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Choeur - Page 2

  • Un sujet qui fait mouche

    Coran 22,73 : Hommes, il vous est proposé une parabole, écoutez la : Ceux que vous adorez au lieu de Dieu ne peuvent créer une mouche, quand bien même ils s'uniraient pour cela. Si la mouche leur enlevait quelque chose, ils ne sauraient le lui faire restituer. Le solliciteur est aussi faible que le sollicité.

     

    Mouches un portrait,Peter Geimer,Macula éditions,Avec Mouches, un portrait, Peter Geimer (directeur du Centre allemand d'histoire de l'art à Paris) signe chez Macula éditions, un petit essai culturel et naturel du drosophile.
    Souvent maudites, associées aux sale, aux maladies, au lieutenant du diable Belzébuth (le seigneur des mouches) même, ce drôle de petit insecte génère de la nuisance sonore, alimentaire et infectieuse.
    Dans l'histoire de l'art, il apparaît sur certaines toiles comme un trompe l’œil ou symbole du quotidien, en littérature tantôt empathique tantôt méprisant et au cinéma comme génétiquement proche de l'humain. Des études naturalistes à base de croisements ont d'ailleurs été menées pour mieux comprendre notre spécificité.
    Neuf types principales originelles de mouches peuplent le monde, plus ou moins nocives (on pense à la mouche tsé tsé), et il n'est que le Coran qui nous la présente comme un fléau positif, instrument de Dieu (27,73), alors "qu'une sainte mouche serait du point de vue de l'histoire de l'art une impossibilité, et du point de vue théologique un sacrilège"(p.89).
    Original et érudit, ce portait des mouches est affaire de représentations. Ici globalement repoussoir et méprisé, l'insecte ailé  "domestique" m'a cependant toujours paru doux, familier et réconfortant, plus angoissant en nombre il est vrai. Une réputation exagérée, ignorée ou minorée en serait-elle la clé ?

     

  • Sur la terre comme au ciel

    "Faire la volonté de Dieu, c'est faire entrer en moi Jésus et Sa joie divine. C'est être Sa consolation. C'est mettre en moi Sa Présence, sa Présence irradiante" (p.257).


    Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit,Joel Guibert,éditions Artege,sainte Thérèse,béatification,mystique,sainte,Avril 2026Avec Vivre en Dieu à l'école de Mère Yvonne-Aimée de Malestroit (1901-1951), les éditions Artège signent un nouvel essai du père Joël Guibert, dans une visée de béatification.
    Il faut dire que sa vie entière, ses écrits, ses dons (bilocation, sanctification d'hosties souillées...), ses inter-actions (le réconfort de sœurs, le rachat d'âmes) et sa renommée mondiale, la font entrer dans un modèle de sainte catholique, au même titre que la petite Thérèse, qui fut son modèle.
    Tentée et adepte de souffrances ("mon Amour me fait aimer la souffrance pour m'unir à mon Bien-Aimé" - p.255), elle réfute le dolorisme pour évoquer la sagesse de la Croix "dont la Joie profonde est le fruit (p.237)".
    Confiante dans le plan de Dieu, elle apprend à s'en remettre à Sa volonté en laissant Jésus œuvrer à travers son cœur, ses yeux et ses mains, pour devenir outil de Miséricorde.
    Livre informatif mais aussi de portée évangélique, Joël Guibert nous remémore la spécificité toute chrétienne, une vie "à partir de Dieu", dans  une relation "vivante et vivifiante" éprouvée dans les actes (une pulsation, une vibration, une joie qui demeure...), les pensées (le discernement) et les prières du quotidien.
    Plus globalement et c'est encore le cas ici avec Yvonne-Aimée de Malestroit, les mystiques sont des aiguilleurs de l'être qui incarnent la quintessence de l'enseignement christique. Ils sont le rappel d'une praxis ésotérique incandescente qui perdure malgré l'essoufflement des institutions. Ils sont le soufflet sur les braises !

  • Le phénomène religieux

    La religion est un phénomène relationnel...et social...En ce sens, être religieux est un facteur de protection respectable. L'appartenance à un groupe religieux procure un sentiment de solidarité et d'identité, mais elle dicte également la manière de croire, de prier, de se comporter, d'aimer et de haïr (p.31).


      
    Nicole Aknin,Anna Cognet-Kayem,Philippe martin,Religions, déviances et psychopathologie,presses universitaires de BordeauxSous la direction de Nicole Aknin (psychologue), Anna Cognet-Kayem (psychanalyste) et Philippe Martin (professeur d'Histoire), les presses universitaires de Bordeaux publient Religions, déviances et psychopathologie, un projet universitaire pluridisciplinaire, prolongement d'un colloque, autour de la religion, de ses satellites et de ses traces dans les représentations psychiques.
    Plaisant à lire et varié dans ses approches, l'ouvrage peut néanmoins parfois  apparaître comme une charge envers la religion rituelle et dogmatique. Certains auteurs lui opposent en effet la spiritualité, d'autres lui reprochent son formalisme mais globalement des pratiques ancestrales subsistent (talebs, mpiandry...), proches de la superstition ou un temps apocryphes (l'exorcisme, la sorcellerie ou la possession collective), qui pallient (par rapidité ou coût moindre ...) une praxis de reliance (le re-ligere de religion).
    Des croyances irrationnelles aux esprits maléfiques, à des fantômes  ou à des possessions transgénérationnelles inondent les psychés en profondeur (l'inconscient collectif de Jung ?) et deviennent le sujet de disciplines étiologiques ou géobiologiques.
    Globalement, après une lecture attentive de l'essai, la religion "peut  être à l'origine de traumas réels ou supposés" mais son versant méritoire est rarement abordé. Quid de la foi, de la lecture parfois  apaisante des livres sacrés, de la guérison des cœurs par l'intermédiaire de l'esprit sain et du temps, dans une approche interreligieuse ? L' occasion en effet d'approfondir ce qui n'a été perçu que superficiellement en devenant de facto psycho-pathologique...
    En réalité, c'est plutôt un syncrétisme des croyances qui occupe souvent les esprits en quête, flirtant de temps en temps avec les soins "parallèles" quand le miracle de la foi, par de vaines prières, atteint sa limite. 

     

  • Réparer le monde

    Pour toutes ces raisons le Corps du Christ est dévoilé, déchiré et delivré aussi, car il porte en lui les signes non seulement de l'Incarnation mais surtout les nombreuses possibilités d'exclusion. Nier cet angle mort dans le christianisme et dans la foi crée des blessures : et tout a chacun sait qu'une sensibilité blessée peut se trouver à la source d'une revendication conflictuelle, voire explosive (p.85).

     

    corps.jpegSuis je l'égal, dans le regard du pauvre, du pêcheur, du marginal, de la victime ?
    Suis je légal, d'une attitude correcte, quand j'ai honte de, je moralise, je juge, je stigmatise mon prochain ?
    Ce sont ces questions que soulève l'essai d'Alberto Fabio Ambrosio, théologien et dominicain, avec le Corps du Christ - (Dé)voilé, déchiré, glorifié, paru chez Hermann éditions.
    Conçu comme une thèse en trois parties, sa réflexion claire et érudite, part d'une christologie textile (ses vêtements portés, ôtés, touchés) et invite des penseurs en sciences humaines et sociales pour appuyer ses intuitions.
    S'intéressant par ailleurs aussi à la mode et au soufisme, son angle de vue reste original pour percer le mystère de ce corps aimé passionnément, idolâtré parfois, violenté, vulnéré et glorifié. Il ressort que les "bien pensant" qui mettent à nu, sont souvent eux mêmes aveuglés par leur parures ou apparences psychiques (l'arbre du bien et du mal) et qu'à l'oeil de Dieu ils apparaissent dénudés de leurs oripeaux. La "réconciliation" et la "réparation" des cœurs et des corps œuvre et ouvre à contrario au Cœur de lumière (le corps de résurrection), pour une humanité pacifiée autour de l'autre arbre : celui de la vie éternelle. 

     

  • Le choix de Dieu

    La genèse de l'Islam est ainsi profondément ancrée dans le processus de reconstruction d'une histoire personnelle, celle d'un homme en quête de lui-même (p.102).

     

    ouardi.jpgHela Ouardi revient chez Albin Michel avec une nouvelle biographie du prophète de l'Islam, Muhammad, issue d'une lecture attentive, critique et brute des sources traditionnelles.
    Objet littéraire et historique mais aussi socio-psychologique, Muhammad démystifie la légende en brossant un portrait plus humain du dernier révélateur d'une loi écrite. Tôt orphelin de père (Abd Allah), élevé par une nourrice puis à 6 ans recueilli par son grand-père (Abd Al-Muttalib) à la mort de sa mère distante (Amina), il n'aura de cesse par la suite, selon l'autrice, de reconstruire un foyer tout en prenant une revanche sur son clan natif (les Quraysh de la Mecque) duquel il fut banni plus jeune, par pauvreté mais plus vraisemblablement par rejet inconscient de sa nature en gestation (le sceau des prophètes).
    Le personnage prend de l'envergure à mesure de la révélation du Coran (sur 22 ans), augmentant son butin (notamment par la razzia et l'exécution de riches juifs) et son harem (plus d'une trentaine de femmes recensées !), multipliant ainsi les alliances tribales. Devenu respectable aux yeux des riches Quraysh, il revient avant sa mort, triomphant, pour effectuer le pèlerinage et annexer la Mecque, sous couverts d'accords secrets.
    Hela Ouardi nous fait bien saisir l'interaction et l'intrication du privé et du public et leur infime limite. Les versets du Coran, souvent révélées en présence de ses nombreuses femmes (notamment Aïcha), prennent un sens plus clair pour certains et donnent à sa vie une vocation universelle, à la vue du destin de l'Islam, la seconde religion monothéiste, toujours en expansion.
    Cette biographie, écrite par une femme et résolument non apologétique, nous apprend qu'un prophète reste un être tâtonnant, soumis à des injonctions parfois contradictoires et dont l'histoire personnelle influe inévitablement sur la teneur et la réception du message. Ni Dieu tout puissant, ni homme téléguidé mais celui dont le guide est Dieu, chaque prophète met sa touche personnelle à une révélation contextuelle.
    Presque maudit dans sa dynastie (il n'aura pas de fils et ses petits fils Hassan et Hussein, fils d'Ali et de Fatima sa fille, seront tués), les musulmans seront eux légion et unis (en apparence ?) grâce au Coran et aux piliers de l'Islam. Une alliance littéraire et littérale, de corps donc, plus que par l'esprit de la révélation.

     

  • Le guide intérieur

    ...Nous vivons dans un multivers et non pas dans un seul ! Ainsi la configuration de notre univers au sein du multivers, qui est indépendante des lois physiques, reste sous la dépendance de la conscience : ce sont donc nos systèmes de croyances qui achèvent la configuration. Je crois que c'est le jour où l'humanité aura compris cela qu'elle va commencer à réellement s'éveiller (p.99). 

     

     

    de la connaisance à la joie,philippe guillemant,éditions trédaniel,dialogues avec l'ange,futur lumineux,physique quantique,synchronicités,rétro causalité,intention vibratoire,avril 2026De la connaissance à la joie est le nouveau livre fleuve de Philippe Guillemant, paru chez Trédaniel éditions, la version papier d'une série de vidéos réalisées en haute Provence, son fief, avec une douzaine  personnalités en vue. 

    22 chapitres tout azimut, dont le coeur est cérébral, très scientifique en sa teneur lexicale, donc ardu.

    Le livre est une synthèse sans fioritures de toute son oeuvre, rendu plus léger à lire lorsqu'il s'entretient avec ses confrères, journalistes ou thérapeutes et par les épisodes anecdotiques sur son parcours, ses synchronicités vécues, sa relecture des Dialogues avec l'Ange, ses expériences en lithotherapie ou encore son intérêt pour le phénomène ovnis.

    Par la verbiage scientifique abscons, l'estime de soi sans faille, l'explication rationnelle à tout, y compris aux phénomènes spirituels, l'ouvrage peut ressembler parfois à un egotrip sans humour même si l'homme est reconnu pour ses fulgurances et travaux d'envergure et comme un pionnier de la rétro causalité.

    Côté contenu, la conscience est au centre, comme processus créateur d'un "futur lumineux". Par expériences personnelles, ce sont toujours les vibrations de "joie, amour et de souveraineté intérieure" qui ont amené une guidance sur son chemin ou sur une problématique particulière, jusqu'à réalisation d'un futur projeté et souhaité. Ce prisme vibratoire sert de clé à de nombreuses énigmes qu'il investigue avec sérieux et rigueur (le cerveau gauche) tout en faisant preuve d'intuitions bien accueillies (le cerveau droit) par ses pairs. Cette double particularité psychique de l'humain manque d'ailleurs selon lui à l'IA pour devenir consciente et il croit que son contrôle des masses est tué dans l'oeuf. 

    Résolument optimiste, confiant en soi et aux initiatives locales et solidaires, il fait sa part de luminosité (et d'unité) sur des sujets clivants et balise parfois le chemin pour d'autres. 

    On a hâte de lire son futur projet pont entre intuitions scientifiques et enseignements des Dialogues avec l'Ange, que Gitta Mallasz, le scribe, appelait de son vivant...un véritable saut dans la foi, au delà du mental pour le coup. 

     

  • La mort détabouisée

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    À la Vie, une pièce d'Elise Chatauret (écriture et mise en scène) et Thomas Pondevie (écriture et dramaturgie), de la compagnie Babel, fêtait sa dernière représentation ce vendredi 27 Mars, à la Comédie de Saint-Etienne, après 6 années de tournée.

    Le thème c'est la mort, par 5 acteur.rices excellent.e.s (mention spéciale à Juliette Plumecocq-Mesh et Charles Zémaco) qui virevoltent entre patients, docteurs ou aidants. Rien de plombant pourtant. C'est plutôt un plein de vitalité qui nous cueille à la sortie, d'avoir regardé le problème de la souffrance ou de la fin de vie en face, dans toute sa complexité, avec ses prises de décisions en conscience. 

    Les scènes hospitalières, issues d'observations sur plusieurs mois d'immersion et très techniques, flirtent parfois avec le fantastique ou les envolées lyriques. De même, les scènes en costumes sont très drôles (au début) ou sacralisées (à la fin) et encadrent le corps du texte de légèreté et de dépassement symbolique. Le spectre de la fin de vie en Occident est bien balayé, intégrant l'euthanasie, la potion suisse ou les derniers débats à l'Assemblée. On est cependant plus sur la souffrance inhérente à la maladie que sur la réelle question de la mort du corps et d'une potentielle survie de l'âme. Le traitement du sujet est plutôt politico-scientifique donc, même si le théâtre permet, par la diversité des rôles incarnés, de croire en la continuité de la Vie par l'incarnation de plusieurs personnages à travers siècles...