"Il fallait faire naître en nous, au milieu de nos états intérieurs multiples et contradictoires, un élément stable et conscient, qui deviendrait l'axe de notre sadhana".p.91
"Par l'accomplissement, il s'agissait de sortir peu à peu d'un égo atrophié, replié sur lui-même, pour devenir de plus en plus vaste, jusqu'à embrasser la totalité de la réalité". p.111
Dans l’intime d'un chemin, paru aux éditions du Relié, est un livre de réponses sur ce qu'est l'enseignement d'Arnaud Desjardins (1925-2011), ce qui définit un maître spirituel, la conception qu'il se faisait d'une épouse et un document historique sur le Bost, premier Ashram français et la façon dont à commencé l'aventure de la transmission en France.
Autre point important c’est le récit d'une femme disciple (pendant une dizaine d'années) et compagne (pendant 25 ans) d'un homme dont le rayonnement fut et demeure mondial. En ce sens éclaire-il peut être plus l'intimité de leur relation, la manière dont la nouvelle fut perçue par l'entourage (être élue de cœur n'est pas rien) mais aussi et surtout le long et épineux chemin d'ascèse de Véronique Loiseleur, commun à tout chercheur de vérité, jusqu'à l'éclaircie et la cristallisation d'un centre en soi.
L'autrice évoque en effet essentiellement le cas pratique qui fut le sien dans un portrait sans concession de son passif, d'aucuns diraient karma. Il s'agirait presque d'une autobiographie avec des souvenirs précis remontant à la prime enfance (voire au-delà avec les "lyings", sortes de régressions émotionnelles allongé, de Denise Desjardins) et des mécanismes de défense égotiques et égoïstes mis en lumière par un cheminement patient alternant un travail sur le corps, les pensées et les émotions.
On s'aperçoit que le style Desjardins s'inspire beaucoup de la méthode Gurdjieff (Il passa 9 ans de sa vie dans de groupes Gurdjieff) mais qu'il épouse dans le fond la tradition hindou comme le fit le maître spirituel de ce dernier, Svami Prajnanpad (1897-1974).
Plusieurs inflexions furent données pour conserver une dignité et un certain standing spirituel à l'enseignement dispensé au Bost (et après à Uzès et Hauteville) et pour ne pas tomber dans un mouvement sectaire ou new age à la mode, une spiritualité bradée. Ainsi furent supprimés les Lyings, souvent recadrés la centaine de fidèles de la première heure, réajusté l'emploi du temps et le dévouement d'A. Desjardins pour épargner sa santé physique...
Enfin ce livre, justement écrit, trace en filigrane ce qu'est une voie traditionnelle (au sens guénonien du terme également), dispensée par un gourou (au sens hindou du terme) qui est un guide spirituel affranchi du joug égotique ou mental (l'organe "Kundabuffer" dirait Gurdjieff ?) proposant un nouvel abécédaire sans doute plus naturel (en harmonie avec l'Univers) à partir du cœur de l'être humain.
Le Guide est donc normalement en capacité "étrique" et connaît les pièges sur le chemin grâce à sa vigilance accrue de chaque instant. C'est une attitude éveillée envers les situations concrètes de la vie, une sorte de veille christique.
Le moins que l'on puisse dire, sans trop dévoiler des surprises et croustillantes anecdotes de ce livre, c'est qu'un gourou ne juge heureusement pas sur l'apparence et qu'il ne croit absolument pas à la fatalité mais qu'il a l'oeil (de l'esprit ? du coeur ?) pour révéler le joyau (le joyeux également) en chacun.
Crédit photo : Editions Tredaniel
La saveur de la lune de Pierre Taïgu Turlur paru chez Albin Michel est une méditation sur l’essence même du bouddhisme zen à partir de koans du ch'an.
Xavier Marchand (compagnie Lanicolacheur) aime les textes et le Verbe. En lisant Ponce Pilate de Roger Caillois il projette de l'adapter et de le magnifier par hommage et sans doute pour restituer son assentiment à la pensée complexe de l'auteur et du personnage principal de l'intrigue bien connue.
Avec le roman de Jésus, livre posthume de Jean Mercier (1964-2018) qui fut rédacteur en chef à la Vie et paru aux éditions Quasar, on replonge dans les évangiles comme si on y était encore. L'histoire est maintenant bien connue de tous mais la focale mise sur certains témoins des actes ou paroles du Christ différents des canoniques, donne un petit coup de fraîcheur et d'originalité. Le récit est humanisé, là où dans l’évangile on n'a que son ossature. Ce petit livre (publié initialement dans le magazine la Vie) est à visée éducative sans infantiliser le lecteur. Il est surtout moderne par le vocable utilisé et actualise la vision chrétienne en intégrant les dernières mises à jour ( une opinion de Benoit XVI, la légère modification du credo…).
La dévotion au sacré cœur de Jésus n'est pas une nouveauté car des représentations artistiques de l'icône remontent pour certaines aux premiers siècles chrétiens. Seuls les 17e et 18e siècles ("périodes de corruption morale et de perversion intellectuelle, tout du moins dans les grandes villes..."), pourtant dits des lumières, ont perdu la trace de son office ou l'ont détourné, jusqu’à l'analyse scientifique du suaire de Turin au siècle dernier (par le docteur Pierre Barbet notamment - Les cinq plaies du Christ.) qui vint par ailleurs confirmer les visions de la mystique Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) à Paray-le-monial Sur le cœur vulnéré ou transpercé de Jésus.

Nayla Tabbara, autrice de "L'Islam pensé par une femme" (Bayard Editions), rappelle qu' à l'origine de la Révélation du Coran,