L'auteur Jean-Philippe de Tonnac a vu sa vie et ses projets bouleversés lors de l'annonce à l'été 2023 de sa maladie de Charcot. En Quête du Miracle - l'âme et le corps face à la mort, publié chez Albin Michel, relate de sa nouvelle vie, mélange de voyages thérapeutiques, séjours hospitaliers, excursions spirituelles ou religieuses (depuis sa rencontre avec le moine Charbel) et bien sûr actes bienveillants du quotidien (les chats, les amis, les rencontres fortuites...). Bien loin de se laisser abattre par la (mauvaise) nouvelle, il met toutes les chances de son côté pour prolonger son espérance de vie, par la foi, le régime alimentaire, les avancées et expérimentations médicales ou encore l'exploration de sa psyché s'entendant au corps tout entier (plantes maîtresses ou enthéogènes, guérisseurs à mains nues, thérapies holistiques...).
Son corps le lâche un peu plus chaque jour néanmoins, le rendant lourd et dépendant, à l'opposé de son âme qui s'allège par la connaissance ou l'entourage aimant/aidant.
Ce livre est avant tout celui d'un résistant et d'un amoureux de la vie, sonné mais pas k.o et qui est conscient qu'en "partageant l'intime réduit, dans l'épreuve terminale, à sa plus simple nudité, (cela) acquiert valeur universelle (p 151)".
On sort galvanisé par ce témoignage résolument tourné vers la vie, la mansuétude et la gratitude (sa femme Renata la première). Le voyage est total, dépaysant et sidérant de pistes explorées. Le miracle (retrouver ses facultés motrices) n'a pas (encore) eu lieu mais le Vivant, lui, ne meurt pas et traverse déjà l'ouvrage de toute part, rien qu'en termes de synchronicités ou de cœurs qui s'ouvrent sur ce chemin de libération du moi.
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Une oeuvre alignée
Judas est une œuvre singulière qu'on découvre haletant. Où Jeff Loveness, l'auteur, va t'il nous emmener ? Quelle est sa version des faits ? Comment comprend t'il cet archétype du traître ?
L'histoire se situe en enfer et intègre des passages d'Isaïe et de l'Apocalypse (les créatures de l'enfer), faisant de Judas la figure du serviteur souffrant rejeté par Jésus et Dieu, évangélisant à son tour jusqu'à la fin des temps, ce lieu de damnation, après le passage éclair et le pardon du Christ à son égard...car il faut bien un vilain, bouc émissaire, dans l'affaire !
Les dessins et couleurs de Jakub Rebelka et le lettrage de Colin Bell presque cubiques et souvent épineux (anguleux), soulignent l'aridité et le désespoir du lieu, avec des tons crépusculaires ou des représentations infernales.
Lucifer y joue aussi un rôle central dans la première partie, brouillant la piste d'une possible rédemption finale de l'humanité.
Le graphisme associé au destin surprenant de Judas outre tombe marque l'esprit d'idées neuves et irrigue l'imaginaire en positif, avec une traduction française d'Aurélien Lemant (Marie-Paule Noël à la relecture).
Pour construire sa trame, Jeff Loveness a puisé dans des versions alternatives (apocryphes et gnostiques) qui sonnent plus juste (ce qu'a bien rendu l'illustrateur) qu'une simple trahison mythique, un projet qui faillit ne jamais voir le jour sans un salvateur assentiment d'un collectif.Lien permanent Catégories : Album, Art, Aventure, Bande dessinée, Christianisme, Histoire, Livre, Restauration, Spiritualité 2 commentaires -
Une vie donnée
À le regarder, tout était tellement plus simple. Dans son clair regard de vieillard, il me semble avoir entrevu quelque chose de cette vie éternelle que le jeune homme riche cherchait avec tant d'avidité (p.68).
Dans Réussir à Vivre paru aux éditions du Cerf, Adrien Candiard prend le contre-pied de "réussir sa vie", dans une résonance évangélique.
Vouloir son propre accomplissement ne souffre en effet souvent pas d'imprévu ou d'obstacles (je n'ai pas le temps de ou pour, parmi tant d'exemples), alors que ne pas vivre pour soi permet de supporter épreuves et contraintes, en offrant sa vie à l'Autre en soi, le "Tu" christique, présent aussi parfois en l'autre, extérieur à moi. Un dialogue fécond exempt de solitude éclot alors, une sorte de soliloque dont le fruit est un don : ici une parole, là un acte conscient ou encore une présence pacifiante.
Adrien Candiard, dominicain au couvent du Caire, prend appui sur le prophète Aggée et la réponse de Jésus au riche prétendant à la vie éternelle, pour broder sa réflexion et l'acheminer vers un cœur libre de posséder et donc d'aimer toute la création.
Un petit essai précis, concis, inspiré et inspirant pour confondre les parvenus par la profondeur de vue et redonner un sens noble et sacré à la vie : honorer le Vivant ! -
Tarpin bien !

Dans Tarpin me manquer au Théâtre des Clochards Célestes, Zoé (Chloé Bouiller) annonce par téléphone à son mec qu’elle le quitte puis veut profiter de sa soirée sur le dancefloor. Malheureusement la nouvelle d’un décès dans sa famille la propulse dans un train pour Marseille. En très peu de temps elle devra gérer sa mère , sa « mi-sœur » enceinte et son père, confrontés au deuil chacun à leur manière, puis l’absence de son ex et enfin et surtout les différentes étapes d’un enterrement réussi selon les professionnels de la mort. Elle qui a toujours été fascinée par les zombies et le sang devrait être une experte en la matière …
Ce seule-en-scène achève la trilogie de Chloé Bouiller sur son double de théâtre. La comédienne et autrice nous invite à replonger dans son enfance et sa lubie de l'horreur, pour tromper la peur et la mort. Heureusement pas de gore sur scène mais un miroir tendu vers la psyché et les caractéristiques bien brossées des membres de sa famille. Chloé Bouiller, par un geste, une voix, un accent nous convie à la découverte de personnages natures et hauts en couleurs : drôles, attendrissants ou carrément flippants. C’est haletant, amusant, émouvant, surprenant. La comédienne se raconte en guérissant ses plaies et les nôtres au passage. La confrontation à la mort réelle et à sa gestion est ici traitée de manière très légère (ce n'est pas plombant) et cocasse, façon famille Adams. Il faut s'accrocher pour suivre le foisonnement de portraits interprétés et le rythme enlevé de la pièce, jusqu'à une prise de conscience salvatrice. Le deuil, c’est moche mais ça peut aussi, au final, être rose et tarpin (beaucoup, très) bien !
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Colonne de feu
Très peu de traces du Ciel sur la terre
Quelques artistes...par foi ou par feu...
Des éveillés, dont les paroles rais sonnent...
Un monde foisonnant : haine, feu, poison,
Celui qui l'endure mijote le précieux calice.
Tout le monde il est beau et gentil aussi,
Rien ne change dans ce pacte avec la mort :
Si tu ghost dieu, ne reste que ton démon.