
Dans Tarpin me manquer au Théâtre des Clochards Célestes, Zoé (Chloé Bouillet) annonce par téléphone à son mec qu’elle le quitte puis veut profiter de sa soirée sur le dancefloor. Malheureusement la nouvelle d’un décès dans sa famille la propulse dans un train pour Marseille. En très peu de temps elle devra gérer sa mère , sa « mi-sœur » enceinte et son père, confrontés au deuil chacun à leur manière, puis l’absence de son ex et enfin et surtout les différentes étapes d’un enterrement réussi selon les professionnels de la mort. Elle qui a toujours été fascinée par les zombies et le sang devrait être une experte en la matière …
Ce seule-en-scène achève la trilogie de Chloé Bouillet sur son double de théâtre. La comédienne et autrice nous invite à replonger dans son enfance et sa lubie de l'horreur, pour tromper la peur et la mort. Heureusement pas de gore sur scène mais un miroir tendu vers la psyché et les caractéristiques bien brossées des membres de sa famille. Chloé Bouillet, par un geste, une voix, un accent nous convie à la découverte de personnages natures et hauts en couleurs : drôles, attendrissants ou carrément flippants. C’est haletant, amusant, émouvant, surprenant. La comédienne se raconte en guérissant ses plaies et les nôtres au passage. La confrontation à la mort réelle et à sa gestion est ici traitée de manière très légère (ce n'est pas plombant) et cocasse, façon famille Adams. Il faut s'accrocher pour suivre le foisonnement de portraits interprétés et le rythme enlevé de la pièce, jusqu'à une prise de conscience salvatrice. Le deuil, c’est moche mais ça peut aussi, au final, être rose et tarpin (beaucoup, très) bien !