Jean-Marc Vivenza propose une petit essai concis sur la Nouvelle Gnose, aux éditions Dervy.
Après présentation et définition de la gnose, duelle et unitive, il explique ses ramifications pré-chrétiennes, sa condamnation pour hérésie au second siècle mais surtout sa survivance initiatique d'abord secrète puis en plein jour avec les manichéens, les cathares, les rose-croix, les shiites ismaéliens ou duodécimains, la Kabbale juive puis la franc-maçonnerie sous ses différentes formes, jusqu'à aujourd'hui.
Cette doctrine ésotérique universelle, qu'on retrouve dans certains aspects de la religion, suppose globalement l'emprisonnement de l'âme, divine par nature, dans un corps ou une matière "mauvaise", démiurgique, qui expliquerait l'existence du mal. Ce corps-prison nécessite, dans les courants initiatiques, un travail de sape de l'ego (Le corps-mental) pour s'en désidentifier et fusionner consciemment par étapes, avec le corps de lumière, immortel, qui réintégrera la Source du Dieu bon à la fin des temps.
L'auteur, très calé, cite une multitude de noms et de mouvements affiliés au gnosticisme, dont les contemporains Guénon, Schuon ou encore Henry Corbin. Au-delà des dogmes et des institutions, cet enseignement traditionnel et initiatique un peu nébuleux s'éclaire dans cet essai, toute proportion gardée, avec la règle du silence qui prévaut dans les loges.
Et si la matière redevenait sacrée ? Si la lumière de la conscience éclairait chaque zone d'ombre du cadavre-monde ? Si la création était re-suscitée par une âme universelle ? Les partisans du 'corps-geôle' résisteraient-ils à cette révolution annoncée dans les textes sacrés "officiels", pour les partisans de la foi ?