La religion est un phénomène relationnel...et social...En ce sens, être religieux est un facteur de protection respectable. L'appartenance à un groupe religieux procure un sentiment de solidarité et d'identité, mais elle dicte également la manière de croire, de prier, de se comporter, d'aimer et de haïr (p.31).
Sous la direction de Nicole Aknin (psychologue), Anna Cognet-Kayem (psychanalyste) et Philippe Martin (professeur d'Histoire), les presses universitaires de Bordeaux publient Religions, déviances et psychopathologie, un projet universitaire pluridisciplinaire, prolongement d'un colloque, autour de la religion, de ses satellites et de ses traces dans les représentations psychiques.
Plaisant à lire et varié dans ses approches, l'ouvrage peut néanmoins parfois apparaître comme une charge envers la religion rituelle et dogmatique. Certains auteurs lui opposent en effet la spiritualité, d'autres lui reprochent son formalisme mais globalement des pratiques ancestrales subsistent (talebs, mpiandry...), proches de la superstition ou un temps apocryphes (l'exorcisme, la sorcellerie ou la possession collective), qui pallient (par rapidité ou coût moindre ...) une praxis de reliance (le re-ligere de religion).
Des croyances irrationnelles aux esprits maléfiques, à des fantômes ou à des possessions transgénérationnelles inondent les psychés en profondeur (l'inconscient collectif de Jung ?) et deviennent le sujet de disciplines étiologiques ou géobiologiques.
Globalement, après une lecture attentive de l'essai, la religion "peut être à l'origine de traumas réels ou supposés" mais son versant méritoire est rarement abordé. Quid de la foi, de la lecture parfois apaisante des livres sacrés, de la guérison des cœurs par l'intermédiaire de l'esprit sain et du temps, dans une approche interreligieuse ? L' occasion en effet d'approfondir ce qui n'a été perçu que superficiellement en devenant de facto psycho-pathologique...
En réalité, c'est plutôt un syncrétisme des croyances qui occupe souvent les esprits en quête, flirtant de temps en temps avec les soins "parallèles" quand le miracle de la foi, par de vaines prières, atteint sa limite.

