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enfer

  • Une oeuvre alignée

    judas-404-comics.pngJudas est une œuvre singulière qu'on découvre haletant. Où Jeff Loveness, l'auteur, va t'il nous emmener ? Quelle est sa version des faits ? Comment comprend t'il cet archétype du traître ?
    L'histoire se situe en enfer et intègre des passages d'Isaïe et de l'Apocalypse (les créatures de l'enfer), faisant de Judas la figure du serviteur souffrant rejeté par Jésus et Dieu, évangélisant à son tour jusqu'à la fin des temps, ce lieu de damnation, après le passage éclair et le pardon du Christ à son égard...car il faut bien un vilain, bouc émissaire, dans l'affaire !
    Les dessins et couleurs de Jakub Rebelka et le lettrage de Colin Bell presque cubiques et souvent épineux (anguleux), soulignent l'aridité et le désespoir du lieu, avec des tons crépusculaires ou des représentations infernales.
    Lucifer y joue aussi un rôle central dans la première partie, brouillant la piste d'une possible rédemption finale de l'humanité.
    Le graphisme associé au destin surprenant de Judas outre tombe marque l'esprit d'idées neuves et irrigue l'imaginaire en positif, avec une traduction française d'Aurélien Lemant (Marie-Paule Noël à la relecture).
    Pour construire sa trame, Jeff Loveness a puisé dans des versions alternatives (apocryphes et gnostiques) qui sonnent plus juste (ce qu'a bien rendu l'illustrateur) qu'une simple trahison mythique, un projet qui faillit ne jamais voir le jour sans un salvateur assentiment d'un collectif.      

  • Une nation qui fait corps

    circa.jpg

    La compagnie australienne Circa, mondialement connue et dirigée par Yaron Lifschitz, donnait son 6ème spectacle, Revoir les étoiles, aux Nuits de Fourvière, qui fête ses 80 printemps cette année.
    Placement millimétré, corps en mouvement permanent, adresse, mélange de force et souplesse, avec toute la panoplie des circassiens modernes (Mat, tremplin, tissu aérien...), et accompagnés d'un quatuor original de musiciens (guitare électrique, cuivres, violon et programmateur électro), sous la composition musicale de Jethro Woodword ...n'en jetez plus !
    Les douze acrobates (5 filles/7 garçons) nous en mettent plein la vue, maîtres de leurs corps et solidaires dans l'effort. Il s'agit littéralement de sortir de l'enfer Dantesque (chutes et lourdeur des corps) pour s'élever, virevolter et toucher les cimes étoilées, à plusieurs c'est encore plus beau.
    Des moments de grâce individuels émergent du magma collectif, mettant à l'honneur chaque artisan de l’œuvre, en première mondiale à Lyon.
    Effrayant et haletant car souvent risqué mais merveilleux dans le résultat, de nombreux tableaux défilent sous nos yeux, certains plus inventifs que d'autres mais toujours avec poésie, soutien et une forme de ballet incessant.
    L'Australie en impose par sa force physique et sa technicité, un futur succès international amplement mérité !