
À la Vie, une pièce d'Elise Chatauret (écriture et mise en scène) et Thomas Pondevie (écriture et dramaturgie), de la compagnie Babel, fêtait sa dernière représentation ce vendredi 27 Mars, à la Comédie de Saint-Etienne, après 6 années de tournée.
Le thème c'est la mort, par 5 acteur.rices excellent.e.s (mention spéciale à Juliette Plumecocq-Mesh et Charles Zémaco) qui virevoltent entre patients, docteurs ou aidants. Rien de plombant pourtant. C'est plutôt un plein de vitalité qui nous cueille à la sortie, d'avoir regardé le problème de la souffrance ou de la fin de vie en face, dans toute sa complexité, avec ses prises de décisions en conscience.
Les scènes hospitalières, issues d'observations sur plusieurs mois d'immersion et très techniques, flirtent parfois avec le fantastique ou les envolées lyriques. De même, les scènes en costumes sont très drôles (au début) ou sacralisées (à la fin) et encadrent le corps du texte de légèreté et de dépassement symbolique. Le spectre de la fin de vie en Occident est bien balayé, intégrant l'euthanasie, la potion suisse ou les derniers débats à l'Assemblée. On est cependant plus sur la souffrance inhérente à la maladie que sur la réelle question de la mort du corps et d'une potentielle survie de l'âme. Le traitement du sujet est plutôt politico-scientifique donc, même si le théâtre permet, par la diversité des rôles incarnés, de croire en la continuité de la Vie par l'incarnation de plusieurs personnages à travers siècles...


Pleurer de rire, c’est la formule qui vient en pensant à Muriel Robin. Elle nous fait pleurer de rire, pas seulement à gorge déployée mais avec les larmes qui coulent littéralement. Et pour cause, derrière cette drôlerie, se cache souvent un abîme de tristesse. En cachant la sienne, elle panse la nôtre. Il suffit parfois, les jours de blues, de revoir un spectacle de Muriel Robin et on se laisse emporter par une vague de bonheur. En lisant son livre Fragile, on est traversé, comme elle, par toutes les émotions. Chaque fois que le destin semble s’assombrir, la comédienne ravive la flamme de l’humour et le lecteur ne peut s’empêcher de sourire. Exactement de la même manière que quand Muriel était enfant, provoquer le rire pour ne pas céder un pouce au malheur qui voudrait nous envelopper.