiste,vision collective,avancées sociales,Janvier 2026Plutôt vivre: Comprendre le validisme et valoriser une culture crip, paru aux éditions du cavalier bleu, est un ouvrage collaboratif entre Charlotte Puiseux et Chiara Kahn, journaliste handi-féministe.
    Leurs témoignages d'une société essentiellement validiste convergent et se rejoignent dans la vision juste à apporter à cette idéologie du mépris et du déni, à savoir un modèle social où repenser la place du handicap dans une identité dite normale.
    Plutôt que d'opposer les deux statuts (20% de personnes handicapées en France), les autrices proposent un mélange, tel le sigle du tao, pour reconnaître que chaque valide est porteur d'un handicap (par exemple ne pas être empathique...) et inversement (la sensibilité des handicapés n'est-elle pas un de leur atout ?...). Ainsi envisagée, l'identité demeure hybride, respectueuse les uns des autres et arme envers toute perspective clivante extrême.
    Ce combat portera peut être des fruits dans un futur lointain mais il s'appuie sur des antécédents significatifs aux États-Unis ou en Angleterre, depuis les années 70, ayant amené des lois, des créations d'associations et toute une littérature de lutte contre un modèle dominant, toujours le même : blanc, masculin, capable et d'obédience libérale...
    Le mouvement "crip" notamment, qui valorise le handicap face au système validiste et qui signifie littéralement "estropié" ou "infirme", insiste sur le côté boiteux de l'être humain, ce qui spirituellement parlant est un fait.
    L'idée générale reste toujours de puiser en soi, dans ses ressources vitales (énergie, profondeur, émotions...) pour transcender le prisme purement mental et superficiel d'une vision dualiste des personnes et des événements. 

     

  • Une pièce qui sonne juste

    Sophie Lebrun ,Martin Legros,Une pièce sous influence,Théâtre de la Renaissance,Inès Camesella,Baptiste Legros,Nicolas Tritschler,Loreleï Vauclin,Audrey Quesnel,Antoine Giard,Salvatore Stara,Anatole Badiali,Thomas de Broissia,Loona Piquery,Louis Martin,Harold Toutain,Xavier Hurel,Fanny Landemaine, la Cohue,Comédie de Caen,Oullins, Janvier 2026

    Une pièce sous influence de et par Sophie Lebrun (mise en scène) et Martin Legros (écriture et mise en scène), s'est jouée au Théâtre de la Renaissance d'Oullins après avoir été un succès d'Avignon off en 2024.
    Près de 80 représentations pour cette histoire hommage (entre autres) au personnage de Mabel de John Cassavetes, interprétée par Gena Rowlands.
    Sophie Lebrun (Anna) et Martin Legros (Mathias) campent un couple ayant perdu leur petite fille, qui vendent leur maison encore emplie de souvenirs. La veille de la signature, Anna invite les futurs propriétaires, joués par Inès Camesella (Claire) et Baptiste Legros (Lucas), à prolonger la soirée chez eux.
    La pièce questionne la santé mentale, les fantômes du passé, le processus de deuil mais aussi la vie qui pulse malgré les épreuves, se fraie un chemin dans le labyrinthe psychologique et panse les plaies ouvertes.
    Cette comédie dramatique (tragi-comédie ?) gagne en profondeur émotionnelle et narrative jusqu'au dénouement final, souligné par les intermèdes percussifs de Nicolas Tritschler (batteur).
    Un succès mérité pour une interprétation au plus juste de l'enjeu.
    Rencontre à l'issue de la représentation avec Sophie Lebrun et  Martin Legros, du Collectif Cohue. (10 min).


    podcast

    Image: Théâtrelarenaissance.com

  • Déconstruire le validisme

    Le validisme existait avant le coronavirus - et il perdurera sans doute après la crise sanitaire -, mais il s'est amplifié durant cette période par un phénomène de banalisation du mal quand il est devenu tolérable de sacrifier des vies sous prétexte qu'elles ne correspondent pas à notre idéal d'humanité (p.171)

     

    De Chair et de fer,Charlotte Puiseux,éditions de la Découverte,mouvement crip,anticapitalisme,féminisme,De chair et de fer (première édition de 2022), de Charlotte Puiseux, ressort en poche aux éditions de la découverte.
    Le livre raconte son parcours, de sa naissance problématique (une maladie génétique rare diagnostiquée) à ses années d'études (en philosophie et psychologie) puis de militantisme (elle est spécialiste du mouvement crip), sans oublier sa jeunesse compliquée auprès des institutions   médicales ou éducationnelles.
    La particularité de Charlotte Puiseux, sa force, sa sensibilité et son intelligence l'ont très tôt définie rebelle au système qu'elle considère à juste titre comme validiste, puisqu'il définit les handicapés physiques ou psychiques de moindre valeur que les gens capables...de travailler, de vivre en société, d'être en couple ou encore de consommer.
    Sa lutte pour la vie (elle est mère désormais) fut de s'armer et de s'élever par des lectures, des études, des réunions militantes (anticapitaliste, féministe et queer/crip), afin de redéfinir et se réapproprier son identité êtrique et d'en être fier plutôt qu'honteuse.
    Après lecture de l'ouvrage, on ne verra plus jamais le handicap comme un problème mais un atout, malgré les souffrances endurées, pour forcer l'idéologie dominante à ouvrir les yeux sur sa pseudo normalité et son mépris de toute différence.

     

  • S'épancher

    Ce n'est pas une nouvelle loi sur "la fin de vie" et "l'aide à mourir" qui actuellement fait défaut en France. Ce qui manque, ce sont des cœurs  aimants (p. 97).

     

    On ne pactise pas avec la mort,Jacqueline Kelen,Guy Trédaniel éditeur,droit à l'aide à mourir,On ne pactise pas avec la mort, de Jacqueline Kelen, paru chez Guy Trédaniel éditeur, est un manifeste contre la loi sur "le droit à l'aide à mourir", voté le 27 Mai à l'Assemblée Nationale.
    Forte d'une grande érudition sur le sujet, phrases ou auteurs de combat pour la Vie, Elle souligne les paradoxes de l'État sur sa (ses ?) politique envers les plus vulnérables mais surtout son déni de l'au-delà et d'une croyance en l'immortalité du Vivant en soi.
    Convoquant des mythes à propos ou des penseurs d'un État providence déchu, elle met en valeur les arrangements économiques mesquins ou la volonté de s'ériger en pourvoyeur de variables d'ajustement.
    Jacqueline Kelen reste un esprit libre et éclairé dans un monde où l'Amour véritable se raréfie, passage périlleux de l'Histoire ou signe des temps ? Elle rappelle l'évidence du souffle de vie dont personne n'est responsable ou comptable sauf un Créateur ou une Intelligence universelle organique envers qui nous serions en dette et en tâche...Reste le degré de souffrance ressenti ou l'incurabilité de certaines maladies, que justifierait une rupture dans le processus vital, au nom du libre arbitre et à titre d'exception ? N'y aurait-il pas alors une forme d'eugénisme entre une loi validiste d'un côté et une personne devenue fortement handicapée de l'autre ?

     

  • Le rythme de l'Un

    Toute religion est la vulgarisation d'une Mystique. Celles qui ont perdu le contact avec leur mystique originelle, perdent aussi leur sang, leur chaleur, leur vie pour ne plus offrir qu'un cadavre sec, vide, momifié (p.40).

    Un mystique est quelqu'un qui excelle à activer son intuition, souvent dans la fulgurance de la vision, et à développer sa conscience bien au-delà des limites de son égo...quelqu'un qui a atteint un rare degré de connaissance, au-delà des savoirs, et qui rayonne une sagesse telle qu'il vit la vérité, dans la vérité, au quotidien, parfois non sans souffrance (p.79).

     

    Regarder-plus-haut-que-soi-Comprendre-la-mystique.jpgAvec Regarder plus haut que soi - comprendre la mystique, paru aux éditions Hélios, Marc Halevy rédige une somme sur le sujet (300 pages), en prenant des exemples "types" au sein de chaque courant religieux, spirituel ou philosophico-poétique.
    On comprend que la mystique est le ciment et l'esprit de toute religion, le message originel exempt de formes mais est surtout une relation vécue, à l'intérieur et à l'extérieur, avec l'Un, le divin dont l'essence est avant tout Amour et Miséricorde.
    L'auteur, physicien ( thermodynamique et des systèmes complexes) de formation ne cache pas sa préférence pour la kabbale et le taoïsme, tout en faisant la part belle au christianisme, qui révéla de nombreux témoins de l'indicible.
    Adhérent de l'immanente conscience plutôt que d'un Dieu Transcendant, celui de la foi, il élude pourtant la spécificité toute christique qui est l'unité avec le Père, sous l'égide du Saint-Esprit.
    La naissance du Christ en soi, du Verbe donc, est bien une forme de "parthénogenèse", en ce sens virginal d'une lumière qui advient (le Fiat ou soit que reconnaît l'Islam).
    L'intuition de Marc Halevy sur l'Homme nouveau, fruit d'une Mystique directe, excluant toute forme ou parole est, dans sa conclusion, judicieuse. La lumière se passe en effet bien de mots lorsque par le sourire et le regard, elle reflète le Donne éternel.

     

  • Le coeur de l'Islam

    La gratitude déverrouille le cœur en le libérant des cadenas que sont la jalousie, la haine, l'envie, l'avarice, l'orgueil...Pour établir alors la connexion à Dieu, il suffit d'activer le bouton de l'Amour...et Lui parler, Le prier et aimer tout ce qu'Il a créé...(p61)

     

    reem.jpgFruit d'un dialogue islamo-chrétien entre Reem Yasmina Laghrari et Eric de Kermel, le Relié publie un abécédaire à 70 entrées, A la découverte de l'Islam et des musulmans.
    Après ceux de Chebel ou d'Amir-Moezzi, cette recension de termes clés évite les sujets qui fâchent pour se concentrer sur ce que l'Islam et sa pratique, sa culture ont de beau, de saint, de grandeur.
    L'ouvrage est une bonne entrée en la matière, conçu par des passionnés et émerveillés de la création, parlant à partir d'une intériorité vécue.  
    L'actualité n'est pas en reste (le voile, l'intégrisme, la charia...) mais prend peu de place et s'insère dans un projet plus global et enveloppant, comme la remise entre les "mains" d'un Dieu miséricordieux (doté de matrices), puisque l'Islam (de salam, la paix) signifie l'abandon (plus que la soumission) confiant au Créateur.
    Dommage juste d'effleurer tout le pan eschatologique du Coran et de la mentalité musulmane, où des mots comme l'Heure, le Mahdi, le Jugement dernier, la Résurrection...auraient mérité plus d'explications et d'attention.  

     

  • Les racines de l'être

    Ulysse de Taourirt,Abdelwaheb Sefsaf,Arezki Sefsaf,Aligator,Clément Faure,Anthony Gatta,Malik Richeux,George Baux,Nestor Kea,Souad Sefsaf,Lina Djellalil,Marion Guerrero,Alexandre Juzdzewski,Pierrick Arnaud,Jérome Rio,Arnaud Perrat,

    C'est toujours un plaisir de retrouver Abdelwaheb Sefsaf sur scène, avec ce phrasé théâtral qui le caractérise, sa joie de vivre et son écriture ciselée et engagée.
    Ulysse de Taourirt s'est joué trois jours complet, avec un public varié et enthousiaste, au théâtre du Point du Jour, un spectacle originellement privé de représentations, faute au COVID, et qui rend un vibrant hommage au père immigré algéro-kabyle d'Abdelwaheb, Arezki Sefsaf.
    Le spectacle oscille entre la vie remplie et tumultueuse de ce dernier et celle, adolescent stéphanois banlieusard du fils passionné de théâtre.
    Parsemé de chansons entraînantes ou poignantes (en Kabyle) avec son groupe Aligator (Clément Faure-guitare et oud, Anthony Gatta-batterie et percussions, Malik Richeux-piano violon et accordéon), entrecoupé de projections cinématographiques (une affaire de famille !) sur un bloc monolithique creux à dessein (scénographie subtile de Souad Sefsaf et Lina Djellalil), Abdelwaheb nous immerge dans son quotidien des années 80 et croque la France et son histoire post coloniale comme personne, avec humour et poésie.
    Le pudique et vénéré Arezki se livra sur son lit d'hôpital, sans voir le résultat final mais, au regard du degré vibratoire insufflé par les protagonistes sur scène, son esprit planait sans nul doute dans l'air, le rendant encore plus vivant dans la mémoire collective.

    @crédit photo : Christophe reynaud de Lage