“L'Islam est l'autre nom de l'Alliance et du Salut que Dieu a proposé à l'humanité...une seule Religion sous forme d'Alliance, assortie d'obligations (pratiquer la droiture et la justice) et de promesses avec pour chaque horizon temporel la forme qu'elle revêt sans que le fond ou contenu de base ne change”. (p.202)
L'Islam reste encore peu connu, comme son Livre saint et son mode de révélation via un prophète analphabète (donc vierge de connaissance comme Jésus né d'une vierge...). Moqué, méprisé, mis en doute encore de nos jours par certains, son message et sa stature d'envoyé ne sont plus à débattre.
Dans un souci d'universalisme et donc d'ouverture avant tout envers la communauté musulmane, l'imam et écrivain -conférencier Ahmadou Makhtar Kanté s'intéresse à la figure de Jésus telle que révélée dans le Coran et en fait un pivot historique de changement ou plutôt de rupture dans l'Alliance et le Salut monothéistes. Son essai clair et concis "De quoi Jésus fils de Marie est-il le signe" paru chez l'Harmattan Sénégal, atténue cependant la portée du message qu'il veut faire passer - l'Islam comme nom coranique de l'alliance abrahamique étendue à Ismaël et sa descendance -,en excluant de facto, dans sa démonstration, les juifs et les chrétiens de celle-ci.
Sa thèse ne manque cependant pas d'esprit critique et de discernement en prenant appui sur le dernier texte révélé (le Coran explique le Coran et on ne peut le remettre en question...) analysé comparativement à la Bible.
Selon Ahmadou Kanté, Jésus le fils de Marie (c'est son appellation coranique) marque une rupture dans l'élection historique des prophètes et rois d'Israël puisqu'il naît sans père et de lignée Lévitique (et non pas davidique de la tribu de Juda) par sa mère. Messie véritable pour les musulmans, il fut de ce fait rejeté par les juifs et divinisé par les chrétiens (minimisant au départ le rôle de Marie). Par ailleurs, selon le Coran et les hadiths, il annonce le dernier prophète à venir, "Ahmad" le très loué, que les juristes assimileront à Mohammad, l'analphabète de la prophétie.
Ce glissement du pouvoir légiférant et spirituel jusqu'à la fin des temps ignore néanmoins la promesse effective des cœurs de chair (Ézéchiel 36,26) et de la lampe intérieure du discernement (le troisième œil ou œil du cœur ?), reléguant les textes, rites ou formes à l'arrière plan ou les rendant désuets.
Placer la nouveauté (de l'alliance) sur un mode d'inspiration plus naturel et accessible aux êtres reliés (Depuis Mohammad la reliance céleste ne souffre plus d’intermédiaire) aurait évité le cloisonnement et la préférence d'une communauté sur une autre, la fin des prophètes marquant ainsi le début des hommes spirituels, éclairés, inspirés et insufflés d'en haut, comme le furent les envoyés en leur temps...mais dieu est plus savant.
Joël 3,1 : Et c'est après quoi, je répandrai mon souffle sur toute chair. Vos fils, vos filles seront inspirés, vos anciens rêveront des rêves, vos adolescents verront des contemplations. (Trad. Chouraqui)
Les éditions Tasnim et le philosophe universitaire Patrick Laude s'associent pour proposer un recueil de textes thématiques autour des "dimensions universelles de l'Islam". Les collaborateurs anciens (Guenon, Lings, Ampaté Ba...) ou modernes (Hossein Nasr, Geoffroy, Chittick...) sélectionnés sont tous d'éminents spécialistes reconnus pour leur ouverture ou construction de ponts interreligieux voire interdisciplinaires.
Denis Gril, islamologue spécialisé dans la recherche de la sainteté et du soufisme, publie aux éditions du Cerf une compilation thématique sur la figure du prophète Muhammad en spiritualité musulmane : le Serviteur de Dieu.
Les éditions Erick Bonnier rééditent Le Chemin de Dieu, classique de l'ésotérisme paru en 1979 chez Albin Michel, qui est un récit autobiographique de Catherine Delorme (1901-1991) dite "Mamita", une référence de l'Amour incarné chez les soufis.
Martin Buber (1878-1965), grand penseur juif du XXième siècle, nous restitue dans cet essai Kaléidoscopique inédit en français "le message hassidique" et paru chez Albin Michel, l'essence de ce mouvement mystique apparu au 18eme siècle sous la férule initiale du
Les éditions Trédaniel republient pour notre gouverne, un texte de René Guénon écrit pendant la seconde guerre mondiale et dont l'actualité est cuisante. Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps est le complément doctrinal de La Crise du Monde Moderne, plus épais et étoffé, consistant en une magistrale et quasi implacable démonstration de la supériorité de l'esprit sur le corps (pour les chrétiens du pneumatique sur le psychique), de l'essence sur la substance, du supra-humain sur l'infra-humain, de l'homme traditionnel sur l'homme moderne ou profane.
Dans Aïon qui ressort en édition poche, C.G Jung alors âgé de 75 ans, est un puits de connaissances, une montagne d'érudition qui illustre de façon magistrale le Tout contenu dans le Soi, archétype de l'union des contraires.
Les ouvrages de C.G Jung sont inégaux en qualité d'universalité, l'âme et le Soi qui constitue un patchwork de thématiques (un processus d'individuation analysé au centre avec 25 belles illustrations couleur, des articles sur la transformation intérieure, une digression sur la sourate de la caverne dans le Coran, la fonction transcendante et l'imagination active, le spiritisme, le phénomène ovni) oscille entre fulgurances et informations de seconde main ou d'arrière plan, à l'image des préoccupations de l'analyste zurichois, centrales ou périphériques comme le point et le cercle.