Yakov Rabkin signe le sionisme en 101 citations aux éditions du i.
Le petit ouvrage se veut pédagogique et explicatif entre chaque phrase mise en exergue, dans une logique thématique, et constitue plutôt une charge envers l'idéologie sioniste.
Expurgé de son essence religieuse (la conversion au christianisme avec la venue du messie dès la fin du 16ème siècle), le projet est mis en œuvre par des juifs d'Europe de l'Est et dans une optique de conquête d'une terre déjà habitée.
S'inspirant de versets bibliques pour étendre et justifier sa colonisation, la mise en œuvre n'exclut pas la barbarie (comme tuer des enfants palestiniens) ni la force armée, qui par ailleurs contente son allié américain (une base au moyen-orient).
L'antisémitisme et la tournure fascisante sont des dérives prophétisées en amont et normalisées dans une politique sectaire. Seuls les juifs orthodoxes et les pratiquants du judaïsme selon l'esprit se désolidarisent de l'idéologie prégnante, mortifère à terme.
L'auteur rappelle à juste titre que l'unité du peuple juif se fera au nom du Messie, personnage hautement religieux, et pas d'autoproclamés élus, animés par une soif de vengeance. Une révolution des cœurs épars plutôt qu'un rassemblement géographique à priori...? L'avenir le dira !
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L'autre n'existe pas
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CLés sur le chemin ascendant
Toutes les voies cherchent à se libérer de cette forme d'esprit egoïste qu'est la pensée conventionnelle et à reconnaître la conscience fondamentale, primordiale, qui est l'essence de la sagesse et de l'esprit de compassion...Nous essayons tous de revenir à notre divinité intérieure, quel que soit le nom que nous lui donnons, et de surmonter notre petit sens exclusif du moi (p.278).
Tenzin Palmo est moniale bouddhiste depuis 60 ans. Attirée à 21 ans par l'enseignement de Chogyam Trungpa, elle passera par un épisode érémitique de 12 ans avant de fonder un couvent de moniales, avec l'accord du Dalaï-Lama. Elle est interrogée en 12 sessions vidéo par Lwiis Saliba, professeur de religions comparées au Liban sur une palette de sujets de théorique à pratique, sur l'actualité et l'enseignement immuable du bouddha. Conversations sur notre époque, paru aux éditions du Relié, est le fruit de ces entretiens réalisés pendant les années COVID.
On retiendra de la densité des thèmes abordés, le travail sur les pensées (peur, avarice, jalousie...) et les émotions négatives (colère, anxiété, culpabilité...). En sus de la pleine conscience et de l'attention sur la respiration, cette vigile de pratique non duelle permet une transformation de poison à fleur, de ténèbres à lumière de la conscience.
L'ouvrage se veut concret et donne de nombreuses pistes pour appréhender la technique méditative de distanciation d'avec toute pensée de façon efficiente. Derrière cette "gymnastique" se profile la conscience vaste, vraie et réelle de chacun, notre nature originelle qui ne souffre pas de la limitation égotique liée au cycle naissance-mort (la pensée convention elle qualifiée de singe fou).
Vision féministe et détachée du monde contemporain, le livre est un document précieux et adapté à notre civilisation occidentale, à la fois en quête d'outils psycho-corporels intégratifs et de points de vues éclairants et éclairés.Lien permanent Catégories : Egalité, Féminisme, Livre, société, Spiritualité, Voie non duelle 0 commentaire -
Une spiritualité naturelle
Ostad Elahi explique que la condition psychique qui résulte du couplage d'une part terrestre et d'une part céleste est une condition sine qu'à non de l'activation et du développement de la raison elle-même...De cette confrontation (des contraires), comme de la friction entre la pierre et le fer, jaillit la lumière (p.38).
Le spirituel et l'universel, des éditions de la Sorbonne, propose sept études philosophiques sous l'égide d'Elie During, sur Ostad Elahi (1895-1974). Pluridisciplinaires, les essais sont complémentaires et appréhendent les univers de la spiritualité, de l'éthique et du droit, rendant hommage au parcours et à la pensée du sage iranien.
Initié à l'ésotérisme soufi dans sa jeunesse (un syncrétisme entre philosophie grecque et islam chiite), doué dans l'apprentissage du luth kurde, il choisit adulte une vie en société comme magistrat, tout en perfectionnant son art musical et l'étude des religions monothéistes.
À l'image du maître caucasien G.I Gurdjieff, il insista sur l'importance d'une raison mature (objective) pour maîtriser l'âme terrestre (soi impérieux) par l'âme céleste (l'esprit divin), discerner l'apport juste de cette âme charnelle/animale pour éviter qu'elle ne contamine trop l'individu relié (le Moi réel).
Cette "spiritualité naturelle", à l'épreuve du quotidien et loin d'une vie érémitique ou de guidance spirituelle (même s'il n'y rechignait pas), lui permit d'affiner une éthique personnelle et professionnelle, une rigueur d'esprit louable et quasi scientifique quand il jouait de son instrument fétiche et amenait le ciel à descendre systématiquement sur l'audience.
Ce penseur spiritualiste questionne et passionne encore tant l'abdication de ses plausibles destins (artiste ou guide spirituel) au profit d'une tâche plus ordinaire et ancrée au sein des affres du monde (un juge droit examine chaque cas en conscience) paraît antinomique à une vie pour Dieu. Ce fut à défaut une vie avec Dieu. -
Un bon terreau pour croître
Pour bien soigner l'être humain, il ne faut pas le prendre par "secteurs" mais dans son entier...passer d'un soin spécialisé à un soin intégral, si l'on préfère "catholique", c'est à dire "selon le tout" (p.34).
Fin lettré, coutumier des Pères de l'église, et déjà remarqué avec la Gloire des bons à rien, Sylvain Detoc revient aux éditions du Cerf avec Au bon plaisir de Dieu - l'évangile du bien-être.
Toujours vif à discerner le bon dans l'interligne de l'évangile, il nous parle dans cet ouvrage du bien-être corporel voulu par Dieu, dans son éternelle bienveillance et amour inconditionnel pour la création.
L'écriture est limpide, légère et fait bien le tour de la question. Fort d'exemples évangéliques ou d'anecdotes puisées chez les pères ou les saints de l'église, il nous rappelle les fonctions de Jésus (guérisseur des corps et du cœur avant tout) et le fameux adage "esprit sain dans un corps sain". Le repas, la toilette, les soins, l'activité physique et sportive jusqu'au sommeil, tout concoure à prendre soin de son corps pour que l'âme ait envie d'y rester. En passant il égratigne l'ancienne vision doloriste qui eut cours jusqu'à récemment, dissertant sur la chair animale dite faible par passions.
L'incarnation du Christ reste de facto un phare et un modèle à suivre, en illuminant la chair de l'esprit de sainteté et en densifiant l'esprit par une chair transfigurée via l'icône de l'Homme nouveau...pour que la joie demeure, dans un vivifiant cœur à corps (accord). -
L'art sacré du luth
En tant qu'art total, la musique d'Ostad ne s'offre pas uniquement à l'oreille, mais à la vision : elle est conçue en fonction de scènes et de représentations "imaginales"qui s’appréhende par ce que les gnostiques appellent "les yeux de l''âme" (p.120).
Les éditions du Relié rééditent un livre de l'ethnomusicologue et philosophe français Jean During " l'âme des sons - l'art unique d'Ostad Elahi" (1895-1974).
Enfant prodigue, issu d'une lignée de musiciens vertueux et virtuoses (son père Hâjj Ne'Mat) et de la confrérie soufie des Ahl-e-Haqq, il su donner à sa vie d'adulte une originalité non prédéterminée. Magistrat de fonction, il n'oublia jamais sa passion léguée pour la "tanbur", luth sacré kurde, dont il renouvela et enrichit la pratique.
Le brillant ouvrage avec ses multiples approches, écrit par un spécialiste des musiques d'Asie centrale et initié à la musique traditionnelle iranienne, est une hagiologie revendiquée, tant la maîtrise technique et thérapeutique de l'instrument pourvut Ostad Elahi, de son vivant, d'une aura de saint homme.
Les témoignages, paroles ou écrits publiés, évoquent un monde imaginal où le spirituel se matérialise (chœur d'anges, présences de saints, esprits célestes...) et où le matériel se spiritualise (guérisons, états d'ivresse mystique, joie pérenne...), à mesure du jeu du maître...c'est dire de son degré de connivence avec les hiérarchies célestes et sa fonction.
Reste l'envie d'en savoir plus, à cette savoureuse lecture, sur sa théorie de l'âme (thèse de vies successives ascendantes) et surtout d'écouter sa musique de et pour l'âme, enregistrée dans les années 70.Lien permanent Catégories : Art, Histoire, Islam, Livre, Musique, société, Spiritualité 0 commentaire -
Un climat de délation
Arnaud Fossier, historien médiéviste, publie Les Cathares, ennemis de l'intérieur, chez la Fabrique éditions. L'essai fait surtout œuvre de démystification romanesque en étudiant la mainmise morale et financière de l'église et de l'État entre 1120 et 1330. Les Cathares, "bons hommes" ou "parfaits" ne sont ni issus d'une tradition ésotérique cachée, ni les disciples du prophète Mani, ni des puristes de la religion catholique au sens fondamentaliste du terme. Selon l'auteur, ils sont issus de simples corporations (beaucoup de tisserands) et n'ont pour tort que de dévier par la lettre (et non l'esprit) certains rituels et points du dogme catholique. Besogneux et végétariens, vêtus d'une robe noire et assidus aux prières, ils prêchent, commentent les évangiles et pratiquent l'abstinence sexuelle. Leur rite original sacramentel, le "consolament", consiste en une imposition spirituelle des mains puisqu'ils dénient le pouvoir de l'eucharistie.
Arnaud Fossier rappelle avec nombre de citations historiques, que les seuls éléments concernant ces boucs émissaires de l'inquisition, viennent de leurs opposants car aucun traité ou livre du mouvement n'existe ou n'a subsisté. Ils furent bien, notamment en Occitanie, les dommages collatéraux d'institutions soucieuses d'autorité pour masquer leur corruption ou tester leur souveraineté. -
Territoire sacré

L’Original Bomber Crew est un collectif issu du Nord-Est du Brésil (Téresina). Avec VAPOR: Ocupação Infiltrável (Vapeur : occupation infiltrée), joué au Bac à Traille d’Oullins dans le cadre de la Biennale de la Danse de Lyon, ces 7 artistes nous ont plongé une heure durant dans leur quotidien de "marginaux" ou étiquetés tels.
Spectacle de résistance, ils rendent bien visible leur culture tropicale (entre ville et forêt sauvage), en immersion sonore, et présentent la Dança Quebrada, une fusion de Breakdance et de Capoeira.
Les corps sont dans un premier temps voilés, animalisés, les visages masqués. Les performances restent individualisées avant de se scinder en deux collectifs, l’un porteur d’une transe, l’autre d’un symbole peint. La fraternité se noue, s’épaule, avance d’une même voix, d’un corps soudé.
Cette sorte de rituel chamanique intègre la spiritualité, synthèse entre furie et foi. Les 7 jeunes hommes semblent placer leur vie, leurs actes, leur art, sous l’égide d’un Protecteur qui saurait sentir leur énergie, entendre leurs chants et comprendre leur vécu. Entre fragilité et force, pesanteur et souplesse, le Bomber Crew porté par le fondateur (2005) Allexandre Bomber, ne manque résolument pas de cœur.
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