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moyen-age

  • La fine pointe de l'âme

    Cette période romane trouve son équilibre entre ce qui appartient au cadre fixe, traditionnel, inaltérable, sacré et ce qui appartient à l'univers de la marge, toujours instable, en création, profane, c'est a dire au monde en devenir qui est par essence indivisible (p.37).

     

    Ortaire de Coupigny,Ortaire de Coupigny, artiste plasticien et écrivain féru de théologie et d'histoire d'art médiéval, publie l'Entrelacs et le Serpent - art médiéval et interprétation biblique, chez l'Harmattan.
    Dans ce petite essai touffu, agrémenté de nombreuses illustrations de l'auteur, l'entrelacs est questionné dans son rapport au foisonnement (végétal et de manducation), à la mutation (séparation) ou au désir d'unité (attachement), en lien avec des symboles clés de la Bible (le serpent, le dragon, les animaux...), des concepts (le mal, les ténèbres, le chaos primordial...) ou des textes saints (genèse, apocalypse, job, nouveau testament...).
    Un ouvrage ouvert qui n'assène pas de vérités. A lire l'investigation judicieuse et érudite de l'auteur, on se prend même à son jeu, en sondant notre ressenti et en cherchant une explication de ces enluminures propres aux copies du Moyen-Age.

    Ainsi pour qu'advienne le silence d'avant le Verbe (le Christ en soi), nous passons souvent par un déluge émotionnel, une sorte d'inflation égotique nous empêchant d'y voir clair et semblable à un nid de serpents, plus terrestre que céleste, plus ténébreux que lumineux. Cette nébuleuse nécessaire s'amenuise dès le retour de la conscience discriminante qui naît de la transmutation de l'énergie animale...Mais l'auteur est plus savant !

     

  • Les pré-curseurs

    Waltraid Verlaguet,Quand la Vierge commence à lire,éditions l'Harmattan,lectio divina,Waltraud Verlaguet, médecin et théologienne protestante, mène l'enquête pour les éditions l'Hamattan, dans Quand la Vierge commence à lire - la lecture féminine au miroir de Marie.
    Cette analyse historico-sociale et artistico-religieuse d'ampleur est synthétisée et condensée avec brio dans ce court ouvrage de 100 pages, agrémenté et embelli de nombreuses œuvres d'art.
    Le Moyen-Age voit la Vierge représentée lisant, laissant supposer une origine pieuse à la lecture féminine. Mais Waltraud Verlaguet penche plutôt pour une influence de nobles dames germaniques instruites dès le 12ème siècle au Nord de l'Europe (comme Hadevij d'Anvers).
    Quand Marie se munit d'un livre, l'église confine en même temps (obscurantisme oblige)  la femme dans une sphère plus privée, l'imaginant disposer de plus de temps pour lire, ou du moins  l'inciter à.
    Rien n'atteste donc que Marie fut lettrée ou initiée par Anne sa mère, à la lectio divina. C'est le propos de l'autrice de rendre hommage à celles, les "précursoeurs", qui servirent un temps de modèle à l'émancipation féminine, par la lecture entre autre, au vu et au su de tous.