
Forbon N'zakimuena signe avec Zola pas comme Emile, une charge contre la politique assimilationiste de l'État Français et le droit du sol.
Né en France de parents étrangers, il relate l'épisode humiliant et stigmatisant de sa naturalisation française à ses 13 ans (sur demande de ses parents) avec moult questions intrusives de la part du tribunal judiciaire.
L'intelligence de Forbon est de traiter cet événement avec humour, légèreté parfois (la nonchalance de son père par exemple) mais aussi pugnacité, à l'évocation de ses racines.
S'il n'a pu garder son premier prénom Zola (un prénom générationnel au Congo), sa lignée compose son ADN (un corps charismatique) et son aura (les esprits des ancêtres qui l'accompagnent). Le spectacle est entrecoupé de chants, avec des textes magnifiquement rappés, ou de danse.
Les multiples talents de Forbon N'zakimuena résonnent et existent dans cette pièce, qui n'est pas sans rappeler le travail de réappropriation historico-culturelle de l'artiste D' de Kabal, dont il est le filleul au sens initiatique.
En bord de scène, après la pièce, le comédien Zola-Forbon évoque le sacerdoce d'une "charge raciale" quotidienne et précise qu'"il faut toujours en faire deux fois plus que les autres, rassurer les gens" pour prouver sa nationalité française.
Un sujet d'actualité subversif sélectionné à Avignon par la troisième promotion de la jeune prog (12 adolescents de 12 à 15 ans) du théâtre de la Renaissance d'Oullins, sensible aux déboires de jeunesse de leur "grand frère" en humanité.